lundi 26 septembre 2016

Le détour de S.A. Bodeen

Année d'édition : 2016
Edition : Michel Lafon
Nombre de pages : 248
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
À 17 ans, Livvy Flynn est LA romancière à succès d'une série fantastique pour adolescents, adulée par des millions de lecteurs. Et puis, il a suffi d'une mauvaise indication du GPS, d'une seconde d'inattention sur une route cabossée, dans un coin perdu...
Lorsqu'elle reprend conscience, Livvy découvre avec horreur qu'elle est retenue prisonnière dans la cave d'une ferme, isolée au milieu de nulle part. Ses ravisseuses, une mère et sa fille désaxée, lui en veulent et exigent des excuses. Mais pourquoi ? Fans dérangées ou rivales envieuses ? Livvy devra vite comprendre la raison de ce piège si elle veut s'en sortir. Car le temps presse, et ce détour pourrait bien s'avérer fatal.


La première page :



Mon avis :


Livvy est une jeune fille de dix-sept ans. Mais surtout, Livvy est une romancière à succès puisque sa trilogie est classé en tête des ventes malgré son jeune âge. Mais être auteur, c'est aussi se rendre à des dédicaces, à des groupes de lectures, rencontrer ses lecteurs. Bref Livvy se doit d'être là pour remercier ses admirateurs. Et donc, tandis qu'elle se rend à un atelier d'écriture pour offrir ses compétences à d'autres auteurs en devenir, Livvy a un accident de voiture, dans un coin paumé. L'accident aurait pû être anodin et sans conséquence si une jeune fille pied nue et avec une flûte ne l'avait pas assommée au lieu de l'aider...

Le détour aurait pu être une très bonne lecture. J'espérais beaucoup de ce roman peu épais. Peut-être trop. Oui parce que du coup j'en ressors avec un avis très partagé. Un peu comme la promesse d'un délicieux repas au restaurant et qu'on ne m'offre ni entrée ni dessert et un plat plus que moyen. Pas d'explosion de saveur donc. Dommage.

Le détour c'est un peu un huis-clos à la Misery de Stephen King. mais là s'arrête la comparaison. Tous les ingrédients de Misery ne sont hélas pas dans le détour. Non pas que je pense qu'il faut que cela soit une copie conforme du roman de King, mais quelques ingrédients auraient été vraiment bienvenue. Juste quelques-uns histoire de pimenter le texte. Parce que là honnêtement je n'ai pas ressenti la tension qu'aurait dû éprouver Livvy. Déjà que l'héroïne ne m'a pas forcément plu. On sent l'adolescente qui a trop confiance en elle et qui est sur de ses compétences. La façon dont elle juge les gens au premier regard m'a agacé. 

"Je suppose que tu n'as pas l'habitude d'attendre quoi que ce soit, n'est-ce pas, Olivia? Tu dois sans doute obtenir tout ce que tu désires, à la seconde où tu le désires. (Elle soupira). Tu ne te rends pas comptes, hein ?"
Que voulait-elle dire par là ? Supposait-elle que j'étais friquée, à cause ma voiture hors de prix ?
Ou bien savait-elle qui j'étais ?
Peu probable.
La Flûte était trop jeune pour lire mes livres, sans doute trop débile aussi, et Mme Dixon ne m'avait pas vraiment donné l'impression d'être une grande lectrice."  Page 22

Livvy aime dire qu'elle a de l'argent et qu'elle est parvenue à devenir célèbre. De plus, elle n'hésite pas à juger les autres de haut, oubliant malheureusement d'où elle vient. Parce que le seul passage qui m'aura plu concerne son enfance et ses premiers pas dans une école maternelle où elle finira par passer les pires années de sa vie. Aussi j'aurais pensé que ses problèmes actuels étaient en lien avec son passé, pas avec une simple histoire de jalousie et de vol entre une ado et une adulte. Non honnêtement, la raison de tout ce roman ne m'a pas convaincu. J'espérais quelque chose de bien plus grave qui pouvait expliquer d'un côté la méchanceté de Mme Dixon et de sa fille. Et franchement j'ai trouvé tout ça bien puéril ! Dommage !

En fait ce qui m'a surtout surprise, c'est que j'ai beaucoup apprécié découvrir Livvy avant sa célébrité. Et elle n'était pas comme maintenant. Du coup, je m'attendais à ce que son passé ait un lien avec son présent, mais en fait non. Alors oui, c'est sympa d'apporter des précisions sur l'enfance de la jeune fille, mais si c'est simplement pour excuser ses manières et son comportement actuel, là ça me déplait fortement. Par contre si tout avait eu un rapport, là je pense que j'aurais été davantage séduite. 

L'auteur essaye de nous donner du suspense, malheureusement là aussi je ne l'ai pas ressentie. J'aime vibrer pendant une lecture, avoir le coeur qui palpite à cent à l'heure, me demandant sans cesse ce qu'il va se passer et comment tout va se terminer. Alors oui tout ne se finit pas par un happy end, c'est l'un des points forts du roman, mais c'était un peu trop prévisible à mon sens. Du moins les péripéties de Livvy. 

L'héroïne n'est pourtant pas stupide, rare trait de son caractère qui est plaisant et j'aurais voulu qu'elle se montre bien plus agressive. Alors oui, elle va tenter de s'enfuir à plusieurs reprises, mais finalement on a la sensation qu'elle a laissé faire les choses parce que le roman ne se déroule que sur un week-end. C'est finalement très rapide dans le traitement et une fois que Livvy parvient à trouver une faille, la fin est presque déjà là. 

" Dix contre un qu'elles avaient déjà retiré tous les objets pointus. 
Alors ... un stylo gel à paillettes arc-en-ciel, peut-être? Planté dans l'oeil? 
Mais cela posait une nouvelle question ?
Jusqu'où étais-je prête à aller ?
Assomer ? 
Paralyser ?
Mutiler pour de bon ?
Tuer, s'il le fallait ?" Page 43

L'autre point positif (parce qu'il y en a bien évidemment) c'est que Livvy se montre tout de même très humaine dans ses réactions. Elle ne devient pas juste une victime folle furieuse prête à tuer tout le monde, elle s'en sait incapable et j'ai apprécié que jusqu'au bout elle garde cette même optique. Livvy n'est qu'une adolescente finalement et elle refuse de faire du mal gratuitement aux autres.

Le détour n'est pas vraiment une mauvaise lecture. Elle a de bons atouts, mais en fait, j'ai trouvé que tout était traité trop vite. Les événements s'enchaînent tellement rapidement que du coup on n'a pas le temps de souffrir avec elle. J'espérais également que le cousin, ce fameux jeune homme se montre plus dangereux, mais tout reste finalement trop gentillet. Excepté avec la Flûte, la plus dangereuse de tous. Une jeune fille perturbée à l'évidence et qui va petit à petit prouver que c'est d'elle qu'il faut se méfier.

En bref, voilà un roman dont j'attendais beaucoup, trop peut-être et qui finalement ne fait que survoler l'intrigue général. On n'a absolument pas le temps de s'inquiéter pour Livvy que déjà l'histoire est passée à autre chose. Ce n'était pas aussi palpitant que je l'espérais. Dommage ! Cependant, si vous avez apprécié ce roman, je vous recommande de vous jeter sur Misery de Stephen King, vraiment

Les plus :
* l'héroïne qui ne change pas sa manière de voir les choses, peu importe sa situation.
* la jeunesse de Livvy qui pourra vous émouvoir

Les moins :
* traitement trop rapide de l'intrigue générale.
* Le caractère de Livvy, ça passe ou ça casse.

samedi 24 septembre 2016

Dernier meurtre avant la fin du monde, tome 3 : Impact de Ben H. Winters

Année d'édition : 2016
Edition : Super 8
Nombre de pages : 380
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
" This is the end. " Tragique, superbe et sans concession, la conclusion magistrale d'une série apocalyptique unique en son genre. Les derniers jours sont arrivés. Ancien agent des forces de police de Concord (New Hampshire), Hank Palace a trouvé refuge dans les bois de Nouvelle-Angleterre, où d'anciens collègues se sont rassemblés pour attendre la fin. Mais son esprit n'est pas encore en paix. Il lui reste une affaire à régler, la plus importante peut-être : celle de la disparition de sa sœur Nico, qui semble liée aux activités d'un énigmatique culte pseudo-survivaliste qui entend encore sauver le monde, envers et contre tout. L'humanité entre maintenant dans ses derniers soubresauts. En route pour l'Ohio, où l'attend manifestement une révélation tragique, l'inoxydable Hank, accompagné du chien Houdini et de son ami Cortez, découvre à bicyclette ce qui reste de l'Amérique : un monde en ruine et déserté par la technologie, un territoire hostile peuplé de gangs fanatiques, d'immigrants illégaux, de groupuscules religieux... et d'une communauté amish qui pourrait bien l'amener à reconsidérer toute sa perception des choses.

Mon avis :

Hank Palace sait la fin proche. Mais avant de fermer les yeux pour toujours comme tous les habitants de la Terre, il a une dernière mission qui lui tient à coeur. Une enquête personnelle : retrouver Nico, sa soeur, l'intrépide jeune femme qui espère encore qu'il est possible de sauver la planète de l'impact avec l'astéroïde. Une éternelle rêveuse qui fera tout pour garder l'espoir jusqu'à la fin. La question que Hank se pose désormais c'est où est-elle ? 

Voilà une trilogie que j'ai pris plaisir à lire dès le début. Parce qu'elle apporte une certaine originalité dans le milieu apocalyptique déjà. Ensuite, j'ai complètement accroché à la plume de l'auteur. C'était très agréable à lire et loin d'être idiot. Et puis avouons-le, l'auteur ne s'en sort pas avec de multiples pirouettes et garde la même optique tout du long. Une fois encore Hank Palace va voir ses nerfs mis à rude épreuve et va une ultime fois devoir résoudre une énigme qui cette fois-ci concerne uniquement sa soeur Nico.

Nico est un personnage clef pour le héros. Non seulement c'est sa soeur et il s'en est occupé depuis qu'elle est très jeune, mais en plus elle pense avoir la clef pour empêcher la fin du monde. Sa positivité vont tout au long de la trilogie la mettre en danger et dans ce dernier opus c'est encore plus visible et d'autant plus intense qu'on croise les doigts pour que Hank puisse voir sa soeur une dernière fois avant l'impact. C'est une véritable course contre la montre et j'ai failli me ronger les ongles d'angoisse tant j'espérais que Hank parvienne à la retrouver intact.

Voici pourquoi je qu'elle n'est pas morte : parce qu'à chaque fois, elle ne l'est pas. Comme la fois où je l'ai retrouvée à White Park, cachée telle une fée malicieuse dans l'ombre sous le toboggan, après l'enterrement de papa. Tu as cru que j'étais partie, moi aussi, pas vrai, Hank ? Et elle avait raison, c'est ce que j'avais cru, et depuis ce jour-là elle m'a régulièrement donné des raisons de le croire de nouveau. Depuis l'année de la mort de nos parents, j'ai toujours porté en moi cet avant-goût de son destin fatal, comme une aigreur d'estomac, cette vieille certitude qu'un jour elle aussi disparaîtrait au loin. [...] Et pourtant, chaque fois, encore et toujours, elle a réussi à surnager entre les marées de son existence, comme un poisson aperçu le temps d'un éclair dans l'écume sombre, même durant ces derniers mois terribles. [...] Mais quand même. Il  n'empêche que, de nouveau, elle n'est plus là, et la terreur monte comme une maladie dans mes tripes, la conviction qu'elle est morte ou mourante quelque part, et je dois me forcer à me rappeler qu'elle s'en est toujours, toujours sortie. Sans une égratignure. Elle est quelque part. Elle va bien. Page 92.

La tension de hank est donc bien palpable et sa dernière mission est de s'assurer que Nico va bien, en sachant pourtant qu'il ne leur reste que quelques jours à vivre avant que le monde ne disparaisse. Quel intérêt donc pour le héros que de s'assurer que sa soeur va bien si d'ici quelques jours ce ne sera plus le cas ? On sent vraiment le désespoir du héros qui a conscience que le monde qu'il a connu va bientôt disparaître, mais c'est plus fort que lui, il ne peut s'empêcher de savoir sa soeur en sécurité. C'est dans ses gènes et surtout dans sa tête depuis qu'ils ont perdu leurs deux parents. On pourrait parfois penser que le héros occulte la fin du monde et tente de vivre comme autrefois. Et là on comprendrait mieux ses recherches et le danger qu'il affronte. Mais non. Il est conscient que c'est inutile, seulement son coeur lui demande de mourir en paix en sachant où est Nico.

Je me surprends à imaginer une minute la paix qui règnera sur le monde lorsque les humains seront partis, lorsque les étendues asphaltées seront envahies par les herbes folles et que les oiseaux auront l'usage du ciel entier.
Je sais, bien sûr, que ce n'est qu'une rêverie de plus, encore un souhait largement répandu : le monde post-apocalyptique virginal et pastoral, débarrassé des cités sales et des machines bruyantes de l'humanité. Car ces arbres du Midwest au feuillage roux vont flamber dès les premiers instants de la fournaise. Les arbres du monde entier vont s'embraser comme du petit bois sec. [...] Ce qui va arriver ne sera pas la reconquête de la Terre par une Mère Nature triomphante, une répudiation karmique de la mauvaise intendance appliquée par une humanité arrogante. Rien de ce que nous avons jamais fait n'aura plus la moindre importante. Page 93  

J'aime énormément ce passage où Hank montre bien qu'il n'est pas aveugle et que rien ne survivra à l'impact. Et c'est la seconde grande question de ce dernier opus après la recherche de Nico : que va-t-il réellement se passer ? L'impact aura-t-il lieu ? Détruira-t-il tout sur son passage ? L'Homme parviendra-t-il comme Nico le pense à empêcher l'astéroïde de heurter la Terre de plein fouet ? 

La réponse est apportée dans ce dernier opus. Une réponse claire et qui pourtant laisse place à notre imagination. Un final réussi et qui me satisfait pleinement. Non seulement la recherche de Nico aboutie à quelque chose, mais en plus l'auteur boucle la boucle sur ce dernier jour fatidique. J'ai eu des frissons par certains passages très poétique et imagés où l'auteur ne nous décrit pas tout, seulement le plus important et ce qui aura le plus d'impact sur le lecteur.

Ami lecteur, ce dernier opus pourrait bien vous tirer quelques larmes tant le chemin choisi par Hank est douloureux. On a fini par s'attacher à ce policier et à Houdini son fidèle chien. Même Cortez finit par nous plaire, l'unique allié de Hank, un homme instable et dont on se méfie continuellement. J'ai aimé le quasi vide autour de Hank. On sent que les gens se cachent ou sont morts. La plupart sont partis vivre leur dernier rêve tandis que Hank reste au même endroit, fidèle à lui-même à poursuivre son boulot de flic. Il rencontrera quelques personnages atypiques, comme ce couple qui profite des derniers instants pour roucouler et manger du poulet. Il y a aussi ces amish où le patriarche cache certains faits à sa famille pour les laisser vivre heureux avant que le pire n'arrive.

C'était un dernier tome incroyable et qui me laisse un petit goût de tristesse en bouche, de savoir que oui Hank a accompli son ultime mission et on ne le retrouvera plus. Dur de lui dire au revoir ! 

Les plus : 
* L'ambiance apocalyptique
* Le héros qui cherche sa soeur alors que la fin est proche
* la tension du roman, jusqu'à la dernière page !

Les moins :
* J'aurais aimé que Cortez soit un peu plus présent. 


 
 

mercredi 21 septembre 2016

Six Of Crows, tome 1 de Leigh Bardugo

Année d'édition : 2016
Edition : Milan (Macadam)
Nombre de pages : 496 pages
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Ketterdam : une ville grouillante de malfrats où tout s’achète si on y met le prix. Ce principe, personne ne l’a fait autant sien que Kaz Bekker, dit « les Mains Sales ». Quand le voleur se voit offrir une mission impossible mais qui le rendra riche, il réunit son équipe : un soldat assoiffé de vengeance, un tireur d’élite accro au jeu, un jeune fugueur des beaux quartiers, une espionne défiant les lois de la gravité, et une Grisha aux puissants pouvoirs magiques. Six dangereux hors-la-loi seuls capables de sauver le monde – s’ils ne s’entretuent pas avant...

Mon avis :


Kaz est un malfrat. Meneur de gang il ne supporte pas de perdre le contrôle. Voleur depuis sa plus tendre enfance, il met un point d'honneur à toujours rester de marbre et ne montre jamais ses émotions. Sa réputation le précède et beaucoup le craignent. Lorsqu'il a la possibilité de gagner beaucoup d'argent en réussissant une mission très périlleuse et quasi impossible, Kaz n'hésite pas et fait appel à une équipe aussi folle que lui et tout aussi dangereuse. Inej, son spectre, la femme de l'ombre qui peut grimper pratiquement partout, Jesper un tireur d'élite qui adore les jeux d'argent, Nina, une Grisha aux pouvoirs surprenants, Matthias un soldat très fort prêt à tout pour se venger et Wylan un jeune homme issu de la richesse qui fuit son père, tous vont accepter la mission de Kaz... Même si leur vie sera très vite en jeu !

Quand j'ai vu l'avalanche d'avis positifs sur le net, j'avoue ne plus avoir eu envie de le lire de suite par peur de trop en attendre et d'être déçue. J'ai donc pris le choix d'attendre un peu et finalement, je regrette de ne pas avoir lu ce roman bien plus tôt. Parce qu'il mérite amplement les éloges qu'il a eu sur la toile. C'est à mon sens l'un des meilleurs roman jeunesse que j'ai lu cette année. Et encore, je dois bien avoué qu'il n'était pas si jeunesse que ça surtout avec certaines scènes très gores. N'espérez donc pas y trouver de la romance, de l'amitié et des personnages doux comme des agneaux, vous le regretteriez !

La plume est addictive et permet de savourer le roman du début à la fin. L'action est dosé avec justesse pour éviter que le lecteur ne tombe dans l'ennui. Leigh Bardugo divise ses chapitres selon les personnages qu'elle souhaite mettre en lumière. Si Kaz est bien le "chef" du groupe, il n'aura pas toute la gloire puisque tous les membres du groupe seront mis à l'honneur, même Wylan ! Les émotions sont tout de même mises en avant parce qu'au fur et à mesure de notre lecture on parvient vite à déceler certaines affinités entre personnages et même quelques traces d'amour entre certains membres du groupe. J'ai même eu la sensation que l'auteur instaure les prémices d'une romance gay et c'est assez rare en fantasy YA pour le souligner ! (A moins que cela soit déjà vu, mais que je n'ai pas lu l'ouvrage en question, possible aussi !) Et je dois bien avoué que ça m'a beaucoup plu et que c'est en partie ce qui me donne très envie de lire le prochain opus !

Alors Six of Crow c'est quoi ? Un roman de fantasy où les héros ont entre 16 et 20 ans, mais ne pensez pas pour autant que ce sont des gosses. Ils ont une belle mâturité et sont les rois du vol, de la magie et de l'évasion. Suffit de voir Kaz qui du haut de ses dix sept ans n'a de pitié pour personne. Pas étonnant quand on découvre son histoire et son tragique passé. Kaz il rigole pas. Jamais. Mais surtout il est intelligent, mal-intentionné et la seule chose qui compte pour lui maintenant, c'est le pognon. Enfin en apparence. Son bras droit c'est Inej, une jeune fille discrète et sournoise qui ferait rougir d'envie Altaïr d'Assassin's Creed ! 

L'ambiance est bonne, sombre à souhait, très violente comme en témoignent certains passages : 

"Il creusa une petite entaille nette sur l’œil d'Oomen, depuis le sourcil jusqu'à la pommette et avant que le pauvre homme ait le temps de reprendre sa respiration pour pousser un hurlement, il trancha une nouvelle fois, mais à l'horizontale. Une croix parfaite. Oomen poussa un cri de douleur mêlée à la terreur.
Kaz essuya le couteau et le rangea dans sa manche. Il enfonça ensuite ses doigts gantés dans l'orbite d'Oomen qui se tortilla dans tous les sens pendant que Kaz lui arrachait l’œil.Le sang gicla sur son visage.
Kaz entendit Wylan réprimer un haut-le-cœur. Il jeta l’œil par-dessus bord et essuya l'orbite d'Oomen avec son mouchoir tachéé du crachat du sale type. Ensuite il enserra la mâchoire de l'exécuteur fermement." p207.

Quand je vous disais que Kaz n'avait aucune pitié ! Pourtant son profil n'est pas exagéré par l'auteur. Il sait se montrer un peu humain. Bon oui juste un tout petit peu et pour servir ses intérêts, mais il n'est pas mauvais pour être mauvais. C'est toujours dans l'attente de réussir l'un de ses superbes tours de passe-passe dont lui seul à le secret. Les autres personnages auraient pu être effacé par Kaz et son tempérament, mais fort heureusement ce ne fut pas le cas. Inej qui semble fragile en raison d'un passé qu'elle s'efforce de racheter suit Kaz comme son ombre et même si elle n'est pas toujours d'accord avec lui, elle va dans son sens. Matthias et Nina m'ont bien plu même si j'ai crains pendant longtemps que l'auteur ne tourne ce duo en histoire d'amour mièvre et chiante. Heureusement, le scénario n'a pas le temps pour les papouilles et nos héros pensent à sauver leur peau d'une mission ultra dangereuse.

Par contre, concernant les personnages, je suis carrément devenu accro à Jesper, ce tireur d'élite qui passe son temps à penser au pognon. C'est comme s'il ne vivait que pour ça. L'argent encore et toujours. Il est aussi très drôle et n'hésite pas,lui, a dire ce qu'il pense tout haut. C'est celui qui semble le plus ouvert sentimentalement parce qu'il n'hésite pas à dire quand il a peur pour quelqu'un. Avec Wylan, le petit riche qui a fugué de chez un paternel très friqué, ils forment un duo atypique et troublant. Amour ? Amitié ? Qu'est-ce que l'auteur cherche à faire de nos personnages ? J'ai hâte de le savoir et j'espère vraiment qu'une romance verra le jour entre, parce que la duo qu'ils forment est très intéressantes avec ce contraste pauvre fermier accro à l'argent et riche héritier qui n'aime pas l'argent. Ils n'ont rien en commun si ce n'est le goût du risque !

Certaines séquences m'ont bien fait rire malgré la dangerosité des événements comme par exemple :

"Ils déshabillèrent deux gardiens et retirèrent leurs vêtements de prisonniers. Ensuite, ils ligotèrent les trois hommes qui respiraient encore et les bâillonnèrent. L'uniforme que Wylan enfila était bien trop grand pour lui, et celui de Jesper ridiculement court. Au moins les bottes leur allaient plus ou moins." p 432.
Ils peuvent aussi s'échanger les tenus. Non ? Autant pour moi, c'est l'auteur qui décide ! Pis du moment qu'ils n'attrapent pas d'ampoules avec les bottes, le reste c'est du détail !
 
Je craignais que l'auteur ne cherche aussi la facilité tout du long de son récit mais les rebondissements sont nombreux et finalement chaque personnage est un électron libre qui n'en fait qu'à sa tête avec pour seul but : s'en sortir. C'est palpitant à souhait et très bien écrit et finalement je comprends l'engouement dont il a été victime.  
J'aurais encore beaucoup de choses à dire concernant la mission en elle-même ultra périlleuse et bien pensé qui amène nos héros à se surpasser et à affronter une horde de soldat et de traître, ou encore sur la magie que possède les Grisha et les fabrikators, mais je vous laisse le plaisir de le découvrir par vous même. Un coup de coeur pour un chouette roman de fantasy que oui, je recommande !

Les plus :
* Les héros tous différents et bourrés de vices.
* La plume de l'auteur très addictive 
* L'ambiance sombre et froide du roman où l'action sait se démarquer et apporter un peu de chaleur