lundi 18 mars 2019

Le coeur perdu des automates de Daniel H. Wilson

Paru en 2018 chez fleuve édition collection outrefleuve.
416 pages, science fiction.


Moscou, 1709. Un automate reprend vie dans un atelier, aux côtés d’une poupée à la mécanique tout aussi précise et complexe que la sienne, sa soeur. Doués de parole et d’une âme, ils ont pourtant tout oublié de leur passé. Et de la guerre qui déchire leurs semblables. De nos jours. Fascinée par les automates, June parcourt le monde à leur recherche, brûlant de percer leur mystère. Elle possède un étrange legs de son grand-père : une sorte de coeur finement ouvragé, réceptacle, elle le sent, d’un secret intemporel et d’une histoire épique. En effet, si les automates existent depuis la nuit des temps, dissimulés parmi les hommes, le compte à rebours pour leur survie a débuté. Et c’est June qui en détient la clef.



Lien de le coeur perdu des automates sur le site de l'éditeur.

Il y a des couvertures qui subitement vous donne envie d'ouvrir un bouquin. De le dévorer et de vous laisser porter par l'histoire. Ce fut le cas ici avec le coeur perdu des automates, un roman de science fiction steampunk qui saura plaire aux habitués du genre. Me concernant, j'ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui alterne deux époques différentes. Notre époque d'un côté et le 18ème siècle d'un autre,  moment où les automates ont vu le jour. Deux époques, plusieurs héros. June de nos jours qui répare des automates dans le monde entier, passion qui l'anime depuis toute petite, elle qui sans le savoir détient une clef qui pourrait tous les sauver et Pierre et Helena au 18ème siècles, deux automates qui luttent pour survivre.

Au départ ce changement d'époque peut troubler le lecteur car il se veut trop rapide. On a peu le temps de s'habituer à un personnage que déjà on le quitte pour sauter dans le temps. Peut-être parce que l'auteur a choisi des chapitres court afin de montrer la rapidité des événements et le fait qu'un compte à rebours s'est déclenché pour la survie d'une certaine forme de vie robotique. Si au départ, j'ai eu quelques difficultés avec ces changements un peu brusques, peu à peu j'ai laissé la lecture m'emporter avec elle et j'appréciais ces changement, même si l'histoire de Pierre et Helena a eu un impact plus fort sur mon ressenti que celle de June. 

Les automates sont fantastiques. Ils ont ce côté humain qui fascine et perturbe. Pierre et Helena ont un véritable lien tous les deux, tels un frère et sa soeur ils essayent de survivre dans un monde chaotique et une époque qui n'était pas prête de les voir mis au monde. L'action est présente peu importe le lieu et l'époque et l'ennui n'est pas au rendez-vous (du moins, pas dès le quart passé ou quelque chose se passe et on se sent concerné par l'aventure qui se déroule). 

Tout au long du roman on fait un voyage à travers le monde et les époques : l'Asie, l'Europe, la Russie, les Etats Unis, une véritable épopée pour protéger une clef qui saura protéger toute une espèce en danger. Le coeur perdu des automates est aussi très sombres, violents et brusques. Le sang et la violence coulent à flots, les morts se succèdent, peu importe l'année... 

Ce roman est donc un véritable voyage dans la violence et à travers le monde où il sera question de l'avenir des créations de L'Homme qui ne semble pas assumer ses inventions. Un bon roman pour découvrir la science fiction (surtout le steampunk) ou continuer à l'apprécier.


vendredi 1 mars 2019

Un homme parfait de Jo Jakman

Paru en 2019 aux éditions Marabout
272 pages Thriller


Jusqu’où iriez-vous pour vous venger de votre ex ? Phillip, le mari d’Imogen est un terrifiant manipulateur qui présente à tous l’image de l’homme parfait. Mais Imogen sait ce qu’il cache. Alors qu’ils sont en instance de divorce, Phillip lui donne quinze jours pour quitter la maison, faute de quoi il demandera la garde de leur fils. Lors d’une dispute, dans un moment de folie, Imogen l’enferme à la cave. Maintenant qu’elle semble contrôler la situation, jusqu’où sera-t-elle capable d’aller pour défendre son fils ?






Lien de Un homme parfait de Jo Jakeman sur le site de l'éditeur.
De quoi ça parle ?

Un homme parfait nous raconte une histoire de femmes. Une histoire de vengeance et de peur. Il sera question de trois femmes qui ont toutes à un moment de leur vie succombé au charme de Phillip. Ruby a été son épouse durant des années, Imogen est en instance de divorce tandis que Naomi est sa petite amie actuelle. Toutes ont un point commun : Phillip. Toutes ont été déçues et malmenés par celui qu'elles ont pourtant aimé. Toutes les trois vont apprendre à faire confiance aux autres, à se surpasser pour ne plus jamais vivre dans la peur. Le destin de trois femmes qui se haissent et qui pourtant vont de découvrir plus proches que jamais. 

Quelle est l'ambiance du roman ?

Un homme parfait est un roman qui vous coupe l'oxygène. De part le caractère de nos trois héroïnes, on a la sensation de n'avoir aucun pouvoir sur leur destin et on pourrait même jusqu'à dire que Phillip dirige leur vie de A à Z. On sent la pression de ses femmes qui se sentent en danger et surtout impuissante parce que leur ennemi est quelqu'un de rusé et d'apprécier. On est pris au piège d'un homme manipulateur et violent que rien n'arrêtera. On est sous tension, autant que nos trois héroïnes qui n'auront d'autres choix que de s'allier pour survivre face à un homme qui n'a rien à perdre.

Comment sont les personnages ?

Dans un homme parfait, nous avons droit à plusieurs personnages principaux qui se démarquent les uns des autres. On a Imogen qui est facilement manipulable, faible et peureuse. Tout ce qui lui importe c'est de garantir la sécurité de son fils et la sienne. Elle va apprendre à se surpasser et à trouver des ressources insoupçonnées pour affronter son agresseur. C'est une mère qui de banale et faible devient courageuse et forte. On a également Ruby, la naïve, la femme la plus âgée qui croit encore qu'il est possible de sauver son Phillip. Et enfin Naomi, la plus jeune et plus combative, qui refuse de se laisser faire par son petit ami. 
Phillip, le dangereux psychopathe va lui aussi surprendre par son côté sournois, intelligent et calculateur. J'ai adoré le haïr !

L'intrigue elle vaut quoi? 

Un homme parfait reste une histoire assez classique. Trois femmes qui tentent d'enfin s'échapper de l'emprise de l'homme qu'elles ont tant aimé. On a donc un schéma simple, mais efficace. Une première menace qui cette fois-ci ne passe pas et une femme qui décide de se battre pour la première fois pour protéger son fils. Voilà que des alliées improbables vont la soutenir et l'aider à tenir le coup. Au grand désespoir de leur ennemi qui ne s'attendait pas à un tel retournement de situation. Jusqu'à la fin on se demande comment cela va finir et on sait que rien de bon ne pourra sortir de cet enchaînement de rage et de violence. Le final surprend, je ne m'attendais pas à ce choix là de la part de l'auteur mais au moins, cela évite un peu le cliché et prouve que la roue tourne.

Et donc ?

Au final on a là un thriller simple, mais bougrement efficace. Nos héroïnes sont attachantes et vont sous nos yeux tenter le tout pour le tout pour éliminer celui qui leur a tant pourri la vie. Je recommande pour passer un chouette moment et se laisser entraîner dans un tourbillon de violence et de revanche.


mercredi 23 janvier 2019

Mon top lecture 2018



Comme annoncée plus tôt sur ma page facebook, je vais vous proposer mon top lecture de 2018. Des romans que je recommande vivement et à selon moi posséder dans sa bibliothèque. C'est partie. N'hésitez pas à cliquer sur le titre du roman pour accéder à mon avis.


Entre deux mondes de Olivier Norek.


Rouge toxic de Morgane Caussarieu

Mange tes morts de jack health

Dompteur d'anges de Claire Favan

Chéloïdes : Chronique punk de Morgane Caussarieu

Cadaver sancti de Jennifer Holparan

Le manufacturier de Mattias Koping

Techno Freaks de Morgane Caussarieu

Les coureurs de la fin du monde de Adrian J. Walker

10° Tu tueras le père de Sandrone Dazieri et Tu tueras l'ange de Sandrone Dazieri
 

Trois romans de Morgane Caussarieu, rien que ça et deux romans de Sandrone Dazieri que j'ai découvert cette même année. En bref, beaucoup de thriller et de diversité ! Jetez vous dessus !

mardi 22 janvier 2019

Le chant de Kali de Dan Simmons

Paru en 2018 chez Pocket, en 2005 chez Folio SF et en 1993 et  1996 chez j'ai lu.

368 pages. Fantastique/Horreur

" Il est des lieux maléfiques qui ne devraient pas exister. Il est des villes malfaisantes où l'on ne peut demeurer. Calcutta est de celles-là. Avant Calcutta, pareille idée m'aurait fait rire. Avant Calcutta, je ne croyais pas au mal, et surtout pas comme s'il était une force indépendante des hommes. Avant Calcutta, je n'étais qu'un imbécile. " Robert Luczak est envoyé à Calcutta par sa maison d'édition pour récupérer le mystérieux manuscrit d'un poète que tous croyaient mort depuis huit ans. Mission simple en apparence, mais qui prend des allures de descente aux enfers dès lors que son chemin croise celui des Kapalikas, secte vouée à l'adoration de la meurtrière Kali dont les membres font régner la terreur sur la ville. Sacrifices humains, cadavres ressuscités, meurtres en pagaille... Luczak comprendra - mais trop tard - que rien n'arrête le chant macabre de Kali.


Lien du chant de Kali sur le site de l'éditeur.

De quoi ça parle ?

Le chant de Kali est un roman sombre sur une divinité qui n'a rien de douce et de bienveillante. Notre héros est envoyé à Calcutta pour y rencontrer un pète que tous pensaient mort. Il serait pourtant bel et bien vivant et de nouveaux poèmes ont vu le jour. Robert est donc chargé de récupérer les documents, les authentifier et les ramener en Amérique pour une revue littéraire. Accompagné de son épouse, d'origine indienne et de sa petite fille, Robert fait donc un long voyage sans savoir qu'une fois sur place il sera témoin de choses effrayantes et que le recueil de poème ne lui sera pas offert gratuitement.

Quel est l'ambiance du roman ? 

Ce roman est très sombre. En le lisant, j'avais la sensation d'étouffer, que la nuit était éternelle et la chaleur exténuante. Nos héros vont avoir chaud, ils vont être épuisés psychologiquement et physiquement dans cette ville sale et éprouvante où la misère se retrouve à tous les coins de rue et où certaines sectes en profitent pour s'accaparer les plus faibles. Pourtant les riches sont bien présents et profitent de leur vie luxueuse sans se soucier des autres. C'est une ambiance assez angoissante et on ne ressort pas intacte de la visite des lieux. Croyez-moi, Dan Simmons ne donne absolument pas envie d'aller faire un tour du côté de Calcutta et de ses ruelles où les gens vous y attendent pour vous détrousser ou pire encore. Je pense que c'est d'ailleurs la vision de cette ville offerte par l'auteur qui nous glace le plus le sang.

Comment sont les personnages ?

Les personnages sont assez nombreux, mais très éphémères. Certains ne font qu'une brève apparition tandis que d'autres sont récurrents et ce ne sont pas forcément les plus sains. Krishna par exemple m'a filé des boutons. Vraiment. Il est grossier, sans gène et semble repoussant à tout point de vue. Il va chaque fois nous mettre mal à l'aise et jusqu'au bout, on se demande quel est son objectif final. Robert et son épouse, restent les personnages les plus normaux de ce roman. L'un tente simplement de récupérer des écrits et de prendre la poudre d'escampette tandis que sa femme voulait un retour aux sources complètement loupé. Elle soutiendra son époux jusqu'au bout et regrettera bien évidemment de l'avoir suivi. A côté de ça, on a également une forte représentation de la population indienne, mais surtout vu du côté obscur. Ils ont tous l'air méfiants, dangereux, fous et sournois. Sales aussi. Des habitants qui n'ont rien de bien sympathiques.

L'intrigue, elle vaut quoi ?

Honnêtement, l'intrigue est assez simpliste. On envoie un homme récupérer un objet dans une ville et forcément rien ne sera simple, personne ne voulait lui faciliter les choses. Robert donc va découvrir un côté encore plus sombre de la ville de Calcutta avec sa mythologie sur Kali, une déesse attirante mais aussi repoussante à la fois. Elle vous ensorcelle et vous enivre de sa beauté et de la sexualité qu'elle dégage pour mieux vous détruire, lentement. La folie semble chaque fois prendre le pas sur le fantastique et on en vient à douter de ce que voit vraiment Robert. L'intrigue mélange donc habilement mythologie et réalité, chaleur du pays et froideur de la mort qui semble bien présente sur de nombreuses pages. Cependant, parfois j'ai trouvé que les péripéties étaient un peu grotesques, un peu comme si l'auteur voulait faire durer la torture et trouvait maintes excuses pour que Robert ne reparte plus de Calcutta. Aura-t-il enfin son manuscrit entre les mains ? Est-il véritable ? Kali existe-t-elle vraiment ? On en devient fou et on ne sait plus où donner de la tête.

Et donc ?

Finalement, je pense que le chant de Kali est un très bon roman pour les débutants en fantastique. Ceux qui n'ont pas envie de voir les héros saigner et souffrir pendant 400 pages sont les bienvenus à Calcutta pour y suivre Robert dans son aventure incroyable. J'ai lu bien plus gores et violents, mais jamais un roman où une ville m'a paru aussi étouffante...

dimanche 13 janvier 2019

Les coureurs de la fin du monde de Adrian J. Walker

Paru en 2017 chez Hugo et Cie et en 2018 chez Pocket
640 pages science-fiction.


Plus personne n'attend rien de bon, ni rien de grand, d'Edgar Hill. À 35 ans, il est un père et un mari absent, et un homme éteint. Mais le désastre, souvent, nous révèle à nous-même. Séparé de sa femme et de ses enfants par plus de 800 kilomètres, Edgar n'a qu'une seule option pour les rejoindre. Courir. Courir jusqu'à l'épuisement. Dépasser ses limites. Se battre contre soi-même. Et contre les dangers qui, tout au long de sa traversée d'un Royaume-Uni dévasté par une catastrophe, menaceront jusqu'à sa survie même. S'il n'arrive pas à temps, il perdra sa famille. Pour toujours.







Lien de les coureurs de la fin du monde sur le site de l'éditeur.

Quand j'ai découvert ce titre et le petit message qui indiquait un coup de coeur de Stephen King, je n'ai plus hésité. Je n'avais pas lu de roman post-apocalyptique depuis pas mal de temps et j'avais envie de m'y remettre. Je suis ravie de me rendre compte que le genre a encore de belles pépites à nous proposer et que moi aussi j'ai adoré ce livre.

Les coureurs de la fin du monde est un sacré pavé, mais une fois la lecture commencée, on ne s'arrête plus et aucune impression de lenteur au fil des pages. Melange de thriller et de science-fiction, ce roman nous raconte l'histoire d'un homme normal, un père de famille d'une trentaine d'année qui n'a rien d'exceptionnel.

Que ce soit physiquement ou psychologiquement, Edgar Hill ne se démarque pas des autres. Il se fond dans la masse, passe inaperçu. N'a jamais fait quelque chose d'exceptionnel. Edgar est un homme comme les autres. Voilà le premier point positif de ce roman. On ne cherche pas un super héros, un mec fort, coriace et violent qui saura toujours se sortir de toutes les situations. Non Edgar est parfois maladroit, un peu faible et trouillard. Edgar pense avant tout à sauver sa peau et à survivre. Il a du mal à faire confiance aux autres, mais la chose qui le maintient en vie et lui permet de se dépasser, c'est l'idée d'enfin retrouver sa femme et ses deux enfants.

Car Edgar est avant tout un père de famille et même s'il a des défauts, s'il n'est pas le père parfait et idéal, il aime sa famille et jusqu'à la dernière page, on sentira ce désir chez lui de les retrouver et de leur dire à quel point il les aime. Certains pourront reprocher la lenteur et longueur du roman, mais à l'inverse d'eux, j'ai trouvé que cela nous permettait de mieux comprendre les enjeux et ce nouvel environnement que découvre Edgar en même que nous.

Des milliers de caillou venu de l'espace se sont écrasés sur terre, détruisant une grande partie des villes et pays. La désolation domine et Edgar découvre avec horreur que les paysages qu'il a connu n'y ressemble plus que dans son souvenir. Il n'y a plus rien, tout n'est que néant, tristesse, sécheresse et désolation. Les survivants sont devenus violents, agressifs, ils protègent tant bien que mal leur dernière propriété et richesse. Il faut se battre pour continuer sa route, une longue route qui le séparer de sa famille emmenait en sécurité alors qu'il était en mission de récupération.

Mais Edgar se moque des entraves, il ne pense plus qu'à sa femme, sa fille et son fils. Il a besoin de les retrouver et c'est cette force intérieur qui lui permettra de marcher et de courir sur de longues distances. Les rencontres qu'il fera lui prouveront que son choix est le bon, que la famille est ce qu'il y a de plus importants et grâce à ces compagnons de voyages il va apprendre beaucoup sur lui-même.

Les coureurs de la fin du monde est un bijou dans le milieu du post-apocalyptique. Parce qu'il est cohérent et crédible et propose des personnages qui ressemblent réellement aux lecteurs. Nous pourrions tous êtres Edgar ou son épouse. Nous pourrions tous nous retrouver à sauver notre peau, à parcourir un long chemin à la recherche du salut. Voilà un livre que je classe dans mon top 10 de 2018. (Top 10 à venir dans les prochains jours)





dimanche 6 janvier 2019

La mort n'existe pas de Damien Eleonori

Paru en 2018 aux éditions de Saxus.
320 pages Thriller.



Et si la fin du monde annoncée par les mayas avait réellement eu lieu sans qu'aucun d'entre nous ne s'en soit rendu compte ? 21 décembre 2012 Et si la fin du monde annoncée par les mayas avait réellement eu lieu sans qu'aucun d'entre nous ne s'en soit rendu compte ? Sur le toit d'un hôpital parisien, Léo Liberati laisse son regard se perdre sur la capitale illuminée. Tant de choses se sont passées en trois jours. Il monte sur le parapet et étend les bras. Son dernier regard est attiré par le cadran de l'horloge trônant sur l'église du quartier de Petit-Montrouge. 4h44. Finalement tout était écrit depuis longtemps, il lève les yeux et, tel un ange, s'envole vers les cieux avant de retomber, entrainant l'humanité avec lui. Et si la fin du monde avait bien eu lieu, sans qu'aucun être humain ne s'en rende compte ?


Lien de la mort n'existe pas sur le site de l'éditeur.

Je lis très peu les thrillers de ce genre-là. Où il est question de croyance, de paradis, d'âmes et de toute cette thématique.

La mort n'existe pas m'aura donc surprise parce que je ne m'attendais pas du tout à cela. C'est une lecture agréable, mais un peu prévisible et parfois trop confuse.

Si le roman commence comme un thriller plutôt classique : un homme est accusé d'un meurtre, très vite on se rend compte que le fantastique n'est pas loin. Léo n'a aucun souvenir de ce dont on l'accuse et il va faire des rencontres pour le moins surprenante qui vont l'amener à comprendre ce don particulier dont il dispose.

La plume de l'auteur est fluide, la lecture se fait sans heurt et gêne. Au contraire, on se laisse facilement couler dans ce torrent de rebondissements et de surprises. Seulement, il faut s'accrocher non pas pour le style, mais bien pour la compréhension du roman. L'auteur a beaucoup d'idées, cela se sent, mais parfois à trop nous donner des informations, on finit par se perdre et ne plus réellement comprendre l'enjeu majeur de l'intrigue. Ce fut d'ailleurs le point faible du roman en plus d'une trop grande multitudes de personnages. Trop de prénoms à retenir, trop de protagonistes qui parfois manquent de saveur ont fait que j'ai parfois perdu le fil du roman. J'ai du parfois revenir en arrière pour me souvenir d’événements important pour être sûre de ne rien louper.

Alors oui, on se laisse couler avec le héros, on accepte les informations données, mais cela manque tout de même d'explications, d'approfondissements. On reste dans ce premier tome (parce qu'il s'agira d'une série) en surface, on ne va pas suffisamment au bout des choses. Chaque élément parvient vers la fin à se souder aux autres, mais cela manquait de naturel, comme si l'auteur forçait un peu chaque données à se lier à un tout. (oui, c'est un peu compliqué à comprendre dit comme ça, mais je ne vois pas comment vous expliquer davantage sans spoiler).

Léro est un homme classique, et ça ce fut une très bonne chose. Il n'a rien d'atypique, pensait mener une vie banale, une femme et une fille pour aider à compléter son bonheur. Malgré cela, Léo ne peut s'empêcher de penser à son ex, Aya, celle qui a tant marqué son passé et qu'il ne parvient toujours pas à oublier.

Et lorsqu'il se réveiller à l'hôpital accusé d'un meurtre, forcément qu'il nie avoir commis, tout bascule pour le héros.

S'il n'y avait pas eu le côté "religieux" et "ésotérique" du roman, j'aurais, j'en suis certaine bien plus accroché. Malheureusement, je suis du genre à fuir les romans de Dan brown par exemple et La mort n'existe pas se rapproche énormément de ce genre-là. A l'inverse, si vous êtes adepte de ce genre de thriller, n'hésitez pas, vous serez ravi !






dimanche 16 décembre 2018

Chacun sa vérité de Sara Lövestam

Paru en 2018 aux éditions Pocket et en 2016 aux éditions Robert Laffont (la bête noire)

304 pages, thriller pour adultes et jeunes adultes.


« Si la police ne peut rien pour vous, n'hésitez pas à faire appel à moi. » Kouplan, détective sans-papiers. Depuis trois ans, Kouplan est en « situation irrégulière ». Sa demande d'asile a été rejetée par la Suède mais il ne peut rentrer dans son pays, l'Iran, sans risquer sa vie. Dans l'attente d'un avenir meilleur, il lui faut échapper à la vigilance quotidienne des autorités, tout en gagnant assez d'argent pour subvenir à ses besoins : ex-journaliste, il songe à poursuivre dans l'investigation. Un jour, il propose ses services sur Internet et une femme lui répond : sa fille de six ans a été enlevée. Cette enquête va le précipiter dans le Stockholm underground, ces recoins de la ville où les clandestins sont des proies faciles pour les criminels...


Lien de Chacun sa vérité sur le site de l'éditeur.

A nouveau me voilà à vous parler d'un énième thriller. Je n'y peux rien si c'est un genre qui tombe direct dans mes mains. Chacun sa vérité est rapide à lire et très intéressant. Pas de roman exceptionnel en vue concernant l'intrigue de base, où il sera question de retrouver une enfant disparue. Cependant, je dois bien avouer que ce sont les personnages qui tirent ici leur épingle du jeu. 

Vous n'aurez pas un thriller avec des personnages comme on en voit souvent, bien au contraire. Que ce soit la fille de la victime, Pernilla, qui semble confuse du début à la fin et qui cachait sa fille aux yeux des autres de peur qu'on la lui prenne, sa fille Julia, qui ne se mettait jamais en colère et qui était très calme ou encore Kouplan, le détective sans papier qui se cache aussi, voilà un trio improbable qu'il est génial de suivre.

Kouplan donc qui dispose d'une psychologie très ambigüe et qui va à plusieurs reprises nous surprendre. Déjà par sa personnalité étrange et par son apparence de jeune garçon alors qu'il a une vingtaine d'année. Kouplan qui enquête à sa façon, sans s'aider de la police ou de faire les choses en règle parce qu'il ne le peut pas. Sa relation avec Pernilla est aussi troublante. Un lien étrange se noue entre eux et on essaye de comprendre ce qui se joue réellement sous nos yeux. Comment retrouver une fillette disparue quand on ignore comment elle a disparue et surtout à quoi elle ressemble ?

Un thriller très axé sur la psychologie de ses héros et qui peu à peu nous mène sur une quête de la vérité complètement à côté de ce qu'on attendait au départ, et pour cause, Kouplan ne dispose pas d'assez d'éléments pour réussir à trouver facilement cette enfant. Les rares personnes qui lui apportent de l'aide sont aussi atypiques et ajoutent du piment à l'affaire.

Kidnapping, folie, trafic d'êtres humains, dans Chacun sa vérité on ne s'attend pas forcément à tous les dénouements proposés, même si certains semblent un peu trop prévisibles. A lire !

jeudi 6 décembre 2018

Techno Freaks de Morgane Caussarieu

Paru en 2018 aux éditions Le serpent à plume.

192 pages, roman contemporain pour adulte. 



Pour Goldie et sa petite bande – une poignée de narcissiques défoncés à un invraisemblable cocktail de drogues – chaque week-end est un défi. Ce sont chaque fois trois nuits folles à gravir sous l'emprise de l'érotisme et de la GBL, et à dévaler sous l'emprise de l'égotisme et de la kétamine. Au final, au dernier petit matin, certains reprendront la route de leur call-center – le seul job dont ils soient encore capable – , d'autres se diront qu'il est encore temps de tout reprendre à zéro ; et Dorian approchera la perceuse de son front, à la recherche de son Troisième Œil.





Lien de Techno Freaks sur le site des éditions le serpent à plume.

Ce n'est un secret pour personne, je dévore toutes les publications de Morgane. C'est une auteur qui a un style bien à elle, inimitable. Elle sait dresser le portraits de personnages attirant et énigmatiques. Des gueules cassés, de la drogue, de la musique, un désir de vouloir se démarquer par son apparence et son caractère... Techno Freaks est un ovni. Dans la lignée de Chéloïdes même si plus court et dressant plus de portraits on découvre une Allemagne nouvelle, différente et excitante.

Je ne lis jamais de contemporain, enfin, presque jamais, et avec Morgane, je ne me suis même pas posée la question de savoir si j'allais apprécier ce nouveau monde et cet univers proche du notre. Point de fantastique, point de vampire, quoique là aussi on peut se demander si finalement la drogue et l'évolution, que dis-je, le désir de s'élever socialement ne vampirise pas nos héros. Chacun à sa manière veut se démarquer, percer dans un domaine et devenir la référence pour les autres. Les héros sont des gens tout ce qu'il y a de plus normaux. Ils pourraient être votre voisin, votre collègue, votre frère ou soeur, comprenez que Morgane en a fait des êtres vivants et non pas de simple personnage papier. On vit avec eux leurs histoires à tous. On découvre l'addiction à la drogue, à la musique, au paraître. 

Une troupe de personnages haut en couleur avec son lot de tatouages, de tenues provocantes et déstructurées, de coiffures improbables et voilà qui va nous emmener au travers d'une Allemagne fêtarde où on vit la vie à 2000%. J'ai vécu avec eux une histoire incroyable en si peu de pages et c'est ça le talent ! Peu importe le nombre de pages, la grosseur du bouquin, si l'auteur parvient à très vite vous embarquer avec lui c'est gagné. Et ce fut le cas avec Techno Freaks. L'histoire de jeunes qui passent leur temps entre boulot et boîte de nuit où la drogue n'est pas tabou et où chacun peu laisser libre court à sa liberté d'être qui il veut. Pas de préjugés, pas de clichés, juste eux et leur personnalité atypique.

Je me croyais à Berlin, défoncée à la K, me mouvant sur la piste de danse comme si j'étais seule au monde, ne remarquant pas cette masse de population, les yeux rivés sur moi. J'ai eu l'impression d'être eux, dans leur tête, dans leur parole, dans le façon de réagir et d'être aussi exceptionnel. Qu'est-ce que ça fait du bien de découvrir des gens que l'on pourrait croiser dans la rue, des gens qu'on ne pourrait s'empêcher de juger sans rien connaître de leur vie, de ce qui les a amener ici et là. 

Leur histoire vous prend aux tripes, il est question d'amour passionnel et fulgurant qui s'estompe bien trop rapidement, un peu comme les effets de certaines drogues. Techno Freaks ne se raconte pas, il se vit et se découvre. 


lundi 26 novembre 2018

Le manufacturier de Mattias Koping

Paru en 2018 aux éditions Ring

548 pages, thriller pour adulte.
Attention ce roman contient des scènes qui peuvent choquer. 


 Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l'avocate Irena Ili? tente de remonter la piste jusqu'à la tête du commando, le sinistre Dragoljub. Le 1er avril 2017, les cadavres d'une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre, atrocement mutilés. Niché dans le dark Web, un inconnu sous pseudonyme revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur son site Internet... Depuis quand sévit-il ? Prêt à transgresser la loi, le capitaine de police Vladimir Radiche s'empare de l'affaire qui sème la panique sur le pays, au risque de voir l'inimaginable s'en échapper. Les deux investigations vont se percuter avec une violence inouïe. L'avocate et le flic ont des intérêts divergents et sont prêts à se livrer une guerre sans merci. Emportés dans l'abîme du terrifiant conflit yougoslave, les enquêteurs évoluent dans un vertige noir, gangrené par la violence et la corruption, où les plus pourris ne sont peut-être pas ceux que l'on croit. Crimes contre l'humanité, meurtres en série, fanatismes religieux, trafics entre mafias sans scrupules, l'étau se resserre au fil des chapitres. Les égouts de l'Histoire finiront par déborder, et vomir des monstres trop vite oubliés. N'ayez pas peur. Oui, il y a tout cela dans Le Manufacturier. Non, il n'y a pas d'autre issue.


Lien de Le manufacturier sur le site de l'éditeur 

Mattias Koping m'avait déjà surprise avec les Démoniaques. Un roman dur et cruel qui se veut violent et terriblement addictif. C'est sans surprise que Le Manufacturier se révèle semblable. Cruel et addictif, il nous est impossible de refermer le livre une fois commencé, malgré les nombreuses scènes de viols, de tortures et de guerres civiles. Tout y est laid et sombre, violents et meurtriers. C'est un véritable carnage et pourtant je dois bien avouer qu'il fait partie des livres les plus incroyables que j'ai lu cette année. Ce n'est pas un coup de cœur, c'est une claque littéraire.

Ce beau pavé de plus de cinq cent pages nous emmènes dans un univers de noirceur et de vengeance. Si vous pensiez qu'il n'était question que de la résolution d'une enquête vous vous trompiez.
ici il est question de plusieurs histoires qui vont se regrouper pour n'en former plus qu'une. On a d'abord Radiche, un flic inquiétant qui effraye ses collègues par son côté froid et taciturne. Jamais une parole réconfortante, ou encourageante, Radiche n'a que faire du respect et ne cherche pas à s'entendre avec ses collègues. La seule chose qui lui importe, c'est de résoudre ses enquêtes peu importe de quelle manière. Il va d'ailleurs enquêter sur le cadavre d'un dealer retrouvé torturé. Une enquête dangereuse et qui se terminera en Enfer...

D'un autre côté, on a Irena une avocate qui cherche à retrouver le chef des Lions de Serbie, une milice qui a tué, torturé et violé des centaines de personnes pendant la guerre serbo-croate. Cette même jeune femme va rencontré un homme Milovan adopté en France par son grand père et seul survivants des lions de Serbie. Il ne cherche plus qu'une chose, retrouver Dragoljub, celui qui a tué sa famille et l'a laissé pour mort. 

Enfin on a deux autres histoires qui vont rejoindre la quête d'Irena et l'enquête de Radiche : la lutte entre deux familles au Havre qui vendent de la drogue et vivent de la prostitution de pauvres filles et le manufacturier, un homme, seul qui torture des gens et fait payer ses vidéos sur le dark web.

Cela fait beaucoup d'éléments et de personnages et on se demande jusqu'à la moitié ce qui peut lier toutes ces histoires. Il sera question de meurtres, de drogues, de prostituions, de vengeance, de sévices corporelles, de torture, de voyeurisme, du lien familiale, de la guerre... Mattias Koping apporte tellement de thématique dans ce roman qu'il est impossible de les détailler toutes sans risquer soit de spoiler sans d'en oublier une.

Une chose est sure c'est que dès le début, j'ai senti en Radiche un monstre. Un homme assoiffé de violence et qui n'hésite pas à faire du mal autour de lui que ce soit physiquement ou psychologiquement (il suffit de voir comment il parle à ses collègues). Seulement, plus on avance dans le roman et plus on est surpris de son caractère et de ce qu'il est réellement.

Milovan aura lui aussi su me convaincre dès le début. Cet homme torturé et violé enfant en a réchappé de justesse et il chercher par tous les moyens à ce que l'homme responsable de ses tourments soit châtié. Il n'aura aucune pitié et c'est grâce à Irena qu'il parviendra à retrouver sa trace.

Ce roman va me rester longtemps en mémoire. Il possède tout ce qui fait un roman noir et horrible. L'auteur maîtrise à la perfection l'art de vous écœurer avec certaines scènes violentes et gores qu'on n'aimerait pas voir mises en image à la télévision... Bravo Mattias, le manufacturier est pour moi l'un des romans les plus sombres que j'ai lu jusqu'ici (au même niveau que la ligne de sang de DOA)


lundi 5 novembre 2018

Cadaver sancti de Jennifer Holparan

Paru en 2018 aux éditions Pocket et 2013 aux éditions France loisirs.
480 pages, thriller pour adulte.


À Boston, un tueur en série laisse derrière lui des cadavres de femmes selon un rituel similaire au martyre des saintes. Gravé dans leur chair, un texte en hébreu... Interrogé dans le cadre de l'enquête, Tim, prêtre d'une trentaine d'années, a la surprise de retrouver dans la jeune inspectrice chargée de l'enquête, Darcy, la petite fille dont il était tombé amoureux enfant, un jour d'été. Celle-ci a grandi mais elle est restée le tourbillon incontrôlable qui l'avait charmé. Heureuse de pouvoir mettre à profit l'érudition religieuse de son ami, Darcy l'entraîne dans sa traque du tueur...






Lien de Cadaver Sancti sur le site de l'éditeur.

Il y a des romans qui sans raison apparente vous rendent accro. Des romans qui semblent pourtant classiques et n'ont rien de particulier ou de bien original. Cadaver Sancti est de ceux-là. Je ne m'attendais absolument pas à être complètement sous le charme du roman de Jennifer Holparan alors qu'en y repensant il n'est pas non plus extraordinaire. C'était je pense, le bon roman au bon moment. Ce thriller efficace et bien mené du début à la fin qui n'essaye pas d'en mettre plein la vue mais reste sobre et classe jusqu'au bout.

Cadaver Sancti c'est un thriller qui va nous amener à enquêter sur le meurtre de plusieurs jeunes femmes toutes assassinées de façon à rappeler des saintes martyres. Si l'intrigue est assez classique, des meurtres, une enquête, des suspects, l'auteur propose pour animer le tout de faire la connaissance de deux personnages hauts en couleur et complètement différents. On a Darcy, une jeune punk, flic aux méthodes douteuses qui n'hésite pas à se salir les mains pour parvenir à résoudre une enquête. Tempérament de feu, un peu trop cash, ses collègues ne semblent pas beaucoup l'apprécier et beaucoup se demandent même pourquoi elle est toujours dans la police. A l'inverse on rencontre Tim, un prêtre tout ce qu'il y a de plus simple qui va croiser la route de Darcy.

Mais voilà le plu surprenant c'est que nos deux héros se connaissent depuis l'école maternelle puisqu'ils étaient à l'époque ami. Les choses ont bien changé et si l'un a suivi la voie religieuse, l'autre a préféré celle de la justice humaine. Deux visions bien différentes mais un seul but : résoudre une enquête. Darcy se voit charger de trouver l'identité d'un tueur en série qui sévit depuis quelques semaines et qui enlève des jeunes femmes catholiques pour ensuite les torturer et les révéler ensuite aux yeux de tous sous l'aspect de saintes martyres de la religion catholique. Tim se voit enquêter aussi sur le meurtre d'une femme que ses supérieurs voudraient canoniser, mais pour se faire, il faut prouver qu'elle était une véritable sainte et capable de miracle. 

En enquêtant sur cette femme autrefois assassinée, Tim croise Darcy et leur retrouvaille est des plus amusantes. Elle qui n'a pas froid aux yeux et qui ose dire tout haut ce que les gens pensent tout bas et lui qui tente de se faire tout petit et de ne pas céder à certains pulsions que la jeune femme réveille en lui. C'est un duo improbable et efficace qui donne vraiment envie de dévorer le roman. Nos héros sont drôles et apportent une énorme touche de légèreté et d'humour à cet univers pourtant sombre et violent où un psychopathe n'hésite pas à tuer de façon religieuse. 

Et c'est, je pense, Darcy et Tim qui font la grande force de ce roman. Non pas que l'intrigue est mauvaise, bien au contraire. L'auteur sème des indices petit à petit et n'hésite pas à relier deux histoires qui à priori n'ont rien à voir pour nous amener là où elle le souhaite. C'est bien brodé, bien pensé et tout s'emboîte parfaitement. La pression monte crescendo jusqu'à un final qui permet de boucler enfin la boucle et de permettre à nos héros d'enfin voir la fin de leur enfer.

Avec un style percutant et très drôle, Jennifer nous régale. On prend plaisir à vois nos protagonistes se chercher des poux et pourtant un lien très fort les unis. J'espère sincèrement les retrouver parce qu'ils ne m'ont pas laissé indifférentes. Tim est adorable et sa vie privée est un véritable chaos entre des parents qui n'ont jamais compris son désir de devenir Prêtre et son attirance latente pour Darcy.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste et chacun à sa manière parvient à se démarquer et à nous faire passer un bon moment. L'auteur ne fait pas juste survoler la personnalité des seconds rôles, elle les fait vivre ! Que ce soit les suspects, les témoins, le tueur, les victimes, les collègues de Darcy ou la famille de nos héros chacun apporte sa pierre à l'édifice pour offrir un moment de lecture vraiment à part.

Cadaver Sancti est donc à mon sens un thriller à avoir dans sa bibliothèque parce qu'en plus d'une histoire sympathique, ses personnages sont un réel atout ! J'en redemande et j'espère retrouver nos héros prochainement !

jeudi 1 novembre 2018

Au fond de l'eau de Paula Hawkins

Publié en 2018 aux éditions Pocket et en 2017 chez Sonatine.
504 pages. Thriller pour adulte.


Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c’est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent.






Lien de au fond de l'eau sur le site de l'éditeur.

J'avais déjà eu l'occasion de découvrir l'auteur avec son premier roman la Fille du train. Je ressors complètement sous le charme de ce roman qui est bien plus fort et intense que la fille du train. Il est question ici de portraits de femmes toutes plus différentes les unes que les autres et victimes d'une malédiction qui semble ne toucher que les femmes.

Au fond de l'eau permet de faire connaissance avec une galerie de personnages assez nombreux. Des policiers, en passant par les adolescentes ou les femmes du village. Tout débute avec le suicide de Nel une jeune femme mélancolique qui semble complètement obsédée par la rivière et plus particulièrement par le bassin aux noyées. Lieu populaire pour avoir vu mourir de nombreuses jeunes femmes. Et voilà que Julia, la soeur de Nel est appelé a Beckfort pour s'occuper de sa nièce, adolescente rebelle, abandonnée par une mère qui s'est suicidée.

Pourtant, très vite, on va se rentre compte qu'il y a quelque chose d'anxyigène à Beckfort. Comme des secrètes de village qui détruisent tout autour d'eux. Julia en fera l'amer expérience surtout elle qui a déjà si peu de bon souvenir de sa jeunesse ici. Julia qui est une femme blessée, en colère et qui n'a jamais digéré la souffrance que lui a causé Nel. C'est presque comme si elle était soulagée de savoir sa soeur morte, mais complètement désabusé aussi de devoir gérer sa fille adolescente, elle qui n'a jamais eu d'enfant.

Julia est une femme honnête, mais voilà, elle est maladroite et sa rancoeur continue de la ronger des années après. Elle va prendre sur elle et tenter d'apprivoiser sa nièce qui lui donnera du fil à retordre. L'accident de Nel aura pu passer inaperçue si d'autres jeunes femmes n'auraient pas elles aussi fait le grand saut, abandonnant hommes et enfants derrière elles. En parlant de femme, il ne faut pas mettre de côté Lena, la fille de Nel qui se retrouve seule avec une tante qu'elle n'a quasi pas connu et qui avait tiré un trait sur sa mère. La voilà qui se rebelle et qui déprime. Il faut la comprendre, la pauvre a perdu sa mère et sa meilleure amie qui s'est elle aussi suicidée au même endroit quelques mois plus tôt.

Mais si derrière ces suicides se cachaient quelque chose de bien plus grave ? C'est ce que la police, du moins une policière non originaire du coin, va tenter de comprendre et de révéler. Deux suicides en si peu de temps c'est trop pour une petite ville comme Beckfort, mais parfois, il vaut mieux ne pas réveiller de vielles rancoeurs et de vieux souvenirs qui pourraient nous coûter cher.

Au fond de l'eau est un très bon thriller. Les rebondissements sont multiples et le fait de passer d'un personnage à un autre permet une vision très élargie de l'intrigue et des événements. On ne s'ennuie pas et les personnages sont crédibles dans leur façon d'agir. La plume est fluide et la taille des chapitres permet une lecture rapide et facile. Me concernant j'ai adoré découvrir toutes ses femmes qui souffrent d'une manière ou d'une autre.

Une auteur que je continuerais à suivre de près !



lundi 22 octobre 2018

Trauma Zéro de Elly Rosemad

Publié en 2018 par les Editions De saxus.
378 pages. Thriller pour adulte.



2025, l'euthanasie vient d'être légalisée. Gabriel, un jeune docteur talentueux, va profiter de cette opportunité pour assouvir ses pulsions criminelles. Ses proies seront les personnes en fin de vie, mais leur mort sera tout sauf paisible. Dans le même hôpital, Maddy, une psychologue, a mis au point un système expérimental destiné à effacer les traumatismes des patients de leur mémoire. Mais suite à un accident, le projet a été suspendu. Elle demande alors à Hank, un confrère, de l'aider à remettre le programme sur pied, mais ce dernier refuse. Peu à peu, Maddy a des doutes sur le comportement de Gabriel vis-à-vis des patients, et un jour, elle le prend en flagrant délit de tentative de meurtre. Sa réaction sera pour le moins inhabituelle.



De Saxus propose des romans que je trouve atypique. Les limbes m'avait bien plu lors de la lecture et c'est avec curiosité que je me suis penchée sur Trauma Zéro puisque la thématique abordée me passionne. Il est question du droit de choisir quand et comment mourir. 

Dans Trauma Zéro, on fait la connaissance de deux personnages bien différents. Maddy, une psychologue et Gabriel. L'un comme l'autre travaille dans le même hôpital, mais chacun agit pour son propre compte. Maddy par exemple cherche par tous les moyens à protéger les gens de souvenir qui les détruisent de l'intérieur. Elle-même aimerait ne plus avoir à se lever chaque jour en pensant à un événement traumatisant de son passé. Un événement tellement difficile à accepter qu'il l'empêche de vivre et de connaître le bonheur. Gabriel, lui est un homme brillant et séduisant, mais voilà, il a des pulsions morbides et aime voir les gens mourir sous ses yeux.

Dès lors que l'euthanasie devient légal dans l'hôpital où ils travaillent tous les deux, leurs chemins se croiseront bien plus souvent qu'ils ne le pensaient. J'ai aimé voir le contraste entre la jeune femme blessée et qui ne supporte presque plus de vivre et cet homme qui à l'inverse prend du plaisir à voir les gens souffrir. Ils sont le Ying et le Yang de cet hôpital où beaucoup de patients vont périr sous la main du docteur.

Le seul défaut que je reprocherais à la quatrième de couverture, c'est de nous indiquer un événement majeur qui se déroule à plus de la moitié du roman. Du coup, tout au long de ma lecture, j'étais dans l'attente de cet événement qui allait les réunir pour le meilleur et pour le pire. Du coup, l'effet de surprise disparaît complètement puisqu'on connait ce lien qui va les unir. Maddy va devoir gérer ses émotions et réfléchir quand à la relation qu'elle va entretenir avec un tueur.

J'ai apprécié l'histoire qui se déroule sous nos yeux et j'ai franchement trouvé la personnalité de Gabriel très intéressante. Son rapport avec la mort est tordue, mais celle avec son père l'est encore davantage. 

Peu à peu se noue un intrigue de fond avec ce personnage souvent costumé qui torture de jeunes prostitués à sa guise. Un homme violent, dangereux et complètement perdu. Pendant un long moment, on se demande quel est son rôle dans l'histoire de maddy et Gabriel, le lien entre eux trois. Et il faut avancer loin dans le roman pour découvrir la vérité.

Une découverte inattendue, bien amené et qu'on ne découvre pas si facilement malgré quelques petits détails éparpillés de-ci de-là. C'est un thriller qui prend son temps pour monter crescendo et nous offrir un final surprenant et bien pensé, un dénouement nécessaire pour certains personnages.

Il me semble qu'il s'agit du premier roman d'Elly Rosemad, et c'est un premier roman abouti et très plaisant. Quelques petits défauts cependant, quelques longueurs à certain moment, mais nul doute que très vite, elle saura nous surprendre bien davantage. 

Trauma zéro est un roman que je recommande pour son thème en milieu hospitalier et son rapport à la mort assez poétique et bien amené.

dimanche 14 octobre 2018

La colère de Ben d'Adeline Dias

Publié en 2017 chez Rebelle éditions.
187 pages. 
Romance à partir de 16 ans.


La Confrérie des Chats de Gouttière est un groupe de cinq amis d’enfance dont les destins se croisent et se séparent pour mieux se retrouver. Benoit est un homme d’affaires à qui tout réussit ou presque. Charlotte, la femme dont il est amoureux depuis l’adolescence va se marier avec Jeremy, l’un de ses anciens meilleurs amis. Refusant d’admettre sa souffrance face au couple et à la Confrérie, Benoit demande à Maud, sa toute nouvelle assistante, de se faire passer pour sa compagne.







Adeline est une auteur que j'ai découvert avec son premier opus L'orgueil de Jay. Ce premier opus m'avait à l'époque beaucoup plu. Chaque année maintenant, je lui achète un roman pour découvrir petit à petit tous ses univers. J'ai enfin trouvé le temps de me plonger dans la colère de Ben et j'ai passé un très bon moment. J'avais d'ailleurs hâte de retrouver notre groupe de la confrérie des chats de gouttière et plus particulièrement Ben qui il faut bien l'avouer, subit beaucoup dans le précédent roman. Cette fois-ci, il est mis à l'honneur et va enfin pouvoir avancer malgré la perte de son grand amour qui lui a préféré quelqu'un d'autre. Ben ne tiendra pas seul le rôle principal du roman. Baptiste le frère de Ben est aussi très mis en avant dans ce tome-ci et j'ai été ravie de pouvoir aussi suivre l'évolution du plus jeune de la troupe qui s'affirme de plus en plus et fait des révélations le concernant qui risqueraient de changer le regard des autres.

On retrouve donc une plume douce et réaliste. Adeline a cette capacité à dresser le portrait de personnage qui ne serait pas sans rappeler nos propres amis tant ils sont réalistes. Ils ont des qualités, mais aussi des défauts. Aucun n'est parfait et chacun tente d'avancer dans sa propre vie. Ils ont leur lot de secrets et de déceptions, mais tentent chaque fois de poser carte sur table pour ne jamais laisser leur souci empiéter sur leur amitié.

Dans la colère de Ben donc, on fait la connaissance d'un nouveau personnage : Maud. Cette jeune maman va devenir l'assistante de Ben, prenant ainsi la place de Charlotte au sein de l'entreprise de Ben. Très vite, on voit que la relation entre les deux est virulente, Maud n'ayant pas sa langue dans sa poche et Ben , très malheureux, est très irritable. Un patron tyran, voilà ce qu'il est devenu depuis qu'il a compris qu'il n'aurait jamais autre chose que de l'amitié de la part de Charlotte. Alors oui, on sent sa frustration et sa peine, mais Ben est bien plus que cela. Il est furieux, en colère. Il pense qu'on s'est joué de lui et qu'on lui a vendu un peu trop de rêve. Pourtant, malgré son côté détestable, Ben est en or. Intelligent, affectueux, sincère et droit dans ses pompes, il va devoir prendre sur lui pour regarder un peu plus autour de lui et apprivoiser sa nouvelle assistante qui lui sera la mise plus d'une fois. Maud c'est la jeune femme qui vit avant tout pour son enfant. Elle fait tout en fonction de ce dernier afin de lui faciliter la vie et de le rendre heureux. Et on ne la comprend que trop bien puisque son fils n'a plus qu'elle. Maud va donc prendre sur elle lorsque Ben sera froid et arrogant avec elle. Elle ne mouftera pas quand il exigera trop de boulot de sa part. Mais Maud ne veut pas perdre ses instants de bonheur avec son fils pour un boulot qui ne fait que la rabaisser au rang de "sous-fifre" et c'est ainsi que j'ai ressenti le personnage.

Maud est prête à accepter beaucoup, dîner avec son patron pour arrondir les angles de ce dernier vis à vis de ses amis, travailler tard le soir et dur pour que les dossiers soient toujours à jour. Accepter de prendre la place de Charlotte, celle qui a toujours su faire battre le coeur de Ben, mais Maud reste humaine et peu à peu on sent sa carapace se fissurer. C'est là le talent d'Adeline. Elle fait vivre de véritables personnes sous nos yeux qui n'ont quasi plus rien d'imaginaire puisqu'ils sont réalistes et que toutes leurs actions sont crédibles et sincères. Cela donne lieu à une belle histoire d'amour sur fond d'amitié et de déceptions. Et j'applaudis tout ça, parce qu'en tant que lectrice, j'ai vu les personnages vivre sous mes yeux un peu comme on suit une série télé comme friends, où on s'identifie et on adore les héros.

J'ai aussi beaucoup apprécié la mise en avant de baptiste et de la révélation de son homosexualité. C'est raconté avec pudeur et douceur, Adeline n'en rajoute pas des tonnes, elle offre une histoire passionnante et intimiste entre deux hommes qui se découvrent une attirance physique et émotionnelle sans qu'ils ne l'aient cherché. C'est très tendre et cela apporte la touche de douceur en plus et en toute simplicité.

En bref, La colère de Ben est un très bon second opus. Une romance qui fonctionne de part sa simplicité et sa justesse. Adeline est sincère et crédible lorsqu'elle met en scène des personnages qui vous ressemblent et me ressemblent de par leur différent trait de caractère et il serait dommage de passer à côté !

Une romance tout en douceur et en finesse que je recommande.

samedi 6 octobre 2018

Tu tueras l'ange de Sandrone Dazieri

Année d'édition :  2018
Edition :  Editions Pocket
Nombre de pages :  640 pages 
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture : 
La mort rôde, aussi belle que fatale. Serez-vous sa prochaine victime ? Lorsque le TGV Milan-Rome arrive à quai, la police fait une macabre découverte : tous les passagers de la classe affaires sont retrouvés morts. Si les premiers indices orientent l'enquête vers un attentat, la commissaire adjointe Colomba Caselli, muscles d'acier et âme fragile, est persuadée du contraire. Pour elle, seul Dante Torre, l'« Homme du silo », est capable d'y voir clair dans ce brouillard de mensonges et de fausses pistes. Très vite, ils découvrent que ce massacre n'est que l'énième épisode d'une longue série de carnages, sur laquelle plane l'ombre d'une mystérieuse figure féminine. Elle ne laisse aucune trace, juste un nom : Giltiné, l'ange lituanien des morts.


Mon avis :

Tu tueras l'ange sur le site de l'éditeur 

Une fois encore, c'est d'un thriller que je vais vous parler. La suite de Tu tueras le père. Enfin, suite étant un bien grand mot parce que même s'il se déroule après, Tu tueras l'ange est une toute nouvelle affaire. Colomba sera amenée à enquêter sur un attentat revendiqué par un groupe de terroriste, seulement, cette dernière n'y croit pas. Son flair a parlé et il lui faut davantage enquêter parce que la thèse de l'attentat ne lui semble pas cohérent. Très vite, il lui sera nécessaire d'avoir l'avis de Dante, qu'elle n'a plus revu depuis sa dernière enquête qui a failli leur coûter la vie. 

Une fois encore, je ressors complètement satisfaite de ma lecture. Sandrone Dazieri mène son roman avec brio et n'hésite pas à nous surprendre du début à la fin tout en distillant au compte goutte des indices qui nous mènent jusqu'à la révélation. Pourquoi cette femme inconnue semble toujours de près ou de loin lié aux crimes ? Que veut-elle ? Pour qui agit-elle ? 

Tout au long du roman, on va en apprendre un peu plus sur cette femme surprenante et dangereuse. Elle sera une véritable énigme pour notre duo qui aura beaucoup de mal à cerner sa personnalité et surtout ses motivations.

L'Ange est un personnage troublant et intéressant. Ses principes et convictions peuvent choquer au premier abord, mais il est surtout question de vengeance, de douleur et de tristesse. Une femme qui depuis toute jeune aura suivi ce même chemin chaotique semant la mort autour d'elle. D'une certaine manière elle amène beaucoup de poésie autour d'elle, une poésie destructrice et violente.

Le roman est dense, pourtant à aucun moment on ne s'ennuie parce que justement l'auteur fait en sorte que chaque événement amène quelque chose de nouveau dans l'enquête. C'est passionnant du début à la fin et l'évolution entre Dante et Colomba avance lentement, mais sûrement. Leur relation est tout aussi passionnante que l'enquête qu'ils mènent en toute discrétion pour éviter beaucoup de soucis.

Tu tueras l'ange est une réussite. Un thriller efficace et addictif qui nous donne envie de lire d'autres aventures de Dante, personnage loufoque, dérangé mais adorable. Il me tarde de les retrouver tous les deux !

dimanche 16 septembre 2018

Fête des pères de Greg Olear

Année d'édition :  2018
Edition :  pocket
Nombre de pages :  448
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Sa femme partie en déplacement professionnel, Josh Lansky, scénariste, doit rester une semaine seul avec ses deux enfants en bas âge. Jusqu'à ce vendredi, il a réussi, tant bien que mal, à gérer l'essentiel : les petits sont toujours vivants, lui-même a survécu à Dora l'exploratrice, et n'a pas encore totalement pété les plombs. Mais lorsqu'il apprend par hasard que son épouse lui est peut-être infidèle, il ressent soudain le besoin urgent de faire une pause. Comme si c'était possible !







Mon avis : 

Lien du livre Fête des pères sur le site de l'éditeur

Parfois changer de registre, permet de souffler. C'était bien là le but, surtout lorsque j'ai lu le résumé de ce roman. Une lecture atypique dans mon horizon et qui m'aura fait passer un bon moment.

Ici on rencontre Josh, scénariste qui bosse depuis chez lui et qui est un peu l'homme au foyer. A lui de gérer le ménage, les courses, les enfants, le travail de son épouse qui l'envoie souvent à distance et surtout les commérages du voisinage. On peut tous facilement se reconnaître en Josh malgré son énorme imagination. Parce que croyez-moi, Josh a vraiment une case, quelque chose qui ne tourne pas rond et il se sent obligé de tout scénariser à sa sauce.

Josh donc va devoir gérer ses enfants, surtout son fils qui demande beaucoup d'attention du fait de son autisme. Sa petite fille aussi qui ne cesse de réclamer ses dessins animés à tout va. On a donc une partie centrée sur la relation entre un père et ses enfants et c'est assez inédit de lire cela pour moi puisque généralement ce sont les mamans qui sont mises en avant avec leurs enfants. ( A part un roman de Maxime Gillio, ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres.) Aussi je dois bien avouer que c'était touchant et très réaliste de voir cette relation entre un père et ses enfants, surtout qu'avec le petit garçon, on sent vite le père dépassé par les événements, mais ne lâchant pas pour autant et faisant son possible pour améliorer la vie de ses petits bouts.

D'un autre côté on assiste à la révélation du voisinage. Toutes ces personnes qui gravitent autour de notre héros avec leur propre problème, leur lot de petites indiscrétions et toutes les rumeurs qu'elles se plaisent à lancer de ci de là. Josh en sera d'ailleurs victime puisque l'une de ses voisines, qui ne le laisse pas indifférent physiquement va très vite lui mettre la puce à l'oreille : son épouse le trompe en voyage d'affaire. On va donc assister à la presque chute d'un homme affaibli émotionnellement qui en plus de gérer sa famille va devoir lutter contre l'envie d'infidélité qui l'anime.

Entre tout ce que subit Josh, il va pourtant nous offrir des moments de pure délire lorsqu'il met en scène les gens qui l'entourent via de petits scénarios qu'il invente au fur et à mesure et je dois bien avouer que j'ai souvent ri de ses idioties, surtout lorsqu'il imagine sa femme avec un autre homme !

En bref, Fête des pères, c'est un roman qui change la donne. Au revoir la femme au foyer qui gère tout pendant que son époux s'en va en voyage d'affaire et bonjour le papa poule qui subit et n'a qu'une envie : fuir toutes ses obligations. Un homme attachant et qui est davantage le portrait réaliste des hommes qui nous entourent.




lundi 3 septembre 2018

La part des ombres tome 1 de Gabriel Katz

Année d'édition :  2018
Edition :  pocket
Nombre de pages : 345
Public visé : Adulte & Young Adult 
Quatrième de couverture : 
La Goranie était jadis une terre de conquérants, elle n'est plus aujourd'hui qu'un pays occupé, avec à sa tête un roi fantoche. Dix ans déjà que les Traceurs, peuple guerrier descendu des montagnes pour " pacifier " le pays, règnent en maîtres sur le royaume. Discipline, terreur, corruption, tout semble fonctionner sans le moindre accroc jusqu'au jour où tout bascule. Une noce qui tourne au drame, un massacre tenu secret... et un homme qui se dit revenu d'entre les morts, pour lever le peuple contre l'occupant. On l'appelle le Fantôme, et pour animer la lame de fond qui renversera le régime, il a besoin de combattants – des mercenaires de haut niveau, capables d'encadrer, de former, et d'affronter les terribles guerriers de la Trace. C'est ainsi qu'entrent en scène trois personnages venus des quatre coins du monde (et surtout des autres séries de Gabriel Katz) : une maîtresse de guerre, un gladiateur de haute volée et... un beau gosse qui ne sait pas très bien comment il s'est fait entraîner là-dedans.

Mon avis :

La part des ombres sur le site de l'éditeur. 

Gabriel Katz est un auteur qui piquait ma curiosité depuis quelques temps déjà. J'ai pu lire la nuit des cannibales que j'avais vraiment beaucoup aimé et du coup je savais qu'une fois encore, l'auteur saurait m'emporter dans un tout nouveau univers. Je ne m'étais pas trompée et La part des ombres rejoint la liste des saga de fantasy française à lire d'urgence !

Il est ici question de vengeance et de liberté. D'un peuple oppressé et soumis qui n'en peut plus de voir les grands et les envahisseurs profiter de leur faiblesse. Et il n'en faudra qu'un pour les soulever tous et leur permettre de se battre et de retrouver leur liberté. L'histoire avance rapidement, sans nous laisser le temps de nous reposer. L'action est présente, bien détaillée et représentée, de sorte qu'on assiste à de véritables duels et batailles sous les mots qui défilent.  

Nos personnages, que dis-je nos héros sont nombreux et ont tous à cœur de permettre au peuple de s'en sortir. Entre la maîtresse de guerre, Kaelyn, personnage emblématique et très intrigant (dont je pense lire les aventures prochainement), Desmeon, le gladiateur à l'humour aussi tranchant que la lame et d'autres héros qui font parfaire la panoplie de sauveur, on a là un groupe vraiment hétéroclite et qui nous donnent envie de dévorer le roman. 

La plume nous happe et nous accroche dès les premières lignes et nous offre une histoire sombre et surprenante où la loi du plus fort domine. Et c'est Fantôme qui va réunir cette bande atypique pour frapper fort sans que les dirigeants ne s'y attendent. Leur but étant simplement que le peuple se réveille et se rebelle contre l’oppresseur. 

L'intrigue reste assez sombre, on sent la noirceur et la crasse dans laquelle nos héros évoluent (suffit de se souvenir du mariage, première grosse séquence du roman qui en fera frémir plus d'un !), pourtant malgré cela il existe aussi une certaine légèreté dans la façon dont nos héros abordent les choses. 

C'est donc un excellent premier tome, qui tient toutes ses promesses et même au delà et j'ai hâte de découvrir d'autres univers de l'auteur. 

dimanche 26 août 2018

Tu tueras le père de Sandrone Dazieri

Année d'édition : 2017
Édition: pocket
Nombre de pages : 672
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : Petit garçon, Dante Torre a survécu à l'enfer de la séquestration. Il enquête désormais sur une vertigineuse affaire d'enlèvements d'enfants. Car son ravisseur sévit toujours...
« Meilleur thriller de l'année 2014 » selon Il Corriere della Sera, Tu tueras le Père est un véritable best-seller en Italie, vendu dans plus de dix pays et bientôt adapté en série TV.

Sous un soleil de plomb, un homme court, désorienté, le long d'une route qui mène à Rome. Luca, son jeune fils, a disparu lors d'un pique-nique familial dans le Pratoni del Vivaro, un parc naturel à quelques kilomètres de là. Les enquêteurs dépêchés sur place découvrent bientôt la mère dans une clairière, décapitée. Ils pensent que c'est lui, le mari, qui dans les affres d'une dispute conjugale, a tué son fils, puis caché le corps. Mais où ? Aucune trace de l'enfant, nulle part. Quand Colomba Caselli arrive sur les lieux de la reconstitution, elle comprend immédiatement que quelque chose ne tourne pas rond... Colomba a trente-deux ans et des yeux d'un vert changeant. Elle est belle, instinctive, physique, mais elle n'est plus en service. Elle a pris un congé à durée indéterminée après avoir assisté, impuissante, à un événement tragique qu'elle nomme avec pudeur « Le Désastre » ; et qui l'a laissée très fragile. Cependant, même retirée de la vie policière, elle ne peut cesser d'être un flic et l'un des meilleurs. Le commissaire Rovere, son ex-patron, le sait : il lui demande comme une faveur de mener l'enquête pour lui, en toute discrétion, et d'aller consulter un expert du rapt et de la maltraitance infantile, Dante Torre, surnommé « l'enfant du silo ». Avec son allure de Bowie punk, maigre et toujours vêtu de noir, complètement phobique, dépendant, obsessionnel et paranoïaque, Dante a une approche très personnelle de son travail. Et pour cause : il a été enlevé lorsqu'il était un tout jeune garçon. Pendant onze ans, il a grandi dans l'exiguïté d'un silo à grains avec pour seul contact avec le monde extérieur un mystérieux individu qu'il appelle « Le Père ». À présent, l'enquête de Colomba le confronte à son pire cauchemar. Car, derrière la disparition du petit Luca, Dante reconnaît très vite la signature de ce « Père » jamais identifié, jamais arrêté. Mais si tel est le cas, pourquoi son geôlier aurait-il décidé de frapper à nouveau ? Et pourquoi tant d'années plus tard ? Colomba s'interroge : peut-elle vraiment se fier à son partenaire ? Ou bien Dante l'entraine-t-il, malgré elle, dans l'enfer d'une chasse aux fantômes ? Entre flashback, machinations et course contre la montre, Sandrone Dazieri construit un magnifique thriller qui plonge le lecteur dans un crescendo constant d'adrénaline.

Mon avis :

Quand ce roman est sorti, il m'avait fait de l'oeil. Mais je n'y avais plus trop pensé jusqu'à sa sortie en format poche suivie de la suite Tu tueras l'ange. Alors à la sortie de la suite en format poche, je n'ai pas pu m'empêcher de me plonger dans ce roman pour enfin découvrir un auteur dont on parle énormément en bien.

J'en suis sortie toute chamboulé parce que malgré une histoire de disparition qui semble commencer de manières on ne peut plus classique, Tu tueras le père propose quelque chose qui va bien au delà de tout ce que j'avais pu imaginer. Si on débute avec une disparition, un meurtre et un coupable tout désigné, très vite, les personnages principaux nous font comprendre que les événements qui se déroulent sous nos yeux ne sont pas que ça. 

Dans tu tueras le père, on fait la connaissance de Colomba, un commissaire qui a un instinct incroyable. La jeune femme n'hésite pas à se mettre en danger et à mettre sa carrière en danger si elle est certaine de comprendre une enquête à sa manière. Colomba ne voit pas dans cette affaire un simple enlèvement et un meurtre classique. Un enfant disparu, sa mère assassinée et voilà qu'on trouve dans le père le suspect idéal. Trop facile ? En effet, et Colomba va très vite se tourner vers Dante, un homme capable de retrouver toutes les personnes disparus. Un génie de la résolution d'affaire troublante. Et pour cause, Dante n'est pas un homme comme les autres. Kidnappé enfant et maintenu captif dans un silo, Dante n'a pu en sortir que par miracle. Depuis, les stigmates de sa captivité en ont fait un homme étrange et qui met les autres mal à l'aise. Il a pu étudier le comportement humain depuis sa geôle et n'hésite pas à s'en servir pour retrouver des gens disparus.

Ce qui m'a beaucoup emballé en plus d'un duo improbable et très attachants, c'est la facilité avec laquelle l'auteur nous trimballe d'une possibilité à une autre. On se retrouve pris dans les filets d'une intrigue digne des meilleurs thriller avec son lot de surprises et de rebondissements. Le père, cet homme qu'on ne parvient pas à identifier et dont on doute encore de l'existence mettra un rude bordel dans l'enquête de notre binôme. 

Enfant envolé ? Assassiné ? Destiné à servir à des fins scientifiques ? Jusqu'au dernier quart du roman on se pose mille et une question et on hésite à croire ce qu'avance nos héros parce que non seulement cela paraît improbable, mais en plus cela confirmerait certaines conspirations émises par d'autres acteurs du roman. 

Vraiment, j'ai passé un moment surprenant, et j'ai bouffé ce gros pavé comme pas possible, m'en voulant même de ne pas m'être jeté dessus dès sa sortie !