lundi 28 février 2022

Vertèbres de Morgane Caussarieu

 


Sorti en 2021 aux éditions Au diable vauvert. 304 pages.

Printemps 1997, dans une petite station balnéaire des Landes, Jonathan, 10 ans, vient d'être kidnappé. Selon ses meilleurs amis, le ravisseur serait une femme à barbe. Jonathan est retrouvé une semaine plus tard sur une aire d'autoroute, mais sa mère, Marylou, peine à le reconnaître... Beaucoup de choses ont changé en lui, la plus déroutante étant l'apparition d'une vertèbre supplémentaire en bas de son épine dorsale. En quoi se transforme Jonathan, et que lui est-il arrivé lors de son enlèvement ?






                                                                    Mon avis :

Morgane Caussarieu est l'une des auteures que j'apprécie le plus. Jamais déçue et toujours hyper emballée par ses univers, j'avais hâte de découvrir ce nouveau roman. Lorsqu'il s'agit de Vampires, Morgane est la reine de la nuit. Elle nous propose un mythe revisité et violent, à la hauteur de Anne Rice.

Désormais, c'est sur la lycanthropie que Morgane s'essaye. Et il faut bien avouer qu'elle nous envoie du lourd ! Vertèbres c'est une superbe histoire de métamorphose. Mais pas que. Des personnages attachants et rejetés par les autres, une mère possessive et qui a ce besoin de domination sur son fils (un peu comme la mère dans Ca de Stephen King, qui surprotège son gamin). 

Jonathan c'est un petit gars de 10 ans que sa mère étouffe. Il a bien quelques amis, mais sa mère trouve toujours des prétextes et des solutions pour les éloigner de lui. Lorsque Jonathan disparait subitement, Marylou est en panique, elle ne vit plus sans son petit garçon. Fort heureusement, une semaine plus tard, le voilà de retour, mais quelque peu... changé.

Vertèbres c'est une histoire d'enfants qui affrontent le changement et une créature. A aucun moment on ne se retrouve dans la tête de Jonathan, découvrant son histoire via sa mère Marylou, une psychopathe un peu nymphomane et Sasha, la meilleure amie de Jonathan, toujours accompagné de Brahim leur fidèle ami.

Un trio qui dépote, qui dérange, un arabe, un gros et une androgyne qui se prend pour un garçon et tente de cacher du mieux qu'elle peut le côté fille qui sommeille en elle. Un trio attachant et tellement soudé qu'on ne peut s'empêcher de vivre leur histoire à 100 %.

Mais voilà Vertèbres possède de nombreuses interprétations. Et si Jonathan ne devenait un animal que parce qu'il devenait un homme ? Et si sa puberté le transformais en créature effrayante faisant que sa mère le voit devenir une bête poilue et dangereuse ? N'est-ce pas le fruit de l'imagination d'une femme désabusé par les hommes qui ne veut pas que son cher fils grandisse et quitte un jour le foyer pour une femme ?

Même Sasha le voit devenir plus viril, plus masculin et se sent attirée par lui au point de retrouver sa féminité pour lui plaire. Et si Jonathan n'avait pas disparu une semaine mais un été entier devenant un adolescent plus mince et adulte ? C'est en ce sens que j'ai pris le roman malgré toutes les allusions à la bestialité du garçon. Malgré les morts, les chats dévorés... un peu comme dans Bates Motel ou le garçon devient dangereux du fait d'une mère étouffante et d'une relation ambiguë. Et si tout n'était que le fruit de l'imagination de deux femmes qui se battent les faveurs de Jonathan ?

Ne résistez pas face à ce roman. Bestial, violent, sujet à de nombreuses interprétations c'est un véritable bijoux d'horreur comme le fait si bien Morgane!

mercredi 19 janvier 2022

Histoire officielle de l'émergence des vampires de Raymond A. Villareal

 
Sorti en 2021 aux éditions Pygmalion. 510 pages.

À la frontière entre l'Arizona et le Mexique, le corps sans vie d'une jeune femme est découvert. Emmené à la morgue la plus proche, il disparaît rapidement dans des circonstances mystérieuses. Pour Lauren Scott, jeune enquêtrice envoyée par le gouvernement afin d'aider la police locale, ce cas n'a rien d'une affaire de routine : elle remet en question sa vision de la médecine.Car bientôt, d'autres corps s'alignent sur les tables de la morgue de Nogales avant de s'évanouir dans la nature. Tous semblent avoir été vidés de leur sang et portent une marque de morsure dans le cou. Et si cette maladie apparaît d'abord aux États-Unis, c'est bientôt le monde entier qui se trouve submergé par une pandémie.Les gouvernements, les chercheurs, les législateurs, les religieux, tous tentent de faire face. Mais n'est-il pas déjà trop tard ?



                                                                Mon avis :

En grande fan de vampires (excepté Twilight, je tiens à le souligner) j'ai plongé dans ce livre qui avait l'air innovant. Grande déception cependant. Alors oui, l'auteur apporte de la nouveauté faisant de la transformation en vampire un virus agressif et dangereux. Mais le format du roman et tout le déroulé de la contamination n'auront pas su me convaincre.

L'histoire officielle de l'émergence des vampires est présenté sous un format plutôt classique. L'auteur prend le parti de proposer des interviews, des articles de presses et le point de vue de plusieurs personnages qui font la découverte du Nobi-Virus et des crépusculaires. Et là où l'auteur se voulait innovant c'est en nous permettant de suivre la découverte du Nobi Virus par l'un des personnages principaux et de suivre l'évolution de la maladie. C'est Lauren Scott, une chercheuse en médecine qui en fait la découverte malgré elle.

Très vite, elle devient le centre d'intérêt de beaucoup d'enquêteurs puisqu'elle maîtrise le sujet comme personne. Grande fan de Dracula et d'Anne Rice, j'ai lu énormément de roman sur les vampires ( Chasseuse de la nuit, la confrérie de la dague noire, la lignée, le livre perdu des sortilèges, Dans les veines, Alexia Tarabotti, laisse-moi entrer, Helene Von Nachtheim, Kitty norville, Jane Yellowrock, Les chroniques des vampires, Dracula, la communauté du Sud, Salem etc....) et comme partout, il y a du bon et du moins bon. Le roman de Raymon A.Villareal se range dans les moins bons. A vouloir à tout prix transformer le vampirisme en un virus contre lequel il est possible de lutter ne m'a pas convaincu. 

Ce besoin de tout rendre scientifique et d'enlever le fantastique et le surnaturel me déplaît fortement. Pourquoi toujours ce besoin de rendre des choses étranges naturelles? Pourquoi enlever la capacité des gens de rêver et de pouvoir imaginer tout ce qui leur passe par la tête ? Nous sommes dans une période où l'imaginaire a un pouvoir encore plus grand, surtout en temps de covid, et je trouve dommage de toujours tout ramener à un virus. De vouloir toujours expliquer l'inexplicable par la science et la médecine. Laissez-nous un peu de rêve !

Ce roman donc commence avec la découverte d'un corps à la frontière Mexicaine. Corps qui disparaît de la morgue et dont la traque ne fait que commencer. Liza Sole devient ainsi la première contaminé du Nobi-Virus, laissant des corps sans vie partout où elle passe et vidé de leur sang. 

Et puis soudain, alors que je me passionnais pour cette traque, le roman prend une toute autre tournure. On avance dans le temps et on découvre que les "vampires" sont aussi au pouvoir, qu'ils sont partout et qu'un groupe de fanatique n'attend qu'une chose : devenir à leur tout des crépusculaires. Le tout à coup d'articles, de lois, de comptes-rendus et d'interrogatoires sur les personnages clefs de cette histoire.

Dommage, car le roman avait du potentiel, mais à trop vouloir crédibiliser le surnaturel et le rendre "expliquable" ça m'a perdu. Ajoutons à cela la série Chapelwaite que j'ai regardé quelques jours plus tôt, (et qui m'a passionné avec l'excellent Adrien Brody) on est loin du mythe sur les vampires avec L'histoire officielle de l'émergence des vampires !


dimanche 26 décembre 2021

Tepuy de François Baranger

 
Sorti en 2021 aux éditions Pocket, 544 pages.


Venezuela. Une jeune femme se réveille au milieu de la jungle, seule, amnésique, blessée, reliée à un parachute. Autour d’elle, à perte de vue, la végétation… et le grésillement d’un talkie-walkie. Très vite, la jeune femme comprend qu’elle n’est pas aussi seule qu'elle le croyait : de drôle de prédateurs rôdent au cœur de la jungle, des miliciens armés jusqu’aux dents, et déterminés à déterrer des secrets depuis longtemps oubliés… À quelques milliers de kilomètres de là, en Floride, le détective privé Clinton Fisher est embauché par le propriétaire d’un aérodrome pour retrouver un avion volé. Son enquête le mènera bien plus loin qu’il ne l’imagine, jusque dans les méandres des multinationales pharmaceutiques…



Mon avis :

Tepuy avait quelque chose de très prometteur. La quatrième de couverture m'avait fortement intriguée. Je m'attendais donc à un voyage atypique et oppressant rempli de rebondissements et de suspense.

Si le premier quart a tenu cette promesse, une fois passée la surprise de la découverte de l'environnement et des personnages, je me suis sentie beaucoup moins impliqué dans l'aventure de Ruzena. Sous ses faux airs de Tomb Raider, la jeune femme est forte, courageuse et intrépide. Une véritablle aventurière qui n'a peur de rien semble-t-il. Mais voilà sa témérité est parfois à mon sens exagérée surtout lorsqu'elle se retrouve confrontée à des molosses sanguinaires et qui n'ont d'humain qu'un semblant d'apparence.

J'aurais aimé qu'elle soit moins fonceuse et davantage dans la réfléxion, un peu comme son fiancé qui en véritable scientifique réfléchit avant d'agir.

Tepuy c'est donc l'histoire d'une jeune femme intrépide et connu dans le milieu des cascades en tout genre qui fonce tête baissé au Venezuela retrouver son fiancé dont elle n'a plus de nouvelle et où la situation se dégrade à cause d'une milice qui souhaite renverser le gouvernement. Accompagné de son beau-frère, Ruz, va très vite tout mettre en oeuvre pour retrouver l'homme de sa vie à la merci d'un groupe de mercenaire armé jusqu'aux dents.

Clairement, le pitch de départ était alléchant, et c'est ce qui m'a donné envie de lire ce roman, mais passé les premières découvertes et les premières aventures, on tombe dans une science-fiction un peu trop classique à mon goût et qui n'apporte aucune nouveauté si ce n'est mettre en avant une héroïne qu'on pourrait croire immortelle. Parce que c'est bien cela qui m'a le plus gênée : le fait que Ruz survive à n'importe quoi. Crash d'avion, saut dans le vide, mercenaire armé et dix fois plus imposant qu'elle.... Cela enlève toute crédibilité au personnage principal et de ce fait, à aucun moment je n'ai eu peur pour elle puisqu'elle est capable de se sortir de n'importe quelle situation.

Son beau-frère aussi n'aura pas su me convaincre. Caricatural au possible, ses motivations ne sont pas crédibles et chacune de ses actions est prévisible à mille lieux. Dommage.

En parallèle, nous suivons un détective privé qui a pour mission de retrouver l'avion que la jeune femme a volé pour rejoindre son cher et tendre et lui aussi survit à tout.

Dommage parce que le postulat de départ était fort sympa, mais à surjoué l'intrigue avec des personnages immortels, nous ne nous sentons plus en haleine face à leurs péripéties.

Un roman assez dense et long, bourré de cliché et qui ne m'aura pas convaincu. Je passe très franchement sur la fin que j'ai trouvé vraiment invraisemblable !

Dommage !

samedi 6 novembre 2021

Les enfants indociles, tome 1 : Les Portes perdues de Seanan McGuire

 

sorti en 2021 aux éditions Pygmalion. 191 pages

Roman fantastique


Dans l’obscurité de leur chambre, sous leur lit, même derrière une armoire, les enfants descendent le terrier du lapin blanc et réapparaissent… ailleurs. Mais les pays imaginaires n’ont que faire de prodiges fatigués. Nancy y a fait un tour, puis elle en est revenue. Les choses qu’elle y a vécues l’ ont changée à jamais. Les élèves qu’Eleanor West accueille au sein de son école le savent d’ailleurs très bien. Chacun d’entre eux doit se réadapter à ce monde et finit souvent par chercher un moyen de rejoindre le lieu de ses rêveries. Pourtant, dans cette institution qui existe pour les protéger, une ombre se cache derrière chaque pan de mur. Très vite, les meurtres s’enchaînent. Alors, pour survivre, Nancy et ses nouveaux camarades doivent trouver le coupable.



                                                            Mon avis :

Les portes perdues est un roman poétique et énigmatique. Savoureux mélange entre Miss pérégrine et les enfants particuliers, Narnia ou encore Peter Pan, le tout écrit à la Tim Burton, ce roman est un vrai bijou. Palpitant et pourtant très court, en moins de 200 pages, l'auteur dresse un univers sublime et pourtant très sombre.

Il est question d'une jeune fille Nancy qui est envoyée dans un pensionnat pour les enfants qui comme elle ont disparu pendant des semaines. Disparu, oui, mais pas n'importe où. Chacun de ses enfants a découvert une porte mystérieuse qui les a envoyé dans un univers différents et atypiques : des univers obscurs et sombres, d'autres où la science prédomine et d'autres encore très colorés. 

C'est d'ailleurs toute la force du roman : ces univers où les enfants ne rêvent que d'y retourner et espèrent de tout leur coeur qu'ils pourront retrouver ces lieux qu'ils chérissent tant et où ils se sentaient enfin chez eux. La description des lieux que chacun a découvert reste très en surface pour maintenir un mystère permanent et lorsque nous avons quelques éléments, on se rend vite compte que ce n'est pas si enchanteur que cela. Il suffit de voir Nancy qui a appris dans son univers à faire la statue pendant des heures pour ne pas se faire punir par le maître des lieux. Un univers sombre, un peu violent et où des créatures loin d'être fréquentables avaient élu domicile. Je ne sais pas pourquoi, mais son univers m'a clairement fait penser à l'Enfer. Et nancy n'attend plus qu'une chose : y retourner le plus vite possible. Son personnage est d'ailleurs très discret, tout de noir vêtu comme Vendredi dans la famille Adams. Nancy n'a pas pour vocation de se mettre en avant, d'être populaire. Elle préfère la discrétion des ombres et rester loin des autres.

Et donc Nancy se retrouve envoyée dans un pensionnat tenue par Eleanor, une vieille femme qui a elle aussi connu une porte lui permettant de découvrir son propre univers. L'objectif de cette femme est de permettre aux enfants de se réadapter au monde qui les a vu naître et pourquoi pas retrouver un jour leur propre porte si le monde qu'ils connaissent n'est pas fait pour eux. Elle les protège tout en restant fortement en retrait pour ne pas les influencer sur leur choix. J'ai beaucoup aimé cette femme et son caractère très particulier.

A cela s'ajoute de nombreux personnages hauts en couleur mais tous avec une particularité bien spécifique : des futurs vampires, de futurs savants fou et bien d'autres encore. Ils gravitent tous autour de Nancy et comme elle, n'espère qu'une chose : retrouver leurs portes.

S'il y a bien une chose qui m'a troublé tout au long de ma lecture c'est l'ambiance très gothique du roman. C'était comme si tout se passait de nuit, dans un château lugubre avec en plus des cadavres à n'en plus finir. Le rapport à la mort est d'ailleurs magnifique et tellement mis en avant d'une manière différente des romans fantastique. La mort n'effraye personne dans les portes Perdues. Au contraire, l'auteur transforme des scènes de crimes en pièces de théâtre très douces et belles à lire. 

Mon seul bémol réside dans la résolution des meurtres. Tellement précipité et banalisé ! J'aurais préféré quelque chose de plus intense à la mesure de tout ce que j'avais pu découvrir depuis le début ! 

Les portes perdues m'aura vraiment plu parce que c'est à mille lieux de tout ce que j'ai pu lire ! Hâte de lire la suite ! 





dimanche 17 octobre 2021

Les décharnés : Une lueur au crépuscule de Paul Clément

 

Sorti en 2015, 320 Pages

Roman horreur


Une journée de juin comme une autre en Provence. Blessé à la cheville, Patrick, un agriculteur de la région, asocial et vieillissant, ne souhaite qu'une chose : se remettre au plus vite pour retrouver la monotonie de sa vie, rythmée par un travail acharné. Mais le monde bascule dans l'horreur lorsque les automobilistes, coincés dans un embouteillage non loin de chez lui, se transforment soudain en fous assoiffés de sang... de sang humain. S'il veut survivre, Patrick doit non seulement faire face à ces démons qui frappent à sa porte mais aussi à ceux, plus sournois, qui l'assaillent intérieurement. Et si cette petite fille, qu'il prend sous son aile, parvenait à le ramener, lui, vieux loup solitaire, dans le monde des vivants ?

                                                            Mon avis :

Bon ce n'est pas nouveau, les romans de zombies, j'adore ça. Je ne pourrais lire que ça, vraiment. De la chair, des morceaux de cerveaux par-ci, par-là, des cadavres qui déambulent en grognant quand ils ont encore une gorge intact. Rha, qu'est-ce que j'aime les zombies !

Alors forcément, j'ai eu soudainement envie d'ouvrir ce roman qui traîne depuis des années dans ma PAL. Pis de l'auto-édition, parfois ça ne fait pas de mal. Ca change et ça permet de découvrir des auteurs doués qui ne passent pas par le circuit traditionnel de l'édition.

Mais les Décharnés en fin de compte qu'est-ce que ça vaut ? Et bien j'ai été très surprise et dans le bon sens. Alors oui, l'histoire est vraiment classique : des zombies et des survivants. Difficile de faire un scénario original sur thématique morts-vivants, parce que ceux là à part déambuler en ville et chercher de quoi manger, ils ne font rien. En soi donc, l'histoire est des plus classique et si on cherche un roman de zombies sans avoir besoin de réfléchir et de comprendre la fin, bienvenue dans Les Décharnés. L'écriture est plaisante, il y a foison de détail bien gore et pas mal d'action. 

Bon je cherche encore un peu la Provence, mais c'était vraiment bien sympa à lire. Tout commence dans une ferme avec un agriculteur : Patrick. Paysan d'une cinquantaine d'année, un peu bedonnant et très solitaire, Patrick vit sa meilleure vie. Seul, sans avoir de compte à rendre à personne, s'occupant seulement de ses champs, Patrick aspire à rester seul. Et lorsqu'un embouteillage vient briser la tranquillité de sa vie, il est furax le Patrick. Il voit des gens blessés, en sang, s'entre-tuer. Mais Patrick ne fait rien, il est comme ça. Il regarde au loin, se délectant presque de voir tous ces cons qui se foutent sur la tronche. Les bastons, c'est pas son truc et aider les autres non plus qui plus est. Et puis voilà les fous qui se dévorent, s'arrachent des lambeaux de chair et se rapprochent dangereusement de chez lui. Patrick il en vient même à jeter un type par la fenêtre pour l'empêcher d'entrer, l'envoyer valser parmi les morts.

Parce que oui, finalement Patrick se rend compte que tous ces gens à sa porte sont morts et n'attendent qu'une chose : lui et sa viande. Et c'est par le plus grand des hasards que Patrick devient le héros d'une petite fille et se doit de penser à la survie de deux personnes.

C'est dans le traitement des personnages que j'ai beaucoup aimé Les Décharnés; Patrick est un véritable anti-héros. Déjà rien que par son physique ingrat, mais surtout par sa personnalité et son égoïsme. Il n'aime pas les gens et ne souhaite aucunement se lier avec d'autres humains. Du moins, c'est ce qu'il aimait faire croire jusqu'à l'arrivée de cette petite fille qui va le suivre partout et lui redonner un peu d'humanité tandis que le monde meurt. Il devra penser à trouver de quoi manger, de quoi se laver et se protéger d'une horde de zombies qui n'attendent qu'un seul faux pas de sa part pour le bouffer. Et même quand Patrick croise la route d'autres "survivants" on sent qu'il ne fait pas l'unanimité et qu'il n'a pas envie de se faire des amis.

Patrick est franc, il n'a rien à perdre et sa témérité lui porte préjudice à plusieurs reprises. Mais si au début il nous est antipathique, on en vient à l'apprécier grâce à l'évolution de son personnage en partie dû au fait qu'il surprotège une petite fille qu'il ne connait pas.

Les Décharnés, c'est donc un bon roman de zombies qui ne surprendra pas au niveau de l'histoire, mais plutôt au niveau de ses deux héros. Perso, je le recommande !




jeudi 7 octobre 2021

terreur terminus de Chris Anthem


Sorti en 2016 aux éditions Atelier Mosésu collection Slash.

216 pages, Horreur.


« Le TGV 666 s'est arrêté. Ses portes automatiques, dociles, se sont ouvertes mais à la vérité, ce qu'ils allaient trouver ici voguait loin, très loin de leurs espoirs ou d'un quelconque salut... Ici, la véritable horreur commençait. » Grève surprise à la SNCF. Une poignée de voyageurs déroutés. Embarqués vers l'inconnu. Ont-ils été choisis au hasard ? Et surtout, qu'est-ce qui les attend au terminus ?




Mon avis :


Slash est une collection que j'affectionne particulièrement. Des histoires courtes, violentes et volontairement gores voilà qui a de quoi me plaire. Fan de films d'horreur depuis mon plus jeune âge, en lire est aussi une passion. Terreur terminus m'aura rappeler des séries cultes comme les contes de la crypte de par l'histoire invraisemblable qu'il propose.

Ce n'est certes pas le roman de l'année, mais il aura su me faire passer un moment de pure détente entre deux morts violentes. On y suit un groupe de voyageur qui à cause d'une grève surprise de la SNCF se retrouve obligé de prendre un TGV de dernière minute. Eux qui ne se connaissaient pas vont découvrir un TGV dangereux et mortel qui n'attend qu'une chose : les happer sous ses rails. 

L'histoire est clairement abracadabrante. Un TGV maléfique possédé par une créature violente et dangereuse et une grève imprévu de la SNCF, chose qu'on sait tous impossible. Et c'est là où j'ai franchement passé un chouette moment ! Un TGV maléfique ! Une SNCF qui nourrit un monstre afin de profiter en échange d'un réseau sans fail. Quelle douce ironie ! Chris Anthem joue avec les codes et monte crescendo dans l'horreur. La panoplie de personnages se révèlent haut en couleur : entre la nana bafouée par son patron, un homme marié qui a juste profité de sa naïveté, un père et son fils qui ne sont plus sur la même longueur d'onde, un auteur en mal de reconnaissance et qui se prend pour le Stephen King du siècle, un couple de hippie et un vieillard taciturne et pas très bavard nous sommes servis !


Terreur terminus c'est un bon délire. C'est une envie d'écrire un roman volontairement exagéré dans les scènes de sexe et de violence sans se prendre au sérieux et c'est le genre de bouquin qui fait un bien fou. Comme un film de série B, ce roman est à prendre au second degré, sans rechercher la crédibilité et la cohérence, le tout sur fond de secte satanique qui torture chaque année de pauvres âmes en peine à bord d'un train démoniaque. 

jeudi 16 septembre 2021

Ubiquity de Lionel Behra

 Sorti en 2016 aux éditions Rebelle

278 Pages Thriller


Il sait tout de moi, même mes secrets inavouables. Il veut se venger et s'en prend à mes proches. La police commence à me suspecter car toutes les preuves semblent me désigner. Elles sont si irréfutables que je commence moi-même à douter. Et si les flics avaient raison ? Et si, finalement, cet homme . . . c'était moi ?









Ayant acquis ce roman lors du salon des Halliénnales, J'ai mis du temps avant de le sortir de ma bibliothèque. Ubiquity est un bon thriller. Il réunion un bon nombre d'ingrédient pour vous maintenir éveiller toute une nuit. On y fait la connaissance de Bryan, un avocat qui traîne de nombreux cadavres dans son passé.

Lorsque celui-ci reçoit des menaces et voit sa famille mis en danger par un fou, Bryan comprend tout de suite qu'un ancien client est bien décidé à se venger. Mais la question est de savoir qui est vraiment le danger ? Bryan ne perd-t-il tout simplement pas la tête ? Lorsque de nombreux secrets sont révélés et que son intégrité est mise à mal, Bryan n'a plus qu'une idée en tête : faire la lumière sur tout ce qui lui arrive.

Clairement Ubiquity m'aura tenu en haleine. Lionel Behra signe là un roman très visuel et qui mettra de nombreux lecteurs mal à l'aise face à certaines séquences chocs. Ce roman qui se divise clairement en deux parties m'aura captivée dès le début pour peu à peu me décevoir. On se retrouve donc dans la peau de deux narrateurs bien distincts : Bryan et Lui, l'inconnu, l'étranger qui semble tant savoir de choses sur notre avocat. Entre agression, meurtre, fuite, Bryan voit ses nerfs durement éprouvés, mettant en danger la quiétude de sa famille. 

Je n'ai pas particulièrement apprécié le personnage malgré tout l'empathie que j'éprouvais à son sujet. Parfois, je me disais qu'il avait bien mérité tous les drames qui tournent autour de sa famille, jusqu'à une certaine limite. Certains personnages ne sont que des victimes collatérales d'un grand malade et lorsqu'on découvre les enjeux, on se dit qu'il n'était pas nécessaire d'en arriver jusque là. Mais la fin justifie les moyens et tout le monde le sait. 

Toute la première partie est juste fantastique : palpitante, pleine de rebondissements et de mystères, on essaye tant bien que mal de faire la lumière sur tous ces événements sordides; Et ça, j'ai adoré. Me glisser dans la peau d'un homme traqué, épiée, convoité et dont on tente de voler la moindre parcelle de bonheur. Un régal !

Et soudain, les révélations. Une douche froide. On a l'impression de s'être fait avoir, d'être passé à côté de beaucoup de choses. Je ne m'attendais absolument pas à cela et j'espérais quelque chose de plus "crédible". C'est le jeu et l'auteur a le dernier mot et pour le coup, ces derniers mots ne m'auront pas convaincu malgré tout le plaisir de la découverte des premiers chapitres. 

A vouloir faire original, on peut parfois faire mouche et parfois botter en touche. Ce fut le cas avec ce roman digne des montagnes russes : une montée en puissance fantastique pour une chute vertigineuse qui n'a pas l'effet escompté. 

dimanche 5 septembre 2021

La roue du Dharma de Gabriel Féraud

 

Sorti en 2021 aux éditions Mille Saisons. 

346 pages, fantasy.
 Le redoutable Héros de Bélyotora, vénéré comme un Dieu de la Guerre, manipulé par un fakir ambitieux dans le jeu complexe du pouvoir, a survécu, envers et contre tous. Perdu dans un monde à l’agonie, déchiré par les luttes éternelles entre les Démons et les Dieux, Munde Shayapan, le célèbre Champion du Maharadjah, a une chance infime de retrouver le chemin du Dashan... 








Voilà bien longtemps que je n'avais pas ouvert un roman de fantasy. Et même un roman tout court. Manque de temps, plus spécialement envie de me plonger dans un roman, ne trouvant pas un roman qui me redonne ce goût de lire que j'avais pendant si longtemps. Et voilà que Gabriel me contacte et me propose de découvrir la troisième aventure de Munde Shayapan. Après les perles d'Alaya et les princes d'Ashora, Gabriel nous propose de retrouver notre héros dans une toute nouvelle aventure des plus palpitantes.

Nous retrouvons Munde Shayapan perdu dans un monde étrange et dangereux peuplé de créatures atypiques et envoûtantes. Il va devoir être rusé, se battre et obtenir gain de cause auprès de différents peuples qui cohabitent non sans mal dans le Dashan. La mythologie utilisée par Gabriel est captivante et tellement à des lieux de ce à quoi on peut s'attendre dans un roman de fantasy ! Il ne faut pas non plus oublier de parler de l'objet livre en lui-même : un vrai bijou ! Chaque chapitre est orné d'une illustration magnifique qui vous met dans l'ambiance du livre.

Munde reste fidèle à lui-même. Peu bavard, courageux et téméraire, c'est un peu un Conan à la sauce indienne. Il ne s'encombre pas de sentiments et d'amour. Sa lame parle généralement à sa place et lorsqu'il fait face à un problème, il n'hésite pas à se battre pour l'affronter et le résoudre. Dans la roue du Dharma, Munde se fera des alliés inattendus et des ennemis bien plus dangereux que ceux qu'il a affronté par le passé. Satisfaire également des créatures électrisante afin de mieux les dominer ne lui fera pas peur.

Ce troisième tome est aussi captivant que les précédents, mais je ne le recommanderais pas à des lecteurs qui ne lisent jamais de fantasy. L'univers et la plume de l'auteur pourrait les perdre dans cet univers riches en détail et caractéristiques. 

J'ai, me concernant, passé un très bon moment de lecture avec la roue du Dharma, ceci dit il ne m'aura pas insufflé le même coup de coeur que les deux premiers opus de la série. En revanche, il m'a redonné goût à la lecture et envie de repartager mes lectures. Alors si vous ne connaissez pas Gabriel Féraud, je vous recommande vraiment de découvrir ses univers.

mardi 8 septembre 2020

La part des ombres, tome 2 de Gabriel Katz

 

Sorti en 2020 aux éditions Pocket et en 2018 aux éditions Scrinéo

296 pages, fantasy

Dans le royaume de Goranie déchiré par l'occupation, la nasse se resserre autour de la rébellion naissante. Sous la poigne du redoutable chef de guerre Akhen Mekhnet, les Traceurs sont en chasse, et la fragile résistance menée par celui qu'on appelle le Fantôme semble vivre ses dernières heures. Mais rien n'est encore joué. La lutte se poursuit sur tous les fronts, par le sang, la diplomatie ou la trahison, de forêts en marécages, de chaumières en palais... Pourquoi la princesse Miljena, après avoir échappé à un mariage forcé, est-elle retournée d'elle-même épouser une brute sanguinaire ? Où se trouve le dernier témoin du massacre qui a donné naissance à la révolte ? Dans un jeu de miroirs et de faux semblants, le roi, le gouverneur et les grandes figures de cette guerre civile s'affrontent pour le contrôle du pays.

                                        
                                                                    Mon avis flash :

Lu il y a déjà quelques semaines, mon avis sera rapide. J'avais beaucoup aimé le premier tome, aussi il me tardait de lire la suite pour voir la suite des événements. Déjà, le roman se lit vite. Un véritable page-turner grâce aux nombreux événements que l'auteur met en place au fur et à mesure que les pages se tournent. Les temps morts sont rares et chaque chapitre engendre une succession d'événements qui donnent envie de continuer sans s'arrêter. 

Desmeon reste fidèle à lui-même et porte le roman avec brio. Son charisme et sa fougue en font un personnage incontournable. Alors qu'une guerre se profile à l'horizon, nos héros vont devoir faire avec un destin capricieux qui va semer beaucoup d'embûches sur leur chemin. Entre amour et désillusion, vengeance et révélation, à aucun moment je ne me suis ennuyée, au contraire. 

Le final est grandiose et chacun trouve sa place, apportant sa pièce à l'édifice. Je me souviens de certaines scènes notamment dans l'arène où la violence domine et où on voit défiler un véritable combat acharné sous nos yeux.

Ce second opus qui termine le dyptique est une réussite ! 

lundi 20 juillet 2020

Marche ou crève de Richard Bachman et Stephen King

Sorti en 1989 aux éditions France Loisirs. Edition de 2004
378 pages, horreur


Stephen King sous le pseudo de Richard Bachman. " Il m'a fallu du temps pour comprendre, mais c'est allé plus vite une fois que j'ai surmonté ce blocage mental. Marche ou crève, c'est la morale de cette histoire. Pas plus compliqué. Ce n'est pas une question de force physique, et c'est là que je me suis trompé en m'engageant . Si c'était ça, nous aurions tous une bonne chance. " Ainsi Mc Vries définit-il l'horrible marathon auquel il participe ; marcher le plus longtemps possible, sans jamais s'arrêter, en respectant des cadences. Fautes de quoi, les concurrents de cette longue "longue marche" sont abattus d'une balle dans la tête. Des cent concurrents au départ, il ne restera qu'un seul à l'arrivée qui aura, pour prix de son exploit, la possibilité de posséder tout ce qu'il désire. S'il désire encore quelque chose...




Mon avis :

Stephen King ne se présente plus. Grand maître du suspense horrifique, c'est un auteur majeur de notre époque. Une fois de plus, je me suis laissée prendre au jeu de cette marche infernale qui ne cesse qu'avec la mort.

Je dois bien avouer qu'au début, je me suis beaucoup questionné sur le commencement du roman. On ne sait pas forcément ce qui a amené à ce que cette marche prenne vie et lance tout un groupe d'adolescent sur un chemin dangereux et difficile qui les éprouvera jusqu'au bout. Les personnages sont nombreux, mais j'avoue avoir été parfois un peu perdu pour retrouver qui était qui. En cause, leur surnom, leur histoire évoqué trop rapidement et le fait que le roman soit un peu comme un film muet. Rares sont les personnages qui ont envie de discuter face à cette épreuve sordide.

La lenteur du récit donne le ton sur le temps qui passe lentement pendant que nos héros tentent de s'en sortir et de marcher jusqu'à ce but indéfini. Car comme le titre l'indique c'est marche ou crève au sens littéral ! Nos adolescents vont devoir marcher, sans s'arrêter, pas même pour dormir, manger, uriner ou se reposer. Il faut marcher, encore et toujours, voir ses alliés tomber au combat, s'allonger indéfiniment sur le sol et ne plus se relever. La seule chose qui maintient les autres en vie : ne pas être le prochain à s'endormir à jamais dans le sol boueux.

Marche ou crève prend aux tripes. On est scotché avec notre bouquin attendant de voir qui sera le prochain à tomber et comment Mc Vries va faire pour lutter contre l'horreur qui l'assaille chaque fois qu'un garçon trépasse sous ses yeux. Trouver une manière de manger qui ne nous ralentisse pas, pouvoir somnoler sans risquer de trébucher sous la fatigue et la douleur.

Marche ou crève est une véritable guerre que vont mener nos adolescents afin de survivre face à un oppresseur qui semble pas d'émouvoir de tuer autant d'innocents. Innocents oui, mais finalement ne sont-ils pas tous un peu suicidaires ? Car a plusieurs reprises on sait qu'ils connaissent la Marche et sa finalité et pourtant, ils sont là, prêt à la tenter, prêt à perdre la vie pour une quête désespéré de succès et de gloire.

mardi 30 juin 2020

Toi & moi de Kristan Higgins

Sortie en 2012 aux éditions j'ai lu
352 pages, romance



Ça y est, Harper est décidée à se marier. Le temps passe et puis ça fait deux ans qu'elle sort avec Dennis, il faut bien finir par se caser. L'amour ? Non merci ! Elle a déjà donné. Et quand le divorce des autres est votre métier, on ne croit plus à ces sornettes. Il n'y a que sa soeur qui ose encore, malgré deux échecs manifestes. D'ailleurs Willa vient d'annoncer son... troisième mariage, Nick sera présent à la cérémonie, bien sûr. Nick, l'ex-mari de Harper. Enfin, la page est tournée, il n'y a donc aucun problème à le croiser le temps d'un week-end.





Mon avis :

Lien de toi & moi sur le site de l'éditeur.

Kristan Higgins est une auteur que je ne présente plus. C'est l'une des rares auteurs de romances humoristique que je dévore avec plaisir en une soirée. Ses histoires sont toujours drôles, fraîches et pleine d'humour et d'amour. Toi et moi est une romance sans prétention mais qui amusera beaucoup ses lecteurs.

Les personnages sont haut en couleur et touchant, chacun ayant un caractère qui ne sera pas sans rappeler un oncle, une tante, un frère ou une soeur. Les personnages sont tellement humains et construits qu'ils pourraient être un membre de notre famille. Un peu comme Harper, cette femme qui n'attend plus qu'une chose : se marier avec son petit ami Dennis. Mais voilà Dennis est un peu simple d'esprit, pas trop pour l'amour à long terme. Le temps qu'il passe avec Harper lui est suffisant et lorsque cette dernière craque et le demande en mariage, le voilà pris de court.

La jeune femme qui a du mal à supporter le fait de ne pas être mariée à son âge va alors mettre son petit ami au pied du mur. Petit ami qui au début s'amuse de la situation et prend le tout un peu trop à la légère. Aussi lorsque sa soeur Willa annonce qu'elle se marie pour la troisième fois, Harper voit rouge. Elle, la spécialiste des divorces tente de lui faire entendre raison. Epouser un homme qu'on ne connait que depuis quelques semaines ? Et puis quoi encore ? Mais voilà Willa est têtue et amoureuse et la seule chose qu'elle souhaite, c'est étaler son nouveau bonheur aux yeux de tous.

Tout aurait pu se passer pour le mieux si le futur époux n'était pas le frère de l'ex-mari d'Harper. Et c'est là où les choses se corsent puisque nos deux divorcés ont encore beaucoup de rancoeur suite à leur divorce et aucun n'a vraiment tourné la page.

Toi et moi est très amusant à lire et il tombait au moment où j'avais besoin d'une lecture qui repose la tête et prête au sourire. Je recommande cette auteur mille fois !


mercredi 17 juin 2020

Blé noir d'Aurélie Wellenstein

Sorti en 2019 chez Gulfstream
218 Pages, Contemporain


Lilian est membre d’un réseau de hackers engagé dans la défense animale. Ce jeune homme de 17 ans franco-marocain, passe ses vacances à Nîmes avec ses parents. Il souhaite devenir journaliste dans le but de dénoncer la maltraitance animale. Il fait partie d’un groupe de hackers activistes. Les pieds sur terre et réservé, il est très attaché à sa famille et se montre honnête et entier dans ses relations avec les autres. Sa mission du jour : dénoncer les mauvais traitements infligés aux animaux dans les grands parcs aquatiques. L’adolescent n’est pas peu fier de lui lorsqu’il voit le résultat de son piratage relayé par les réseaux sociaux ! Puis une rencontre...






Mon avis : 

Aurélie Wellenstein est une auteur que j'adore. Chaque fois ses romans me transportent dans des univers enchanteurs. Blé noir m'aura plu, mais beaucoup moins que ses autres romans. En effet, le personnage de Blé ne m'aura pas du tout convaincu.

L'histoire de Blé noir est assez belle. On découvre un duo d'adolescent qui cherche à oeuvre pour aider les animaux et ouvrir les yeux du monde entier. Quelques hacks par-ci, quelques manifestations par là, Lilian et Blé oeuvrent pour la bonne cause.

Du moins en théorie, parce qu'en fin de compte, j'ai trouvé Blé assez exagérée dans son comportement et ma foi peu crédible. Peut-être est-ce à cause de son côté "brutus" et "je fais ce que je veux". A sa manière de vouloir dominer le monde, d'imposer ses choix aux autres, d'entraîner Lilian au bout du monde juste pour se sentir libre. Blé est néfaste. Je l'ai senti dès le début. J'ai même trouvé qu'elle était stéréotypée tant dans son comportement que dans son caractère. Et que Lilian était stupide de la suivre aussi aveuglément dans une aventure qui finalement ne le concerne pas.

De vouloir protéger les animaux et dénoncer la violence faite auprès de certaines espèces, notre duo va voyager en France et parfois être hors-la-loi. J'ai eu la sensation que Blé approuve tout ce qu'elle entreprend sous prétexte qu'elle agit pour la bonne cause et j'ai été vivement agacé de voir Lilian abandonné sa famille pour une inconnue, prêt à risquer sa vie pour suivre une jeune femme qu'il ne connaît finalement pas.

J'ai trouvé un peu improbable que la jeune femme puisse disparaître du monde aussi facilement sans que sa mère ou quelqu'un de son entourage ne s'en préoccupe. Un peu trop gros.

Cela dit, malgré quelques éléments qui m'ont refroidi, je dois bien avouer que je n'ai fais qu'une bouchée de ce roman. En une soirée il était dévoré et malgré l'antipathique Blé, j'ai apprécie Lilian.

Je ne doute pas qu'il trouve son public, au contraire, mais me concernant, ce n'est pas du tout mon favori de l'auteur, c'est celui que j'ai le moins apprécié jusqu'ici. Peut-être le fait qu'il soit trop jeunesse pour moi est-il un critère supplémentaire du fait que je n'ai pas été séduite à 100 % par l'histoire et les personnages.

dimanche 10 mai 2020

Sorcières associées, tome 2 : L'échiquier de jade de Alex Evans

Sorti en 2018 chez Actu SF et en 2019 chez Pocket
298 pages, fantasy.

Tandis que les opposants à la visite de l'ambassadrice d'un empire agressif manifestent dans Jarta, tous les sorciers sont réquisitionnés pour combattre un démon qui a fait deux victimes. Un peu dépassées, les forces de l'ordre confient deux enquêtes aux sorcières Tanit et Padmé. Elles doivent notamment élucider le vol d'un antique échiquier de jade que la ville compte offrir à son hôte.










Mon avis :

Lien de l'échiquier de Jade sur le site de l'éditeur.

J'avais grandement apprécié le premier opus de sorcières et associées. C'est tout aussi naturellement que je me suis penchée sur la suite qui attendait déjà que je l'ouvre.

Je ne vais pas passer par quatre chemin : c'était génial ! On retrouve notre duo explosif prête à aider de nouvelles personnes. Ici, il s'agira de retrouver un échiquier de Jade dont le vol pourrait avoir des conséquences politiques désastreuses.On retrouve donc Tanit et Padmé, deux sorcières extrêmement différentes mais tout aussi attachante l'une que l'autre. 

Dévoré comme son prédécesseur, ce second opus nous permet d'en apprendre un peu plus sur le passé de nos héroïnes et sur leur personnalité. Chaque chapitre alterner les héroïnes et si on peut penser que les histoires sont différentes, chacune va ensuite se lier à l'autre. Alors oui, on pourrait craindre que toutes ses histoires nous perdent, mais en fin de compte on reste centré sur la quête principal qui est d'éviter un désastre politique. Surtout que la politique à Jarta est très importante et d'avoir de nouveaux ennemis pourraient leur coûter cher. 

Nos héroïnes sont un peu moins ensemble ici, chacune vacant à sa propre mission. De même j'ai trouvé que la fille de Padmé est assez peu présente dans cet opus. Dommage de ne pas davantage la voir évoluer !

On a donc de l'action, des retours dans le passé pour mieux comprendre Tanit, des évolutions relationnelles avec Rahul ou Rhénéas, de la magie, de la trahison, des rebondissements et tellement d'autres ingrédients que l'échiquier de Jade est un roman addictif et finement maîtrisé. 

Je n'ai pas eu le plaisir de voir qu'un troisième tome était disponible, dommage, j'aurais adoré retrouvé une fois de plus nos héroïnes et les suivre dans des lieux obscurs et nauséabond où d'étranges créatures rôdent.

mercredi 6 mai 2020

Le Cycle des âmes déchues, tome 1 : Le Mal en la Demeure de Stéphane Soutoul

Paru en 2010 aux éditions du Petit Caveau
144 pages, fantastique, vampires

Sur les terres reculées du domaine de Kreuzburg, une ombre étend son influence maléfique jusqu'entre les murs du manoir Kraemer. Afin de préserver les siens d'une menace plus funeste encore que la mort, le maître des lieux n'a d'autre recours que demander l'assistance d'experts en vampirisme. En ce crépuscule du XIXe siècle, la famille de Lacarme, un clan issu d'une longue lignée d'érudits en occultisme et surnaturel, fait figure de référence dans la chasse aux nosferatus. Lorsque Gerald de Lacarme arrive en Allemagne, il est cependant loin de se douter de la sombre aventure qui l'attend. Car le mal qu'il est censé combattre rôde déjà dans les couloirs de la demeure, insidieux, impie… Surtout, il y a la belle Marion Kraemer, si mystérieuse, qui lui chavire le cœur à en perdre la raison. Partagé entre ses tendres sentiments et l'importance cruciale de sa mission, le jeune homme va s'immerger dans le plus terrifiant des cauchemars…

Mon avis :

Lien de Le Mal en la demeure sur le site de l'éditeur.

Stéphane Soutoul est un auteur que j'ai découvert il y a des années. Auteur dont je ne loupe quasi aucune publication parce qu'il a l'art de nous proposer des histoires différentes et bien amenées.

Le Mal en la demeure est le premier roman d'un cycle dont je pense les personnages changent pour chacun des opus. Un roman plutôt gothique sur le thème des vampires, thème qui m'est très familier car j'aime cette littérature. Mais pas sous toutes ses formes. Adepte des romans d'Anne Rice et de Morgane Caussarieu, je préfère donc les vampires comme on les représente dans la littérature gothique : violent, sombre, torturé et qui ne parviennent pas à lutter contre leurs pulsions.

Dans ce roman qui n'est pas sans rappeler Dracula sous bien des aspects, on fait la connaissance de Gerald de Lacarme un homme qui connaît l'existence des vampires et qui lutte contre eux tout comme son frère et son père. Dès son arrivée en Allemagne à la demande d'un ami de son père qui a besoin de leur aide, notre héros sent que quelque chose se prépare. Une présence, une aura, appelez cela comme vous voulez mais l'ambiance est pesante et obscur. Et de suite, j'ai été séduite par cet hommage à Dracula dont les similitudes sont légions, mais à mon sens non pas pour copier mais pour montrer son attachement à ce roman si sublime. Car oui, je suis aussi une grande amoureuse du Dracula de Stoker. 

Le Mal en la Demeure est un roman qui se dévore, qui se lit presque d'une traite grâce à un style poétique et tout en finesse. J'avoue que je m'y attendais car je sais que Stéphane aime proposer une plume délicate et succulente qui nous ensorcelle dès les premières pages. Ce roman qui fait parti des rares que je n'avais pas encore lu m'a beaucoup plu. Une histoire de passion, de haine et de danger. Une romance torturée qui ne peut conduire les amants qu'à une mort certaine. Mais voilà cette relation est étrange, lointaine car jamais nos héros ne vont réellement oser succomber au charme de l'autre.

Leur différence est là, que ce soit de par leur classe sociale, leur personnalité ou leur nature. Ils se tournent autour comme dans un ballet incessant pour ne jamais parvenir à se trouver. Gerald n'a qu'une mission en tête : protéger la soeur de Marion d'un mal qu'on ne peut laisser gagner et essayer de ramener Marion à la raison. Mais voilà l'amour d'une soeur est bien plus puissant que tous les sortilèges et c'est avec beaucoup de passion qu'on assiste à leur déchéance.

Le Mal en la demeure m'aura vraiment plu. Plaisir de retrouver la plume de l'auteur, de retrouver une histoire de vampires à l'ancienne, sombre et envoûtante. Il me tarde de me procurer la suite, vraiment !


dimanche 3 mai 2020

La route de Cormac McCarthy

Paru en 2008 aux éditions de l'Olivier et en 2008 aux éditions Points.

251 pages, science-fiction, drame.



L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d'une humanité retournée à la barbarie.







Mon avis :

Lien de La route sur le site de l'éditeur.

Après avoir sorti de ma PAL No Country for old men et avoir apprécié le style aussi atypique de l'auteur, j'ai voulu aussi jeter mon dévolu sur La Route. Je savais à quoi m'attendre stylistiquement parlant, mais je ne connaissais que trop vaguement l'histoire, n'ayant jamais vu le film.

La première chose que je retiens de ma lecture, c'est l'émotion que j'ai ressenti à plusieurs reprises. C'est la force de cette histoire touchante et difficile, c'est l'amour d'un père pour son fils, prêt à tout pour le protéger et survivre. Il est important de savoir avant de commencer la route, que c'est le genre de roman où ne sait ni ce qui amène les personnages là ni comment ils en sont tous arrivés à ce nouveau monde dévasté. On nage dans un flou incroyable et pour autant cela ne gâche pas la lecture.

La route c'est donc l'histoire d'un homme et de son fils qui tentent de survivre sur une Terre devenue hostile et vide. Les rares survivants sont devenus des ennemis et la méfiance est de mise pour pouvoir s'en sortir. Trouver de quoi se nourrir, un endroit au sec pour dormir, faire du feu, nos deux héros vont faire face à de nombreuses épreuves.

Dans la route, on ne voit pas de lumière, tout est sombre et on se demande comment ils pourraient s'en sortir dans la tâche semble impossible. Aucun des deux protagonistes n'a de nom, ou alors je ne m'en souviens pas, mais justement j'ai eu la sensation que l'auteur voulait en faire des anonymes. Deux personnes sans identité parce que justement le monde ne le permet plus. C'est dur à lire, parfois violent et tellement dérangeant. J'ai à de nombreuses reprises eu le coeur qui s'arrête. Bah oui, on se retrouve complètement impliqué dans leur histoire, on vibre avec eux, on veut les voir vivre, affronter les dangers, tuer leurs ennemis....

Et malgré que le père cherche à s'en sortir et que tout semble perdu, il y a son fils. La pureté incarnée, un digne héritier de la Terre qui pense à son prochain et qui n'aime pas faire du mal autour de lui. Le fils pense aux autres, ne veut pas tuer, il a peur de la mort des autres, mais pas de la sienne. On aurait dit un messie, prêt à créer une Terre nouvelle. C'est l'impression que j'ai eu le concernant tandis que son père fait tout son possible pour l'amener sur une terre nouvelle et vivable. 

Je n'ai pas envie de vous dévoiler ce roman et son cheminement. La fin m'aura brisé le coeur sachez-le. Jamais un roman ne m'avait fait autant de peine en le refermant. La route est un bijoux, un roman qui fait réfléchir et qui propose une histoire magnifique malgré sa noirceur. L'amour d'un père est ce qu'il y a de plus cher dans un monde dévasté...




mercredi 29 avril 2020

Juillet de sang de Joe R.Lansdale

Paru en 2007 aux éditions Folio Policier
310 pages, thriller


Parce que Richard Dane a dû se défendre, il a fait un énorme trou dans la tête d'un homme qui se trouvait dans son salon. Le cambrioleur lui a tiré dessus sans une hésitation. Richard a pour lui la légitime défense, la pénombre de la nuit et la protection de son fils qui dormait dans une pièce mitoyenne. Les flics comprennent très bien. Ce que ne sait pas encore Richard c'est que s'ils sont à ce point « sympas », ce n'est pas simplement pour soigner leur image auprès du contribuable. Derrière le fait divers se cache une tout autre histoire totalement invraisemblable. Qui était ce type venu de nulle part ? Que cache la mansuétude des enquêteurs et pourquoi le FBI s'en mêle-t-il ? Richard, bouleversé par sa propre vulnérabilité, sidéré par ses instincts révélés, va devenir à son tour une cible, car s'il a défendu son enfant, le cambrioleur aussi était le fils de quelqu'un...

Mon avis :

Lien de Juillet de sang sur le site de l'éditeur.


Joe R.Lansdale est un auteur de thriller atypique. Ses romans ne font pas l'unanimité, bien au contraire et moi c'est bien quelque chose que j'adore, lire un auteur qui n'est pas forcément adulé ou toujours mis en lumière. Les enfants du rasoir et les enfants de l'eau noire m'avait tous deux bien plu. La raison : des scènes violentes, des personnages loin d'être parfait et manichéen et chaque fois une sombre histoire caché dans une histoire anodine et classique. 

Une fois encore j'ai été complètement séduite par Juillet de sang que je n'imaginais pas ainsi. Après avoir lu la quatrième de couverture, je m'étais attendu à une sombre histoire de vengeance et de traque un peu comme No country for old men, où un mec qui n'a rien demandé à personne est devenu la cible numéro un d'un dangereux psychopathe. Si Juillet de sang débutait comme ça, une fois encore l'auteur surprend et prend un virage carrément inattendu !

Alors on fait la connaissance de Richard, un père de famille lambda qui ne se démarque en rien. Une vie classique, un métier classique, rien qui ne le fasse sortir du lot. Mais une nuit, un cambrioleur s'introduit chez lui et lui tire dessus. Par réflexe, Richard tire à son tour et abat le cambrioleur. Ni une ni deux la police débarque et constate la légitime défense et la chance de Richard d'avoir échappé de peu à la mort. Le cambrioleur est identifié, connu des services de police et l'enquête se clôt. Mais voilà le père de l'homme abattu vient tout juste de sortir de prison et ne compte pas laisser le meurtre de son fils impuni. Entrant par effraction chez Richard, il le malmène avec son épouse avant de menacer de tuer son petit garçon. Après une intervention de son épouse, Richard se voit une fois de plus échapper à une souffrance sans nom.

Juillet de sang (dont je viens de découvrir l'existence d'un film Cold In July) est un putain de bon thriller. Violent, sombre, surprenant, addictif, épatant.... il nous laisse sur le cul et encore je pèse mes mots ! Je ne m'attendais pas à tant de rebondissements, à une histoire aussi incroyable et qui tient la route du début à la fin ! Quand deux personnes qui sont ennemis dès le premier regard finissent par devenir les alliés les plus improbables alors les ennuis commencent.

Je ne vais pas trop vous en dire parce que ça serait vous gâcher le plaisir de la découverte, mais sachez que le trio de personnages que l'on va suivre est juste excellent. Le roublard sorti de prison qui n'a peur de personne, le père lambda qui n'a jamais fait de mal à une mouche et le détective privé aux méthodes douteuses, à eux trois ils vont découvrir une sordide histoire où ils n'en sortiront pas indemnes. 

A découvrir de toute urgence ! 

lundi 27 avril 2020

Envoûtement de Ramsey Campbell

Paru en 1989 et en 1994 aux éditions Pocket.

286 pages, horreur, fantastique.

Quand quelqu'un insiste pour garder une mèche de vos cheveux, ce n'est pas toujours par affection... Queenie, une vieille femme hargneuse et possessive, a toujours persécuté ses nièces Alison et Hermione. Maintenant qu'elle est morte, tout devrait rentrer dans l'ordre. Mais, le jour des funérailles, on s'aperçoit que Queenie s'est fait enterrer avec un médaillon contenant des cheveux de sa petite nièce. Bientôt la fillette commence à avoir un comportement étrange. Mais, quand on n'a que huit ans et que l'on ignore jusqu'au mot « envoûtement », comment échapper à l'emprise d'une morte ?





Mon avis :

Que cela fait du bien de lire un roman d'horreur ! Enfin horreur me concernant pas tellement, mais il est vrai que l'atmosphère d'envoûtement est bien particulier. Sombre et malsain, il met en scène une petite fille et sa grande-tante, une femme acariâtre, au bord de la mort et qui se plaît à tourmenter les autres.

Dès le début du roman, j'ai su que j'allais adorer détester Queenie. Cette vieille femme qui ne semble aimer que deux personnes au monde : son père et elle-même. Une femme que l'on découvre quasiment alitée ayant besoin de ses nièces pour subvenir à ses besoins les plus primaires. Sentant la mort approcher, Queenie n'a plus qu'une seule idée : s'accaparer la fille de sa nièce Rowan, une enfant pure et innocente qui adore sa grande-tante tandis que tous la détestent.

Dans Envoûtement, le lien entre une femme âgée et sa descendance est bien mise en avant. On sent le lien qui les lie toutes les deux au grand désespoir des autres adultes qui voient d'un très mauvais oeil que la vieille femme aime tant la petite fille. Je ne m'attendais pas à un roman aussi fouillé psychologiquement dans le sens où on sent très vite que cette famille d'apparence parfaite cache de nombreuses cassures. Manque de confiance, peur de l'autre et de ce qu'il pourrait faire, peur de ce qui est innommable (lorsqu'on évoque la capacité étrange de Queenie de tout voir et de tout savoir concernant ses nièces). 

Le surnaturel est distillé à petite dose au départ, nous plongeant avec les héros dans un quotidien des plus classique, devenant pourtant tour à tour effrayant et déstabilisant. Lorsque Queenie meurt enfin, on sent le soulagement de la famille qui n'imagine pas un seul instant que la vieille femme n'a pas dit son dernier mot et lorsque la plus jeune des nièces de cette dernière Hermione, une jeune femme fragile psychologiquement qui voit tout ça d'un très mauvais oeil. Lorsque Queenie se fait enterrer avec un médaillon atypique, Hermione est la seule à y voir le mal. Et la pauvre ne se trompe pas, même si personne ne souhaite l'écouter. 

Envoûtement c'est avant tout une histoire familiale sous fond de haine, de peur, de suspicion, de cousin à tendance pédophile qu'on tient le plus possible éloigné de soi, d'une soeur fragile à qui on ne porte aucun crédit dès lors qu'elle veut nous confier un secret, d'une veille femme acariâtre et qu'on ne supporte que pour pouvoir profiter de sa maison, et une petite fille qui voit tout ça de ses yeux d'enfants, prêtes à pardonner les autres et à se confier à la première petite fille qui lui porte de l'attention.

En si peu de pages, l'auteur dresse des portraits crédibles et cohérents et amène le fantastique et l'horreur à petite dose au début pour ensuite se lâcher totalement dans une histoire sordide et violente. Personne n'en réchappe et Rowan va être la cible principale d'une femme qui ne supporte pas de se retrouver seul dans l'au-delà. 

Je ne peux que vous recommander de découvrir Envoûtement, pour ma part, je vais me pencher bien évidemment sur d'autres romans de l'auteur dont beaucoup m'intrigue fortement !


samedi 25 avril 2020

Rage de Richard Bachman

Paru en 1977, 1999 et 2000 aux éditions j'ai Lu, en 1990 aux éditions Albin Michel et en 1991 et 1994 aux éditions France Loisirs.

244 pages, thriller.


Charles Decker est, en apparence, un petit lycéen américain bien tranquille. Mais, entre un père violent qu'il déteste et une mère fragile, il rage a froid. Un jour, cette rage éclate et il abat, d'un coup de revolver, sa prof de maths. Puis, il s'empare du pouvoir, autrement dit, il prend sa classe en otage. Il va alors contraindre ces condisciples a se livrer a un déballage furieux, a se débarrasser de toutes les haines accumules en secret : contre les parents, la société corrompue, l'école pourrie, la lâcheté et l'incompréhension des adultes.




Mon avis :

Rage est un roman de Stephen King mais paru sous la plume de Richard Bachman. J'ai eu une soudaine envie de lire un roman sous cet autre nom de plume et Rage m'est apparu comme le meilleur choix. Sa quatrième de couverture m'emballait vraiment et j'ai décidé sans plus tarder de l'ouvrir.

Stephen King est mon auteur favori. Celui qui parvient toujours à me captiver, à me faire travailler l'imagination et celui dont je n'ai jamais envie de terminer un roman. Parce qu'on s'y sent toujours comme chez soi, même si c'est sombre et parfois glauque, on y est à l'aise. Et pour cause, l'auteur nous développe tellement la psychologie des personnages et leur histoire qu'on a vraiment cette impression de les connaître.

Rage, c'est l'histoire d'un adolescent qui perd les pédales. Et pour cause, son père n'a jamais été très tendre et Charles a besoin de lui montrer ce qu'il a dans les tripes. C'est ainsi qu'un matin, il décide de prendre sa classe en otage et abat sa prof de math. Et là, on assiste à un véritable règlement de compte entre Charles, les autres élèves et Théodore. 

Charles a envie de montrer à tous qu'il est en colère et qu'il contrôle leur avenir. Et alors que je m'attendais à voir des adolescents effrayés et en totale panique, l'auteur nous surprend en transformant tour à tour chacun de ces ado en monstre assoiffé de sang. Les vérités vont éclater, les secrets se révéler et personne ne sortira indemne de la prise d'otage. Thriller très psychologique on se demandera jusqu'à la fin comment Charles va faire pour s'en sortir et comment ses camarades vont parvenir à oublier cette période traumatisante.

On suit l'évolution de la prise d'otage du début à la fin, avec l'intervention de la police et de certains adultes, ce qui ne sera pas pour plaire à Charles. Ce dernier, finalement ne sera qu'une victime de plus d'une société toujours plus dégradante. J'ai eu beaucoup de peine pour lui et pour d'autres personnages qui s'ouvrent et expliquent leur comportement. Entre honte, jalousie, mal-être, dégoût de soi et dégoût des autres, Rage est un véritable hymne à la difficulté de vivre l'adolescence.

Encore une fois, l'auteur fait mouche et son roman nous prend aux tripes du début à la fin. Voilà qui ne me surprend plus de sa part !

vendredi 24 avril 2020

Alice au pays des morts-vivants, tome 3 : Qu'on leur coupe la tête de Mainak Dhar

Paru en 2017 aux éditions fleuve éditions
Paru en 2018 aux éditions pocket
156 pages, science-fiction, zombie, revisite de conte.


Pour le Dr Protima, l'échantillon Z devait être une panacée, un remède miracle pour les soldats au système nerveux endommagé par de graves blessures de guerre. L'armée, elle, y a vu u tout autre potentiel : une arme bactériologique décisive. Alors Protima a quitté le projet et est rentrée en Inde. Mais on ne peut pas échapper à l'apocalypse. Le virus est lâché, et il est dévastateur. Le monde court à sa perte et sombre dans la guerre totale. Bientôt viendra le règne de la post-humanité, des zombies, et Protima sera leur Reine, la porteuse de leur livre sacré, Alice au pays des Merveilles, régnant sur le Pays des Morts. Mais certains s'y étaient préparés et sauront encore tirer profit de la fin du monde...




Mon avis :

Lien d'Alice aux pays des morts-vivants tome 3 sur le site de l'éditeur.

Alice aux pays des morts vivants est une revisite de conte très sympa. Bourré d'actions, de zombies bien moches et avec une utilisation des personnages du célèbre conte qui fonctionnent, j'ai passé une fois encore un excellent moment de lecture.

Dans ce troisième tome qui est en fait le préquel, on revient sur les origines du virus et la rencontre de nos personnages clefs. Bien avant la naissance de notre héroïne Alice, on fait la rencontre de la reine, du lapin et de bien d'autres personnages, expliquant comment ils sont devenus ce qu'ils sont. Et c'est ça que j'ai adoré. On revient aux sources, on découvre le passé des personnages les plus énigmatiques sur fond de virus qui détruit tout.

C'est court, rapide à lire et pourtant intense. Entre les courses poursuites, l'affrontement avec les mordeurs et la fuite du père d'Alice, personnage emblématique, on en ressort les cheveux défaits ! Mainak parvient à nous faire culpabiliser d'avoir haï certains personnages dans les tomes précédents comme la reine des mordeurs, cette femme au caractère bien trempé qui finalement n'est qu'une victime de plus du virus incontrôlable lâché par la chine semble-t-il. 

Le parallèle avec ce que l'on vit en ce moment est forcé. Et même si aucun zombie à l'horizon nous concernant, l'auteur évoque le coronavirus et ses conséquences sur le monde, création chinoise qui a tué des dizaines de milliers de personnes. Arrivé à ce stade du roman et faisant le parallèle avec notre actualité j'en ai eu des suées. J'ai même été voir à la fenêtre si les zombies n'arrivaient pas. Et la déception fut grande quand je vis que non.

Alice aux pays des morts vivants est une trilogie vraiment sympa et innovante. C'est obscur et drôle, c'est rempli de références et on y passe un excellent moment. Je recommande vivement !



jeudi 23 avril 2020

No Country for Old Men de Cormac McCarthy

Publié en 2007 aux éditions points.
320 Pages, thriller
Adapté au cinéma en 2008


A la frontière du Texas, Moss découvre un carnage : un homme à moitié mort, d'autres déjà froids des armes, de l'héroïne et deux millions de dollars. La tentation est trop forte. Mais on ne vole pas impunément des narcotrafiquants. Moss devient l'objet d'une impitoyable chasse à l'homme. A ses trousses, un vieux shérif et un tueur psychopathe de la pire espèce...









Mon avis :

Lien de no country for old men sur le site de l'éditeur.

No country for old men est un film qui m'a toujours intrigué. Aussi avant de le regarder, j'ai préféré lire le roman. On m'avait prévenu, le style de l'auteur est atypique et particulier. Je m'y attendais donc, mais il est vrai que je n'avais jamais encore découvert une plume aussi sauvage et brutale. Rien ne démarque les dialogues et si au début j'ai eu du mal à comprendre lorsqu'on retranscrivait le dialogue entre plusieurs personnages, mais au fil des pages, j'ai réussi à passer outre ce détail à m'imprégner totalement de l'intrigue.

No country for old men est un roman violent. et sombre où il est question de vengeance et de dette, d'argent et de meurtres. On y suit donc Moss qui par hasard trouve une valise pleine d'argent et ne peut s'empêcher de la prendre. Sauf que beaucoup sont au courant de son vol et cherche à l'arrêter pour récupérer cet argent. Entre un vieux shérif et un tueur complètement fou, Moss devra sans cesse s'enfuir pour survivre. 

J'ai beaucoup aimé cette course poursuite violente et même si parfois il m'aura fallu revenir en arrière pour parvenir à saisir ce qu'il se passe sous mes yeux, no country for old men est un roman qui se doit d'être connu. Je ne m'attendais pas du tout à un tel déferlement de violence de la part de Chigurh. Ce personnage est un véritable monstre ! Aucune pitié pour personne, homme, femme, enfant, il ne réfléchit pas et tue tout le monde sans se poser la moindre question. C'est un monstre, vraiment, qui détruit tout sur sa route, sans laisser aucun témoin qui pourrait l'identifier et le dénoncer. Moss a vraiment un fou furieux à ses trousses et il fera tout pour tenter de survivre en protégeant son épouse.

Après tant de morts et ce, dès le début, je savais que ce roman allait être violent. Il est aussi très visuel parce qu'on a des descriptions intenses de chaque scène du roman. C'est tout juste si l'auteur n'allait pas énumérer les gouttes de sang laissé par Chigurh. J'ai donc pris plaisir à lire ce roman, même si j'ai été je l'avoue déroutée au départ par le style très atypique de l'auteur. C'est un style unique et que je n'avais encore jamais rencontré dans aucune de mes lectures précédentes. 

Il me tarde de terminer la route et de venir vous en reparler !