samedi 25 mars 2017

Les innocents de Francesca Segal

Année d'édition : 2016
Edition : Pocket
Nombre de pages : 416 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Un jeune homme rangé. Ainsi se définirait lui-même Adam Newman, s’il avait à le faire. Pur produit de sa communauté juive londonienne, avocat prometteur, il s’apprête à épouser son amour d’enfance, la très sage Rachel. Mais le jour des fiançailles, tout bascule. Précédée par une réputation sulfureuse, Ellie, la cousine de Rachel, fait un retour remarqué dans la famille. Somptueuse mais instable, perdue mais passionnée, elle apporte avec elle le vent du scandale et la fin, pour Adam, du temps de l’innocence…

Mon avis :

Adam vient enfin de se fiancer avec Rachel. Le jeune homme n'attend plus qu'une chose : enfin épouser celle qu'il connaît depuis tant d'années. Si leurs familles en sont ravies et font ce qu'il faut pour respecter les traditions juives. Mais voilà que débarque la cousine de Rachel, Ellie, une jeune femme qui traîne déjà une sacrée réputation derrière elle. Et voilà que la jeune femme permet à Adam de se remettre en question, lui et son mariage qui approche à grands pas. N'est-il pas temps pour lui de comprendre ce qu'il veut vraiment ?

Les innocents fut une lecture assez compliqué. Du début à la fin, je n'ai absolument pas su rentrer dans l'histoire et je suis restée très en retrait des événements. Je n'ai pas su m'accrocher aux personnages et j'ai trouvé que ce roman souffrait de beaucoup trop de longueurs. La plume est fluide, là n'est pas le problème, mais les descriptions étaient vraiment très (trop?) nombreuses et le rythme en est devenu très lent. Il ne se passe pas énormément de choses en 411 pages, du coup, j'ai vraiment mis du temps pour le terminer, préférant l'alterner avec des lectures plus rythmées.

Le plus gros point positif selon moi c'est toute la thématique et les découvertes sur la religion juive que j'ai pu faire pendant ma lecture. Leur mode de vie, leur coutume, leur croyance, l'auteur nous en apprend énormément et ça, ça m'a beaucoup plu. J'ai aussi été séduite par Ellie, cette femme qui n'a que faire des convenances, malheureuse et écorchée, qui semble avoir de lourdes blessures enfouies en elle et qui sans vraiment le vouloir vient semer le doute dans l'esprit d'Adam.

Et très franchement, mis à part ces deux points positifs, je n'ai pas su apprécier l'histoire qui se déroulait sous mes yeux. Une histoire pleine de questions, de doute. Une histoire où la plus infime petite chose peut bousculer vos convictions et votre vie. C'est ce que nous raconte les innocents et je comprends un peu mieux pourquoi je lis si peu de contemporain.

Je ne trouve pas le roman mauvais, loin de là. Il apporte un regard intéressant sur certains faits de société : doit-on se sacrifier pour réussir dans la vie ? Peut-on se passer de sa propre famille ? Doit-on forcément céder à la tentation ou rester trouillard et ne garder que ce qui nous est acquis ? On sent un héros perdu, emprisonné par les choix fait par sa famille et non par lui. Il aurait très bien pu se retrouver enfermé dans une sombre cave que l'histoire n'aurait pas été différent. Adam c'est l'homme qui a peur de se tromper mais n'assume pas de le dire tout haut. C'est le genre de héros qui va pourtant faire passer les autres avant son propre bonheur et on reste sur ce fil très fin où on se demande tout de même s'il ne va pas tout laisser tomber et fuir le plus loin possible.

Les innocents saura vous combler, je pense, si vous aimer les histoires d'amour intimistes et crédibles du début à la fin. Les histoires troublantes où on ignore ce que l'auteur va faire dans l'évolution de son intrigue et de ses personnages. Un roman particulier, que je ne regrette pas d'avoir lu pour certains bon point, mais dont j'espérais tellement plus que j'avoue être un peu restée sur ma faim.

Vous y trouverez :
- Un mariage que tout le monde attend 
- Une famille juive qui va vous ouvrir les portes de chez elle avec plaisir et affection

Vous n'y trouverez pas :
- d'érotisme. 
- De violence à proprement parler 
 
 

jeudi 23 mars 2017

Younger de Pamela Redmond Satran

Année d'édition : 2016
Edition : J'ai lu
Nombre de pages : 316 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Une fois divorcée et sa fille partie de la maison, Alice, 44 ans, souhaite changer de vie. Le soir du réveillon, elle passe la soirée avec sa meilleure amie Maggie. Elles font un voeu de nouvel an : Maggie rêve d'avoir un bébé et Alice donnerait tout pour rajeunir. Son amie lui coupe et lui teint les cheveux et l'habille comme une femme de 30 ans. A minuit, Alice embrasse Josh, un étudiant.

Mon avis :

Je ne lis que très très rarement des romans dit féminin ou chick-lit. Pourtant, je dois bien avouer que j'ai dévoré Younger que j'ai trouvé très mâture dans son histoire et très sympa. C'est drôle, c'est critique, c'est d'actualité et on sort des sentiers battus avec une héroïne d'une quarantaine d'années qui réapprend à vivre. Je suis maintenant très intéressée par le série télévisé qui s'est inspiré du roman parce que oui j'ai ri une paire de fois et je me suis sentie proche d'Alice pour diverses raisons. Le fait de laisser un projet professionnel de côté pour s'occuper de ses enfants et avoir envie de reprendre sa vie en main professionnellement. Et le fait de ne pas faire son âge. J'ai beau avoir 30 ans, les gens ne me croient jamais (surtout quand je fais des couettes, allez comprendre pourquoi).

Younger évoque l'âge des femmes et leur rôle dans la société. Alice a tout lâché pour s'occuper de sa fille. Fraîchement divorcé, sa fille partie en Afrique pour du bénévolat et la voici toute seule, sans travail ni passion. Alice s'ennuie et décide de se reprendre en main très vite. Mais à quarante-quatre ans la voilà qui découvre que l'absence de travail pendant une vingtaine d'année lui porte préjudice et personne n'accepte de l'embaucher. Désespérée, c'est auprès de sa meilleure amie donc qu'elle va chercher du réconfort. Celle-ci lui propose alors d'utiliser son physique pour refaire sa vie. Maquillage, garde-robe, coiffure et voilà qu'Alice ressemble à une jeune femme de vingt-six ans tout au plus. Et puis Maggie est juste géniale. Une artiste lesbienne qui assume complètement son orientation sexuelle depuis des années et qui va pousser notre héroïne a enfin profiter à fond de la vie. Ses piques sont acerbes, drôles et elle offre beaucoup de fraîcheur au roman. J'ai aimé l'évolution de son personnage sur la fin et son désir de maternité. Son combat pour avoir un enfant sera dur, mais elle tiendra le coup, avec force et courage.

On ne va pas se mentir, ce n'est pas non plus le roman du siècle, celui qu'on va s'arracher des mains, mais il possède quelque chose de franchement addictif : moins de trois heures de lectures, l'envie de le finir avant de dormir... C'est une belle leçon de vie sur le pouvoir de l'apparence et la suggestion qui nous permet de faire croire tout ce que l'on veut à ceux qui ne regardent pas assez bien. Alice veut tenter sa chance dans l'édition et étrangement, de paraitre vingt ans de moins, ça l'aide. La voilà prête à retravailler et pourquoi pas à retrouver l'amour. Bon très franchement, la romance n'est qu'une infime partie du roman. Alice tente de s'épanouir en profitant de sa seconde jeunesse, là où tous n'y voit que du feu. Elle est intelligente, intéressante et droite dans ses pompes malgré son mensonge. On suit une femme qui était mise de côté par la vie, trop occupée à gérer le foyer et sa fille, spectatrice de l'éloignement de son mari. Mais Alice n'a pas dit son dernier mot et on admire sa ténacité et son envie de réussir enfin quelque chose.

Le roman traite de nombreux sujets très adultes : la sexualité, l'orientation sexuelle, la puissance des réseaux sociaux, l'édition et la complexité de ce milieu, la course à l'apparence, l'adoption, l'amitié, la famille... autant de thème bien traité avec toujours une pointe d'humour qui rend ce roman si bon. J'ai aimé suivre Alice, voir la direction de sa vie prendre un tournant si radical et pourtant l'auteur ne cherche pas forcément un happy end comme les lectrices de romance en veulent. 

En bref, Younger est un roman de bonne facture. On y passe un très bon moment, l'héroïne est adulte, attachante et nous fait vivre une aventure très intéressante. L'humour est très présent et fait de ce livre, une lecture doudou qu'on peut lire et relire pour chasser les coups de blues. 

Vous y trouverez :
- Une héroïne mature et mère de famille
- beaucoup d'humour
- Des thématiques très fortes

Vous n'y trouverez pas :
- d'événements dramatiques



mardi 21 mars 2017

Derrière les panneaux, il y a des hommes de Joseph Incardona

Année d'édition : 2017
Edition : Pocket
Nombre de pages : 336
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Pierre a tout abandonné, il vit dans sa voiture, sur l’autoroute. Là où sa vie a basculé il y a six mois.
Il observe, il surveille, il est patient.
Parmi tous ceux qu’il croise, serveurs de snack, routiers, prostituées, cantonniers, tout ce peuple qui s’agite dans un monde clos, quelqu’un sait, forcément.
Week-end du 15 août, caniculaire, les vacanciers se pressent, s’agacent, se disputent. Sous l’asphalte, lisse et rassurant, la terre est chaude, comme les désirs des hommes.
Soudain ça recommence, les sirènes, les uniformes.
L’urgence.
Pierre n’a jamais été aussi proche de celui qu’il cherche.

Mon avis :

Partie dans mon envie de lire du thriller et des romans noirs, je me suis penchée sur Derrière les panneaux il y a des hommes. Titre énigmatique et couverture sobre, voilà qui correspondait à mes attentes. Et puis dès les premières pages, je me suis sentie transportée par une plume d'une poétique noirceur de dingue. Je ne m'attendais absolument pas à cela. Alors oui, c'est cru et vulgaire, mais ya une telle plume et une telle poésie avec ces phrases courtes, percutantes qui décrivent avec honnêteté les événements qu'on ne peut qu'être réceptif. En se basant sur une intrigue assez classique sur le kidnapping de fillettes, l'auteur offre un roman percutant, déroutant et plein d'une douce violence. 

Dans ce bouquin il est question d'un tas de thématique hyper forte. La première, la disparition d'enfants rapide et vive sur les restoroute. Pratique réelle dont beaucoup de parents sont victimes. Ici on va donc suivre Pierre qui traque depuis six mois le responsable du kidnapping de sa fille de huit ans. Il ne vit plus que pour ça, complètement anéanti, la colère et la vengeance pour seul moteur. Et que penser de sa femme, Ingrid, dépressive, tombée bien bas, dans une spirale de drogue, d'alcool et de sexe et qui n'attend plus qu'une chose : que Pierre lui annonce qu'il les a vengé. Pierre, seul face à lui-même, guettant, surveillant les allées et venues des touristes ou personnes qui usent et abusent des restoroute. Pierre face à la perte de son enfant, si malheureux qu'il va vous toucher... en plein coeur. On espère que sa quête de vengeance aboutira, qu'ils trouveront la paix intérieure eux qui n'ont même pas semble-t-il eu de corps à enterrer lorsque leur fille a été enlevée. En tant que parents ,vous comprendrez sa haine et vous vous nourrirez de sa colère pour lire ce roman. Intense est le premier mot qui me vient en tête. Et puis voilà que Marie, jeune fille de douze ans, se fait enlever à son tour, sous leurs yeux, ou presque. Ni témoin, ni indice. Le néant absolu, le vide, le silence... le même silence qui entoure la vie du coupable depuis tant d'années. Les frissons sont bien là, on croise fort les doigts pour que le dénouement soit heureux malgré la crasse évidente de l'intrigue et la merde dans laquelle se retrouvent les personnages.

En dehors de cette thématique toujours poignante, on a celle un peu moins forte, mais nécessaire de l'enquête menée par la police. Ils fouillent, cherchent une aiguille dans une botte de foin, leur travail est compliqué, long et très lent, mais peut-on le leur reprocher quand on sait qu'ils partent de rien pour trouver et sauver une vie ? Sans indice, sans témoin, sans aide, comment réussir à diriger une enquête vers sa résolution ? On sent d'ailleurs la tension de l'héroïne, Julie, capitaine de gendarmerie qui ne va pas y aller par quatre chemin. Franche, froide, têtue, elle va se donner pour retrouver le coupable en partant de rien. Le travail est laborieux, fastidieux et on la sent qui a besoin de laisser libre cours à la bestialité contenue dans son corps à plusieurs reprise pour décompresser avant d'exploser. Julie m'a conquise, brute de décoffrage, qui n'en a rien à foutre de ce que les autres pensent d'elle... quelle femme de caractère !

Et puis on a aussi cette thématique du psychopathe atteint d'un problème physique ou d'une maladie, en l’occurrence la surdité. Le mec que personne ne voit, que personne ne calcule, le véritable fantôme du roman, celui qui agit sous le nez de tout le monde sans craindre d'être vu parce qu'on l'ignore... Le mec derrière son panneaux qui vous sert votre hamburger ou votre plat de frites et que vous ne regardez jamais et qui pourrait même être une machine que ça ne changerait rien pour vous. Ce mec que vous poussez un peu plus chaque jour à vous haïr et à vouloir vous faire du mal et vous causer une souffrance éternelle. Ce personnage qui de par ses gestes et action ne cherche qu'une chose : une présence douce et aimante prête à rester à ses côtés tout le temps. Le voilà à kidnapper des enfants pour trouver sa place près de quelqu'un qui aura besoin de lui et lui apportera du réconfort... C'est d'une tristesse... et ce sont eux, les responsables de leur propre drame.

Et puis ya Lola. Ce transexuel qui se prostitue, qui offre de rapides étreintes sans passion ni tendresse aux voyageurs qui en ont besoin. Cet homme/femme qui se cherche et qui aura un rôle décisif pour le dénouement. Son sort est le plus marquant, sa destinées la plus difficile à accepter. La sexualité est aussi un thème très fort dans Derrière les panneaux, il y a des hommes. Le sexe qui détruit un couple, qui détruit une vie, qui détruit l'amour et l'humanité. Le sexe, devenue une simple pulsion bestiale qu'on assouvi à un simple coin de rue sans jamais se soucier des conséquences. Et on se prend tout ça en pleine face par un auteur qui n'a pas peur de jouer avec les mots pour nous pulvériser la noirceur de son roman en pleine tête... C'est fort, très fort.

Derrière le panneaux, il y a des hommes est un roman très noir et très fort. J'avoue avoir été complètement embarqué par ce que nous propose l'auteur avec sa plume intelligente et atypique. Il m'aura cependant manqué d'un petit quelque chose pour trouver ce roman exceptionnel et le placer en tant que coup de coeur, mais vraiment, si vous n'avez pas peur des textes violents, engagés et sombres, lisez-le donc et vous n'en sortirez pas indemne...

Vous y trouverez :
- Du sexe à foison
- De la violence
- De la souffrance et de la douleur
- Des personnages complètement humain avec leur qualité et leur défaut.

Vous n'y trouverez pas :
- D'amour ou de romance
- De joie ou de bonheur. 

 

dimanche 19 mars 2017

Chute de Christophe Nicolas

Année d'édition : 2017
Edition : Fleuve Noir
Nombre de pages : 368 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Thomas Cahin a déjà écrit deux romans à l’accueil critique discret et mitigé. Mais avec Chute, il est immédiatement passé dans la cour des grands. Publié par la grande maison Foissard, en course pour le prestigieux prix Novela.

Sauf que Chute, il ne l’a pas écrit. C’est sa femme qui l’a trouvé dans ses affaires d’étudiant et l’a envoyé aux éditeurs parisiens. C’est Christophe, son ami d’enfance, son colocataire à l’université, qui, comme pris de fièvre, a couché ces mots sur le papier avant de se suicider. Et depuis 10 ans, Thomas en était le gardien. En se les appropriant, il a gagné la gloire et l’argent. Mais ces mots contiennent bien plus qu’une histoire... et en les usurpant, Thomas a franchi la ligne.

Mon avis :

Christophe Nicolas est un auteur que j'apprécie énormément. Le camp ou un autre avait été tous deux d'excellentes lectures. Du coup, je savais d'avance que l'auteur allait jouer avec mes nerfs et me proposer un thriller détonnant et ultra addictif. Prévision qui s'est révélée exacte puisque c'est un coup de coeur. Même sans teinter de fantastique ou de science fiction ses romans, l'auteur nous en fout plein la vue et joue avec nous. Un régal. 

Dès les dix premières pages, j'ai eu la sensation qu'on me happait déjà dans l'histoire. Faut dire que la plume de l'auteur est vivante, imagée et assez méticuleuse dans les détails. J'aime quand les auteurs prennent le temps de nous poser un décor, un contexte, un physique. Ca me permet de me sentir davantage ancrée dans une histoire. J'avais vraiment la sensation d'être un personnage de l'histoire, cette voix qui vient d'on ne sait où et qui semble tellement en savoir sur notre héros Thomas.

J'ai très vite senti cette ambiance très oppressante que l'auteur instaure petit à petit. Folie ou non ? Culpabilité ou pas ? Thomas perd-il vraiment la tête ? On se pose un tas de questions et certaines réponses semblent assez prévisibles tandis que d'autres prennent leur temps pour se révéler. Le thriller est efficace, maîtrisé du début à la fin et l'auteur frappe un grand coup. On reste dans un flou constant et on doute des événements et de la fragilité psychologique de Thomas. Ce dernier se sent épié, menacé par un détraqué qui l'accuse d'avoir volé son histoire pour la publier sous son nom.

L'univers du roman tourne autour de l'édition. On y parle de la célébrité trop rapide des auteurs, celle qui vous propulse sur le devant de la scène bien trop vite, vous obligeant à accepter d'être interviewé, épié, mis à nu. Parfois submergés de demandes, ils peuvent perdre pied et sombrer dans une sorte de dépression liée à leur trop forte popularité. L'auteur semble maîtriser son sujet et n'hésite pas à y mettre un peu de lui, on le sent. On y évoque le milieu de l'édition, des salons littéraires, l'écriture même d'un roman. Cela donne une dimension très réaliste et très intéressante pour les lecteurs. Perso, j'ai beaucoup aimé les passages sur la thématique de l'écriture et de l'édition.

C'est un véritable puzzle que nous offre Christophe Nicolas via son anti-héros, Thomas. Un auteur médiocre qui, en partie à cause de son épouse, voit le roman de son meilleur ami décédé publié à son nom. Commence pour lui un véritable raz de marrée de critiques élogieuses, de possibilité de se voir offrir un prix prestigieux. Thomas profite dès le début de cette célébrité alors qu'on sait dès le départ qu'il ne la mérite pas. Et puis tandis qu'une voix s'élève doucement dans sa tête, Thomas devient la cible d'un lecteur furieux de voir qu'on lui a volé son histoire. Menace, intrusion dans sa vie, appels anonymes, photos troublantes et violentes, voilà Thomas qui perd pied, qui n'en dort plus... La folie est proche, elle le guette. Vraiment ?

Pendant que Thomas lutte contre ses démons, on fait la connaissance de Joseph, un policier à la retraite qui tombe par hasard sur le roman de Thomas et qui y découvre une histoire sombre et qui n'a rien d'inventé. Trop de similitudes avec une affaire qu'il a lui-même menée et qui n'a jamais abouti à l'arrestation du ou des meurtriers. Et voilà que dans le roman Chute, l'auteur y décrit tout le calvaire enduré par Willy ! Joseph est persuadé que Thomas est l'auteur de cet assassinat morbide et violent et dès lors il n'aura plus qu'une idée en tête : obtenir les aveux de l'auteur et empêcher l'enquête d'être classée puisque la prescription est proche. Un duel déroutant se met en place entre un auteur qui sombre dans la folie, traqué comme une bête, à bout de nerf et un ancien flic prêt à tout pour clore cette vieille enquête. L'un qui ignore que son roman est la description exacte d'un effroyable meurtre tandis que l'autre ignore que son auteur a volé le manuscrit. Et nous, nous sommes entre les deux à tenter de relier les points pour la conclusion finale.Thomas reste un personnage énigmatique, il semble avoir un lourd secret qu'il a totalement occulté de sa mémoire et qui le plombe. Malgré cela, il ne peut s'empêcher de se positionner en victime quand toutes les preuves sont contre lui. J'ai adoré son épouse, qui jusqu'au bout le soutient, croit en lui et va jusqu'à le protéger envers et contre tous.

Et que dire de l'histoire de Willy, ce pauvre mec qui avait une vie merdique et qui devient le jouet vivant de véritables ordures ? Le roman Chute dans le roman est horrible de cruauté !

J'ai eu du mal à poser ce roman lorsque je n'avais pas le choix et je dois bien avouer que les 150 dernières pages, je les ai lu d'une traite, dévoré même ! Prise de passion pour cette histoire étonnante et surprenante où les faux semblants sont de mises. Dans Chute, chaque rebondissement étonne et apporte son lot de surprises. Même le final est grandiose !


Beaucoup moins trash que ses précédents ouvrages, plus sobre et tout en finesse, Chute est un thriller comme j'aime en lire. Pointilleux, bien amené, bien contrôlé et surtout très addictif, il nous prouve une fois de plus le talent énorme de l'auteur. (Bravo à un certain clin d’œil concernant les début de Stephen King page 46-47!). En bref, c'est un thriller que je recommande avec beaucoup de vivacité parce qu'il vaut le détour !

Vous y trouverez :
- une histoire dans l'histoire
- deux anti-héros que tout oppose et qui vont se livrer à un vrai jeu du chat et de la souris
- Une thématique du monde de l'édition très intéressante.

Vous n'y trouverez pas :
- de sexe
- de passage sanglant
- de fantastique

samedi 18 mars 2017

Seppuku de Romain D'huissier

Année d'édition : 2016
Edition : Edition Trash
Nombre de pages : 147
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
En une parodie de fellation, le tentacule s'activa entre ses lèvres déformées, brisant les dents et fracassant le palais. Yeux grands ouverts, la prêtresse ne vit son calvaire prendre fin qu'avec l'éjaculation : la quantité de sperme et la force de cette immonde jouissance lui firent exploser le bas de la figure, projetant des débris de mâchoire inférieures tout autour d'elle. Le Japon des samurai. Des démons aux tentacules fouisseurs souillent les lieux saints, profanent les vierges et écartèlent les paysans. Seul un homme comme Kurogane peut se dresser sur leur route et tenter de contrecarrer leurs funestes plans. Mais Kurogane est-il encore un homme ?

Mon avis :

Je ne connaissais pas les éditions Trash. Et puis voilà qu'aux Halliénnales de 2016, je vois ce bouquin trônant fièrement face à son auteur. Forcément, un tel nom d'éditeur, une telle couverture et je me suis jetée dessus. J'ai bien entendue fini par craquer et c'est avec un besoin de lecture violente et trash comme celles que je lisais énormément dans le passé, que j'ai sauté le pas pour lire enfin ce livre. La surprise fut très bonne !

On débute ce roman en faisant la connaissance d'un guerrier prêt à faire ses preuves. Kurogane est prêt à en découdre. Devenu samouraï pour le clan Asagawa, il est fier d'avancer avec ce fief puissant et d'utiliser son apprentissage du combat et des armes. Mais voilà que son clan se fait décimer dans tous les sens du terme par un groupe de cinq guerriers pas totalement humain. Laissé pour mort, Kurogane ne doit sa survie que grâce à l'intervention d'un homme tout aussi étrange : Abe no Seimo, un magicien du Ying et du Yang. Grâce à lui, Kurogane est en vie, enfin presque et il pourra utiliser cette seconde chance pour anéantir les Oni de Nagaki qui sont à l'origine de l'extinction de son clan.

Jusqu'ici, on est dans une histoire de vengeance assez classique, dans un japon médiéval où la violence et la loi du plus fort domine. Mais voilà que le magicien avoue à Kurogane qu'il a enfermé son âme dans une jarre pour le préserver de la noirceur. Ce dernier ne saigne plus, il n'est ni mort, ni vivant, mais devenu un objet de destruction avec pour seule mission la mort des Onis. Et là, j'ai senti que le roman allait beaucoup me faire plaisir ! Je ne m'étais pas trompée en craquant dessus aux Halliénnales ! Vraiment !

Après avoir donc saisi les nouvelles particularités de Kurogane, ses nouveaux atouts (la force, l'absence quasi de douleur, plus de saignements) et ses points faibles (il voit tout ce que font les Oni autour d'eux), notre jeune héros va grâce à ses visions se mettre en quête des Oni. Kurogane est en colère et veut vraiment les rayer de la surface de la Terre.

Ce roman est très bon. Bon, j'avoue il ne faut pas avoir peur de se salir les mains pendant la lecture, parce que c'est gore, violent, la tripaille vole dans tous les coins, les femmes sont malmenés comme jamais. On est dans une violence quasi permanente et très franchement, traitez-moi de dingue si vous voulez, mais c'est exactement ce que j'attendais de ce roman et ce dont j'avais besoin.

Kurogane est attachant. Malgré sa nouvelle nature et sa soif de sang, il n'agit que dans un noble but : venger ses frères d'armes tombés au combat. Lorsqu'il peut sauver des innocents, il n'hésite pas une seconde, prêt à tout pour garder en tête qu'il était un homme bon et non un monstre comme les Oni. J'ai aussi grandement apprécié la prêtresse qui fait preuve de beaucoup de courage et qui soutient notre héros sans jamais le regretter ou faire preuve de craintes à son égard. 

L'histoire assez violente de prime abord sert toutefois une intrigue plus poussée avec une prophétie mise en marche des siècles plus tôt. Une histoire très mystérieuse comme en raffole les pays asiatiques avec une histoire de guerriers, de vengeance, de monstres. Le titre du roman prend tout son sens sur la fin, une fin sublime et qui aura fini de me convaincre.

Seppuku c'est un roman qui n'a pas peur de scandaliser et d'écoeurer. Certaines scènes sont à gerber à la limite du soutenable pour beaucoup, mais c'est aussi la force du roman de Romain : ne pas faire de chichi, écrire ce qu'il a envie et quoi de mieux que cette maison d'édition que je ne connaissais pas, mais qui va avoir, je le sens, une place de choix dans mes bibliothèques !

Vous y trouverez :
- Une histoire de vengeance
- un roman très gore. Viol, meurtre, torture...
- Un duo improbable, mais efficace.

Vous n'y trouverez pas :
- De romance
- Des dizaines de héros



mercredi 15 mars 2017

Cet été-là de Lee Martin

Année d'édition : 2017
Edition : Sonatine
Nombre de pages : 320
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Tout ce qu'on a su de cette soirée-là, c'est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu'elle n'était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l'Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l'enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n'a jamais su ce qui était arrivé à Kathy. Que s'est-il réellement passé cet été là ? Trente ans après, quelques-uns des protagonistes se souviennent. Le frère de Katie, son professeur, la veuve d'un homme soupçonné du kidnapping, quelques voisins, tous prennent la parole, évoquent leurs souvenirs. Des secrets émergent, les langues se délient. Qui a dit la vérité, qui a menti, et aujourd'hui encore, qui manipule qui ? Avec ce magnifique roman polyphonique, littéralement habité par le désir et la perte, Lee Martin nous entraîne dans la résolution d'un crime à travers une exploration profonde et déchirante de la nature humaine.

Mon avis :

Cet été-là me faisait très envie de par son résumé. Faut dire aussi que la couverture est très sobre et c'est une chose que j'apprécie grandement. Pis dès qu'il s'agit d'un thriller, je suis forcément partante. Concernant le roman de Lee Martin, c'est un avis en demi-teinte. J'ai aimé la manière dont l'auteur tourne son enquête et son histoire via le portrait réaliste et intimiste de plusieurs protagonistes, mais du coup, j'ai regretté l'absence de tension liée à l'enquête pour retrouver la petite fille et savoir qui était le coupable.

Très vite donc, on alterne les points de vue de différents personnages liés de près ou de loin à la disparition de Katie, une fillette de neuf ans. Chaque habitant possède une étincelle d'indice pour nous éclairer sur les événements. Mais c'est le personnage principal M.Dees qui raconte le plus l'histoire de Katie. Il faut dire que ce personnage était très attaché à la jeune fillette à qui il donnait aussi des cours de soutien. M.Dees est un personnage sombre, dérangeant dans sa façon de décrire l'amour qu'il porte à cette petite fille. Il ne s'en cache presque pas et ce solitaire, sans famille ni ami a de quoi nous donner des frissons dans sa façon sournoise d'agir, tout le temps.

Il est donc question d'une enfant qui disparait et où forcément tout le monde ou presque devient suspect. Mais voilà, le traitement de l'intrigue est étrange. C'est une sorte de thriller intimiste avec peu de personnages et où on raconte essentiellement le passé pour mieux comprendre le présent. Aucun des protagonistes n'a trouvé grâce à mes yeux, je les ai trouvé tous sur le même fil et manquant cruellement de charisme. Alors non seulement les personnages ne sont pas passionnants, mais je dois bien avoué qu'au bout de cent pages, je trouvais que le rythme s'était essoufflé. Et une fois que je m'ennuie où que l'intérêt n'est plus au rendez-vous, alors oui le roman devient lassant et l'avis final n'est pas très positif.

Le roman est bourré de secrets, de non dits, de possibilités sur l'identité du tueur, mais en même temps, je dois bien avouer que malgré le côté très froid et quasi malsain de l'histoire, le bouquin est assez plat. Me concernant je n'ai pas eu cette étincelle qui fait qu'on avance avec grand plaisir dans la lecture pour enfin parvenir au dénouement. J'ai avancé avec peine, avec plusieurs fois cette envie de reposer le livre pour passer à autre chose. Voire même de ne pas le finir du tout. Mais voilà, je suis comme ça, j'aime à penser que les dénouements peuvent souvent nous surprendre dans le bon sens malgré un traitement peu cohérent et assez brouillon. Ce ne fut pas le cas, j'avais donc bien cerné la fin.

Je sais que beaucoup de lecteurs ont justement apprécié cette dynamique là, mais ce ne fut pas le cas me concernant. Alors oui la plume de l'auteur est belle, la tension est palpable et tous peuvent être le coupable idéal, mais dans le fond, j'ai trouvé cette histoire plate et ennuyeuse. Je suis sûre qu'il existe bien mieux sur la thématique des enfants disparus.

Ici ce sont les personnages qui permettent de faire vivre l'histoire et leur manque de charisme et de sensibilité ne m'aura pas aidé à vouloir découvrir plus que ça ce qu'il était arrivé à Katie. C'est un roman noir, assez malsain et qui laisse un drôle de goût en bouche. Les héros sont sombres, que ce soit la famille de Katie, ses voisins, son professeur, où d'autres habitants, tous cachent quelque chose et certains nous laisse un goût de vomi en bouche lorsqu'on découvre certains de leurs pires secrets.

Mais malgré toute la bonne volonté, je n'ai pas accroché. J'ai eu la sensation d'être une simple caméra spectatrice d'un film mal joué par ses acteurs ne parvenant pas à me transmettre leurs émotions. Dommage.

Vous y trouverez :
- de la noirceur
- un traitement de l'enquête original 

Vous n'y trouverez pas :
- d'enquête au sens premier du terme
- d'action.


lundi 13 mars 2017

A toute berzingue de Kenneth Cook

Année d'édition : 2017
Edition : J'ai lu
Nombre de pages : 186
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : Shaw, paysagiste, traverse en voiture le désert australien lorsque surgit Katie, jeune fille affolée qui vient d'échapper à une effrayante créature, mi-bête mi-homme. Sans eau et sans armes, dans une voiture inadaptée à la piste, poursuivis par l'agresseur de Katie qui a volé son 4x4, ils ont le choix entre fuir dans le désert brûlant et risquer la panne, ou retourner affronter l'assaillant.

Mon avis :

En toute franchise, en voyant cette couverture, j'ignorais totalement dans quoi j'allais m'embarquer. C'est bien parce que j'avais déjà pu lire l'avis d'une blogueuse et la quatrième de couverture que je savais que ce roman était susceptible d'être pour moi. J'ai bien fait de me souvenir donc de ce roman et de sa thématique : une course-poursuite en plein désert d'Australie entre un couple qui ne se connait pas et un homme effrayant et violent dont on ignore l'identité et les raisons de sa folie meurtrière. Malgré son format plutôt court, avec A toute Berzingue, j'ai passé un chouette moment.

On fait la connaissance de Shaw, un homme lambda, sans histoire et qui traverse le désert australien. Il prend plaisir à découvrir les lieux et très vite il fait la connaissance d'une jeune femme, Katie qui est ici pour visiter des grottes. Le courant semble bien passer et Shaw regrette son manque de courage parce que l'air de rien, Katie lui a bien plu. Après avoir repris sa route cependant, il retrouve une Katie affolée sur le bord de la route. Ni une ni deux, elle fonce vers son véhicule et lui demande d'appuyer sur le champignon parce qu'un dangereux psychopathe a tenté de lui faire la peau (entre autre). 

Ce qu'il y a de bien avec ce roman c'est que vu sa taille, on démarre très vite dans le vif du sujet. Ce n'est pas comme si l'auteur ne nous prévenait pas au début, que la traversée était dangereuse et qu'un flic serait prêt à venir le chercher si son absence était remarqué. D'emblée, on se dit que les choses vont forcément mal se passer. L'auteur nous prépare psychologiquement, et il fait bien. Le style est vif et assez imagé. On sent l'inspiration australienne derrière tout le travail d'écriture. On a la sensation de transpirer et de crever de chaud comme nos héros, mais rien à voir avec la survie ou ce psychopathe qui veut les tuer. La chaleur est tellement décrite dans ses moindres détails qu'on se croirait vraiment en train de suer et de chercher de la fraîcheur. 

On est ici dans une véritable course contre la montre. Soit nos héros se font assassinés par un mec complètement fou et qui sent le cadavre en putréfaction, soit ils meurent à cause de la chaleur du désert. Du coup, nos héros vont devoir deux fois plus se surpasser pour survivre alors qu'ils n'ont absolument rien demandé à personne et qu'ils ne se connaissent même pas. Nos deux héros m'ont plu. Ils sont assez charismatique et font preuves d'une certaine intelligence pour s'en sortir. Je ne vous cache pas que par moment Katie perd complètement la boule, traumatisée et en état de choc face à un psychopathe qui ne veut en faire qu'une bouchée. Et puis il y a certaines scènes qui vont froid dans le dos, en particulier celle du motard ou encore du vieux couple de l'hôtel... digne des grands films d'horreur.

Et puis il y a ce psychopathe. Humain ? Monstre ? Mirage ? Franchement ? On l'ignore du début à la fin. Ca donne un côté assez mystérieux au roman parce que du bourreau on ne saura que très peu de chose : il est grand, fort, il sent mauvais, et il est rusé, ne lâchant jamais ses proies, même s'il leur laisse penser le contraire. On ne sait vraiment rien de son passé, de son présent, ni de sa personnalité. Il reste un mystère complet jusqu'au bout.

Finalement, à toute Berzingue est une sacrée surprise. L'auteur évite le cliché de la romance et de la partie de jambe en l'air du désespoir, lorsqu'on pense qu'on va finir par y rester. C'est rapide, intense, bien mené et jusqu'au bout on est là, spectateur d'une course poursuite dévastatrice où le désir de survie prime sur tout le reste. Bouquin vraiment original !

Vous y trouverez
- De la chaleur
- Une course-poursuite
- Un tueur sans pitié aussi mystérieux que silencieux

Vous n'y trouverez pas :
- De romance
- D'explication 


dimanche 12 mars 2017

L'Education de Stony Mayhall de Daryl Gregory

Année d'édition : 2016
Edition : Pocket
Nombre de pages : 512 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Stony a trois sœurs : Alice, Chelsea, Junie. Et sa mère Wanda, qui l’aime plus que tout. Sans oublier Kwang, son copain de toujours, persuadé que Stony possède un superpouvoir. Parce que Stony est insensible aux flèches que son ami lui plante dans le ventre histoire de rigoler... Il faut dire que Stony ne respire pas. Ne mange pas vraiment. Ne dort jamais. Et pourtant il grandit. Stony ignore ce qu’il est. Il n’a pas pris la mesure de son réel pouvoir. Ça viendra. Reste une interrogation : y en a-t-il d’autres comme lui ? La réponse à cette question emportera tout dans son sillage...


Mon avis :

Ce roman est atypique. Vraiment. La littérature zombie n'a quasiment plus aucun secret pour moi parce que j'en suis fan. Ce roman pourtant, bouleverse les codes du genre et se veut totalement différent des autres ouvrages zombiesques. Ici, il n'est point trop question de zombies qui bouffent tout le monde, c'est beaucoup plus psychologique. Et tellement bien écrit. Oui, j'ai adoré ce roman que je classe dans mes coups de coeur. L'histoire est prenante, l'évolution est surprenante et à aucun moment je n'ai eu le sentiment d'avoir déjà vécu tout ça dans un autre roman. 

On débute ce roman dans le futur. Alice revient sur les lieux de son enfance avec Kwang et sa nièce Ruby. On apprend qu'une seconde épidémie a eux lieu et Alice se fait un plaisir de raconter comment ils en sont arrivés là. Lorsqu'Alice était enfant, sa mère a découvert une femme morte de froid sur le bas côté d'une route. La morte tenait fermement dans ses bras un nouveau-né qui paraissait lui aussi mort. Wanda ne pu se résoudre à laisser ainsi un bébé et l'emmena chez elle pour lui offrir une sépulture décente. Mais voilà qu'elle découvre horrifié en compagnie de ses filles que le bébé est un zombie. Son coeur ne bat plus, il n'a plus besoin de sommeil ni de manger et pourtant il se tient là, éveillé à bouger. 

On a donc toute une première partie où Stony va évoluer et passer du stade de nouveau-né zombie à celui d'adolescent zombie. Parce que malgré tout, oui Stony grandit et c'est bien la première fois qu'on remarque une telle chose chez un zombie. Mais Stony est caché aux yeux de tous parce que depuis une précédente épidémie de zombie, les autorités et la population sont terrifiées et exterminent à vue le moindre mort-vivant qui traîne dans le coin. Stony ne sera pourtant jamais seul puisque ses trois "soeurs" vont passer du temps en sa compagnie et lui apprendre un tas de choses. Il pourra aussi compter sur Kwang, son voisin avec qui il liera une très forte amitié malgré sa condition de zombie. C'est une belle image pour la tolérance que cette amitié atypique et pourtant si drôle. Parce que oui Kwang et Stony vont faire les quatre cent coups ensemble. l'un s'amusant à planter des flêchettes dans le corps de son ami pour voir s'il ressent la douleur, ou encore lui faisant boire beaucoup d'alcool pour voir s'il peut être saoul. (D'autres passages évoquent aussi la sexualité lorsque Kwang cherche à découvrir si Stony n'a pas là aussi un problème.). Ces passages sont très drôles et touchants et cette petite point d'humour noire omniprésente m'a beaucoup fait de bien. Ce début se veut initiatique où Stony découvre vraiment ses capacités et sa personnalité. il s'affirme petit à petit et se rend compte de la difficulté d'être un zombie.

Cette première partie pose déjà un contexte atypique et qui va de suite prendre le lecteur dans ses filets. On apprécie Stony et on est triste de voir que sa vie n'est pas plus épanouissante. Et lorsque intervient un drame en 1982, alors qu'il n'a que 14 ans, Stony va devoir prendre le large et sa vie va prendre un tournant nouveau. Il ne sera plus seul. Il va alors rencontrer d'autres zombies qui comme lui se cachent et n'en peuvent plus d'être ainsi traité comme des parias alors que ce sont des êtres humains. Toute cette seconde partie utilise des thématiques plus profondes comme la religion, la colère d'une population, le rejet, la peur et bien d'autres choses encore. Mais voilà, on s'en fiche parce qu'on apprécie tellement Stony qu'on suit son histoire et qu'on le voit revêtir un rôle des plus important. Je n'en dirais pas davantage, mais foncé, vous ne le regretterez pas.

Alors oui, c'est un roman zombie avec quelques séquences pleine de tripes et d'hémoglobine, mais il est différent des autres romans. Ici les zombies ont une conscience, parlent, agissent comme des êtres vivants sauf qu'ils n'ont besoin ni de manger, ni de dormir. On ignore également la cause de leur condition et leur attrait pour la viande humaine est présente, mais seulement lors des premiers jours de transformation. Passé un certain temps, ils sont capables de gérer leur faim et de ne même plus la ressentir.

En voilà donc un roman qui mise sur un thème maintes fois utilisé, mais qui l'utilise de manière intelligente. Dès l'instant où j'ai débuté ma lecture, je n'avais de cesse de vouloir y retourner les fois où j'étais forcé de le poser. Stony m'aura fait rêver, voyager et avoir beaucoup de compassion pour un zombie. Une perle de la littérature zombie !

Vous y trouverez :
- des zombies
- de l'humoir noir
- un roman initiatique

Vous n'y trouverez pas :
- de carnage zombies et tout ce qui s'ensuit à fortes doses.
- de lenteurs. 


 

jeudi 9 mars 2017

Intemporia, tome 2 : Le trône du prince de Claire-Lise Marguier

Année d'édition : 2015
Edition : Du rouergue
Nombre de pages : 364
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Pour sauver son village d'une épidémie mortelle, Yoran, un jeune chasseur, a dû passer un pacte avec la reine Yélana. En échange de l'Aïguaviata, une relique aux pouvoirs immenses, elle lui a promis de mettre un terme à cette étrange maladie. Si Yoran a pu ainsi sauver les siens, il a condamné l'ensemble du royaume en décuplant les pouvoirs de Yélana... De retour dans la Communauté de la plaine, à nouveau en paix sous son bouclier et loin des pouvoirs de la reine, Yoran a retrouvé sa famille mais la culpabilité et le souvenir de son ami Tadeck ne cessent de le hanter.
Il doit agir, à tout prix. Sa décision est prise, il repart pour joindre ses forces à celles des insoumis. Défaire ce qu'il a fait et mettre un terme au règne de Yélana. Une seule solution va s'offrir à eux : retrouver le dernier héritier vivant du roi Arden, le seul à pouvoir s'asseoir sur le trône magique de Terendis, l'ancienne capitale du royaume.

Mon avis :

Le premier tome d'Intemporia m'avait plu. C'était sympa, une bonne dynamique et une plume agréable. J'avais toutefois trouvé l'opus un peu lent et assez jeunesse dans sont traitement. Cette suite suit la même route. Les idées sont bonnes, mais trop linéaires dans le sens où la mission se passe comme on s'y attend. Des personnages qui vont d'un point A à un point B, s'arrêtant en chemin pour discuter avec des connaissances et se reposer avant de reprendre la route pour terminer ce qu'ils ont entrepris.

Ce roman est parfait pour un public qui découvre doucement la fantasy. Il y sera question de magie, de guerre, de pouvoir et de conspiration pour voler un trône, ou le reprendre. Le bestiaire est assez minime, tout comme le nombre de personnages. (Si on a davantage l'habitude du trône de fer ou de la roue du temps, forcément avec Intemporia, on s'ennuie un peu question nombre de personnages.). C'est sympathique à lire, sans aucun doute, mais je n'ai pas hélas été captivé par la quête de Yoran qui était selon moi prévisible dès la fin du premier opus. Tout comme je sens bien venir le tome 3 et son dénouement.

Pourtant, j'ai aimé que Yoran décide d'entreprendre ce voyage pour réparer une erreur qu'il estime avoir commise. Le voilà heureux avec femme et enfants et pourtant, quand il apprend qu'en dehors du village les gens souffrent par sa faute, il regrette et la culpabilité le ronge. Le voilà prêt à tout pour détrôner Yélana et permettre à un digne successeur de reprendre le pouvoir et de faire que la vie soit plus agréable pour tous. Très honnêtement, j'ai trouvé cette suite très lente, très mollassonne. Point de raison puisque le contexte a déjà été posé dans le précédent opus et du coup j'espérais davantage d'action. Certes, il y en a, mais vraiment à la fin, en prévision de la suite de l'intrigue (que je vais lire rapidement pour voir si mes prévisions étaient bonnes).

 On apprécie plutôt les personnages, mais là aussi je n'ai pas trouvé qu'ils étaient aussi attachants. Ils ont évolué (du moins Yoran et Yélana) mais pour autant je ne trouve pas qu'ils aient tellement de charisme. Du coup, si les personnages ne parviennent pas à nous transporter à leur côté, l'appréciation finale devient moins bonne. 

Attention, le roman n'est pas mauvais du tout, mais il a un énorme potentiel qui est laissé de côté et lorsqu'on a lu des sagas plus fouillés et plus aboutis, forcément, on ressent de suite la simplicité de l'intrigue d'Intemporia.

Le final n'est pas étonnant, je l'ai vu venir trop tôt. Certaines scènes n'apportent en plus pas beaucoup de matière pour le bien de l'évolution que ce soit de l'évolution des personnages ou de l'histoire. 

Du coup, je ne conseille pas vraiment ce roman aux gros lecteurs de fantasy qui n'y trouverait pas leur compte. La psychologie des personnages est bonne, mais a peu d'impact sur le fil directeur de l'histoire. J'attends quand même de lire le dernier tome pour voir si l'auteur saura me surprendre !

Vous y trouverez :
- Une quête de rédemption
- Un groupe de héros solidaires

Vous n'y trouverez pas :
- De créatures terrifiantes
- De gros rebondissements.

 

lundi 6 mars 2017

Yesterday's Gone saison 2 - Épisodes 5 & 6 : Au sanctuaire de David Wright & Sean Platt

Année d'édition : 2017
Edition : Fleuve Noir
Nombre de pages : ? pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Un loup lâché au sein du troupeau...
La Boricio Team est éclatée, décimée. Charlie et Adam, livrés à eux-mêmes, partent à la recherche de Boricio et Callie, qui a été enlevée. Boricio, qui, lui, se croit abandonné des siens, a décidé de se rendre au Sanctuaire pour, peut-être, les y retrouver. Ou au moins pour s'y amuser, comme un loup affamé lâché au sein du troupeau du Prophète. Mais dans un premier temps, Boricio observe et s'efforce de se faire passer pour une ouaille perdue ayant enfin retrouver le chemin de la communauté et de la sécurité.
Avec son arrivée, les choses deviennent encore plus confuses au Sanctuaire. Voilà plusieurs jours que le Prophète ne se montre plus, soi-disant alité à cause d'un virus. L'ascendant de Frère Rei en son absence est de plus en plus prégnant. Le pouvoir pourrait bientôt changé de mains. Du moins si Frère John, ou plutôt la Chose qui l'habite, le laisse faire.
Pour l'instant, son attention est surtout focalisée sur Boricio, cet étrange nouveau venu qui échappe au pouvoir de vision de la Chose. Elle sait qu'il a un rôle déterminant à jouer dans ce qui se prépare. Mais lequel ? Tout comme pour Luca, sur ce point, les voix restent silencieuses.
Peu importe, l'essentiel est de garder tout les acteurs du drame qui se prépare au sein du Sanctuaire. Et concernant la " bande du Drury ", le plan de Frère John semble avoir fonctionné : la mort de Scott, tué par ses créatures, leur a durement rappelé le danger qui les guette à l'extérieur des murs.
Quoi qu'il doive advenir, les événements suivront leur cours et nul ne semble en mesure d'aller à leur encontre...

Mon avis :

Ah quel épisode exceptionnel ! Quelle fin de saison incroyable ! Je ne vais pas vous parler à nouveau de l'histoire et du style de cet épisode 5 & 6 de la seconde saison. On suit plusieurs personnages donc qui fuit d'étranges créatures mi extra-terrestre, mi-humaine et mi-zombies qui s'acharnent sur les rares survivants.

On reprend là où on s'était arrêté et le moins qu'on puisse dire c'est que ce tome-ci nous offre une tonne de rebondissements et de retournements de situation. Nos héros sont pour la plupart dans le sanctuaire, tenu par des fanatiques qui sont extrêmement dangereux sous leurs airs de saint homme. Ils m'ont d'ailleurs bien plus foutu la chair de poule que Boricio ou que les monstres !

Boricio, parlons-en justement ! Ce psychopathe qui n'est pas dépeint sous son plus beau jour dans les premiers épisodes parvient encore à nous surprendre. C'est un personnage cash et qui n'y va jamais par quatre chemin. Parfois très violent et dur à vivre (et à supporter), je ne pouvais m'empêcher pourtant de beaucoup l'apprécier. Il a un je ne sais quoi qui fait que très vite on apprécie de mec pourri. Dans ces épisodes, on en apprend un peu plus sur lui, sur son passé, son présent et sur le rôle qu'il aurait à jouer. Parce que oui Boricio a un rôle majeur à jouer dans les événements. Lequel ? Il ne le sait pas encore, nous non plus, mais son futur se dessine de plus en plus et lui et Luca sont forcément lié. (Ainsi qu'à un autre personnage clef du roman, mais je vous laisse la surprise!)

J'avoue avoir dévoré cet opus une fois commencé et je suis bien triste de ne pas avoir déjà la suite sous la main. C'est une série tellement palpitante et qui parvient toujours à nous garder réceptif à son intrigue. Pis voilà ça se termine de manière improbable, on est scotché face aux rebondissements et de voir enfin nos héros se rassembler sous une même bannière pour affronter les monstres et la folie.

Certaines séquences font froid dans le dos et prouve bien l'horreur humaine dans toute sa splendeur. J'ai eu aussi énormément mal au cœur pour Ryan et j'espère rapidement avoir de ses nouvelles !

Je ne peux pas vous parler de chacun des personnages sans risquer de vous spoiler les précédents opus, mais très franchement c'est cet opus qui m'aura le plus captivée avec le tout premier. On s'éclate, c'est vivant, bourré d'action, de désillusions, de pertes humaines (un vrai carnage ! Pire qu'un tome de Games of thrones!) et les auteurs assument totalement !

Voilà un nouvel opus qui me laisse sur ma faim et me frustre ! J'aimerais tellement que cela ne s'arrête pas, surtout vu la fin de malade que les auteurs ont choisi de nous proposer ! Bref, gros coup de cœur pour cette série, que je recommande évidemment !

[b]Vous y trouverez :[/b]
- Des morts
- Du désespoir
- Un véritable carnage
- Une envie d'arracher le livre à cause de certains rebondissements imprévisibles !

[b]Vous ne trouverez pas :[/b]
- D'espoir
- De bisounours dans un monde magnifique où tout va bien
- De sexe.


samedi 4 mars 2017

Archer & Bennett tome 1 hadès de Candice Fox

Année d'édition : 2017
Edition : Michel Lafon
Nombre de pages : 330
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Sydney, années 1990.
Hadès règne sur une décharge, un univers de sculptures étranges, où des hommes viennent solliciter son aide pour faire disparaître des corps. Un soir, on lui amène deux jeunes enfants rescapés d'un cambriolage qui a mal tourné. Il s'apprête à les tuer mais leur regard froid le pousse à les adopter. Il les baptise Eden et Eric. Au fil des années, il va tout leur apprendre, dont son savoir-faire si particulier.

Sydney, de nos jours.
Frank Benett rejoint la brigade criminelle et fait la connaissance d'Eden, sa nouvelle coéquipière, sous l'œil malveillant de son frère et collègue Eric. Leur première enquête débute immédiatement : des corps démembrés auxquels il manque des organes ont été découverts dans une marina. Frank et Eden mettent au jour un trafic, grâce à une liste officieuse de demandeurs.
Quand une jeune femme réussit à échapper au tueur et que d'autres corps sont retrouvés dans la maison où elle était séquestrée, la traque commence.
Mais Frank a de sérieux doutes sur Eden et Eric. À quoi correspond la liste de noms d'hommes disparus qu'il a trouvée chez Eden ? Pourquoi a-t-elle une photo d'Hadès, la légende du crime ?
Frank a mis le doigt dans un engrenage malsain et dangereux dont il va bientôt comprendre toute l'ampleur...

Mon avis :

Hades fait parti de ces romans qui m'ont de suite donné très envie de les lire. Souvent, je marche au feeling et le résumé m'avait beaucoup intrigué. La crainte était surtout d'avoir une histoire qui reste en surface et ne va pas au bout de ses idées. Fort heureusement, j'ai été conquise par ce premier tome des aventures de Frank. Le roman est plaisant à lire, alterne le passé et le présent pour dynamiser le tout et surtout l'enquête. On a là une histoire dans l'histoire qui relie presque tout comme les fils d'une même pelote de laine. 

Ce premier tome débute avec une histoire sordie : Hadès est un homme connu dans le milieu du crime pour cacher des preuves ou des corps. Et voilà qu'on lui amène le corps de deux jeunes enfants qu'on pensait mort. Seulement, les criminels ont merdé et nos deux gamins sont bel et bien vivant. Ni une ni deux, Hadès tue de sang froid le criminel qui lui a demandé de cacher les corps et décide pour on ne sait quelle raison de garder les enfants auprès de lui. Le voilà devenu un père de substitution pour les deux petits. Le garçon et la fille sont déjà très différents dans leur comportement et Hadès se sent le besoin de les cacher et de les protéger tout en leur inculquant une certaine éducation. Il a de grands projets pour eux. D'un autre côté, on se retrouve une bonne vingtaine d'année plus tard lorsque Frank devient le partenaire d'Eden. Le flic est persuadé que sa nouvelle coéquipière cache de biens lourds secrets...

Le style de l'auteur est agréable. Il n'a rien d'exceptionnel et nous raconte sans trop en dire les péripéties de Frank et l'histoire de Hadès. Certains passages sont au passé et facilement repérable, d'autres sont au présent et on est placé dans la peau de Frank et parfois encore on se retrouve aux côtés de Jason, un personnage troublant et effrayant. J'ai trouvé la dynamique très bonne parce que justement il y a cette alternance de point de vue, mais ça manquait toutefois d'un peu de description pour vraiment m'aider à visualiser les scènes et à imaginer les personnages. C'est dire que j'ai largement préféré l'histoire de Hadès et des deux enfants que les événements du présent qui n'avait rien de bien originaux. On est dans une enquête plutôt sommaire, très peu détaillée et où les personnages se laissent un peu trop porter parce qu'ils ont d'autres chats à fouetter. 

L'ambiance a plusieurs mesures. On a celle froide, obscure et ténébreuse lorsqu'on nous raconte Hadès et son histoire. Des enfants qui sont eux-même malsains et qui ont un attrait réel pour la torture et le meurtre. Quelques lueurs d'espoirs nous sont proposés, mais j'imaginais sans mal ces séquences se dérouler pour la plupart de nuit et dans un endroit vraiment sale et abandonné. (Je n'ai pas tort puisqu'il s'agit d'une décharge). On a ensuite Jason qui apporte un côté frappa-dingue au roman. Il est un peu à l'ouest, fou de ses souris qu'il torture à volonté. On en apprend beaucoup sur lui, pour nous aider à mieux cerner ce personnage et ses attentes. Et enfin, on a cette dimension typique des enquêtes et des flics avec Frank, le (véritable?) héros du roman. Un flic qui a un lourd passé, alcoolisme, coups et blessures sur une de ses femmes). Frank ne fait pas non plus dans la dentelle et j'aurais aimé le voir davantage apporter un côté malsain au roman. Là il ne sert finalement que de faire valoir pour Eden et son frère Eric. 

Le roman se pose là comme un bon thriller dans le sens où on a bien un groupe de flic qui enquête sur un tueur en série assez particulier puisqu'il a fait des dizaines de victimes dans l'optique d'en sauver tout autant. Un robin des bois de la chirurgie et des organes. (un Repo men en quelque sorte). Quelque peu prévisible dans son cheminement (on devine bien vite certaines futures et probables victimes) c'est surtout l'histoire de Hadès qui nous intéresse ici. Cet homme que tout le monde connait, mais que personne n'ose affronter (faut dire qu'il a toujours tout prévu pour qu'aucune preuve ne soit trouvée contre lui.) a pourtant un côté très humain lorsqu'il s'agit des deux enfants dont il aura la charge. Deux enfants qui très vite montrent qu'ils ont un côté sombre en eux et violent, dangereux même pour la société. Des mini Dexter. Et j'ai aimé tout le travail qu'il fait pour les amener à bien utiliser leur côté sombre. 

Les personnages sont cependant encore trop peu développés. On a donc Hadès, dangereux criminel hyper intelligent qui vit sa vie aux yeux de tous sans se soucier de la justice et de la loi. Personnage attachant malgré tout. On a également Frank qui va nous amener à faire la connaissance d'Eden et d'Eric, ses coéquipiers, soeur et frère qui semblent pourtant si différents. Frank a un drôle de caractère. Il n'apprécie pas qu'on l'humilie, ni qu'on lui tienne tête. Il est franc et n'a pas honte de son corps qu'il arbore fièrement dans certaines circonstances. Dès le début, j'ai pourtant trouvé qu'il était trop vite proche d'Eden à tenter de lui soutirer ses plus sombres secrets. Cela manquait de crédibilité. Enfin, on a Jason, Eve et Eric. Un trio de choc qui ne se connaissent pas et qui pourtant on bien plus de points communs qu'ils ne le pensent. Le premier est un tueur, depuis sa plus tendre enfance il est obsédé par les animaux et la survie du plus fort. Son histoire a quelque chose d'effrayant. Enfin, nos chers Eric et Eden. L'un est froid, mauvais, n'a pas sa langue dans sa poche, ni ses points tandis que l'autre est davantage la tête pensante. Leur secret est noir, lourd et violent. Un duo qui m'aura plu, même si j'ai trouvé que le tout manquait cruellement d'émotions. Je n'ai pas réussi à sentir toute la tension et la frénésie qu'un thriller se doit de posséder lorsqu'il est question de sauver des innocents.

Malgré quelques points négatifs, j'ai passé un chouette moment avec Hadès. Ce ne fut pas le thriller de l'année, la lecture qui m'aura chamboulée, mais je ne doute pas que le roman soit bien accueilli par les lecteurs, surtout par les fans de Dexter. Ce fut une aventure intéressante et je me pose vraiment la question de savoir ce que donnera la suite et ce nouveau duo qui termine sur les chapeaux de roues !

Vous y trouverez :
- Des cadavres
- Des personnages antipathiques.
- Hades, un personnage énigmatique et très intéressant.

Vous n'y trouverez pas :
- D'érotisme
- D'amour (encore que ya une légère histoire entre deux personnages, mais très peu évoqués et relayé au second plan.)
- D'enquête très palpitante. (Ca reste assez léger dans le traitement)