dimanche 13 janvier 2019

Les coureurs de la fin du monde de Adrian J. Walker

Paru en 2017 chez Hugo et Cie et en 2018 chez Pocket
640 pages science-fiction.


Plus personne n'attend rien de bon, ni rien de grand, d'Edgar Hill. À 35 ans, il est un père et un mari absent, et un homme éteint. Mais le désastre, souvent, nous révèle à nous-même. Séparé de sa femme et de ses enfants par plus de 800 kilomètres, Edgar n'a qu'une seule option pour les rejoindre. Courir. Courir jusqu'à l'épuisement. Dépasser ses limites. Se battre contre soi-même. Et contre les dangers qui, tout au long de sa traversée d'un Royaume-Uni dévasté par une catastrophe, menaceront jusqu'à sa survie même. S'il n'arrive pas à temps, il perdra sa famille. Pour toujours.







Lien de les coureurs de la fin du monde sur le site de l'éditeur.

Quand j'ai découvert ce titre et le petit message qui indiquait un coup de coeur de Stephen King, je n'ai plus hésité. Je n'avais pas lu de roman post-apocalyptique depuis pas mal de temps et j'avais envie de m'y remettre. Je suis ravie de me rendre compte que le genre a encore de belles pépites à nous proposer et que moi aussi j'ai adoré ce livre.

Les coureurs de la fin du monde est un sacré pavé, mais une fois la lecture commencée, on ne s'arrête plus et aucune impression de lenteur au fil des pages. Melange de thriller et de science-fiction, ce roman nous raconte l'histoire d'un homme normal, un père de famille d'une trentaine d'année qui n'a rien d'exceptionnel.

Que ce soit physiquement ou psychologiquement, Edgar Hill ne se démarque pas des autres. Il se fond dans la masse, passe inaperçu. N'a jamais fait quelque chose d'exceptionnel. Edgar est un homme comme les autres. Voilà le premier point positif de ce roman. On ne cherche pas un super héros, un mec fort, coriace et violent qui saura toujours se sortir de toutes les situations. Non Edgar est parfois maladroit, un peu faible et trouillard. Edgar pense avant tout à sauver sa peau et à survivre. Il a du mal à faire confiance aux autres, mais la chose qui le maintient en vie et lui permet de se dépasser, c'est l'idée d'enfin retrouver sa femme et ses deux enfants.

Car Edgar est avant tout un père de famille et même s'il a des défauts, s'il n'est pas le père parfait et idéal, il aime sa famille et jusqu'à la dernière page, on sentira ce désir chez lui de les retrouver et de leur dire à quel point il les aime. Certains pourront reprocher la lenteur et longueur du roman, mais à l'inverse d'eux, j'ai trouvé que cela nous permettait de mieux comprendre les enjeux et ce nouvel environnement que découvre Edgar en même que nous.

Des milliers de caillou venu de l'espace se sont écrasés sur terre, détruisant une grande partie des villes et pays. La désolation domine et Edgar découvre avec horreur que les paysages qu'il a connu n'y ressemble plus que dans son souvenir. Il n'y a plus rien, tout n'est que néant, tristesse, sécheresse et désolation. Les survivants sont devenus violents, agressifs, ils protègent tant bien que mal leur dernière propriété et richesse. Il faut se battre pour continuer sa route, une longue route qui le séparer de sa famille emmenait en sécurité alors qu'il était en mission de récupération.

Mais Edgar se moque des entraves, il ne pense plus qu'à sa femme, sa fille et son fils. Il a besoin de les retrouver et c'est cette force intérieur qui lui permettra de marcher et de courir sur de longues distances. Les rencontres qu'il fera lui prouveront que son choix est le bon, que la famille est ce qu'il y a de plus importants et grâce à ces compagnons de voyages il va apprendre beaucoup sur lui-même.

Les coureurs de la fin du monde est un bijou dans le milieu du post-apocalyptique. Parce qu'il est cohérent et crédible et propose des personnages qui ressemblent réellement aux lecteurs. Nous pourrions tous êtres Edgar ou son épouse. Nous pourrions tous nous retrouver à sauver notre peau, à parcourir un long chemin à la recherche du salut. Voilà un livre que je classe dans mon top 10 de 2018. (Top 10 à venir dans les prochains jours)





dimanche 6 janvier 2019

La mort n'existe pas de Damien Eleonori

Paru en 2018 aux éditions de Saxus.
320 pages Thriller.



Et si la fin du monde annoncée par les mayas avait réellement eu lieu sans qu'aucun d'entre nous ne s'en soit rendu compte ? 21 décembre 2012 Et si la fin du monde annoncée par les mayas avait réellement eu lieu sans qu'aucun d'entre nous ne s'en soit rendu compte ? Sur le toit d'un hôpital parisien, Léo Liberati laisse son regard se perdre sur la capitale illuminée. Tant de choses se sont passées en trois jours. Il monte sur le parapet et étend les bras. Son dernier regard est attiré par le cadran de l'horloge trônant sur l'église du quartier de Petit-Montrouge. 4h44. Finalement tout était écrit depuis longtemps, il lève les yeux et, tel un ange, s'envole vers les cieux avant de retomber, entrainant l'humanité avec lui. Et si la fin du monde avait bien eu lieu, sans qu'aucun être humain ne s'en rende compte ?


Lien de la mort n'existe pas sur le site de l'éditeur.

Je lis très peu les thrillers de ce genre-là. Où il est question de croyance, de paradis, d'âmes et de toute cette thématique.

La mort n'existe pas m'aura donc surprise parce que je ne m'attendais pas du tout à cela. C'est une lecture agréable, mais un peu prévisible et parfois trop confuse.

Si le roman commence comme un thriller plutôt classique : un homme est accusé d'un meurtre, très vite on se rend compte que le fantastique n'est pas loin. Léo n'a aucun souvenir de ce dont on l'accuse et il va faire des rencontres pour le moins surprenante qui vont l'amener à comprendre ce don particulier dont il dispose.

La plume de l'auteur est fluide, la lecture se fait sans heurt et gêne. Au contraire, on se laisse facilement couler dans ce torrent de rebondissements et de surprises. Seulement, il faut s'accrocher non pas pour le style, mais bien pour la compréhension du roman. L'auteur a beaucoup d'idées, cela se sent, mais parfois à trop nous donner des informations, on finit par se perdre et ne plus réellement comprendre l'enjeu majeur de l'intrigue. Ce fut d'ailleurs le point faible du roman en plus d'une trop grande multitudes de personnages. Trop de prénoms à retenir, trop de protagonistes qui parfois manquent de saveur ont fait que j'ai parfois perdu le fil du roman. J'ai du parfois revenir en arrière pour me souvenir d’événements important pour être sûre de ne rien louper.

Alors oui, on se laisse couler avec le héros, on accepte les informations données, mais cela manque tout de même d'explications, d'approfondissements. On reste dans ce premier tome (parce qu'il s'agira d'une série) en surface, on ne va pas suffisamment au bout des choses. Chaque élément parvient vers la fin à se souder aux autres, mais cela manquait de naturel, comme si l'auteur forçait un peu chaque données à se lier à un tout. (oui, c'est un peu compliqué à comprendre dit comme ça, mais je ne vois pas comment vous expliquer davantage sans spoiler).

Léro est un homme classique, et ça ce fut une très bonne chose. Il n'a rien d'atypique, pensait mener une vie banale, une femme et une fille pour aider à compléter son bonheur. Malgré cela, Léo ne peut s'empêcher de penser à son ex, Aya, celle qui a tant marqué son passé et qu'il ne parvient toujours pas à oublier.

Et lorsqu'il se réveiller à l'hôpital accusé d'un meurtre, forcément qu'il nie avoir commis, tout bascule pour le héros.

S'il n'y avait pas eu le côté "religieux" et "ésotérique" du roman, j'aurais, j'en suis certaine bien plus accroché. Malheureusement, je suis du genre à fuir les romans de Dan brown par exemple et La mort n'existe pas se rapproche énormément de ce genre-là. A l'inverse, si vous êtes adepte de ce genre de thriller, n'hésitez pas, vous serez ravi !






dimanche 16 décembre 2018

Chacun sa vérité de Sara Lövestam

Paru en 2018 aux éditions Pocket et en 2016 aux éditions Robert Laffont (la bête noire)

304 pages, thriller pour adultes et jeunes adultes.


« Si la police ne peut rien pour vous, n'hésitez pas à faire appel à moi. » Kouplan, détective sans-papiers. Depuis trois ans, Kouplan est en « situation irrégulière ». Sa demande d'asile a été rejetée par la Suède mais il ne peut rentrer dans son pays, l'Iran, sans risquer sa vie. Dans l'attente d'un avenir meilleur, il lui faut échapper à la vigilance quotidienne des autorités, tout en gagnant assez d'argent pour subvenir à ses besoins : ex-journaliste, il songe à poursuivre dans l'investigation. Un jour, il propose ses services sur Internet et une femme lui répond : sa fille de six ans a été enlevée. Cette enquête va le précipiter dans le Stockholm underground, ces recoins de la ville où les clandestins sont des proies faciles pour les criminels...


Lien de Chacun sa vérité sur le site de l'éditeur.

A nouveau me voilà à vous parler d'un énième thriller. Je n'y peux rien si c'est un genre qui tombe direct dans mes mains. Chacun sa vérité est rapide à lire et très intéressant. Pas de roman exceptionnel en vue concernant l'intrigue de base, où il sera question de retrouver une enfant disparue. Cependant, je dois bien avouer que ce sont les personnages qui tirent ici leur épingle du jeu. 

Vous n'aurez pas un thriller avec des personnages comme on en voit souvent, bien au contraire. Que ce soit la fille de la victime, Pernilla, qui semble confuse du début à la fin et qui cachait sa fille aux yeux des autres de peur qu'on la lui prenne, sa fille Julia, qui ne se mettait jamais en colère et qui était très calme ou encore Kouplan, le détective sans papier qui se cache aussi, voilà un trio improbable qu'il est génial de suivre.

Kouplan donc qui dispose d'une psychologie très ambigüe et qui va à plusieurs reprises nous surprendre. Déjà par sa personnalité étrange et par son apparence de jeune garçon alors qu'il a une vingtaine d'année. Kouplan qui enquête à sa façon, sans s'aider de la police ou de faire les choses en règle parce qu'il ne le peut pas. Sa relation avec Pernilla est aussi troublante. Un lien étrange se noue entre eux et on essaye de comprendre ce qui se joue réellement sous nos yeux. Comment retrouver une fillette disparue quand on ignore comment elle a disparue et surtout à quoi elle ressemble ?

Un thriller très axé sur la psychologie de ses héros et qui peu à peu nous mène sur une quête de la vérité complètement à côté de ce qu'on attendait au départ, et pour cause, Kouplan ne dispose pas d'assez d'éléments pour réussir à trouver facilement cette enfant. Les rares personnes qui lui apportent de l'aide sont aussi atypiques et ajoutent du piment à l'affaire.

Kidnapping, folie, trafic d'êtres humains, dans Chacun sa vérité on ne s'attend pas forcément à tous les dénouements proposés, même si certains semblent un peu trop prévisibles. A lire !

jeudi 6 décembre 2018

Techno Freaks de Morgane Caussarieu

Paru en 2018 aux éditions Le serpent à plume.

192 pages, roman contemporain pour adulte. 



Pour Goldie et sa petite bande – une poignée de narcissiques défoncés à un invraisemblable cocktail de drogues – chaque week-end est un défi. Ce sont chaque fois trois nuits folles à gravir sous l'emprise de l'érotisme et de la GBL, et à dévaler sous l'emprise de l'égotisme et de la kétamine. Au final, au dernier petit matin, certains reprendront la route de leur call-center – le seul job dont ils soient encore capable – , d'autres se diront qu'il est encore temps de tout reprendre à zéro ; et Dorian approchera la perceuse de son front, à la recherche de son Troisième Œil.





Lien de Techno Freaks sur le site des éditions le serpent à plume.

Ce n'est un secret pour personne, je dévore toutes les publications de Morgane. C'est une auteur qui a un style bien à elle, inimitable. Elle sait dresser le portraits de personnages attirant et énigmatiques. Des gueules cassés, de la drogue, de la musique, un désir de vouloir se démarquer par son apparence et son caractère... Techno Freaks est un ovni. Dans la lignée de Chéloïdes même si plus court et dressant plus de portraits on découvre une Allemagne nouvelle, différente et excitante.

Je ne lis jamais de contemporain, enfin, presque jamais, et avec Morgane, je ne me suis même pas posée la question de savoir si j'allais apprécier ce nouveau monde et cet univers proche du notre. Point de fantastique, point de vampire, quoique là aussi on peut se demander si finalement la drogue et l'évolution, que dis-je, le désir de s'élever socialement ne vampirise pas nos héros. Chacun à sa manière veut se démarquer, percer dans un domaine et devenir la référence pour les autres. Les héros sont des gens tout ce qu'il y a de plus normaux. Ils pourraient être votre voisin, votre collègue, votre frère ou soeur, comprenez que Morgane en a fait des êtres vivants et non pas de simple personnage papier. On vit avec eux leurs histoires à tous. On découvre l'addiction à la drogue, à la musique, au paraître. 

Une troupe de personnages haut en couleur avec son lot de tatouages, de tenues provocantes et déstructurées, de coiffures improbables et voilà qui va nous emmener au travers d'une Allemagne fêtarde où on vit la vie à 2000%. J'ai vécu avec eux une histoire incroyable en si peu de pages et c'est ça le talent ! Peu importe le nombre de pages, la grosseur du bouquin, si l'auteur parvient à très vite vous embarquer avec lui c'est gagné. Et ce fut le cas avec Techno Freaks. L'histoire de jeunes qui passent leur temps entre boulot et boîte de nuit où la drogue n'est pas tabou et où chacun peu laisser libre court à sa liberté d'être qui il veut. Pas de préjugés, pas de clichés, juste eux et leur personnalité atypique.

Je me croyais à Berlin, défoncée à la K, me mouvant sur la piste de danse comme si j'étais seule au monde, ne remarquant pas cette masse de population, les yeux rivés sur moi. J'ai eu l'impression d'être eux, dans leur tête, dans leur parole, dans le façon de réagir et d'être aussi exceptionnel. Qu'est-ce que ça fait du bien de découvrir des gens que l'on pourrait croiser dans la rue, des gens qu'on ne pourrait s'empêcher de juger sans rien connaître de leur vie, de ce qui les a amener ici et là. 

Leur histoire vous prend aux tripes, il est question d'amour passionnel et fulgurant qui s'estompe bien trop rapidement, un peu comme les effets de certaines drogues. Techno Freaks ne se raconte pas, il se vit et se découvre. 


lundi 26 novembre 2018

Le manufacturier de Mattias Koping

Paru en 2018 aux éditions Ring

548 pages, thriller pour adulte.
Attention ce roman contient des scènes qui peuvent choquer. 


 Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l'avocate Irena Ili? tente de remonter la piste jusqu'à la tête du commando, le sinistre Dragoljub. Le 1er avril 2017, les cadavres d'une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre, atrocement mutilés. Niché dans le dark Web, un inconnu sous pseudonyme revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur son site Internet... Depuis quand sévit-il ? Prêt à transgresser la loi, le capitaine de police Vladimir Radiche s'empare de l'affaire qui sème la panique sur le pays, au risque de voir l'inimaginable s'en échapper. Les deux investigations vont se percuter avec une violence inouïe. L'avocate et le flic ont des intérêts divergents et sont prêts à se livrer une guerre sans merci. Emportés dans l'abîme du terrifiant conflit yougoslave, les enquêteurs évoluent dans un vertige noir, gangrené par la violence et la corruption, où les plus pourris ne sont peut-être pas ceux que l'on croit. Crimes contre l'humanité, meurtres en série, fanatismes religieux, trafics entre mafias sans scrupules, l'étau se resserre au fil des chapitres. Les égouts de l'Histoire finiront par déborder, et vomir des monstres trop vite oubliés. N'ayez pas peur. Oui, il y a tout cela dans Le Manufacturier. Non, il n'y a pas d'autre issue.


Lien de Le manufacturier sur le site de l'éditeur 

Mattias Koping m'avait déjà surprise avec les Démoniaques. Un roman dur et cruel qui se veut violent et terriblement addictif. C'est sans surprise que Le Manufacturier se révèle semblable. Cruel et addictif, il nous est impossible de refermer le livre une fois commencé, malgré les nombreuses scènes de viols, de tortures et de guerres civiles. Tout y est laid et sombre, violents et meurtriers. C'est un véritable carnage et pourtant je dois bien avouer qu'il fait partie des livres les plus incroyables que j'ai lu cette année. Ce n'est pas un coup de cœur, c'est une claque littéraire.

Ce beau pavé de plus de cinq cent pages nous emmènes dans un univers de noirceur et de vengeance. Si vous pensiez qu'il n'était question que de la résolution d'une enquête vous vous trompiez.
ici il est question de plusieurs histoires qui vont se regrouper pour n'en former plus qu'une. On a d'abord Radiche, un flic inquiétant qui effraye ses collègues par son côté froid et taciturne. Jamais une parole réconfortante, ou encourageante, Radiche n'a que faire du respect et ne cherche pas à s'entendre avec ses collègues. La seule chose qui lui importe, c'est de résoudre ses enquêtes peu importe de quelle manière. Il va d'ailleurs enquêter sur le cadavre d'un dealer retrouvé torturé. Une enquête dangereuse et qui se terminera en Enfer...

D'un autre côté, on a Irena une avocate qui cherche à retrouver le chef des Lions de Serbie, une milice qui a tué, torturé et violé des centaines de personnes pendant la guerre serbo-croate. Cette même jeune femme va rencontré un homme Milovan adopté en France par son grand père et seul survivants des lions de Serbie. Il ne cherche plus qu'une chose, retrouver Dragoljub, celui qui a tué sa famille et l'a laissé pour mort. 

Enfin on a deux autres histoires qui vont rejoindre la quête d'Irena et l'enquête de Radiche : la lutte entre deux familles au Havre qui vendent de la drogue et vivent de la prostitution de pauvres filles et le manufacturier, un homme, seul qui torture des gens et fait payer ses vidéos sur le dark web.

Cela fait beaucoup d'éléments et de personnages et on se demande jusqu'à la moitié ce qui peut lier toutes ces histoires. Il sera question de meurtres, de drogues, de prostituions, de vengeance, de sévices corporelles, de torture, de voyeurisme, du lien familiale, de la guerre... Mattias Koping apporte tellement de thématique dans ce roman qu'il est impossible de les détailler toutes sans risquer soit de spoiler sans d'en oublier une.

Une chose est sure c'est que dès le début, j'ai senti en Radiche un monstre. Un homme assoiffé de violence et qui n'hésite pas à faire du mal autour de lui que ce soit physiquement ou psychologiquement (il suffit de voir comment il parle à ses collègues). Seulement, plus on avance dans le roman et plus on est surpris de son caractère et de ce qu'il est réellement.

Milovan aura lui aussi su me convaincre dès le début. Cet homme torturé et violé enfant en a réchappé de justesse et il chercher par tous les moyens à ce que l'homme responsable de ses tourments soit châtié. Il n'aura aucune pitié et c'est grâce à Irena qu'il parviendra à retrouver sa trace.

Ce roman va me rester longtemps en mémoire. Il possède tout ce qui fait un roman noir et horrible. L'auteur maîtrise à la perfection l'art de vous écœurer avec certaines scènes violentes et gores qu'on n'aimerait pas voir mises en image à la télévision... Bravo Mattias, le manufacturier est pour moi l'un des romans les plus sombres que j'ai lu jusqu'ici (au même niveau que la ligne de sang de DOA)


lundi 5 novembre 2018

Cadaver sancti de Jennifer Holparan

Paru en 2018 aux éditions Pocket et 2013 aux éditions France loisirs.
480 pages, thriller pour adulte.


À Boston, un tueur en série laisse derrière lui des cadavres de femmes selon un rituel similaire au martyre des saintes. Gravé dans leur chair, un texte en hébreu... Interrogé dans le cadre de l'enquête, Tim, prêtre d'une trentaine d'années, a la surprise de retrouver dans la jeune inspectrice chargée de l'enquête, Darcy, la petite fille dont il était tombé amoureux enfant, un jour d'été. Celle-ci a grandi mais elle est restée le tourbillon incontrôlable qui l'avait charmé. Heureuse de pouvoir mettre à profit l'érudition religieuse de son ami, Darcy l'entraîne dans sa traque du tueur...






Lien de Cadaver Sancti sur le site de l'éditeur.

Il y a des romans qui sans raison apparente vous rendent accro. Des romans qui semblent pourtant classiques et n'ont rien de particulier ou de bien original. Cadaver Sancti est de ceux-là. Je ne m'attendais absolument pas à être complètement sous le charme du roman de Jennifer Holparan alors qu'en y repensant il n'est pas non plus extraordinaire. C'était je pense, le bon roman au bon moment. Ce thriller efficace et bien mené du début à la fin qui n'essaye pas d'en mettre plein la vue mais reste sobre et classe jusqu'au bout.

Cadaver Sancti c'est un thriller qui va nous amener à enquêter sur le meurtre de plusieurs jeunes femmes toutes assassinées de façon à rappeler des saintes martyres. Si l'intrigue est assez classique, des meurtres, une enquête, des suspects, l'auteur propose pour animer le tout de faire la connaissance de deux personnages hauts en couleur et complètement différents. On a Darcy, une jeune punk, flic aux méthodes douteuses qui n'hésite pas à se salir les mains pour parvenir à résoudre une enquête. Tempérament de feu, un peu trop cash, ses collègues ne semblent pas beaucoup l'apprécier et beaucoup se demandent même pourquoi elle est toujours dans la police. A l'inverse on rencontre Tim, un prêtre tout ce qu'il y a de plus simple qui va croiser la route de Darcy.

Mais voilà le plu surprenant c'est que nos deux héros se connaissent depuis l'école maternelle puisqu'ils étaient à l'époque ami. Les choses ont bien changé et si l'un a suivi la voie religieuse, l'autre a préféré celle de la justice humaine. Deux visions bien différentes mais un seul but : résoudre une enquête. Darcy se voit charger de trouver l'identité d'un tueur en série qui sévit depuis quelques semaines et qui enlève des jeunes femmes catholiques pour ensuite les torturer et les révéler ensuite aux yeux de tous sous l'aspect de saintes martyres de la religion catholique. Tim se voit enquêter aussi sur le meurtre d'une femme que ses supérieurs voudraient canoniser, mais pour se faire, il faut prouver qu'elle était une véritable sainte et capable de miracle. 

En enquêtant sur cette femme autrefois assassinée, Tim croise Darcy et leur retrouvaille est des plus amusantes. Elle qui n'a pas froid aux yeux et qui ose dire tout haut ce que les gens pensent tout bas et lui qui tente de se faire tout petit et de ne pas céder à certains pulsions que la jeune femme réveille en lui. C'est un duo improbable et efficace qui donne vraiment envie de dévorer le roman. Nos héros sont drôles et apportent une énorme touche de légèreté et d'humour à cet univers pourtant sombre et violent où un psychopathe n'hésite pas à tuer de façon religieuse. 

Et c'est, je pense, Darcy et Tim qui font la grande force de ce roman. Non pas que l'intrigue est mauvaise, bien au contraire. L'auteur sème des indices petit à petit et n'hésite pas à relier deux histoires qui à priori n'ont rien à voir pour nous amener là où elle le souhaite. C'est bien brodé, bien pensé et tout s'emboîte parfaitement. La pression monte crescendo jusqu'à un final qui permet de boucler enfin la boucle et de permettre à nos héros d'enfin voir la fin de leur enfer.

Avec un style percutant et très drôle, Jennifer nous régale. On prend plaisir à vois nos protagonistes se chercher des poux et pourtant un lien très fort les unis. J'espère sincèrement les retrouver parce qu'ils ne m'ont pas laissé indifférentes. Tim est adorable et sa vie privée est un véritable chaos entre des parents qui n'ont jamais compris son désir de devenir Prêtre et son attirance latente pour Darcy.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste et chacun à sa manière parvient à se démarquer et à nous faire passer un bon moment. L'auteur ne fait pas juste survoler la personnalité des seconds rôles, elle les fait vivre ! Que ce soit les suspects, les témoins, le tueur, les victimes, les collègues de Darcy ou la famille de nos héros chacun apporte sa pierre à l'édifice pour offrir un moment de lecture vraiment à part.

Cadaver Sancti est donc à mon sens un thriller à avoir dans sa bibliothèque parce qu'en plus d'une histoire sympathique, ses personnages sont un réel atout ! J'en redemande et j'espère retrouver nos héros prochainement !

jeudi 1 novembre 2018

Au fond de l'eau de Paula Hawkins

Publié en 2018 aux éditions Pocket et en 2017 chez Sonatine.
504 pages. Thriller pour adulte.


Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c’est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent.






Lien de au fond de l'eau sur le site de l'éditeur.

J'avais déjà eu l'occasion de découvrir l'auteur avec son premier roman la Fille du train. Je ressors complètement sous le charme de ce roman qui est bien plus fort et intense que la fille du train. Il est question ici de portraits de femmes toutes plus différentes les unes que les autres et victimes d'une malédiction qui semble ne toucher que les femmes.

Au fond de l'eau permet de faire connaissance avec une galerie de personnages assez nombreux. Des policiers, en passant par les adolescentes ou les femmes du village. Tout débute avec le suicide de Nel une jeune femme mélancolique qui semble complètement obsédée par la rivière et plus particulièrement par le bassin aux noyées. Lieu populaire pour avoir vu mourir de nombreuses jeunes femmes. Et voilà que Julia, la soeur de Nel est appelé a Beckfort pour s'occuper de sa nièce, adolescente rebelle, abandonnée par une mère qui s'est suicidée.

Pourtant, très vite, on va se rentre compte qu'il y a quelque chose d'anxyigène à Beckfort. Comme des secrètes de village qui détruisent tout autour d'eux. Julia en fera l'amer expérience surtout elle qui a déjà si peu de bon souvenir de sa jeunesse ici. Julia qui est une femme blessée, en colère et qui n'a jamais digéré la souffrance que lui a causé Nel. C'est presque comme si elle était soulagée de savoir sa soeur morte, mais complètement désabusé aussi de devoir gérer sa fille adolescente, elle qui n'a jamais eu d'enfant.

Julia est une femme honnête, mais voilà, elle est maladroite et sa rancoeur continue de la ronger des années après. Elle va prendre sur elle et tenter d'apprivoiser sa nièce qui lui donnera du fil à retordre. L'accident de Nel aura pu passer inaperçue si d'autres jeunes femmes n'auraient pas elles aussi fait le grand saut, abandonnant hommes et enfants derrière elles. En parlant de femme, il ne faut pas mettre de côté Lena, la fille de Nel qui se retrouve seule avec une tante qu'elle n'a quasi pas connu et qui avait tiré un trait sur sa mère. La voilà qui se rebelle et qui déprime. Il faut la comprendre, la pauvre a perdu sa mère et sa meilleure amie qui s'est elle aussi suicidée au même endroit quelques mois plus tôt.

Mais si derrière ces suicides se cachaient quelque chose de bien plus grave ? C'est ce que la police, du moins une policière non originaire du coin, va tenter de comprendre et de révéler. Deux suicides en si peu de temps c'est trop pour une petite ville comme Beckfort, mais parfois, il vaut mieux ne pas réveiller de vielles rancoeurs et de vieux souvenirs qui pourraient nous coûter cher.

Au fond de l'eau est un très bon thriller. Les rebondissements sont multiples et le fait de passer d'un personnage à un autre permet une vision très élargie de l'intrigue et des événements. On ne s'ennuie pas et les personnages sont crédibles dans leur façon d'agir. La plume est fluide et la taille des chapitres permet une lecture rapide et facile. Me concernant j'ai adoré découvrir toutes ses femmes qui souffrent d'une manière ou d'une autre.

Une auteur que je continuerais à suivre de près !



lundi 22 octobre 2018

Trauma Zéro de Elly Rosemad

Publié en 2018 par les Editions De saxus.
378 pages. Thriller pour adulte.



2025, l'euthanasie vient d'être légalisée. Gabriel, un jeune docteur talentueux, va profiter de cette opportunité pour assouvir ses pulsions criminelles. Ses proies seront les personnes en fin de vie, mais leur mort sera tout sauf paisible. Dans le même hôpital, Maddy, une psychologue, a mis au point un système expérimental destiné à effacer les traumatismes des patients de leur mémoire. Mais suite à un accident, le projet a été suspendu. Elle demande alors à Hank, un confrère, de l'aider à remettre le programme sur pied, mais ce dernier refuse. Peu à peu, Maddy a des doutes sur le comportement de Gabriel vis-à-vis des patients, et un jour, elle le prend en flagrant délit de tentative de meurtre. Sa réaction sera pour le moins inhabituelle.



De Saxus propose des romans que je trouve atypique. Les limbes m'avait bien plu lors de la lecture et c'est avec curiosité que je me suis penchée sur Trauma Zéro puisque la thématique abordée me passionne. Il est question du droit de choisir quand et comment mourir. 

Dans Trauma Zéro, on fait la connaissance de deux personnages bien différents. Maddy, une psychologue et Gabriel. L'un comme l'autre travaille dans le même hôpital, mais chacun agit pour son propre compte. Maddy par exemple cherche par tous les moyens à protéger les gens de souvenir qui les détruisent de l'intérieur. Elle-même aimerait ne plus avoir à se lever chaque jour en pensant à un événement traumatisant de son passé. Un événement tellement difficile à accepter qu'il l'empêche de vivre et de connaître le bonheur. Gabriel, lui est un homme brillant et séduisant, mais voilà, il a des pulsions morbides et aime voir les gens mourir sous ses yeux.

Dès lors que l'euthanasie devient légal dans l'hôpital où ils travaillent tous les deux, leurs chemins se croiseront bien plus souvent qu'ils ne le pensaient. J'ai aimé voir le contraste entre la jeune femme blessée et qui ne supporte presque plus de vivre et cet homme qui à l'inverse prend du plaisir à voir les gens souffrir. Ils sont le Ying et le Yang de cet hôpital où beaucoup de patients vont périr sous la main du docteur.

Le seul défaut que je reprocherais à la quatrième de couverture, c'est de nous indiquer un événement majeur qui se déroule à plus de la moitié du roman. Du coup, tout au long de ma lecture, j'étais dans l'attente de cet événement qui allait les réunir pour le meilleur et pour le pire. Du coup, l'effet de surprise disparaît complètement puisqu'on connait ce lien qui va les unir. Maddy va devoir gérer ses émotions et réfléchir quand à la relation qu'elle va entretenir avec un tueur.

J'ai apprécié l'histoire qui se déroule sous nos yeux et j'ai franchement trouvé la personnalité de Gabriel très intéressante. Son rapport avec la mort est tordue, mais celle avec son père l'est encore davantage. 

Peu à peu se noue un intrigue de fond avec ce personnage souvent costumé qui torture de jeunes prostitués à sa guise. Un homme violent, dangereux et complètement perdu. Pendant un long moment, on se demande quel est son rôle dans l'histoire de maddy et Gabriel, le lien entre eux trois. Et il faut avancer loin dans le roman pour découvrir la vérité.

Une découverte inattendue, bien amené et qu'on ne découvre pas si facilement malgré quelques petits détails éparpillés de-ci de-là. C'est un thriller qui prend son temps pour monter crescendo et nous offrir un final surprenant et bien pensé, un dénouement nécessaire pour certains personnages.

Il me semble qu'il s'agit du premier roman d'Elly Rosemad, et c'est un premier roman abouti et très plaisant. Quelques petits défauts cependant, quelques longueurs à certain moment, mais nul doute que très vite, elle saura nous surprendre bien davantage. 

Trauma zéro est un roman que je recommande pour son thème en milieu hospitalier et son rapport à la mort assez poétique et bien amené.

dimanche 14 octobre 2018

La colère de Ben d'Adeline Dias

Publié en 2017 chez Rebelle éditions.
187 pages. 
Romance à partir de 16 ans.


La Confrérie des Chats de Gouttière est un groupe de cinq amis d’enfance dont les destins se croisent et se séparent pour mieux se retrouver. Benoit est un homme d’affaires à qui tout réussit ou presque. Charlotte, la femme dont il est amoureux depuis l’adolescence va se marier avec Jeremy, l’un de ses anciens meilleurs amis. Refusant d’admettre sa souffrance face au couple et à la Confrérie, Benoit demande à Maud, sa toute nouvelle assistante, de se faire passer pour sa compagne.







Adeline est une auteur que j'ai découvert avec son premier opus L'orgueil de Jay. Ce premier opus m'avait à l'époque beaucoup plu. Chaque année maintenant, je lui achète un roman pour découvrir petit à petit tous ses univers. J'ai enfin trouvé le temps de me plonger dans la colère de Ben et j'ai passé un très bon moment. J'avais d'ailleurs hâte de retrouver notre groupe de la confrérie des chats de gouttière et plus particulièrement Ben qui il faut bien l'avouer, subit beaucoup dans le précédent roman. Cette fois-ci, il est mis à l'honneur et va enfin pouvoir avancer malgré la perte de son grand amour qui lui a préféré quelqu'un d'autre. Ben ne tiendra pas seul le rôle principal du roman. Baptiste le frère de Ben est aussi très mis en avant dans ce tome-ci et j'ai été ravie de pouvoir aussi suivre l'évolution du plus jeune de la troupe qui s'affirme de plus en plus et fait des révélations le concernant qui risqueraient de changer le regard des autres.

On retrouve donc une plume douce et réaliste. Adeline a cette capacité à dresser le portrait de personnage qui ne serait pas sans rappeler nos propres amis tant ils sont réalistes. Ils ont des qualités, mais aussi des défauts. Aucun n'est parfait et chacun tente d'avancer dans sa propre vie. Ils ont leur lot de secrets et de déceptions, mais tentent chaque fois de poser carte sur table pour ne jamais laisser leur souci empiéter sur leur amitié.

Dans la colère de Ben donc, on fait la connaissance d'un nouveau personnage : Maud. Cette jeune maman va devenir l'assistante de Ben, prenant ainsi la place de Charlotte au sein de l'entreprise de Ben. Très vite, on voit que la relation entre les deux est virulente, Maud n'ayant pas sa langue dans sa poche et Ben , très malheureux, est très irritable. Un patron tyran, voilà ce qu'il est devenu depuis qu'il a compris qu'il n'aurait jamais autre chose que de l'amitié de la part de Charlotte. Alors oui, on sent sa frustration et sa peine, mais Ben est bien plus que cela. Il est furieux, en colère. Il pense qu'on s'est joué de lui et qu'on lui a vendu un peu trop de rêve. Pourtant, malgré son côté détestable, Ben est en or. Intelligent, affectueux, sincère et droit dans ses pompes, il va devoir prendre sur lui pour regarder un peu plus autour de lui et apprivoiser sa nouvelle assistante qui lui sera la mise plus d'une fois. Maud c'est la jeune femme qui vit avant tout pour son enfant. Elle fait tout en fonction de ce dernier afin de lui faciliter la vie et de le rendre heureux. Et on ne la comprend que trop bien puisque son fils n'a plus qu'elle. Maud va donc prendre sur elle lorsque Ben sera froid et arrogant avec elle. Elle ne mouftera pas quand il exigera trop de boulot de sa part. Mais Maud ne veut pas perdre ses instants de bonheur avec son fils pour un boulot qui ne fait que la rabaisser au rang de "sous-fifre" et c'est ainsi que j'ai ressenti le personnage.

Maud est prête à accepter beaucoup, dîner avec son patron pour arrondir les angles de ce dernier vis à vis de ses amis, travailler tard le soir et dur pour que les dossiers soient toujours à jour. Accepter de prendre la place de Charlotte, celle qui a toujours su faire battre le coeur de Ben, mais Maud reste humaine et peu à peu on sent sa carapace se fissurer. C'est là le talent d'Adeline. Elle fait vivre de véritables personnes sous nos yeux qui n'ont quasi plus rien d'imaginaire puisqu'ils sont réalistes et que toutes leurs actions sont crédibles et sincères. Cela donne lieu à une belle histoire d'amour sur fond d'amitié et de déceptions. Et j'applaudis tout ça, parce qu'en tant que lectrice, j'ai vu les personnages vivre sous mes yeux un peu comme on suit une série télé comme friends, où on s'identifie et on adore les héros.

J'ai aussi beaucoup apprécié la mise en avant de baptiste et de la révélation de son homosexualité. C'est raconté avec pudeur et douceur, Adeline n'en rajoute pas des tonnes, elle offre une histoire passionnante et intimiste entre deux hommes qui se découvrent une attirance physique et émotionnelle sans qu'ils ne l'aient cherché. C'est très tendre et cela apporte la touche de douceur en plus et en toute simplicité.

En bref, La colère de Ben est un très bon second opus. Une romance qui fonctionne de part sa simplicité et sa justesse. Adeline est sincère et crédible lorsqu'elle met en scène des personnages qui vous ressemblent et me ressemblent de par leur différent trait de caractère et il serait dommage de passer à côté !

Une romance tout en douceur et en finesse que je recommande.

samedi 6 octobre 2018

Tu tueras l'ange de Sandrone Dazieri

Année d'édition :  2018
Edition :  Editions Pocket
Nombre de pages :  640 pages 
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture : 
La mort rôde, aussi belle que fatale. Serez-vous sa prochaine victime ? Lorsque le TGV Milan-Rome arrive à quai, la police fait une macabre découverte : tous les passagers de la classe affaires sont retrouvés morts. Si les premiers indices orientent l'enquête vers un attentat, la commissaire adjointe Colomba Caselli, muscles d'acier et âme fragile, est persuadée du contraire. Pour elle, seul Dante Torre, l'« Homme du silo », est capable d'y voir clair dans ce brouillard de mensonges et de fausses pistes. Très vite, ils découvrent que ce massacre n'est que l'énième épisode d'une longue série de carnages, sur laquelle plane l'ombre d'une mystérieuse figure féminine. Elle ne laisse aucune trace, juste un nom : Giltiné, l'ange lituanien des morts.


Mon avis :

Tu tueras l'ange sur le site de l'éditeur 

Une fois encore, c'est d'un thriller que je vais vous parler. La suite de Tu tueras le père. Enfin, suite étant un bien grand mot parce que même s'il se déroule après, Tu tueras l'ange est une toute nouvelle affaire. Colomba sera amenée à enquêter sur un attentat revendiqué par un groupe de terroriste, seulement, cette dernière n'y croit pas. Son flair a parlé et il lui faut davantage enquêter parce que la thèse de l'attentat ne lui semble pas cohérent. Très vite, il lui sera nécessaire d'avoir l'avis de Dante, qu'elle n'a plus revu depuis sa dernière enquête qui a failli leur coûter la vie. 

Une fois encore, je ressors complètement satisfaite de ma lecture. Sandrone Dazieri mène son roman avec brio et n'hésite pas à nous surprendre du début à la fin tout en distillant au compte goutte des indices qui nous mènent jusqu'à la révélation. Pourquoi cette femme inconnue semble toujours de près ou de loin lié aux crimes ? Que veut-elle ? Pour qui agit-elle ? 

Tout au long du roman, on va en apprendre un peu plus sur cette femme surprenante et dangereuse. Elle sera une véritable énigme pour notre duo qui aura beaucoup de mal à cerner sa personnalité et surtout ses motivations.

L'Ange est un personnage troublant et intéressant. Ses principes et convictions peuvent choquer au premier abord, mais il est surtout question de vengeance, de douleur et de tristesse. Une femme qui depuis toute jeune aura suivi ce même chemin chaotique semant la mort autour d'elle. D'une certaine manière elle amène beaucoup de poésie autour d'elle, une poésie destructrice et violente.

Le roman est dense, pourtant à aucun moment on ne s'ennuie parce que justement l'auteur fait en sorte que chaque événement amène quelque chose de nouveau dans l'enquête. C'est passionnant du début à la fin et l'évolution entre Dante et Colomba avance lentement, mais sûrement. Leur relation est tout aussi passionnante que l'enquête qu'ils mènent en toute discrétion pour éviter beaucoup de soucis.

Tu tueras l'ange est une réussite. Un thriller efficace et addictif qui nous donne envie de lire d'autres aventures de Dante, personnage loufoque, dérangé mais adorable. Il me tarde de les retrouver tous les deux !

dimanche 16 septembre 2018

Fête des pères de Greg Olear

Année d'édition :  2018
Edition :  pocket
Nombre de pages :  448
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Sa femme partie en déplacement professionnel, Josh Lansky, scénariste, doit rester une semaine seul avec ses deux enfants en bas âge. Jusqu'à ce vendredi, il a réussi, tant bien que mal, à gérer l'essentiel : les petits sont toujours vivants, lui-même a survécu à Dora l'exploratrice, et n'a pas encore totalement pété les plombs. Mais lorsqu'il apprend par hasard que son épouse lui est peut-être infidèle, il ressent soudain le besoin urgent de faire une pause. Comme si c'était possible !







Mon avis : 

Lien du livre Fête des pères sur le site de l'éditeur

Parfois changer de registre, permet de souffler. C'était bien là le but, surtout lorsque j'ai lu le résumé de ce roman. Une lecture atypique dans mon horizon et qui m'aura fait passer un bon moment.

Ici on rencontre Josh, scénariste qui bosse depuis chez lui et qui est un peu l'homme au foyer. A lui de gérer le ménage, les courses, les enfants, le travail de son épouse qui l'envoie souvent à distance et surtout les commérages du voisinage. On peut tous facilement se reconnaître en Josh malgré son énorme imagination. Parce que croyez-moi, Josh a vraiment une case, quelque chose qui ne tourne pas rond et il se sent obligé de tout scénariser à sa sauce.

Josh donc va devoir gérer ses enfants, surtout son fils qui demande beaucoup d'attention du fait de son autisme. Sa petite fille aussi qui ne cesse de réclamer ses dessins animés à tout va. On a donc une partie centrée sur la relation entre un père et ses enfants et c'est assez inédit de lire cela pour moi puisque généralement ce sont les mamans qui sont mises en avant avec leurs enfants. ( A part un roman de Maxime Gillio, ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres.) Aussi je dois bien avouer que c'était touchant et très réaliste de voir cette relation entre un père et ses enfants, surtout qu'avec le petit garçon, on sent vite le père dépassé par les événements, mais ne lâchant pas pour autant et faisant son possible pour améliorer la vie de ses petits bouts.

D'un autre côté on assiste à la révélation du voisinage. Toutes ces personnes qui gravitent autour de notre héros avec leur propre problème, leur lot de petites indiscrétions et toutes les rumeurs qu'elles se plaisent à lancer de ci de là. Josh en sera d'ailleurs victime puisque l'une de ses voisines, qui ne le laisse pas indifférent physiquement va très vite lui mettre la puce à l'oreille : son épouse le trompe en voyage d'affaire. On va donc assister à la presque chute d'un homme affaibli émotionnellement qui en plus de gérer sa famille va devoir lutter contre l'envie d'infidélité qui l'anime.

Entre tout ce que subit Josh, il va pourtant nous offrir des moments de pure délire lorsqu'il met en scène les gens qui l'entourent via de petits scénarios qu'il invente au fur et à mesure et je dois bien avouer que j'ai souvent ri de ses idioties, surtout lorsqu'il imagine sa femme avec un autre homme !

En bref, Fête des pères, c'est un roman qui change la donne. Au revoir la femme au foyer qui gère tout pendant que son époux s'en va en voyage d'affaire et bonjour le papa poule qui subit et n'a qu'une envie : fuir toutes ses obligations. Un homme attachant et qui est davantage le portrait réaliste des hommes qui nous entourent.




lundi 3 septembre 2018

La part des ombres tome 1 de Gabriel Katz

Année d'édition :  2018
Edition :  pocket
Nombre de pages : 345
Public visé : Adulte & Young Adult 
Quatrième de couverture : 
La Goranie était jadis une terre de conquérants, elle n'est plus aujourd'hui qu'un pays occupé, avec à sa tête un roi fantoche. Dix ans déjà que les Traceurs, peuple guerrier descendu des montagnes pour " pacifier " le pays, règnent en maîtres sur le royaume. Discipline, terreur, corruption, tout semble fonctionner sans le moindre accroc jusqu'au jour où tout bascule. Une noce qui tourne au drame, un massacre tenu secret... et un homme qui se dit revenu d'entre les morts, pour lever le peuple contre l'occupant. On l'appelle le Fantôme, et pour animer la lame de fond qui renversera le régime, il a besoin de combattants – des mercenaires de haut niveau, capables d'encadrer, de former, et d'affronter les terribles guerriers de la Trace. C'est ainsi qu'entrent en scène trois personnages venus des quatre coins du monde (et surtout des autres séries de Gabriel Katz) : une maîtresse de guerre, un gladiateur de haute volée et... un beau gosse qui ne sait pas très bien comment il s'est fait entraîner là-dedans.

Mon avis :

La part des ombres sur le site de l'éditeur. 

Gabriel Katz est un auteur qui piquait ma curiosité depuis quelques temps déjà. J'ai pu lire la nuit des cannibales que j'avais vraiment beaucoup aimé et du coup je savais qu'une fois encore, l'auteur saurait m'emporter dans un tout nouveau univers. Je ne m'étais pas trompée et La part des ombres rejoint la liste des saga de fantasy française à lire d'urgence !

Il est ici question de vengeance et de liberté. D'un peuple oppressé et soumis qui n'en peut plus de voir les grands et les envahisseurs profiter de leur faiblesse. Et il n'en faudra qu'un pour les soulever tous et leur permettre de se battre et de retrouver leur liberté. L'histoire avance rapidement, sans nous laisser le temps de nous reposer. L'action est présente, bien détaillée et représentée, de sorte qu'on assiste à de véritables duels et batailles sous les mots qui défilent.  

Nos personnages, que dis-je nos héros sont nombreux et ont tous à cœur de permettre au peuple de s'en sortir. Entre la maîtresse de guerre, Kaelyn, personnage emblématique et très intrigant (dont je pense lire les aventures prochainement), Desmeon, le gladiateur à l'humour aussi tranchant que la lame et d'autres héros qui font parfaire la panoplie de sauveur, on a là un groupe vraiment hétéroclite et qui nous donnent envie de dévorer le roman. 

La plume nous happe et nous accroche dès les premières lignes et nous offre une histoire sombre et surprenante où la loi du plus fort domine. Et c'est Fantôme qui va réunir cette bande atypique pour frapper fort sans que les dirigeants ne s'y attendent. Leur but étant simplement que le peuple se réveille et se rebelle contre l’oppresseur. 

L'intrigue reste assez sombre, on sent la noirceur et la crasse dans laquelle nos héros évoluent (suffit de se souvenir du mariage, première grosse séquence du roman qui en fera frémir plus d'un !), pourtant malgré cela il existe aussi une certaine légèreté dans la façon dont nos héros abordent les choses. 

C'est donc un excellent premier tome, qui tient toutes ses promesses et même au delà et j'ai hâte de découvrir d'autres univers de l'auteur. 

dimanche 26 août 2018

Tu tueras le père de Sandrone Dazieri

Année d'édition : 2017
Édition: pocket
Nombre de pages : 672
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : Petit garçon, Dante Torre a survécu à l'enfer de la séquestration. Il enquête désormais sur une vertigineuse affaire d'enlèvements d'enfants. Car son ravisseur sévit toujours...
« Meilleur thriller de l'année 2014 » selon Il Corriere della Sera, Tu tueras le Père est un véritable best-seller en Italie, vendu dans plus de dix pays et bientôt adapté en série TV.

Sous un soleil de plomb, un homme court, désorienté, le long d'une route qui mène à Rome. Luca, son jeune fils, a disparu lors d'un pique-nique familial dans le Pratoni del Vivaro, un parc naturel à quelques kilomètres de là. Les enquêteurs dépêchés sur place découvrent bientôt la mère dans une clairière, décapitée. Ils pensent que c'est lui, le mari, qui dans les affres d'une dispute conjugale, a tué son fils, puis caché le corps. Mais où ? Aucune trace de l'enfant, nulle part. Quand Colomba Caselli arrive sur les lieux de la reconstitution, elle comprend immédiatement que quelque chose ne tourne pas rond... Colomba a trente-deux ans et des yeux d'un vert changeant. Elle est belle, instinctive, physique, mais elle n'est plus en service. Elle a pris un congé à durée indéterminée après avoir assisté, impuissante, à un événement tragique qu'elle nomme avec pudeur « Le Désastre » ; et qui l'a laissée très fragile. Cependant, même retirée de la vie policière, elle ne peut cesser d'être un flic et l'un des meilleurs. Le commissaire Rovere, son ex-patron, le sait : il lui demande comme une faveur de mener l'enquête pour lui, en toute discrétion, et d'aller consulter un expert du rapt et de la maltraitance infantile, Dante Torre, surnommé « l'enfant du silo ». Avec son allure de Bowie punk, maigre et toujours vêtu de noir, complètement phobique, dépendant, obsessionnel et paranoïaque, Dante a une approche très personnelle de son travail. Et pour cause : il a été enlevé lorsqu'il était un tout jeune garçon. Pendant onze ans, il a grandi dans l'exiguïté d'un silo à grains avec pour seul contact avec le monde extérieur un mystérieux individu qu'il appelle « Le Père ». À présent, l'enquête de Colomba le confronte à son pire cauchemar. Car, derrière la disparition du petit Luca, Dante reconnaît très vite la signature de ce « Père » jamais identifié, jamais arrêté. Mais si tel est le cas, pourquoi son geôlier aurait-il décidé de frapper à nouveau ? Et pourquoi tant d'années plus tard ? Colomba s'interroge : peut-elle vraiment se fier à son partenaire ? Ou bien Dante l'entraine-t-il, malgré elle, dans l'enfer d'une chasse aux fantômes ? Entre flashback, machinations et course contre la montre, Sandrone Dazieri construit un magnifique thriller qui plonge le lecteur dans un crescendo constant d'adrénaline.

Mon avis :

Quand ce roman est sorti, il m'avait fait de l'oeil. Mais je n'y avais plus trop pensé jusqu'à sa sortie en format poche suivie de la suite Tu tueras l'ange. Alors à la sortie de la suite en format poche, je n'ai pas pu m'empêcher de me plonger dans ce roman pour enfin découvrir un auteur dont on parle énormément en bien.

J'en suis sortie toute chamboulé parce que malgré une histoire de disparition qui semble commencer de manières on ne peut plus classique, Tu tueras le père propose quelque chose qui va bien au delà de tout ce que j'avais pu imaginer. Si on débute avec une disparition, un meurtre et un coupable tout désigné, très vite, les personnages principaux nous font comprendre que les événements qui se déroulent sous nos yeux ne sont pas que ça. 

Dans tu tueras le père, on fait la connaissance de Colomba, un commissaire qui a un instinct incroyable. La jeune femme n'hésite pas à se mettre en danger et à mettre sa carrière en danger si elle est certaine de comprendre une enquête à sa manière. Colomba ne voit pas dans cette affaire un simple enlèvement et un meurtre classique. Un enfant disparu, sa mère assassinée et voilà qu'on trouve dans le père le suspect idéal. Trop facile ? En effet, et Colomba va très vite se tourner vers Dante, un homme capable de retrouver toutes les personnes disparus. Un génie de la résolution d'affaire troublante. Et pour cause, Dante n'est pas un homme comme les autres. Kidnappé enfant et maintenu captif dans un silo, Dante n'a pu en sortir que par miracle. Depuis, les stigmates de sa captivité en ont fait un homme étrange et qui met les autres mal à l'aise. Il a pu étudier le comportement humain depuis sa geôle et n'hésite pas à s'en servir pour retrouver des gens disparus.

Ce qui m'a beaucoup emballé en plus d'un duo improbable et très attachants, c'est la facilité avec laquelle l'auteur nous trimballe d'une possibilité à une autre. On se retrouve pris dans les filets d'une intrigue digne des meilleurs thriller avec son lot de surprises et de rebondissements. Le père, cet homme qu'on ne parvient pas à identifier et dont on doute encore de l'existence mettra un rude bordel dans l'enquête de notre binôme. 

Enfant envolé ? Assassiné ? Destiné à servir à des fins scientifiques ? Jusqu'au dernier quart du roman on se pose mille et une question et on hésite à croire ce qu'avance nos héros parce que non seulement cela paraît improbable, mais en plus cela confirmerait certaines conspirations émises par d'autres acteurs du roman. 

Vraiment, j'ai passé un moment surprenant, et j'ai bouffé ce gros pavé comme pas possible, m'en voulant même de ne pas m'être jeté dessus dès sa sortie !

vendredi 17 août 2018

La perfection du crime de Helen Fields

Année d'édition :  2018
Edition :  Editions Marabout
Nombre de pages :  364
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture : 
Perdu dans une région montagneuse isolée, un corps se consume. Seules des dents et un fragment de vêtement permettent d'identifier les restes carbonisés de l'avocate Elaine Buxton. Dans une pièce dissimulée aux yeux de tous, dans une grande maison d'Edimbourg, la vraie Elaine Buxton hurle dans le noir.
L'inspecteur Luc Callanach vient juste de prendre ses fonctions quand l'affaire de la disparition d'Elaine est requalifiée en meurtre. Ayant abandonné une carrière prometteuse à Interpol, il tient à faire ses preuves aux yeux de sa nouvelle équipe. Mais le meurtrier a couvert ses traces avec un soin tout particulier. Bientôt, une autre jeune femme disparaît, et Callanach se trouve embarqué dans une course contre la montre. Du moins le pense-t-il...
Le véritable sort des deux femmes se révélera être bien plus terrible tout ce qu'il pourrait imaginer.


Mon avis :

Il m'aura fallu du temps pour vous parler de ce petit bijou. J'avoue avoir complètement été séduite et par l'intrigue et par les personnages. C'est un thriller terriblement efficace et qui propose une histoire des plus sordides. On va donc faire la connaissance d'un flic, Luc Callanach. Très bel homme, il va devoir prouver qu'il n'est pas qu'une belle gueule. Plus facile à dire qu'à faire dans un milieu où le physique ne compte pas et surtout où la jalousie règne vite.

Beaucoup de charisme et de caractère que ce Luc qui malgré son côté mannequin n'hésite pas à se mouiller pour démontrer qu'il est autre chose qu'un ancien top model. Pourtant il en veut et surtout il a une intuition qui ne manquera pas d'étonner et de faire beaucoup parler dans son dos. En plus de faire face à une toute nouvelle équipe qu'il dirige et qui se montre pleine d'animosité à son encontre, Luc va devoir résoudre une enquête plus complexe qu'elle n'y parait lorsque plusieurs disparition remontent à la surface et que l'une des enquêtes se terminent par la découverte d'un corps en lambeaux...

La perfection du crime c'est une histoire sordide de kidnapping, de séquestration, de torture physique et psychologie et de meurtre. L'histoire d'un homme qui a besoin d'une attention particulière des femmes et même si on connait très vite son identité, il ne cessera de nous surprendre par son ingéniosité, mais aussi par certains côtés très capricieux de sa personnalité complexe. Veritable sociopathe, notre criminel donnera du fil à retordre à notre duo d'enquêteur et on est pressé de voir comment ils lui mettront la main dessus.

L'histoire est palpitante et frustrante parce qu'on espère toujours que notre héros mettra vite la main sur le tortionnaire, mais ce dernier semble avoir pensé à tout.

Les personnages qui gravitent autour de Luc ne manquent pas de personnalités non plus et même si certains ne sont pas très corrects vis à vis de lui, chacun comprendra le potentiel de ce dernier face aux enquêtes les plus sensibles. Point d'histoire fleur bleue ou de romance exagéré dans La perfection du crime même si on apprécie de voir l'évolution de certaines relations. Tout se fait en douceur sans jamais empiéter sur l'enquête de Luc. 

En bref, jusqu'au final des plus intenses, la perfection du crime est un thriller très efficace et qui va vous garder éveiller de nombreuses nuits ! Effet garanti ! 

dimanche 5 août 2018

Quelque part avant l'enfer de Nicolas Tackian

Année d'édition :  2015
Edition :  scrinéo
Nombre de pages :  320
Public visé :   Adulte
Quatrième de couverture :
Anna R. est une survivante. L'espace d'une seconde, lorsqu'une tonne d'acier a fracassé l'habitacle de sa voiture, elle a vécu une expérience de mort imminente. De retour parmi les vivants, Anna n'aura de cesse d'essayer de comprendre ce qui lui est arrivé. Qui était cet homme baigné de lumière noire qui la menaçait jusqu'aux portes de la mort ? Pourquoi n'a-t-elle pas, comme les autres « expérienceurs », la conviction de pouvoir vivre une vie meilleure ?
Parfois, il faut peut-être mieux ne pas revenir...







Mon avis :

Lien vers quelque part avant l'enfer sur le site de l'éditeur
Une couverture énigmatique. Un titre accrocheur et me voilà plongée dans la lecture de quelque part avant l'enfer. Il faut dire que le sujet est des plus intéressant. L'expérience de mort imminente, vaste sujet dont on a déjà entendu parlé des dizaines de fois et dont on ignore vraiment s'il existe. L'auteur a décidé d'en faire le point de départ pour un thriller plutôt efficace qui pourra vous faire passer quelques nuits blanches.

Anna a eu un accident de voiture après avoir déposé son fils à l'école. Elle en réchappe de peu et fait une expérience traumatisante. Elle rencontre un homme baigné d'obscurité qui lui promet qu'il la tuera. Dès lors, Anna voit sa vie changer et le spectre de ce tueur ne cessera de la hanter.

L'héroïne n'est pas des plus attachante. J'ai eu la sensation qu'elle laissait un peu trop les choses couler et qu'elle allait d'elle même au devant du danger. Etrange comportement quand on sait qu'elle est maman d'un petit garçon qui a besoin d'elle. Petit garçon qui fera aussi les frais de cette ombre agressive. Anna semble comblée dans sa vie de famille. Un mari attentionné, un enfant adorable, mais elle a un vide depuis son accident et quelque chose qui lui donne envie d'avoir une vie plus palpitante et c'est grâce à Roody un spécialiste des expérience de mort imminente qu'elle va parvenir à comprendre ce qu'elle a vécu.

Anna fera de nombreuses rencontres qui lui permettront de se faire un nouvel avis sur son état psychologique et s'il n'y avait pas ce tueur qui la pourchasse, Anna serait plutôt heureuse. Mais voilà Quelque part avant l'enfer est avant tout un thriller et on va tenter de comprendre pourquoi ce serial killer en a après notre héroïne. Tout un cheminement sera mis en place, un véritable jeu de piste pour trouver des indices sur l'identité de cet homme qui lui veut du mal. Et jusqu'aux révélations finales, on ne voit pas toute l'histoire d'avance. L'auteur a su garder pas mal de mystères et a su nous amener sur de fausses pistes pour qu'à aucun moment on ne devine la fin. Très malin de sa part tout comme d'amener un côté un peu effrayant avec ses rêves étranges que fait l'héroïne.

Tous les personnages qui gravitent autour d'Anna, de sa famille, à ses amis ou aux enquêteurs font qu'on a envie de comprendre ce qu'il lui arrive. Certains semblent vraiment se soucier d'elle et tente de la protéger tandis que d'autres vont la voir sombrer sans jamais l'en sortir.

Quelque part avant l'enfer est un bon thriller psychologique qui amène une thématique mystérieuse et ça fonctionne !


samedi 14 juillet 2018

passager 23 de Sebastien Fitzek

Année d'édition :  2018
Edition :  l'archipel
Nombre de pages :  404
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture
Un paquebot, des disparitions mystérieuses...Depuis de longues années, des passagers du Sultan des mers - souvent une mère et son enfant - disparaissent après s'être vraisemblablement jetés par-dessus bord. C'est ce qui est arrivé à la femme et au fils de Martin Schwartz, Tim, alors qu'ils effectuaient une croisière sur ce paquebot.Depuis la mort de sa femme et de son fils Tim, Martin a perdu goût à la vie et assume, au sein de la police où il officie comme psychologue, des missions dangereuses, notamment au contact de pédophiles sans scrupules.Cinq années ont passé quand une femme mystérieuse, qui se prétend auteure de thrillers, l'invite à retourner sur Le Sultan des mers. Elle aurait des révélations à lui faire sur la disparition de sa famille.Une fois sur place, il reconnaît avec stupeur l'ours en peluche de Timmy dans les bras d'Anouk, une enfant disparue qui vient de refaire surface. Il comprend alors qu'il a été sollicité pour découvrir ce qu'a vécu la fillette que l'on cache dans la cabine 23.Au fil de son enquête, il mettra au jour le mobile de ces mystérieuses disparitions. Et découvrira que les disparus ne sont peut-être pas tous morts...

Mon avis :


A force de me goinfrer de thriller, je commence à bien connaître les ficelles de ce genre qui continue de me passionner. Malheureusement, j'ai tendance à me jeter un peu trop vite sur les auteurs que je connais et dont j'ai apprécié leurs ouvrages et forcément l'attente est grande. Sebastien Fitzek était à mes yeux une valeur sûre. Mais voilà passager 23 n'a pas su me convaincre comme je l'espérais. La faute à beaucoup de longueurs et une histoire qui tourne à mon sens trop en rond. 

L'histoire avait tout pour être passionnante : une réapparition d'une petite fille qu'on pensait morte en mer avec sa mère et qui pose la question de savoir ce qu'il lui est arrivé pendant tout ce temps. Où était-elle ? Avec qui ? Dès lors qu'il s'agit d'enfants disparus, j'aime être surprise et pour le coup, ce ne fut le cas qu'à la toute fin, même si j'avais décelé certaines ficelles ne rendant pas le roman si surprenant que cela. On fait la connaissance du héros, Martin flic en deuil qui a perdu et son fils et son épouse lors d'une croisière, cette dernière se suicidant avec le petit garçon en se jetant en pleine mer. Martin a tout du flic qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, mais j'avoue que parfois il était un peu trop déprimé et pas assez concentré dans l'enquête qu'on lui demande de résoudre.

Il ne semble d'ailleurs pas très apprécié sur le bateau où l'enfant est réapparu. Et mis à part se torturer sur son passé et le tragique événement qu'il a subi, Martin n'est pas un personnage qui incite à l'empathie. Sauf peut-être sur la fin lors de certaines révélations pour le moins bien dégueu. 

Le problème avec Passager 23 c'est que l'auteur s'éparpille un peu trop dans tous les sens. On suit non seulement l'enquête de Martin, mais aussi les aventures du capitaine du bateau et d'une autre femme dont l'adolescente semble avoir des problèmes. Alors de passer de l'un à l'autre, l'intérêt s'épuise et j'avoue qu'il n'y a que dans les 100 dernières pages où mon intérêt à su être suscité lorsqu'on commence à comprendre les raisons de certaines disparitions. 

Les personnages n'ont pas spécialement brillé. Aucun n'a su se démarquer. Ni la vieille femme excentrique et amatrice d'énigme, ni Martin ou même le tueur. Anouk la petite fille qui avait disparu semble être celle qui a le plus à apporter à l'histoire. Une enfant traumatisé à qui il est arrivé bien des malheurs. L'enfant devenue muette s'auto-mutile depuis qu'on la découverte et semble avoir bien des secrets enfouis dans sa mémoire.

Passager 23 n'est à mon sens pas le meilleur roman de l'auteur. C'est un roman qui se laisse lire et qui trouvera son public, mais me concernant je ne l'ai pas trouvé grandiose ni exceptionnel. Pourtant la trame de fond était vraiment intéressante et on aurait pu avoir une véritable descente dans l'horreur la plus absolu dès lors qu'il est question de tortures faites aux enfants. Cela ne m'empêchera pas de me jeter sur d'autres romans de l'auteur parce que j'avais adoré le voleur de regard et le chasseur de regard. 

Roman sympa dans l'ensemble mais pas le meilleur de l'auteur. 

lundi 9 juillet 2018

Chéloïdes : Chronique punk de Morgane Caussarieu

Année d'édition :  2017
Edition : Editions L'Atelier Mosésu
Nombre de pages :  234
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : 
Colombe est maquilleuse sur des pornos gay. Malik est punk, et vit dans la rue.

Alcool, drogue et soirées destroy, tout semble les réunir, mais les jeunes gens ont chacun leurs démons. Commence alors une inévitable descente aux enfers.

Sans tabou, la plume incisive de Morgane Caussarieu nous plonge dans l'intimité d'un couple torturé, disséquant leur psychologie et leur sexualité avec un réalisme des plus crus. La scène alternative parisienne, sauvage et sclérosée, se dévoile au fil des pages. Un récit touchant et tragique où la tendresse se mêle à la monstruosité. Une histoire dont on ne sort pas indemne.


Mon avis :

Morgane est une auteur formidable. Je peux vraiment dire que je dévore chacun de ses romans, même si ces derniers n'ont parfois rien en commun. Avec Cheloïdes ce fut une fois encore une lecture intense et prenante. J'y ai lu là la plus belle romance que j'ai pu lire ces dernières années. C'est une histoire qu'on sent véritable et crédible. Une histoire qui prend aux tripes, qui vous donne envie de secouer nos deux héros parce qu'ils nous agacent, mais surtout parce qu'on les aime et qu'on n'attend juste de les voir heureux.

Honnêtement, ce n'est pas simplement un avis que j'ai envie de vous livrer, mais plutôt vous dire pourquoi il faut lire chéloïdes. Et pourquoi pas découvrir Morgane Caussarieu si ce n'est pas déjà fait. Point de vampires dans ce roman, même si Malik va très vite aspirer toutes l'énergie de notre chère Colombe. Vous voulez une romance qui va vous toucher et pourtant se montrer violente ? Alors Chéloïdes est fait pour vous. Morgane n'est pas avare d'émotions pendant son récit et mes tripes ont fait le yo-yo tant je vivais leur histoire avec la même passion qu'eux. 

On a là un couple atypique, improbable, de ceux que les gens jugent dans la rue, sans savoir. De ceux qu'on pointe du doigt et qu'on moque parce qu'ils vivent leur amour à leur façon sans se soucier du regard qui les espionne. Colombe a pourtant quelque chose de pur et de vrai. Elle ne joue pas, ne juge pas et aime vraiment de tout son être. Elle est belle Colombe. Une femme qui s'assume et qui par amour pardonnera à celui qui la fait tant souffrir.

Mais voilà Malik aussi est une âme en peine. Une homme atypique, borderline qui vit comme il l'entend et compte bien laisser une trace de son passage sur terre. Leur rencontre est belle, et naturelle, Morgane n'en fait jamais des tonnes, elle ne fait que raconter une histoire d'amour dans toute sa splendeur. Avec Colombe et Malik vos émotions vont jouer à la montagne russe tantôt heureux de les voir s'en sortir et tantôt malheureux de les voir se déchirer de la sorte alors qu'ils sont vraiment deux âmes sœurs. 

Ce fut une vraie claque en pleine tronche que de lire un tout autre registre avec la plume que j'aime tant de Morgane. Aucun doute, cette nana elle déchire. En plus d'avoir le même talent que Anne Rice pour offrir de véritables vampires comme on les aime elle nous montre qu'en plus elle maîtrise l'art de raconter une histoire puissante et destructrices sans utiliser le surnaturel. 

Colombe et Malik vont souffrir, soyez-en certains. Leur vie n'a rien de bien facile, ils en ont toujours morflé et continueront d'en morfler jusqu'au bout...

En bref, il me tarde de pouvoir découvrir son nouveau roman qui je l'espère sera disponible aux halliénnales parce qu'il viendra très vite compléter ma collection !

Bref, jetez-vous vite sur un roman de Morgane, que ce soit vampirique, un peu jeunesse ou comme ici une romance sombre et envoûtante, vous ne le regretterez pas !


mercredi 20 juin 2018

Parce que c'était toi de Bruno Combes

Année d'édition :  2018
Edition :  michel lafon
Nombre de pages :  329
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture : 
À l'âge de seize ans, ils s'étaient juré un amour éternel. Vingt-sept ans plus tard, ils se sont retrouvés et rien n'a pu empêcher cette passion de renaître. Ni les deux beaux enfants de Camille, ni Richard, son mari, et son associé dans leur cabinet d'avocats.

Mais peu à peu Stephen, totalement libre, lui, ne peut plus supporter cette liaison et somme Camille de choisir. Bouleversée par cet ultimatum, celle-ci a un accident de voiture où sa fille est blessée et elle-même très atteinte, surtout psychologiquement. 

Stephen, bien sûr, ne peut pas aller la voir, toute sa famille est autour d'elle. Mais il la bombarde d'appels, lui demande pardon... Camille est rassurée : dès qu'elle ira mieux, tout recommencera comme avant. Sauf que tout change...

Mon avis :

Une petite romance de temps à autres cela fait du bien au moral. Sauf bien entendu lorsque c'est mal écrit ou trop excessif dans la mièvrerie. Fort heureusement, Parce que c'était toi a tout d'un roman mature et très réaliste. Que ce soit dans la profondeur des émotions ou dans la justesse des réactions des personnages, on peut très facilement s'identifier aux héros.

Parce que c'était toi met en scène des adultes de plus d'une quarantaine d'années qui ont déjà construit leur vie. Une histoire d'amour adolescent, un mariage et des enfants plus tard, les voilà qui se retrouvent pour terminer leur histoire passionnelle. Mis de côté les enfants et l'époux, le veuvage, voilà une histoire d'amour qui a traversé les âges et deux personnes qui profitent de l'instant présent. La passion qui les anime est maintenu tout au long du roman et on sent leur besoin de se retrouver, seulement Camille ne se sent pas de tout abandonner pour son amant. La passion sera-t-elle toujours au rendez-vous si leur relation se concrétise ? Ne vont-ils pas se lasser l'un de l'autre ?

Parce que c'était toi est une belle histoire. L'auteur ne cherche pas à en faire des tonnes et centre la majorité de son histoire amoureuse sur la passion et la peur de tomber dans la routine. Suffit de voir la relation qu'entretient Camille avec son époux où on devine qu'avec le temps, tout devient habituel et l'étincelle de passion et de séduction a totalement disparu. Camille est pourtant une femme réfléchie et qui pense beaucoup au futur et c'est en partie pour cela qu'elle va avoir cet accident qui va lui permettre d'ouvrir les yeux et de se remettre en question.

Sans être la romance de l'année, Parce que c'était toi à le mérite d'être réaliste de bien des manières et de proposer une panoplie de personnages attachants et qui permet vite de s'identifier. La femme qui recherche le plaisir, la séduction, qui a besoin qu'on lui montre qu'elle plaît encore et l'homme soucieux d'abord du bien être financier de sa famille avant de se concentrer sur le bien être personnel de son épouse.

Voilà une douce romance, parfaite pour l'été et qui saura trouver son public. Pour ma part, j'ai passé un bon moment de lecture en compagnie de Camille et Stephen et j'ai trouvé le dénouement juste et bien pensé par l'auteur.