jeudi 15 août 2019

L'Outsider de Stephen King

Paru en 2019 aux éditions Albin Michel.
576 pages, fantastique/thriller


PARFOIS, LE MAL PREND LE VISAGE DU BIEN. Le corps martyrisé d'un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l'un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l'équipe locale de baseball, professeur d'anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute. Pourtant, malgré l'évidence, Terry Maitland affirme qu'il est innocent. Et si c'était vrai ? 

Titre original : The Outsider (2018)




Mon avis :

Lien de l'outsider sur le site de l'éditeur.

Nombreux sont ceux qui connaissent mon amour démesuré pour maître King. King reste à mes yeux l'auteur le plus prolifique, le plus surprenant et le plus génial que j'ai pu lire depuis gamine. Chacun de ses romans se dévorent avec passion, avec suspense et avec plaisir. L'outsider ne fait pas exception à la règle et j'ai passé là un moment franchement exceptionnel. 

J'ai été captivée par l'histoire que nous propose King et elle n'est pas sans me rappeler d'autres grands classiques de l'auteur comme Ca ou encore le Fléau. Dans l'Outsider, on frôle le fantastique passé une centaine de pages d'un roman qui démarrait tel un thriller classique : un meurtre odieux, une ville aux abois, un suspect idéal, beaucoup de suspicion et voilà qu'un personnage se met à douter, tout est trop parfait pour être vrai.

L'Outsider c'est l'histoire horrible du meurtre sauvage d'un petit garçon. Un petit mec sans histoire qui va être la victime d'un véritable barbare. Et c'est l'entraîneur de baseball qui va en devenir le principal suspect après que plusieurs témoins affirment l'avoir vu sur les lieux ou avec du sang sur lui. On part donc d'un schéma classique de thriller, avec un meurtre, un suspect et une enquête. Mais on connait tous l'auteur et forcément on sait que cela ne peut pas être aussi simple que cela.

Alors que tout se met en place pour arrêter le coach T, petit à petit quelque chose s'insinue, quelque chose de léger au début pour devenir quelque chose d'évident et de complexe. Notre cher suspect se trouvait au moment du meurtre à l'opposé, preuve à l'appui. Comment a-t-il pu être à deux endroit à la fois, à une conférence filmé et dans le parc tuant et profanant le corps d'un petit garçon ? C'est là que nos policiers vont commencer à douter des éléments en leur possession. Quelque chose cloche, sous leur nez, mais ils ne parviennent pas à comprendre quoi. Et en voulant aller trop vite, les voilà qui mettent en danger leur suspect principal...

L'intrigue change de cap, et d'un simple thriller on en vient à un événement improbable qui pose mille et une question. L'auteur nous malmène, joue avec nos nerfs, on a besoin de comprendre, de mettre les événements bout à bout. Réel suspect ou simple victime d'une créature de l'au-delà ?

Comme à chaque fois, Stephen King ajoute des informations et transforme chaque situation anodine en quelque chose de poussé. On en vient à adorer nos personnages, à vouloir toujours plus d'informations sur leur personnalité et leur vie qui semblait jusqu'ici basique. A aucun moment, je ne me suis lassée de ma lecture, j'en voulais toujours plus, jusqu'à ce que nos héros se regroupent un peu comme dans Ca, pour affronter quelque chose qui les dépassent. Quelle est cette chose qui semble vivre depuis des siècles, profitant d'une modernité où tout est plus simple pour elle agir dans l'ombre, sans que personne ne se doute de son existence.

Chaque personnage apportera sa pierre à l'édifice pour mener un combat acharné contre quelque chose dont ils ignorent tout. De bien des manières, cela m'a fait pensé à d'autres romans de l'auteur où un groupe improbable s'allie face à l’innommable.

Me concernant le roman est une pépite et je l'ai dévoré avec avidité, curieuse de savoir comment nos héros allaient s'en sortir face à ce monstre barbare et horrible ! Je recommande une fois encore cet ouvrage de Stephen King !


mardi 13 août 2019

Engloutie de Arno Strobel

Paru en 2019 aux éditions de l'Archipel.
298 pages, thriller.


Deux couples passent leurs vacances sur une île de la mer du Nord, réputée pour son calme et la beauté de ses paysages. Peu après leur arrivée, des crimes d’un sadisme inouï sont commis. Après avoir e te enlevés, une femme et un homme sont amenés sur une plage a la nuit tombée. Et la , ce dernier assiste impuissant au supplice de sa compagne. Car la marée monte, qui va engloutir celle qu’on a enterrée dans le sable – et dont seule la tête dépasse... Le tueur prend d’autant plus de plaisir a ces spectacles qu’il se sait supérieurement intelligent... donc infaillible. Personne, jamais, ne le soupçonnera. Raconte de plusieurs points de vue, dont celui de l’assassin, un suspense qui glace le sang jusqu’a l’ultime page. 

Titre original : Die Flut (2016)



Mon avis :

Lien de Engloutie sur le site de l'éditeur.

Engloutie est un thriller dont le résumé avait quelque chose de très intéressant. Dès les premières pages, j'ai adoré me retrouver dans la tête du tueur, espérant enfin avoir sous les yeux un sociopathe comme je les aime. 

J'ai pourtant vite déchanter parce qu'en fin de compte, j'ai trouvé le tueur très banal et la fin ne m'aura absolument pas surprise dans le sens où on sent que l'auteur nous a fait tourner en rond pour rien. Je m'explique.

Dans Engloutie, on nous dresse dès le départ le profil sadique du tueur. De son enfance où il se découvre le désir de voir la souffrance dans les yeux des autres, de ses expériences sur sa jeune soeur. Je pensais donc vraiment que le psychopathe aurait un rôle très important dans le roman et surtout ferait preuve de beaucoup de cruauté. Mais dès ce premier chapitre passé, on suit Julia et son époux Michael qui sont invités à passer quelques jours sur une île chez Andréas et son épouse Martina. 

Déjà, j'ai trouvé un peu curieux que notre couple se rendent chez Andréas, alors qu'ils ne le connaissent que depuis quelques jours.  Pour moi, un peu de méfiance ne ferait pas de mal. Mais non, voilà qu'ils acceptent d'être hébergé gratos et de filer un coup de main pour quelques travaux. Cela pourrait être de chouettes vacances pour Michael et Julia, mais voilà il y a Martina. Martina, personnage ô combien antipathique et détestable qui ne parle que lorsqu'elle peut faire un commentaire assassin et qui semble être la seule à trouver étrange d'héberger deux inconnus.

Et soudain, un premier meurtre, barbare, cruel et bien pensé, sauf que... je cherche à comprendre les motivations du tueur : déceler de l'amour chez ses victimes, comprendre pourquoi et comment ils s'aiment ? Difficile d'y croire. Et c'est là où j'ai trouvé que le roman perdait en valeur. Le besoin de tuer du psychopathe n'est finalement qu'une expérience humaine et sociologique sur l'amour.

Entre les quelques meurtres assez rapides, on tourne en rond sur l'identité du potentiel tueur et sur l'histoire de nos deux couples. Ca se dispute, ça s'accuse de mille mots, ça se montre irrespectueux... et c'est tout. Alors oui j'ai trouvé que le roman se lisait bien dans le sens où on enchaîne les pages, la lecture est fluide, mais on est trop dans l'attente d'une surprise, d'un rebondissement et le final m'aura beaucoup déçue... J'ai trouvé ça trop simple, comme si l'auteur n'avait aucune idée pour l'identité de son tueur. Très dommage.

Alors malgré tout, ce roman n'est pas foncièrement mauvais, il est tout de même bien écrit, mais il se passe peu de choses et le final n'est pas du tout cohérent à mes yeux. Dommage.


jeudi 1 août 2019

Confession de Richard Montanari

Paru en 2018 aux éditions le cherche-midi et en 2019 aux éditions Pocket.
508 pages, policier.

Lorsqu'on est flic trop longtemps dans la même ville, toutes les rues mènent à des souvenirs que l'on préférerait oublier. Chaque nouveau meurtre vous en rappelle un autre. L'obsession n'est jamais loin. Pour Kevin Byrne, inspecteur des homicides à Philadelphie, le traumatisme originel a eu lieu en 1976. Encore adolescent dans le quartier défavorisé de Devil's Pocket, il a été impliqué de près dans un meurtre jamais résolu. La fin de l'innocence pour Byrne. Quarante ans plus tard, une affaire de meurtres en série le ramène à Devil's Pocket, à ses amis d'alors, à ce passé qu'il a essayé, en vain, d'oublier. Bientôt, le voile va se lever sur des secrets, des mensonges et une vérité qu'il aurait peut-être mieux valu ne jamais connaître. À la façon de Dennis Lehane, Richard Montanari dépasse une nouvelle fois toutes les limites du genre pour sonder en profondeur les zones d'ombre de l'âme humaine.


Mon avis :


Lien sur Confession sur le site de l'éditeur.

J'ai découvert Richard Montanari avec son excellent Cérémonie que j'avais adoré.  Aussi j'espérais passer un tout aussi bon moment de lecture avec confession. Malheureusement, la sauce n'a pas pris et je n'ai pris aucun plaisir à lire ce roman.

Certes, le début m'a mis l'eau à la bouche avec cette enquête sur un tueur en série sadique qui semble adorer plonger dans la violence et montrer aux  yeux de tous toute la barbarie dont il est capable. Mais, très vite, j'ai trouvé le tout très lent et long à commencer, les nombreux retours dans le passé n'aidant absolument pas à dynamiser le roman.

Alors oui, je suis peut être simplement passer complètement à côté de quelque chose et cela aurait pu me captiver, mais pour tout dire, j'ai eu du mal à avoir envie de tourner les pages, mon intérêt pour l'intrigue diminuant au fil de ma lecture.

Il est toujours bien difficile de parler d'un roman qui ne nous a pas plu, surtout que ma première découverte de l'auteur avait été un succès, mais Confession propose trop de personnages, bien mal amené parfois, puisqu'il me fallait revenir en arrière pour parvenir à cerner qui je suivais dans le chapitre en question.

L'auteur fait de nombreux bonds dans le passé, afin de nous permettre d'avoir toutes les clefs de l'histoire en main, et c'est peut être aussi ce qui m'a autant perdue.

J'ai pourtant été séduite par l'idée de suivre le tueur et de pouvoir l'approcher de l'intérieur puisque l'auteur nous permet de mieux le comprendre en suivant directement son cheminement. Il en sera de même pour le duo d'enquêteurs qui cherchent à comprendre qui est notre homme et surtout, pourquoi il agit de cette façon.

Alors oui, on a de chouettes rebondissements et des révélations inattendues, mais en refermant Confession, j'avais l'impression de m'être endormir devant un film pour ne me réveiller qu'à la fin.
Dommage !

lundi 29 juillet 2019

Que passe l'hiver de David Bry

Paru en 2017 aux éditions de L'homme sans nom et en 2019 chez Pocket.
496 pages,  fantasy

Stig vient d'avoir vingt ans, l'âge de porter une épée et de se rendre - enfin ! - sur le Wegg, l'étrange montagne où réside son souverain, le roi de la Clairière. Mais son premier solstice d'hiver ne se déroule pas comme il l'avait imaginé. À peine le jeune seigneur est-il arrivé que la mort répond aux augures néfastes et que les fils enchevêtrés du destin tissent un avenir que personne, ni homme ni dieu, semble pouvoir prédire. Menacé sans qu'il en comprenne la raison, Stig aura fort à faire pour découvrir ce qui se trame dans l'ombre des festivités, protéger ceux qu'il aime... et même survivre. Y parviendra-t-il ? À la croisée de l'ode initiatique et du huis-clos, Que passe l'hiver raconte le destin d'un jeune homme au pied bot et d'un roi aux longs bois de cerf, pris dans le maelström d'un monde qui se meurt, peut-être...



Mon avis :

Lien de Que passe l'hiver sur le site de l'éditeur.

David bry est un auteur que j'ai déjà eu l'occasion de lire, contes désenchantés, Failles ou encore 2087.  Chaque univers se veut à part et original et unique et une fois encore, David nous prouve à quel point il a de l'imagination. Que passe l'hiver est un roman enchanteur qui nous fait voyager au delà de notre planète. Un univers fait de neige, de magie et de poésie, de personnages différents et atypiques, voilà qui avait forcément de quoi me plaire.

Au départ, je dois bien avouer que je craignais de me perdre en raison des nombreux clans et personnages présentés, mais petit à petit je suis parvenue à chacun les différencier pour en apprécier leur caractéristique. 

Que passe l'hiver narre l'histoire de Stig, jeune homme au pied bot qui n'a pas connu le vrai bonheur. Pourtant, cette enfance assez sombre n'a pas fait de lui un monstre ou quelqu'un de détestable, au contraire. Toujours prêt à aider les autres, se mettant dans des situations délicates, Stig est un personnage attachant et adorable. Lorsqu'il apprend de mauvaises présages, Stig fait tout en oeuvre pour les empêcher parce qu'il ne supporte pas que les autres souffrent. 

L'action n'est pas ce qu'il y a de plus présent dans le roman. David préfère nous ensorceller par les descriptions, les événements et dialogues des personnages, tout en poésie et finesse. C'est un roman qui se savoure tel un grand cru. J'avoue ne plus me souvenir totalement du roman, et pour cause, je l'ai terminé il y a déjà un bon mois, mais je ne savais pas comment en parler sans dévoiler l'intrigue tout en mettant en avant son ambiance et sa justesse. 

Des descriptions envoûtantes, des personnages charismatiques, des divinités intrigantes et une finesse dans l'art de raconter une histoire mélancolique et aussi froide que l'hiver. Je recommande vivement !

dimanche 7 juillet 2019

Kayla Marchal, tome 1 : L'exil de Estelle Vagner

Paru en 2016 aux éditions du chat noir et en 2019 chez j'ai lu.
379 pages. Bit-lit, fantastique.


Ironique destin que d’être née morphe… sans forme animale. Source de honte pour sa famille, Kayla Marchal, petite fille de l’alpha, est également considérée comme le maillon faible de la meute de la Vallée Noire. Aussi en est-elle chassée, elle qui n’a jamais mis un pied hors du territoire. Alors qu'elle commence à goûter à la liberté et à s'intégrer au sein d'un autre clan, les vrais problèmes commencent. Mais déjà trahie une fois par sa meute d’origine, à qui pourrait-elle se fier ? À Ian, le loup aussi beau qu'insupportable ? À Max, le renard au passé mystérieux ? Ou à Jeremiah, l'irrésistible humain ? Et ce fichu karma qui la prive de forme animale continue à se moquer d’elle, car tout le monde autour d’elle semble porter un masque… Inaptitude du passé et problèmes du présent vont venir, main dans la main, perturber la jeune morphe, avec des liens qu’elle était loin de pouvoir soupçonner.



Mon avis :

Lien de l'exil sur le site de l'éditeur.

Cela faisait longtemps que je n'avais pas ouvert un roman fantastique ou classé bit-lit par les sites. Un genre qui ne m'a jamais tellement passionné, même si j'ai fais de belles découvertes parmi mes lectures précédentes. Faut dire que la romance y est en général trop présente et que les héroïnes sont souvent sous le même moule.

Pourtant, j'avais besoin d'une lecture beaucoup plus reposante que les derniers thrillers lu et c'est tout naturellement que j'ai jeté mon dévolu sur l'exil, premier tome d'une saga fantastique. On y fait la connaissance de kayla une jeune femme qui vit avec sa meute et qui pourtant ne parvient toujours pas à se transformer. Alors forcément, les autres la détestent, l'humilient et se moquent d'elle. Kayla petite fille de l'alpha et pourtant, elle n'a aucune capacité spéciale, rien qui ne puisse permettre qu'on l'appelle louve. Et lorsqu'elle comprend que sa vie est en jeu et que son grand-père la renie, lui ordonnant de partir, Kayla le prend au mot et fuit la vallée noire.

Dès lors, elle ne pourra plus compter que sur elle-même et sur les rares autres tribu prêt à l'aider. La protégeant de ceux qui veulent sa mort.

Ce premier opus pose les bases de l'univers en douceur et nous fait découvrir Kayla, une jeune femme énergique et très timide qui fuit donc sa famille. Son histoire se révèle peu à peu triste parce qu'on sait que dans les meutes de loups, la famille est importante et qu'on fait toujours ce qu'il faut pour protéger la meute. Malheureusement pour Kayla, le fait qu'elle ne parvienne pas à se métamorphoser sous sa forme de louve l'handicape, et les autres ne veulent plus d'elle sur leur terre. La réaction de son grand-père est assez troublante, mais Kayla accepte et s'arrange pour redémarrer une nouvelle vie.

Ce premier opus en plus de poser les bases de l'intrigue et de nous faire découvrir les personnages, permet aussi à Kayla d'évoluer. En fuyant, elle va pouvoir enfin se retrouver et découvrir de quoi elle est capable. Comme bien souvent la thématique de l'évolution de soi-même est omniprésente puisque notre héroïne va s'améliorer et s'entraîner avec acharnement pour devenir ce qu'elle souhaite.

Le seul petit bémol reste un trait bien présent de la bit-lit : les potentiels petits amis de notre héroïne. Là, ils sont au nombre de trois et la jeune femme ne semble pas réussir à se décider sur son futur amoureux, ce qui a pour don d'agacer les lecteurs comme moi. Ce n'est pourtant pas difficile de choisir ! Suffit de tirer à la courte paille ! 

Forcément, je savais à quoi m'attendre en ouvrant ce roman et cela ne m'a pas empêcher d'apprécier ma lecture et de passer un chouette moment. L'auteur sait nous captiver grâce à de superbes scènes de transformations et d'actions qu'on imagine aisément. 

Une saga que je note dans un coin de ma tête pour me pencher dès que je le peux sur la suite !

lundi 1 juillet 2019

Surface d'Olivier Norek

Paru en 2019 chez Michel Lafon.
425 pages, policier.


Noémie Chastain, capitaine en PJ parisienne, blessée en service d’un coup de feu en pleine tête, se voit parachutée dans le commissariat d’un village perdu, Avalone, afin d’en envisager l’éventuelle fermeture. Noémie n’est pas dupe : sa hiérarchie l’éloigne, son visage meurtri dérange, il rappelle trop les risques du métier... Comment se reconstruire dans de telles conditions ? Mais voilà que soudain, le squelette d’un enfant disparu vingt-cinq ans plus tôt, enfermé dans un fût, remonte à la surface du lac d’Avalone, au fond duquel dort une ville engloutie que tout le monde semble avoir voulu oublier...






Mon avis : 

Lien de surface sur le site de l'éditeur.

J'avais adoré entre deux mondes du même auteur, aussi j'avais hâte de lire son nouvel ouvrage. Je savais que je me plongerais vite dans un nouvel univers, avec de nouveaux personnages et surtout une intrigue passionnante. Ce fut bien évidemment le cas, parce que Surface propose une histoire qui ne laisse pas indifférent et une héroïne atypique à la gueule cassée.

Surface c'est une femme, Noémie qui se prend un coup de feu en plein visage. Résultat, même quasimodo ne voudrait pas la regarder en face. La pauvre. Tous baissent les yeux, son petit ami l'évite du mieux qu'il peut parce qu'il ne supporte plus ce nouveau visage. Et pour couronner le tout, Noémie est envoyée dans un petit patelin pour ne pas davantage perturber ses anciens collègues... Sympa tout ça.

Avalone, village perdu de France où Noémie va y arriver non par par choix, mais par recommandation dans le seul but de prouver que le commissariat est inutile et qu'il faut le fermer. Mais Noémie ne se sent pas de mener cette nouvelle mission en catimini et comprend plutôt que ses patrons veulent se servir de son histoire pour accomplir les tâches ingrates. Mais voilà qu'une fois sur place, Noémie est appelé sur une scène de crime : un fût est retrouvé avec à l'intérieur le squelette d'un enfant qui aurait disparu des années plus tôt. 

Forcément, on ne pouvait espérer que l'histoire de Noémie ne concerne qu'un commissariat qu'elle doit aider à fermer. Il n'y aurait pas eu beaucoup de suspense et le lectorat se serait vite lassée. Mais voilà, notre héroïne est amenée à trouver qui a pu tuer cet enfant, vingt ans auparavant et pourquoi. un véritable cold case auquel elle ne s'attendait pas et qui lui permettra non seulement de prouver qu'elle est toujours la même enquêtrice, mais qu'en plus le commissariat où elle travaille désormais ne doit surtout pas fermer !

Alors déjà, oui premièrement, non mais je ne peux pas passer à côté de cette information là, on a une héroïne du tonnerre. Du genre qui ne mâche pas ses mots, qui est souvent mal luné et qui physiquement ne s'assume plus depuis qu'une balle lui a arraché la moitié de la tronche. Alors forcément quand No parle, on s'attend à un tir en rafale d'une puissance incroyable. Quand No parle, les autres baissent la tête. Quand No demande quelque chose, les autres exécutent dans la seconde. Elle a un charisme dont elle n'a même pas idée et ça lui donne une force de caractère incroyable. je l'ai adoré ! Sa relation avec un chien (rien de dégueu, je vous rassure) est touchante parce que ses deux blessés de la vie vont finir par former un beau binôme. 

Avec no, on a le droit à d'autres flics tout aussi intéressant. Romain Valant, trop bien pour être clean, fils du maire d'Avalone, mais qui ne semble plus du tout s'entendre avec son paternel et Milk, policier chétif, fils à maman qui lui raconte tous les secrets de flics. Deux policiers bien différents tant dans leur caractère que dans leur relation avec leurs parents. Le troisième, Bousquet m'a semblé un peu trop effacé vis à vis du trio déjà décrit. 

Surface est un excellent roman policier où tous les ingrédients nous propulse dans une enquête infernale vieille de plus de vingt ans et qui pourrait avoir de sacrées conséquences pour la ville si No parvient à la résoudre. J'ai été complètement subjuguée et fascinée par l'avancement et de l'histoire et du relationnel entre les personnages. Encore un très bon roman d'Olivier Norek !





dimanche 16 juin 2019

Ceux qui te mentent de Nuala Ellwood

Paru en 2018 chez Michel Lafon et en 2019 chez Pocket.
384 pages, thriller


Kate est reporter de guerre et souffre de stress post-traumatique. À cause, entre autres, d'un enfant qu'elle n'a pas pu sauver à Alep. Quand elle rentre à Herne Bay pour les obsèques de sa mère, Kate se souvient de cet endroit où tout allait bien jusqu'à la mort de David, son petit frère. Un accident, dira-t-on. Ensuite plus rien n'a jamais été pareil. Leur père est devenu violent. Leur mère a perdu la raison. Puis sa sœur, Sally, a sombré elle aussi, malgré l'aide de son mari, Paul. Dès son retour dans la maison de sa mère, Kate se sent oppressée et abuse des somnifères. Elle entend un petit garçon crier la nuit chez les voisins et ne sait plus ce qui est réel ou le fruit de son imagination torturée. Alors elle prévient Paul et Sally qui ne la croient pas, la police non plus, il n'y a pas d'enfant chez la voisine qui vit seule. Pourtant elle l'a vu. Dans le jardin d'à côté. Elle sait qu'il existe...


Mon avis :

Lien de Ceux qui te mentent sur le site de l'éditeur.

Il était temps que je rédige mon avis sur ce roman lu depuis une quinzaine de jours ! Ceux qui te mentent c'est l'histoire d'une reporter de guerre qui a subi un grave traumatisme. Alors qu'elle n'est toujours pas remise de son dernier reportage, elle se rend dans sa ville natale pour les obsèques de sa mère qu'elle n'a pas vu depuis longtemps. Mais voilà que sa soeur la rejette, elle même tombée dans le fléau de l'alcoolisme. 

Et tandis qu'elle pense pouvoir faire son deuil comme quelqu'un de normal, Kate va se retrouver témoin d'événements dont elle ignorera s'ils sont réels ou juste le fruit de sa folie. Très vite, on doute avec Kate et on se demande si elle n'est pas simplement folle comme l'était sa mère.

Ce thriller je l'ai dévoré, il ne m'aura fallu que très peu de temps pour le lire tant j'étais captivée par l'histoire de Kate. Tout au long du roman un climat de suspicion s'instaure pour nous faire douter d'elle. Son travail n'a t-il pas crée une bulle psychologique qui la rend trop sensible au point de lui faire voir des choses qui n'existent pas ? Kate a perdu un frère, très jeune, elle se sent toujours responsable de sa mort et personne ne l'a aidé à penser le contraire. Ca, son travail et la perte de sa mère, voilà des circonstances qui ne jouent pas en sa faveur.

Sa soeur ainée a perdu sa fille, une adolescente qui a fugué et dont plus personne n'a de nouvelles. Dans ce roman, il y a beaucoup de zones d'ombres, beaucoup de personnages torturés et au lourd passé. Kate va peu à peu découvrir les secrets des uns et celui qu'elle percera malgré elle sera bien plus dur à digérer que tous les reportages qu'elle a pu faire dans les pays en guerre.


Me concernant, ce roman a eu l'impact voulu, captivée et scotchée par la fin (j'avoue ne pas l'avoir vu venir du tout) Nuala Ellwood signe là un très bon livre qui saura trouver son public ! 



mardi 23 avril 2019

Phitanie, tome 1 : L'autre monde de Tiphaine Croville

Paru en 2016 aux éditions Rebelle.
263 pages, fantasy.


Définie par son rôle d'orpheline, Héloïne, 18 ans, rêve d'évasion. Lorsqu'elle se retrouve propulsée en Phitanie, elle découvre un nouveau monde où magie et animaux extraordinaires cohabitent. Elle fait la connaissance d'êtres exceptionnels qui deviendront le centre de son nouvel univers. En Phitanie, Héloïne trouve enfin l'opportunité d'être elle-même. Mais la liberté a un prix et elle devra affronter des épreuves que jamais elle n'aurait cru devoir surmonter.







Mon avis :

Lien de Phitanie tome 1 sur le site de l'éditeur.

Phitanie c'est un roman que j'ai pris aux halliénnales 2018 parce que j'en avais lu de bons échos et parce que j'avais promis à l'auteur l'année d'avant de me laisser tenter par sa plume. C'est chose faite et j'ai enfin pu découvrir son univers en vu des prochaines halliénnales.

Dès le début, j'ai senti la plume légère et rêveuse de l'auteur. Elle nous présente très vite Héloïse qui est une orpheline discrète et quasi invisible aux yeux des autres. Pas d'amis, plus de famille, elle survit tant bien que mal dans un milieu où elle pense dénoter. Sa fragilité en fera pourtant sa force à plusieurs reprises et son sentiment qu'une vie différente l'attend ailleurs ne fera que se renforcer, surtout avec son arrivée en Phitanie.

Je dois bien avouer qu'au début, j'étais pas très emballée. Je m'explique : les histoires où l'héroïne retrouve son véritable monde dont elle ignore l'existence (c'est hyper important qu'elle ne sache pas qu'elle vient d'ailleurs) sont légions. Yen a à la pelle.  Du coup, je ne trouvais pas ça terriblement originale. Le fait que cette pauvre fille ne soit pas assez mise en valeur dans son monde mais on devine très tôt qu'elle aura un rôle crucial dans son futur chez elle, c'est prévisible aussi comme dans tous les romans de ce style. Du coup, j'avoue qu'au départ je me suis prise à me demander qu'est-ce qui avait pu me tomber sur le coin de la tronche pour commencer un roman finalement assez prévisible et écrit visiblement pour les adolescents. Deux mots : Fred et Tiphaine. Parce que la chronique de l'un a su m'intriguer et me dire de laisser une chance à ce bouquin dont la couverture m'a toujours plu, mais j'avais peur d'être déçue. Et puis Tiphaine parce qu'elle est pleine d'entrain, parle hyper bien des pégases et de ses héros masculins. Il en fallait pas plus et me voilà dans la lecture de Phitanie.

Passé les 40 premières pages, je me suis laissée prendre dans les filets de Tiphaine et je me suis mise à dévorer son roman. Alors oui, ya des choses déjà vu en littérature dite Young adult fantasy, mais il y a ici une légèreté que j'ai beaucoup aimé. J'aurais bien sûr aimé plus d'explication sur ce monde et ce qui l'entoure parce que finalement à part connaître son emplacement (au centre de la terre) on ne sait que peu de choses, l'auteur n'ayant pas eu le souhait de nous saouler et nous bombarder de descriptions à la Tolkien. Un bon point cependant, puisque cela évite d'être enseveli sous un mont d'informations indigestes. Mais je n'aurais pas été contre quelques petites explications.

Outre le côté très fleur bleue de l'héroïne qui va vite s'enticher d'un jeune homme (oh je ne lui jette pas la pierre, je me serais laissée tenter aussi et bien plus encore !) on finit par découvrir une histoire assez palpitante qui comporte son lot de progression à la Harry Potter (apprendre à voler sur un pégase le pied !) et de progression à la Rocky Balboa (les entraînements au combat sont vraiment sympa !) pour apprendre à se défendre face à un ennemi redoutable. Passé les trois quart du roman, la légèreté commence à disparaître pour laisser place à une atmosphère moins drôle et plus sérieuse. La guerre est déclarée, chacun use de ses compétences pour se protéger et défendre son lieu de vie. C'est intense, bien amené et bien décrit et cela amène forcément le lecteur à vouloir la suite ! Et c'est ce qu'il me tarde de faire aux Halliénnales, me procurer le tome 2 pour découvrir comment Héloïse va s'en sortir.

Je n'ai pas évoqué les différents personnages de ce premier opus parce qu'ils sont peu. Certes quelques personnages secondaires, mais bien vite effacer par le charisme d'un certain Emmeran. C'est tout ce que je peux vous dire. Si ce n'est que les réactions des personnages sont crédibles et plutôt cohérentes dans l'ensemble, et que leurs caractères sont suffisamment étoffés pour les rendre attachants et réalistes.

Voilà une lecture que je ne regrette donc pas d'avoir découverte ! 






mercredi 17 avril 2019

Un frère de trop de Sébastien Theveny

Paru en 2019 chez Michel lafon
439 pages, thriller.


Eté 1986. Au large de la baie des Anges. Le fils aîné des Lacassagne, une riche famille d’investisseurs niçois, se noie lors d’une virée en mer en compagnie de son frère et sa sœur. Eté 2016. Chaleur sur Nice. Le patriarche des Lacassagne, à l’aube de ses quatre-vingt ans décide de transmettre les rênes de son empire à ses enfants. Dans le même temps, il contracte un journaliste - écrivain public pour lui écrire ses mémoires. Laisser une trace sur papier de ses réussites. Mais les journalistes ont le fâcheux défaut d’être souvent trop curieux. Le loup est entré dans la bergerie… 30 ans après le drame, les vérités éclatent… Les accidents sont-ils toujours fortuits ?




Mon avis :

Lien de un frère de trop sur le site de l'éditeur.

Voilà un auteur dont j'ai beaucoup entendu parler sur le net. Curieuse de découvrir sa plume, c'est avec beaucoup d'intérêt que j'en ai débuté la lecture. Alors forcément, je savais que ce ne serait pas un thriller classique, mais ce ne fut pas gênant, parce que j'ai dévoré le bouquin.

Déjà, il est important de souligner que l'auteur avait dans un premier temps auto-édité son roman avant de le voir sortir chez Michel Lafon. 

On fait donc la rencontre du personnage principal, enfin de l'un des personnages qui va nous permettre de vibrer tout au long de la lecture : Jérôme, un journaliste qui va aider Charles Lacassagne, riche magnat de l'immobilier à écrire son autobiographie. Très vite, j'ai beaucoup apprécié Jérôme et ses interviews et recherches permettent d'étoffer une histoire familiale des plus sombres. En effet, des années plus tôt, le plus âgé des enfants Lacassagne est mort noyé après une sortie en bateau qui a tourné au drame. Très vite pourtant, on reste dans l'attente d'une révélation : meurtre, accident, suicide ? A qui profitait vraiment cette disparition ? Un frère de trop est un véritable page turner. Il sait allier moment calme, moment de doute et moment de révélations pour ne pas frustrer son lecteur.

Loin d'un thriller classique, c'est davantage l'histoire rocambolesque d'une famille riche qui se pensait parfaite et qui découvre des félures dans ses relations entre membre d'une même famille. Et ce sont toutes ces révélations qui offrent à l'intrigue quelque chose de très accrocheur. Soulignons également l'utilisation judicieuse de deux époques différentes où l'on passe de l'époque avant l'accident à nos jours. Cela permet de mieux découvrir les personnages parce qu'il est vrai qu'on les découvre au travers des yeux de Jérôme qui se sent totalement à l'écart de cette famille pleine de tensions et de sous entendus.

Et voilà que l'écriture d'un roman se transforme en confessions pour Jérome qui ne sait plus s'il doit poursuivre son contrat ou tenter de résoudre le mystère Pierre Hugues. Entre ses parents qui cachent bien des secrets, le journaliste va découvrir que Marie-Caroline et Edouard ont eux aussi leur vieux démons et un passé qu'ils préfèrent garder secret. 

De rebondissements en rebondissements, j'avoue en avoir deviner pas mal. Dont le plus important concernant Pierre Hugues, alors forcément je n'ai pas été aussi surprise que l'aurait voulu l'auteur, des indices ayant été glissé ici et là et surtout une ficelle trop grosse pour passer inaperçue à mon sens ont fait que j'avais deviné certaines réponses. Cela étant, Un frère de trop est un bouquin de grande qualité. On sent que l'auteur y a mis du temps et de l'énergie puisqu'il propose de nous faire entrer dans la vie d'une famille qui a beaucoup à perdre si ses secrets finissent par être dévoilés.

Une chouette lecture !


mercredi 10 avril 2019

Représailles de Hans Koppel

Paru en 2017 chez presse de la cité et en 2019 chez Pocket

352 pages, thriller.


Calle Collin, journaliste free-lance, rédige pour un hebdomadaire le portrait de Kent, un adolescent mort des années plus tôt dans un tragique accident. Il rencontre son frère, Mattias, homme de main et amant de Sara, redoutable femme d'affaires mafieuse. Après avoir lu l'article, Anders Malmberg, célèbre chroniqueur, qui était en classe avec Kent, est choqué. Il décide de rétablir la vérité sur la personnalité de Kent, son harceleur, son pire cauchemar... au risque de provoquer Mattias, et surtout Sara, qui aurait préféré que certains secrets restent enfouis. Les représailles de la jeune femme, qui seront d'une cruauté proche de la folie, ne font que commencer... Personne ne sera à l'abri. Titre original : Om döda ont (2013)



Mon avis :

Lien de Représailles sur le site de l'éditeur.

J'avais déjà eu l'occasion de lire l'auteur avec Châtiments qui m'avait alors bien plu. Il me tardait donc de retrouver la plume de l'auteur parce que ces thrillers sont intimistes et addictifs. Une fois encore cela se confirme avec Représailles où il est question de vengeance et de remettre les choses en ordre. Notre héros est un journaliste (déjà présent dans Châtiments) à qui on confie la tâche assez ingrate de dresser le portrait glorieux et positif d'un gamin mort renversé par une voiture alors qu'il était encore si jeune. Calle doit donc interrogé les proches de ce garçons pour en dresser un portrait élogieux et qui fera pleurer dans les chaumières.

Mais forcément, rien ne va se dérouler comme prévu puisque le gamin en question, mort tragiquement bien sur, était un véritable monstre qui n'hésitait pas à harceler les autres enfants de son école. Lorsqu'une de ses victimes découvrent l'article, elle ne l'accepte pas et décide de se rendre justice en écrivant la vérité sur Kent, cet enfant terreur.

L'histoire d'emblée me plaisait. Quand il est question d'enfant terreur mort subitement (le karma !) je voulais voir comment les autres allaient prendre en compte cet article mensonger. Et bien le peu qu'on puisse dire c'est que ça va remuer la merde ! Clairement !

Parce qu'écrire un article assassin sur un gamin assassiné c'est moyen. Ça ne se fait pas, point ! Pourtant appelons un chat un chat, Kent était un vrai pourri de la pire espèce et en mourant si jeune, il évitera bien des coups et humiliations aux autres. Mais le grand frère de kent n'est pas un tendre. Lui et sa nana qui gère un club de streap-tease et de prostitutions vont très mal prendre le fait qu'on salisse la mémoire de l'un des leurs. S'ensuit un besoin de faire peur, de faire mal et de se venger de la part de ce couple démoniaque dont la femme est la plus dangereuse des deux. Parce que Sara est une enflure de la pire espèce. Elle n'hésite pas à tuer ceux qui se mettent sur son chemin et ne la suive pas. Des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes, aucune distinction pour cette psychopathe de la pire espèce.

Mais la chasseuse devient proie lorsqu'un jeune homme qui a décider de se rebeller prend son courage à deux mains et part en quête d'exterminer la garce. Le roman se veut violent, sans pitié ni concession même pour les morts. Et chacun finit par s'inclure dans un tableau sanglant et destructeur. J'avais apprécié la violence dans Châtiments et bien ici aussi l'auteur se fait plaisir et dresse le portrait de personnages charismatiques et qui ne s'encombrent pas de sentiments. 

Jusqu'à un final surprenant et en apothéose qui montre que l'auteur n'a peur de rien. Un très chouette bouquin qui m'aura régaler pendant plusieurs soirées ! 

lundi 1 avril 2019

Charlie Lager, tome 1 : Anna-belle de Lina Bengtsdotter

Paru en 2019 aux éditions Marabout.
320 pages, thriller.

La détective Charlie Lager est contrainte par ses supérieurs de retourner à Gullspång, la petite ville où elle s'était juré de ne jamais remettre les pieds pour enquêter sur la disparition d'une jeune fille de 17 ans, Annabelle que la police locale n'a pu retrouver. Alors que ses recherches progressent, Charlie est confrontée à un passé traumatisant, vieux de 20 ans. La jeune femme, que sa brillante ascension dans la police suédoise a conduite à résoudre des enquêtes particulièrement complexes, se retrouve démunie et vulnérable face aux démons de sa propre enfance ; car Charlie aussi a de sombres secrets. Lina Bengsdotter, en écrivant ce thriller plein de suspense, montre le poids des relations sociales dans de petites communautés où les rumeurs se répandent rapidement, où personne ne peut échapper à son passé. Le personnage complexe et intense de Charlie n'est pas sans rappeler celui de Stella Gibson dans la série The Fall.


Mon avis :

Lien de Annabelle sur le site de l'éditeur.

Après une déception livresque, j'espérais avoir entre les mains un bon livre. Un de ceux qu'on dévore sans s'arrêter et qui offre une atmosphère comme je les aime. Tiercé gagnant, Annabelle m'a énormément plu. Fort d'une ambiance un peu rurale dans un petit village où la pauvreté domine, le roman emporte très vite le lecteur grâce à une héroïne qui a du caractère !

Annabelle, c'est une histoire de disparition. Une jeune fille, bien sous tout rapport, ne rentre jamais chez elle et malgré les recherches, impossible de la retrouver. C'est pourquoi on décide d'envoyer Charlie à sa recherche, une policière au sacré méthode, alcoolique et qui a grandit  à Gullspang, là où Annabelle a disparu.

La ville où se situe le roman m'a beaucoup plu. C'est un lieu un peu oublié, reculé et très pauvre où tout le monde se connaît. Son industrie est minime, l'accès au soin restreint et chacun tente de s'en sortir comme il le peut. On sent la tristesse des uns et l'abandon total des autres. De ceux qui boivent plus que de raison face à ceux qui ne peuvent plus lutter sans médicament, seuls exemples pour la jeunesse qui finit elle aussi par se noyer dans l'alcool et la fête. Jusqu'au jour où une jeune fille disparaît sans laisser de trace. On se prend à multiplier les possibilités, à tenter de résoudre l'enquête et à comprendre ce qu'il a pu lui arriver.

D'un autre côté, on a Charlie, inspectrice à la brigade criminelle de Stockholm, une femme qui boit énormément, qui refuse qu'on lui dicte sa conduite et qui agit comme bon lui semble. Charlie est une femme brisée par une mère étouffante et qui tente de se reconstruire toute seule, tout en veillant à protéger les autres autour d'elle, d'où son métier. Car oui, Charlie est une brillante inspectrice. Mais elle a aussi de vieux démons et l'alcool en fait partie. Alcoolique comme sa mère, elle qui désespérait de lui ressembler, elle est le centre des critiques auprès de ses collègues. Car en plus, Charlie a de nombreuses liaisons et ne s'encombre pas d'amour et d'une relation exclusive. J'ai adoré ce personnage, elle est forte, téméraire et ne cache pas ses défauts. Son enquête elle la fait à l'instinct, certaine de suivre le bon chemin et de parvenir à comprendre comment et pourquoi la jeune fille a disparu. 

Très peu d'originalité dans ce thriller assez classique, mais les différents points de vue d'époques différentes finissent par se rejoindre pour offrir un final auquel on ne pensait pas forcément, du moins, je ne voyais pas les choses se terminer ainsi. Une très bonne lecture !


dimanche 31 mars 2019

la griffe du diable de Lara Dearman

Paru en 2018 aux éditions Pocket et en 2017 aux éditions Robert Laffont.

448 pages, thriller.

Poursuivie par ses démons, Jennifer Dorey a quitté Londres pour retourner dans sa maison d'enfance avec sa mère, à Guernesey, ou elle est devenue reporter au journal local. Elle pensait pouvoir souffler un peu. Elle avait tort.
Quand le cadavre d'une jeune femme s'échoue sur une plage, la journaliste mène sa propre enquête et exhume plusieurs morts similaires qui s'étendent sur une cinquantaine d'années. Plus troublant encore, toutes les victimes avaient sur le bras des marques semblables à un symbole gravé sur un rocher de l'île : les « griffes du diable », dont la légende veut qu'elles aient été laissées par Satan lui-même...




Mon avis : 

 Lien de la griffe du diable sur le site de l'éditeur. 

La griffe du diable avait tout d'une histoire dépaysante et intrigante. Je me suis lancée dans cette lecture attendant beaucoup de l'intrigue, de l'ambiance et des personnages. Quel dommage que finalement je n'ai pas eu tout ce que j'espérais. L'atmosphère du roman reste son plus gros point fort.

L'île que l'on découvre au travers des personnages et du déroulement de l'enquête a quelque chose de folklorique, d'électrisant et de dépaysant. Elle semble être dotée d'une vie qui lui est propre et agir comme bon lui semble, témoin invisible d'une histoire de corps échoué, de possible meurtre.

On suit l'aventure d'après différents personnages et différentes époques, attendant que tout se lie enfin. Malgré une ambiance intéressante, j'avoue avoir connu un véritable flop avec les personnages. L'héroïne, journaliste n'aura pas su me plaire et j'aurais aimé qu'elle se lâche davantage, qu'elle dévoile plus ses émotions. Je l'ai trouvé trop lisse, insipide et sans charisme. Il en fut de même pour le tueur et le policier. Chacun possède pourtant une histoire, un vécu solide et intéressant, mais au fil des pages, je n'ai à aucun moment réussi à m'attacher à eux. Et l'on sait que si les personnages ne parviennent pas à nous donner un semblant d'émotion alors la lecture en devient pénible car "plate". 

Après des personnages pour qui je n'ai ressenti aucune empathie, ce fut le tour d'une intrigue longue, trèèèèès longue à se mettre en place et qui fait beaucoup trop de sur place à mon sens. Rien n'avance, on peine à en savoir davantage, c'est lent. L'auteur nous propose d'en découvrir davantage sur l'île et ses habitants, sur nos héros, mais elle ne fait que retarder les découvertes sur l'intrigue. Sans aucun lien en plus avec celle-ci. J'ai plusieurs fois refermé le bouquin préférant la compagnie d'un épisode de santa clarita diet à l'avancement de l'enquête de la griffe du diable. Je suis plutôt bon public en thriller. Me faut une ambiance, de bons personnages, un peu d'originalité et surtout une histoire qui me tienne en haleine, qui prend aux tripes et ce ne fut pas du tout le cas ici.

 Dommage, parce que j'attendais beaucoup de cette île, de son histoire et de son futur, mais peut-être qu'à trop misé sur l'aspect géographique de son roman, l'auteur en a oublié ses personnages.

vendredi 22 mars 2019

Le fou et l'assassin, tome 5 : Sur les rives de l'Art de Robin Hobb

Paru en 2019 aux éditions J'ai lu et en 2017 aux éditions Pygmalion.
573 Pages, Fantasy. 


La fille de Fitz, Abeille, a été enlevée par les Servants, adeptes d'une société secrète qui usent de prophéties pour étendre leur influence et augmenter leur richesse. Et Abeille joue un rôle crucial dans leurs manigances. Alors que la jeune fille est traînée par ses ravisseurs sadiques à travers la moitié du monde, Fitz et le Fou, la croyant morte, se lancent dans une mission de vengeance qui les conduit vers l'île lointaine où résident leurs ennemis. C'est de cet enfer dont le Fou s'est échappé, mutilé et aveugle, jurant de ne jamais revenir. Aujourd'hui, il n'est plus aussi impuissant qu'il y parait. De même, si Fitz n'est plus l'assassin inégalé de sa jeunesse, il reste un redoutable adversaire. Leur but est simple : s'assurer qu'aucun Servant ne survive.




Lien sur les rives de l'Art sur le site de l'éditeur.

Je ne cache pas mon amour ni pour cette auteure, ni pour sa fabuleuse saga de l'assassin royal et toutes les sagas dérivées. Robin Hobb a bercé mon adolescence et pouvoir continuer de suivre Fitz et ses amis à l'âge adulte ça n'a pas de prix...

Une fois encore je ressors de ma lecture, l'esprit dans un nuage, sous le charme et déjà nostalgique de toutes ces années passées en leur compagnie. Car oui, Fitz fait partie de moi. C'est bête à dire, mais un personnage tel que lui qu'on découvre enfant et qu'on voit grandir en même temps que soi, c'est incroyable et ça crée du lien. (C'est souvent la même chose avec des personnages de séries télé, comme Buffy, Mulder et Scully...)

Dans ce nouvel opus pas encore beaucoup d'action, tout est calme, malgré la menace qui plane au dessus des frêles épaules d'Abeille. Pourtant, ce nouvel opus de la saga est bourré de tension et d'électricité. On a flippe pour nos héros, on se demande s'ils vont finir par se rendre compte qu'il se trompe sur toute la ligne (Fitz et le Fou pensant Abeille morte et cette dernière ne se doutant pas un instant qu'ils vont se mettre à sa recherche.). Chaque chapitre ou presque alterne les points de vue pour apporter de la consistance à l'histoire et à ses héros. 

J'ai adoré le clin d'oeil à la saga Les Cités des Anciens lorsqu'enfin Fitz rencontre les dragons. Que c'était bien pensé et bien amené ! Madame Hobb a son histoire, son univers bien à elle, dans sa tête et chaque saga finit par se relier à la perfection. On sent pourtant avec cet opus que la fin est proche et qu'enfin Fitz pourra se reposer. Il sera parvenu à vaincre bon nombre d'ennemis, il sera temps pour lui de se mettre en retrait et de finir sa vie en paix. C'est tout le malheur qu'on lui souhaite.

J'ai adoré les nombreuses révélations, retrouver l'équipe qui accompagne Fitz, le Fou, Braise, Lant... mais surtout, je me suis sentie triste... triste parce que la fin approche et que je vais devoir à nouveau dire au revoir à mes héros. Madame Hobb a toujours su me captiver dès les premières pages et prenant le temps de mettre en place son univers et intrigue elle a su donner vie à des héros magnifiques et aussi tragiques que dans les pièces de Shakespeare. Hâte de me plonger dans le dernier tome ? Absolument pas, car alors ce sera un adieu...

lundi 18 mars 2019

Le coeur perdu des automates de Daniel H. Wilson

Paru en 2018 chez fleuve édition collection outrefleuve.
416 pages, science fiction.


Moscou, 1709. Un automate reprend vie dans un atelier, aux côtés d’une poupée à la mécanique tout aussi précise et complexe que la sienne, sa soeur. Doués de parole et d’une âme, ils ont pourtant tout oublié de leur passé. Et de la guerre qui déchire leurs semblables. De nos jours. Fascinée par les automates, June parcourt le monde à leur recherche, brûlant de percer leur mystère. Elle possède un étrange legs de son grand-père : une sorte de coeur finement ouvragé, réceptacle, elle le sent, d’un secret intemporel et d’une histoire épique. En effet, si les automates existent depuis la nuit des temps, dissimulés parmi les hommes, le compte à rebours pour leur survie a débuté. Et c’est June qui en détient la clef.



Lien de le coeur perdu des automates sur le site de l'éditeur.

Il y a des couvertures qui subitement vous donne envie d'ouvrir un bouquin. De le dévorer et de vous laisser porter par l'histoire. Ce fut le cas ici avec le coeur perdu des automates, un roman de science fiction steampunk qui saura plaire aux habitués du genre. Me concernant, j'ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui alterne deux époques différentes. Notre époque d'un côté et le 18ème siècle d'un autre,  moment où les automates ont vu le jour. Deux époques, plusieurs héros. June de nos jours qui répare des automates dans le monde entier, passion qui l'anime depuis toute petite, elle qui sans le savoir détient une clef qui pourrait tous les sauver et Pierre et Helena au 18ème siècles, deux automates qui luttent pour survivre.

Au départ ce changement d'époque peut troubler le lecteur car il se veut trop rapide. On a peu le temps de s'habituer à un personnage que déjà on le quitte pour sauter dans le temps. Peut-être parce que l'auteur a choisi des chapitres court afin de montrer la rapidité des événements et le fait qu'un compte à rebours s'est déclenché pour la survie d'une certaine forme de vie robotique. Si au départ, j'ai eu quelques difficultés avec ces changements un peu brusques, peu à peu j'ai laissé la lecture m'emporter avec elle et j'appréciais ces changement, même si l'histoire de Pierre et Helena a eu un impact plus fort sur mon ressenti que celle de June. 

Les automates sont fantastiques. Ils ont ce côté humain qui fascine et perturbe. Pierre et Helena ont un véritable lien tous les deux, tels un frère et sa soeur ils essayent de survivre dans un monde chaotique et une époque qui n'était pas prête de les voir mis au monde. L'action est présente peu importe le lieu et l'époque et l'ennui n'est pas au rendez-vous (du moins, pas dès le quart passé ou quelque chose se passe et on se sent concerné par l'aventure qui se déroule). 

Tout au long du roman on fait un voyage à travers le monde et les époques : l'Asie, l'Europe, la Russie, les Etats Unis, une véritable épopée pour protéger une clef qui saura protéger toute une espèce en danger. Le coeur perdu des automates est aussi très sombres, violents et brusques. Le sang et la violence coulent à flots, les morts se succèdent, peu importe l'année... 

Ce roman est donc un véritable voyage dans la violence et à travers le monde où il sera question de l'avenir des créations de L'Homme qui ne semble pas assumer ses inventions. Un bon roman pour découvrir la science fiction (surtout le steampunk) ou continuer à l'apprécier.


vendredi 1 mars 2019

Un homme parfait de Jo Jakman

Paru en 2019 aux éditions Marabout
272 pages Thriller


Jusqu’où iriez-vous pour vous venger de votre ex ? Phillip, le mari d’Imogen est un terrifiant manipulateur qui présente à tous l’image de l’homme parfait. Mais Imogen sait ce qu’il cache. Alors qu’ils sont en instance de divorce, Phillip lui donne quinze jours pour quitter la maison, faute de quoi il demandera la garde de leur fils. Lors d’une dispute, dans un moment de folie, Imogen l’enferme à la cave. Maintenant qu’elle semble contrôler la situation, jusqu’où sera-t-elle capable d’aller pour défendre son fils ?






Lien de Un homme parfait de Jo Jakeman sur le site de l'éditeur.
De quoi ça parle ?

Un homme parfait nous raconte une histoire de femmes. Une histoire de vengeance et de peur. Il sera question de trois femmes qui ont toutes à un moment de leur vie succombé au charme de Phillip. Ruby a été son épouse durant des années, Imogen est en instance de divorce tandis que Naomi est sa petite amie actuelle. Toutes ont un point commun : Phillip. Toutes ont été déçues et malmenés par celui qu'elles ont pourtant aimé. Toutes les trois vont apprendre à faire confiance aux autres, à se surpasser pour ne plus jamais vivre dans la peur. Le destin de trois femmes qui se haissent et qui pourtant vont de découvrir plus proches que jamais. 

Quelle est l'ambiance du roman ?

Un homme parfait est un roman qui vous coupe l'oxygène. De part le caractère de nos trois héroïnes, on a la sensation de n'avoir aucun pouvoir sur leur destin et on pourrait même jusqu'à dire que Phillip dirige leur vie de A à Z. On sent la pression de ses femmes qui se sentent en danger et surtout impuissante parce que leur ennemi est quelqu'un de rusé et d'apprécier. On est pris au piège d'un homme manipulateur et violent que rien n'arrêtera. On est sous tension, autant que nos trois héroïnes qui n'auront d'autres choix que de s'allier pour survivre face à un homme qui n'a rien à perdre.

Comment sont les personnages ?

Dans un homme parfait, nous avons droit à plusieurs personnages principaux qui se démarquent les uns des autres. On a Imogen qui est facilement manipulable, faible et peureuse. Tout ce qui lui importe c'est de garantir la sécurité de son fils et la sienne. Elle va apprendre à se surpasser et à trouver des ressources insoupçonnées pour affronter son agresseur. C'est une mère qui de banale et faible devient courageuse et forte. On a également Ruby, la naïve, la femme la plus âgée qui croit encore qu'il est possible de sauver son Phillip. Et enfin Naomi, la plus jeune et plus combative, qui refuse de se laisser faire par son petit ami. 
Phillip, le dangereux psychopathe va lui aussi surprendre par son côté sournois, intelligent et calculateur. J'ai adoré le haïr !

L'intrigue elle vaut quoi? 

Un homme parfait reste une histoire assez classique. Trois femmes qui tentent d'enfin s'échapper de l'emprise de l'homme qu'elles ont tant aimé. On a donc un schéma simple, mais efficace. Une première menace qui cette fois-ci ne passe pas et une femme qui décide de se battre pour la première fois pour protéger son fils. Voilà que des alliées improbables vont la soutenir et l'aider à tenir le coup. Au grand désespoir de leur ennemi qui ne s'attendait pas à un tel retournement de situation. Jusqu'à la fin on se demande comment cela va finir et on sait que rien de bon ne pourra sortir de cet enchaînement de rage et de violence. Le final surprend, je ne m'attendais pas à ce choix là de la part de l'auteur mais au moins, cela évite un peu le cliché et prouve que la roue tourne.

Et donc ?

Au final on a là un thriller simple, mais bougrement efficace. Nos héroïnes sont attachantes et vont sous nos yeux tenter le tout pour le tout pour éliminer celui qui leur a tant pourri la vie. Je recommande pour passer un chouette moment et se laisser entraîner dans un tourbillon de violence et de revanche.


mercredi 23 janvier 2019

Mon top lecture 2018



Comme annoncée plus tôt sur ma page facebook, je vais vous proposer mon top lecture de 2018. Des romans que je recommande vivement et à selon moi posséder dans sa bibliothèque. C'est partie. N'hésitez pas à cliquer sur le titre du roman pour accéder à mon avis.


Entre deux mondes de Olivier Norek.


Rouge toxic de Morgane Caussarieu

Mange tes morts de jack health

Dompteur d'anges de Claire Favan

Chéloïdes : Chronique punk de Morgane Caussarieu

Cadaver sancti de Jennifer Holparan

Le manufacturier de Mattias Koping

Techno Freaks de Morgane Caussarieu

Les coureurs de la fin du monde de Adrian J. Walker

10° Tu tueras le père de Sandrone Dazieri et Tu tueras l'ange de Sandrone Dazieri
 

Trois romans de Morgane Caussarieu, rien que ça et deux romans de Sandrone Dazieri que j'ai découvert cette même année. En bref, beaucoup de thriller et de diversité ! Jetez vous dessus !

mardi 22 janvier 2019

Le chant de Kali de Dan Simmons

Paru en 2018 chez Pocket, en 2005 chez Folio SF et en 1993 et  1996 chez j'ai lu.

368 pages. Fantastique/Horreur

" Il est des lieux maléfiques qui ne devraient pas exister. Il est des villes malfaisantes où l'on ne peut demeurer. Calcutta est de celles-là. Avant Calcutta, pareille idée m'aurait fait rire. Avant Calcutta, je ne croyais pas au mal, et surtout pas comme s'il était une force indépendante des hommes. Avant Calcutta, je n'étais qu'un imbécile. " Robert Luczak est envoyé à Calcutta par sa maison d'édition pour récupérer le mystérieux manuscrit d'un poète que tous croyaient mort depuis huit ans. Mission simple en apparence, mais qui prend des allures de descente aux enfers dès lors que son chemin croise celui des Kapalikas, secte vouée à l'adoration de la meurtrière Kali dont les membres font régner la terreur sur la ville. Sacrifices humains, cadavres ressuscités, meurtres en pagaille... Luczak comprendra - mais trop tard - que rien n'arrête le chant macabre de Kali.


Lien du chant de Kali sur le site de l'éditeur.

De quoi ça parle ?

Le chant de Kali est un roman sombre sur une divinité qui n'a rien de douce et de bienveillante. Notre héros est envoyé à Calcutta pour y rencontrer un pète que tous pensaient mort. Il serait pourtant bel et bien vivant et de nouveaux poèmes ont vu le jour. Robert est donc chargé de récupérer les documents, les authentifier et les ramener en Amérique pour une revue littéraire. Accompagné de son épouse, d'origine indienne et de sa petite fille, Robert fait donc un long voyage sans savoir qu'une fois sur place il sera témoin de choses effrayantes et que le recueil de poème ne lui sera pas offert gratuitement.

Quel est l'ambiance du roman ? 

Ce roman est très sombre. En le lisant, j'avais la sensation d'étouffer, que la nuit était éternelle et la chaleur exténuante. Nos héros vont avoir chaud, ils vont être épuisés psychologiquement et physiquement dans cette ville sale et éprouvante où la misère se retrouve à tous les coins de rue et où certaines sectes en profitent pour s'accaparer les plus faibles. Pourtant les riches sont bien présents et profitent de leur vie luxueuse sans se soucier des autres. C'est une ambiance assez angoissante et on ne ressort pas intacte de la visite des lieux. Croyez-moi, Dan Simmons ne donne absolument pas envie d'aller faire un tour du côté de Calcutta et de ses ruelles où les gens vous y attendent pour vous détrousser ou pire encore. Je pense que c'est d'ailleurs la vision de cette ville offerte par l'auteur qui nous glace le plus le sang.

Comment sont les personnages ?

Les personnages sont assez nombreux, mais très éphémères. Certains ne font qu'une brève apparition tandis que d'autres sont récurrents et ce ne sont pas forcément les plus sains. Krishna par exemple m'a filé des boutons. Vraiment. Il est grossier, sans gène et semble repoussant à tout point de vue. Il va chaque fois nous mettre mal à l'aise et jusqu'au bout, on se demande quel est son objectif final. Robert et son épouse, restent les personnages les plus normaux de ce roman. L'un tente simplement de récupérer des écrits et de prendre la poudre d'escampette tandis que sa femme voulait un retour aux sources complètement loupé. Elle soutiendra son époux jusqu'au bout et regrettera bien évidemment de l'avoir suivi. A côté de ça, on a également une forte représentation de la population indienne, mais surtout vu du côté obscur. Ils ont tous l'air méfiants, dangereux, fous et sournois. Sales aussi. Des habitants qui n'ont rien de bien sympathiques.

L'intrigue, elle vaut quoi ?

Honnêtement, l'intrigue est assez simpliste. On envoie un homme récupérer un objet dans une ville et forcément rien ne sera simple, personne ne voulait lui faciliter les choses. Robert donc va découvrir un côté encore plus sombre de la ville de Calcutta avec sa mythologie sur Kali, une déesse attirante mais aussi repoussante à la fois. Elle vous ensorcelle et vous enivre de sa beauté et de la sexualité qu'elle dégage pour mieux vous détruire, lentement. La folie semble chaque fois prendre le pas sur le fantastique et on en vient à douter de ce que voit vraiment Robert. L'intrigue mélange donc habilement mythologie et réalité, chaleur du pays et froideur de la mort qui semble bien présente sur de nombreuses pages. Cependant, parfois j'ai trouvé que les péripéties étaient un peu grotesques, un peu comme si l'auteur voulait faire durer la torture et trouvait maintes excuses pour que Robert ne reparte plus de Calcutta. Aura-t-il enfin son manuscrit entre les mains ? Est-il véritable ? Kali existe-t-elle vraiment ? On en devient fou et on ne sait plus où donner de la tête.

Et donc ?

Finalement, je pense que le chant de Kali est un très bon roman pour les débutants en fantastique. Ceux qui n'ont pas envie de voir les héros saigner et souffrir pendant 400 pages sont les bienvenus à Calcutta pour y suivre Robert dans son aventure incroyable. J'ai lu bien plus gores et violents, mais jamais un roman où une ville m'a paru aussi étouffante...

dimanche 13 janvier 2019

Les coureurs de la fin du monde de Adrian J. Walker

Paru en 2017 chez Hugo et Cie et en 2018 chez Pocket
640 pages science-fiction.


Plus personne n'attend rien de bon, ni rien de grand, d'Edgar Hill. À 35 ans, il est un père et un mari absent, et un homme éteint. Mais le désastre, souvent, nous révèle à nous-même. Séparé de sa femme et de ses enfants par plus de 800 kilomètres, Edgar n'a qu'une seule option pour les rejoindre. Courir. Courir jusqu'à l'épuisement. Dépasser ses limites. Se battre contre soi-même. Et contre les dangers qui, tout au long de sa traversée d'un Royaume-Uni dévasté par une catastrophe, menaceront jusqu'à sa survie même. S'il n'arrive pas à temps, il perdra sa famille. Pour toujours.







Lien de les coureurs de la fin du monde sur le site de l'éditeur.

Quand j'ai découvert ce titre et le petit message qui indiquait un coup de coeur de Stephen King, je n'ai plus hésité. Je n'avais pas lu de roman post-apocalyptique depuis pas mal de temps et j'avais envie de m'y remettre. Je suis ravie de me rendre compte que le genre a encore de belles pépites à nous proposer et que moi aussi j'ai adoré ce livre.

Les coureurs de la fin du monde est un sacré pavé, mais une fois la lecture commencée, on ne s'arrête plus et aucune impression de lenteur au fil des pages. Melange de thriller et de science-fiction, ce roman nous raconte l'histoire d'un homme normal, un père de famille d'une trentaine d'année qui n'a rien d'exceptionnel.

Que ce soit physiquement ou psychologiquement, Edgar Hill ne se démarque pas des autres. Il se fond dans la masse, passe inaperçu. N'a jamais fait quelque chose d'exceptionnel. Edgar est un homme comme les autres. Voilà le premier point positif de ce roman. On ne cherche pas un super héros, un mec fort, coriace et violent qui saura toujours se sortir de toutes les situations. Non Edgar est parfois maladroit, un peu faible et trouillard. Edgar pense avant tout à sauver sa peau et à survivre. Il a du mal à faire confiance aux autres, mais la chose qui le maintient en vie et lui permet de se dépasser, c'est l'idée d'enfin retrouver sa femme et ses deux enfants.

Car Edgar est avant tout un père de famille et même s'il a des défauts, s'il n'est pas le père parfait et idéal, il aime sa famille et jusqu'à la dernière page, on sentira ce désir chez lui de les retrouver et de leur dire à quel point il les aime. Certains pourront reprocher la lenteur et longueur du roman, mais à l'inverse d'eux, j'ai trouvé que cela nous permettait de mieux comprendre les enjeux et ce nouvel environnement que découvre Edgar en même que nous.

Des milliers de caillou venu de l'espace se sont écrasés sur terre, détruisant une grande partie des villes et pays. La désolation domine et Edgar découvre avec horreur que les paysages qu'il a connu n'y ressemble plus que dans son souvenir. Il n'y a plus rien, tout n'est que néant, tristesse, sécheresse et désolation. Les survivants sont devenus violents, agressifs, ils protègent tant bien que mal leur dernière propriété et richesse. Il faut se battre pour continuer sa route, une longue route qui le séparer de sa famille emmenait en sécurité alors qu'il était en mission de récupération.

Mais Edgar se moque des entraves, il ne pense plus qu'à sa femme, sa fille et son fils. Il a besoin de les retrouver et c'est cette force intérieur qui lui permettra de marcher et de courir sur de longues distances. Les rencontres qu'il fera lui prouveront que son choix est le bon, que la famille est ce qu'il y a de plus importants et grâce à ces compagnons de voyages il va apprendre beaucoup sur lui-même.

Les coureurs de la fin du monde est un bijou dans le milieu du post-apocalyptique. Parce qu'il est cohérent et crédible et propose des personnages qui ressemblent réellement aux lecteurs. Nous pourrions tous êtres Edgar ou son épouse. Nous pourrions tous nous retrouver à sauver notre peau, à parcourir un long chemin à la recherche du salut. Voilà un livre que je classe dans mon top 10 de 2018. (Top 10 à venir dans les prochains jours)





dimanche 6 janvier 2019

La mort n'existe pas de Damien Eleonori

Paru en 2018 aux éditions de Saxus.
320 pages Thriller.



Et si la fin du monde annoncée par les mayas avait réellement eu lieu sans qu'aucun d'entre nous ne s'en soit rendu compte ? 21 décembre 2012 Et si la fin du monde annoncée par les mayas avait réellement eu lieu sans qu'aucun d'entre nous ne s'en soit rendu compte ? Sur le toit d'un hôpital parisien, Léo Liberati laisse son regard se perdre sur la capitale illuminée. Tant de choses se sont passées en trois jours. Il monte sur le parapet et étend les bras. Son dernier regard est attiré par le cadran de l'horloge trônant sur l'église du quartier de Petit-Montrouge. 4h44. Finalement tout était écrit depuis longtemps, il lève les yeux et, tel un ange, s'envole vers les cieux avant de retomber, entrainant l'humanité avec lui. Et si la fin du monde avait bien eu lieu, sans qu'aucun être humain ne s'en rende compte ?


Lien de la mort n'existe pas sur le site de l'éditeur.

Je lis très peu les thrillers de ce genre-là. Où il est question de croyance, de paradis, d'âmes et de toute cette thématique.

La mort n'existe pas m'aura donc surprise parce que je ne m'attendais pas du tout à cela. C'est une lecture agréable, mais un peu prévisible et parfois trop confuse.

Si le roman commence comme un thriller plutôt classique : un homme est accusé d'un meurtre, très vite on se rend compte que le fantastique n'est pas loin. Léo n'a aucun souvenir de ce dont on l'accuse et il va faire des rencontres pour le moins surprenante qui vont l'amener à comprendre ce don particulier dont il dispose.

La plume de l'auteur est fluide, la lecture se fait sans heurt et gêne. Au contraire, on se laisse facilement couler dans ce torrent de rebondissements et de surprises. Seulement, il faut s'accrocher non pas pour le style, mais bien pour la compréhension du roman. L'auteur a beaucoup d'idées, cela se sent, mais parfois à trop nous donner des informations, on finit par se perdre et ne plus réellement comprendre l'enjeu majeur de l'intrigue. Ce fut d'ailleurs le point faible du roman en plus d'une trop grande multitudes de personnages. Trop de prénoms à retenir, trop de protagonistes qui parfois manquent de saveur ont fait que j'ai parfois perdu le fil du roman. J'ai du parfois revenir en arrière pour me souvenir d’événements important pour être sûre de ne rien louper.

Alors oui, on se laisse couler avec le héros, on accepte les informations données, mais cela manque tout de même d'explications, d'approfondissements. On reste dans ce premier tome (parce qu'il s'agira d'une série) en surface, on ne va pas suffisamment au bout des choses. Chaque élément parvient vers la fin à se souder aux autres, mais cela manquait de naturel, comme si l'auteur forçait un peu chaque données à se lier à un tout. (oui, c'est un peu compliqué à comprendre dit comme ça, mais je ne vois pas comment vous expliquer davantage sans spoiler).

Léro est un homme classique, et ça ce fut une très bonne chose. Il n'a rien d'atypique, pensait mener une vie banale, une femme et une fille pour aider à compléter son bonheur. Malgré cela, Léo ne peut s'empêcher de penser à son ex, Aya, celle qui a tant marqué son passé et qu'il ne parvient toujours pas à oublier.

Et lorsqu'il se réveiller à l'hôpital accusé d'un meurtre, forcément qu'il nie avoir commis, tout bascule pour le héros.

S'il n'y avait pas eu le côté "religieux" et "ésotérique" du roman, j'aurais, j'en suis certaine bien plus accroché. Malheureusement, je suis du genre à fuir les romans de Dan brown par exemple et La mort n'existe pas se rapproche énormément de ce genre-là. A l'inverse, si vous êtes adepte de ce genre de thriller, n'hésitez pas, vous serez ravi !