dimanche 14 octobre 2018

La colère de Ben d'Adeline Dias

Publié en 2017 chez Rebelle éditions.
187 pages. 
Romance à partir de 16 ans.


La Confrérie des Chats de Gouttière est un groupe de cinq amis d’enfance dont les destins se croisent et se séparent pour mieux se retrouver. Benoit est un homme d’affaires à qui tout réussit ou presque. Charlotte, la femme dont il est amoureux depuis l’adolescence va se marier avec Jeremy, l’un de ses anciens meilleurs amis. Refusant d’admettre sa souffrance face au couple et à la Confrérie, Benoit demande à Maud, sa toute nouvelle assistante, de se faire passer pour sa compagne.







Adeline est une auteur que j'ai découvert avec son premier opus L'orgueil de Jay. Ce premier opus m'avait à l'époque beaucoup plu. Chaque année maintenant, je lui achète un roman pour découvrir petit à petit tous ses univers. J'ai enfin trouvé le temps de me plonger dans la colère de Ben et j'ai passé un très bon moment. J'avais d'ailleurs hâte de retrouver notre groupe de la confrérie des chats de gouttière et plus particulièrement Ben qui il faut bien l'avouer, subit beaucoup dans le précédent roman. Cette fois-ci, il est mis à l'honneur et va enfin pouvoir avancer malgré la perte de son grand amour qui lui a préféré quelqu'un d'autre. Ben ne tiendra pas seul le rôle principal du roman. Baptiste le frère de Ben est aussi très mis en avant dans ce tome-ci et j'ai été ravie de pouvoir aussi suivre l'évolution du plus jeune de la troupe qui s'affirme de plus en plus et fait des révélations le concernant qui risqueraient de changer le regard des autres.

On retrouve donc une plume douce et réaliste. Adeline a cette capacité à dresser le portrait de personnage qui ne serait pas sans rappeler nos propres amis tant ils sont réalistes. Ils ont des qualités, mais aussi des défauts. Aucun n'est parfait et chacun tente d'avancer dans sa propre vie. Ils ont leur lot de secrets et de déceptions, mais tentent chaque fois de poser carte sur table pour ne jamais laisser leur souci empiéter sur leur amitié.

Dans la colère de Ben donc, on fait la connaissance d'un nouveau personnage : Maud. Cette jeune maman va devenir l'assistante de Ben, prenant ainsi la place de Charlotte au sein de l'entreprise de Ben. Très vite, on voit que la relation entre les deux est virulente, Maud n'ayant pas sa langue dans sa poche et Ben , très malheureux, est très irritable. Un patron tyran, voilà ce qu'il est devenu depuis qu'il a compris qu'il n'aurait jamais autre chose que de l'amitié de la part de Charlotte. Alors oui, on sent sa frustration et sa peine, mais Ben est bien plus que cela. Il est furieux, en colère. Il pense qu'on s'est joué de lui et qu'on lui a vendu un peu trop de rêve. Pourtant, malgré son côté détestable, Ben est en or. Intelligent, affectueux, sincère et droit dans ses pompes, il va devoir prendre sur lui pour regarder un peu plus autour de lui et apprivoiser sa nouvelle assistante qui lui sera la mise plus d'une fois. Maud c'est la jeune femme qui vit avant tout pour son enfant. Elle fait tout en fonction de ce dernier afin de lui faciliter la vie et de le rendre heureux. Et on ne la comprend que trop bien puisque son fils n'a plus qu'elle. Maud va donc prendre sur elle lorsque Ben sera froid et arrogant avec elle. Elle ne mouftera pas quand il exigera trop de boulot de sa part. Mais Maud ne veut pas perdre ses instants de bonheur avec son fils pour un boulot qui ne fait que la rabaisser au rang de "sous-fifre" et c'est ainsi que j'ai ressenti le personnage.

Maud est prête à accepter beaucoup, dîner avec son patron pour arrondir les angles de ce dernier vis à vis de ses amis, travailler tard le soir et dur pour que les dossiers soient toujours à jour. Accepter de prendre la place de Charlotte, celle qui a toujours su faire battre le coeur de Ben, mais Maud reste humaine et peu à peu on sent sa carapace se fissurer. C'est là le talent d'Adeline. Elle fait vivre de véritables personnes sous nos yeux qui n'ont quasi plus rien d'imaginaire puisqu'ils sont réalistes et que toutes leurs actions sont crédibles et sincères. Cela donne lieu à une belle histoire d'amour sur fond d'amitié et de déceptions. Et j'applaudis tout ça, parce qu'en tant que lectrice, j'ai vu les personnages vivre sous mes yeux un peu comme on suit une série télé comme friends, où on s'identifie et on adore les héros.

J'ai aussi beaucoup apprécié la mise en avant de baptiste et de la révélation de son homosexualité. C'est raconté avec pudeur et douceur, Adeline n'en rajoute pas des tonnes, elle offre une histoire passionnante et intimiste entre deux hommes qui se découvrent une attirance physique et émotionnelle sans qu'ils ne l'aient cherché. C'est très tendre et cela apporte la touche de douceur en plus et en toute simplicité.

En bref, La colère de Ben est un très bon second opus. Une romance qui fonctionne de part sa simplicité et sa justesse. Adeline est sincère et crédible lorsqu'elle met en scène des personnages qui vous ressemblent et me ressemblent de par leur différent trait de caractère et il serait dommage de passer à côté !

Une romance tout en douceur et en finesse que je recommande.

samedi 6 octobre 2018

Tu tueras l'ange de Sandrone Dazieri

Année d'édition :  2018
Edition :  Editions Pocket
Nombre de pages :  640 pages 
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture : 
La mort rôde, aussi belle que fatale. Serez-vous sa prochaine victime ? Lorsque le TGV Milan-Rome arrive à quai, la police fait une macabre découverte : tous les passagers de la classe affaires sont retrouvés morts. Si les premiers indices orientent l'enquête vers un attentat, la commissaire adjointe Colomba Caselli, muscles d'acier et âme fragile, est persuadée du contraire. Pour elle, seul Dante Torre, l'« Homme du silo », est capable d'y voir clair dans ce brouillard de mensonges et de fausses pistes. Très vite, ils découvrent que ce massacre n'est que l'énième épisode d'une longue série de carnages, sur laquelle plane l'ombre d'une mystérieuse figure féminine. Elle ne laisse aucune trace, juste un nom : Giltiné, l'ange lituanien des morts.


Mon avis :

Tu tueras l'ange sur le site de l'éditeur 

Une fois encore, c'est d'un thriller que je vais vous parler. La suite de Tu tueras le père. Enfin, suite étant un bien grand mot parce que même s'il se déroule après, Tu tueras l'ange est une toute nouvelle affaire. Colomba sera amenée à enquêter sur un attentat revendiqué par un groupe de terroriste, seulement, cette dernière n'y croit pas. Son flair a parlé et il lui faut davantage enquêter parce que la thèse de l'attentat ne lui semble pas cohérent. Très vite, il lui sera nécessaire d'avoir l'avis de Dante, qu'elle n'a plus revu depuis sa dernière enquête qui a failli leur coûter la vie. 

Une fois encore, je ressors complètement satisfaite de ma lecture. Sandrone Dazieri mène son roman avec brio et n'hésite pas à nous surprendre du début à la fin tout en distillant au compte goutte des indices qui nous mènent jusqu'à la révélation. Pourquoi cette femme inconnue semble toujours de près ou de loin lié aux crimes ? Que veut-elle ? Pour qui agit-elle ? 

Tout au long du roman, on va en apprendre un peu plus sur cette femme surprenante et dangereuse. Elle sera une véritable énigme pour notre duo qui aura beaucoup de mal à cerner sa personnalité et surtout ses motivations.

L'Ange est un personnage troublant et intéressant. Ses principes et convictions peuvent choquer au premier abord, mais il est surtout question de vengeance, de douleur et de tristesse. Une femme qui depuis toute jeune aura suivi ce même chemin chaotique semant la mort autour d'elle. D'une certaine manière elle amène beaucoup de poésie autour d'elle, une poésie destructrice et violente.

Le roman est dense, pourtant à aucun moment on ne s'ennuie parce que justement l'auteur fait en sorte que chaque événement amène quelque chose de nouveau dans l'enquête. C'est passionnant du début à la fin et l'évolution entre Dante et Colomba avance lentement, mais sûrement. Leur relation est tout aussi passionnante que l'enquête qu'ils mènent en toute discrétion pour éviter beaucoup de soucis.

Tu tueras l'ange est une réussite. Un thriller efficace et addictif qui nous donne envie de lire d'autres aventures de Dante, personnage loufoque, dérangé mais adorable. Il me tarde de les retrouver tous les deux !

dimanche 16 septembre 2018

Fête des pères de Greg Olear

Année d'édition :  2018
Edition :  pocket
Nombre de pages :  448
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Sa femme partie en déplacement professionnel, Josh Lansky, scénariste, doit rester une semaine seul avec ses deux enfants en bas âge. Jusqu'à ce vendredi, il a réussi, tant bien que mal, à gérer l'essentiel : les petits sont toujours vivants, lui-même a survécu à Dora l'exploratrice, et n'a pas encore totalement pété les plombs. Mais lorsqu'il apprend par hasard que son épouse lui est peut-être infidèle, il ressent soudain le besoin urgent de faire une pause. Comme si c'était possible !







Mon avis : 

Lien du livre Fête des pères sur le site de l'éditeur

Parfois changer de registre, permet de souffler. C'était bien là le but, surtout lorsque j'ai lu le résumé de ce roman. Une lecture atypique dans mon horizon et qui m'aura fait passer un bon moment.

Ici on rencontre Josh, scénariste qui bosse depuis chez lui et qui est un peu l'homme au foyer. A lui de gérer le ménage, les courses, les enfants, le travail de son épouse qui l'envoie souvent à distance et surtout les commérages du voisinage. On peut tous facilement se reconnaître en Josh malgré son énorme imagination. Parce que croyez-moi, Josh a vraiment une case, quelque chose qui ne tourne pas rond et il se sent obligé de tout scénariser à sa sauce.

Josh donc va devoir gérer ses enfants, surtout son fils qui demande beaucoup d'attention du fait de son autisme. Sa petite fille aussi qui ne cesse de réclamer ses dessins animés à tout va. On a donc une partie centrée sur la relation entre un père et ses enfants et c'est assez inédit de lire cela pour moi puisque généralement ce sont les mamans qui sont mises en avant avec leurs enfants. ( A part un roman de Maxime Gillio, ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres.) Aussi je dois bien avouer que c'était touchant et très réaliste de voir cette relation entre un père et ses enfants, surtout qu'avec le petit garçon, on sent vite le père dépassé par les événements, mais ne lâchant pas pour autant et faisant son possible pour améliorer la vie de ses petits bouts.

D'un autre côté on assiste à la révélation du voisinage. Toutes ces personnes qui gravitent autour de notre héros avec leur propre problème, leur lot de petites indiscrétions et toutes les rumeurs qu'elles se plaisent à lancer de ci de là. Josh en sera d'ailleurs victime puisque l'une de ses voisines, qui ne le laisse pas indifférent physiquement va très vite lui mettre la puce à l'oreille : son épouse le trompe en voyage d'affaire. On va donc assister à la presque chute d'un homme affaibli émotionnellement qui en plus de gérer sa famille va devoir lutter contre l'envie d'infidélité qui l'anime.

Entre tout ce que subit Josh, il va pourtant nous offrir des moments de pure délire lorsqu'il met en scène les gens qui l'entourent via de petits scénarios qu'il invente au fur et à mesure et je dois bien avouer que j'ai souvent ri de ses idioties, surtout lorsqu'il imagine sa femme avec un autre homme !

En bref, Fête des pères, c'est un roman qui change la donne. Au revoir la femme au foyer qui gère tout pendant que son époux s'en va en voyage d'affaire et bonjour le papa poule qui subit et n'a qu'une envie : fuir toutes ses obligations. Un homme attachant et qui est davantage le portrait réaliste des hommes qui nous entourent.




lundi 3 septembre 2018

La part des ombres tome 1 de Gabriel Katz

Année d'édition :  2018
Edition :  pocket
Nombre de pages : 345
Public visé : Adulte & Young Adult 
Quatrième de couverture : 
La Goranie était jadis une terre de conquérants, elle n'est plus aujourd'hui qu'un pays occupé, avec à sa tête un roi fantoche. Dix ans déjà que les Traceurs, peuple guerrier descendu des montagnes pour " pacifier " le pays, règnent en maîtres sur le royaume. Discipline, terreur, corruption, tout semble fonctionner sans le moindre accroc jusqu'au jour où tout bascule. Une noce qui tourne au drame, un massacre tenu secret... et un homme qui se dit revenu d'entre les morts, pour lever le peuple contre l'occupant. On l'appelle le Fantôme, et pour animer la lame de fond qui renversera le régime, il a besoin de combattants – des mercenaires de haut niveau, capables d'encadrer, de former, et d'affronter les terribles guerriers de la Trace. C'est ainsi qu'entrent en scène trois personnages venus des quatre coins du monde (et surtout des autres séries de Gabriel Katz) : une maîtresse de guerre, un gladiateur de haute volée et... un beau gosse qui ne sait pas très bien comment il s'est fait entraîner là-dedans.

Mon avis :

La part des ombres sur le site de l'éditeur. 

Gabriel Katz est un auteur qui piquait ma curiosité depuis quelques temps déjà. J'ai pu lire la nuit des cannibales que j'avais vraiment beaucoup aimé et du coup je savais qu'une fois encore, l'auteur saurait m'emporter dans un tout nouveau univers. Je ne m'étais pas trompée et La part des ombres rejoint la liste des saga de fantasy française à lire d'urgence !

Il est ici question de vengeance et de liberté. D'un peuple oppressé et soumis qui n'en peut plus de voir les grands et les envahisseurs profiter de leur faiblesse. Et il n'en faudra qu'un pour les soulever tous et leur permettre de se battre et de retrouver leur liberté. L'histoire avance rapidement, sans nous laisser le temps de nous reposer. L'action est présente, bien détaillée et représentée, de sorte qu'on assiste à de véritables duels et batailles sous les mots qui défilent.  

Nos personnages, que dis-je nos héros sont nombreux et ont tous à cœur de permettre au peuple de s'en sortir. Entre la maîtresse de guerre, Kaelyn, personnage emblématique et très intrigant (dont je pense lire les aventures prochainement), Desmeon, le gladiateur à l'humour aussi tranchant que la lame et d'autres héros qui font parfaire la panoplie de sauveur, on a là un groupe vraiment hétéroclite et qui nous donnent envie de dévorer le roman. 

La plume nous happe et nous accroche dès les premières lignes et nous offre une histoire sombre et surprenante où la loi du plus fort domine. Et c'est Fantôme qui va réunir cette bande atypique pour frapper fort sans que les dirigeants ne s'y attendent. Leur but étant simplement que le peuple se réveille et se rebelle contre l’oppresseur. 

L'intrigue reste assez sombre, on sent la noirceur et la crasse dans laquelle nos héros évoluent (suffit de se souvenir du mariage, première grosse séquence du roman qui en fera frémir plus d'un !), pourtant malgré cela il existe aussi une certaine légèreté dans la façon dont nos héros abordent les choses. 

C'est donc un excellent premier tome, qui tient toutes ses promesses et même au delà et j'ai hâte de découvrir d'autres univers de l'auteur. 

dimanche 26 août 2018

Tu tueras le père de Sandrone Dazieri

Année d'édition : 2017
Édition: pocket
Nombre de pages : 672
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : Petit garçon, Dante Torre a survécu à l'enfer de la séquestration. Il enquête désormais sur une vertigineuse affaire d'enlèvements d'enfants. Car son ravisseur sévit toujours...
« Meilleur thriller de l'année 2014 » selon Il Corriere della Sera, Tu tueras le Père est un véritable best-seller en Italie, vendu dans plus de dix pays et bientôt adapté en série TV.

Sous un soleil de plomb, un homme court, désorienté, le long d'une route qui mène à Rome. Luca, son jeune fils, a disparu lors d'un pique-nique familial dans le Pratoni del Vivaro, un parc naturel à quelques kilomètres de là. Les enquêteurs dépêchés sur place découvrent bientôt la mère dans une clairière, décapitée. Ils pensent que c'est lui, le mari, qui dans les affres d'une dispute conjugale, a tué son fils, puis caché le corps. Mais où ? Aucune trace de l'enfant, nulle part. Quand Colomba Caselli arrive sur les lieux de la reconstitution, elle comprend immédiatement que quelque chose ne tourne pas rond... Colomba a trente-deux ans et des yeux d'un vert changeant. Elle est belle, instinctive, physique, mais elle n'est plus en service. Elle a pris un congé à durée indéterminée après avoir assisté, impuissante, à un événement tragique qu'elle nomme avec pudeur « Le Désastre » ; et qui l'a laissée très fragile. Cependant, même retirée de la vie policière, elle ne peut cesser d'être un flic et l'un des meilleurs. Le commissaire Rovere, son ex-patron, le sait : il lui demande comme une faveur de mener l'enquête pour lui, en toute discrétion, et d'aller consulter un expert du rapt et de la maltraitance infantile, Dante Torre, surnommé « l'enfant du silo ». Avec son allure de Bowie punk, maigre et toujours vêtu de noir, complètement phobique, dépendant, obsessionnel et paranoïaque, Dante a une approche très personnelle de son travail. Et pour cause : il a été enlevé lorsqu'il était un tout jeune garçon. Pendant onze ans, il a grandi dans l'exiguïté d'un silo à grains avec pour seul contact avec le monde extérieur un mystérieux individu qu'il appelle « Le Père ». À présent, l'enquête de Colomba le confronte à son pire cauchemar. Car, derrière la disparition du petit Luca, Dante reconnaît très vite la signature de ce « Père » jamais identifié, jamais arrêté. Mais si tel est le cas, pourquoi son geôlier aurait-il décidé de frapper à nouveau ? Et pourquoi tant d'années plus tard ? Colomba s'interroge : peut-elle vraiment se fier à son partenaire ? Ou bien Dante l'entraine-t-il, malgré elle, dans l'enfer d'une chasse aux fantômes ? Entre flashback, machinations et course contre la montre, Sandrone Dazieri construit un magnifique thriller qui plonge le lecteur dans un crescendo constant d'adrénaline.

Mon avis :

Quand ce roman est sorti, il m'avait fait de l'oeil. Mais je n'y avais plus trop pensé jusqu'à sa sortie en format poche suivie de la suite Tu tueras l'ange. Alors à la sortie de la suite en format poche, je n'ai pas pu m'empêcher de me plonger dans ce roman pour enfin découvrir un auteur dont on parle énormément en bien.

J'en suis sortie toute chamboulé parce que malgré une histoire de disparition qui semble commencer de manières on ne peut plus classique, Tu tueras le père propose quelque chose qui va bien au delà de tout ce que j'avais pu imaginer. Si on débute avec une disparition, un meurtre et un coupable tout désigné, très vite, les personnages principaux nous font comprendre que les événements qui se déroulent sous nos yeux ne sont pas que ça. 

Dans tu tueras le père, on fait la connaissance de Colomba, un commissaire qui a un instinct incroyable. La jeune femme n'hésite pas à se mettre en danger et à mettre sa carrière en danger si elle est certaine de comprendre une enquête à sa manière. Colomba ne voit pas dans cette affaire un simple enlèvement et un meurtre classique. Un enfant disparu, sa mère assassinée et voilà qu'on trouve dans le père le suspect idéal. Trop facile ? En effet, et Colomba va très vite se tourner vers Dante, un homme capable de retrouver toutes les personnes disparus. Un génie de la résolution d'affaire troublante. Et pour cause, Dante n'est pas un homme comme les autres. Kidnappé enfant et maintenu captif dans un silo, Dante n'a pu en sortir que par miracle. Depuis, les stigmates de sa captivité en ont fait un homme étrange et qui met les autres mal à l'aise. Il a pu étudier le comportement humain depuis sa geôle et n'hésite pas à s'en servir pour retrouver des gens disparus.

Ce qui m'a beaucoup emballé en plus d'un duo improbable et très attachants, c'est la facilité avec laquelle l'auteur nous trimballe d'une possibilité à une autre. On se retrouve pris dans les filets d'une intrigue digne des meilleurs thriller avec son lot de surprises et de rebondissements. Le père, cet homme qu'on ne parvient pas à identifier et dont on doute encore de l'existence mettra un rude bordel dans l'enquête de notre binôme. 

Enfant envolé ? Assassiné ? Destiné à servir à des fins scientifiques ? Jusqu'au dernier quart du roman on se pose mille et une question et on hésite à croire ce qu'avance nos héros parce que non seulement cela paraît improbable, mais en plus cela confirmerait certaines conspirations émises par d'autres acteurs du roman. 

Vraiment, j'ai passé un moment surprenant, et j'ai bouffé ce gros pavé comme pas possible, m'en voulant même de ne pas m'être jeté dessus dès sa sortie !

vendredi 17 août 2018

La perfection du crime de Helen Fields

Année d'édition :  2018
Edition :  Editions Marabout
Nombre de pages :  364
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture : 
Perdu dans une région montagneuse isolée, un corps se consume. Seules des dents et un fragment de vêtement permettent d'identifier les restes carbonisés de l'avocate Elaine Buxton. Dans une pièce dissimulée aux yeux de tous, dans une grande maison d'Edimbourg, la vraie Elaine Buxton hurle dans le noir.
L'inspecteur Luc Callanach vient juste de prendre ses fonctions quand l'affaire de la disparition d'Elaine est requalifiée en meurtre. Ayant abandonné une carrière prometteuse à Interpol, il tient à faire ses preuves aux yeux de sa nouvelle équipe. Mais le meurtrier a couvert ses traces avec un soin tout particulier. Bientôt, une autre jeune femme disparaît, et Callanach se trouve embarqué dans une course contre la montre. Du moins le pense-t-il...
Le véritable sort des deux femmes se révélera être bien plus terrible tout ce qu'il pourrait imaginer.


Mon avis :

Il m'aura fallu du temps pour vous parler de ce petit bijou. J'avoue avoir complètement été séduite et par l'intrigue et par les personnages. C'est un thriller terriblement efficace et qui propose une histoire des plus sordides. On va donc faire la connaissance d'un flic, Luc Callanach. Très bel homme, il va devoir prouver qu'il n'est pas qu'une belle gueule. Plus facile à dire qu'à faire dans un milieu où le physique ne compte pas et surtout où la jalousie règne vite.

Beaucoup de charisme et de caractère que ce Luc qui malgré son côté mannequin n'hésite pas à se mouiller pour démontrer qu'il est autre chose qu'un ancien top model. Pourtant il en veut et surtout il a une intuition qui ne manquera pas d'étonner et de faire beaucoup parler dans son dos. En plus de faire face à une toute nouvelle équipe qu'il dirige et qui se montre pleine d'animosité à son encontre, Luc va devoir résoudre une enquête plus complexe qu'elle n'y parait lorsque plusieurs disparition remontent à la surface et que l'une des enquêtes se terminent par la découverte d'un corps en lambeaux...

La perfection du crime c'est une histoire sordide de kidnapping, de séquestration, de torture physique et psychologie et de meurtre. L'histoire d'un homme qui a besoin d'une attention particulière des femmes et même si on connait très vite son identité, il ne cessera de nous surprendre par son ingéniosité, mais aussi par certains côtés très capricieux de sa personnalité complexe. Veritable sociopathe, notre criminel donnera du fil à retordre à notre duo d'enquêteur et on est pressé de voir comment ils lui mettront la main dessus.

L'histoire est palpitante et frustrante parce qu'on espère toujours que notre héros mettra vite la main sur le tortionnaire, mais ce dernier semble avoir pensé à tout.

Les personnages qui gravitent autour de Luc ne manquent pas de personnalités non plus et même si certains ne sont pas très corrects vis à vis de lui, chacun comprendra le potentiel de ce dernier face aux enquêtes les plus sensibles. Point d'histoire fleur bleue ou de romance exagéré dans La perfection du crime même si on apprécie de voir l'évolution de certaines relations. Tout se fait en douceur sans jamais empiéter sur l'enquête de Luc. 

En bref, jusqu'au final des plus intenses, la perfection du crime est un thriller très efficace et qui va vous garder éveiller de nombreuses nuits ! Effet garanti ! 

dimanche 5 août 2018

Quelque part avant l'enfer de Nicolas Tackian

Année d'édition :  2015
Edition :  scrinéo
Nombre de pages :  320
Public visé :   Adulte
Quatrième de couverture :
Anna R. est une survivante. L'espace d'une seconde, lorsqu'une tonne d'acier a fracassé l'habitacle de sa voiture, elle a vécu une expérience de mort imminente. De retour parmi les vivants, Anna n'aura de cesse d'essayer de comprendre ce qui lui est arrivé. Qui était cet homme baigné de lumière noire qui la menaçait jusqu'aux portes de la mort ? Pourquoi n'a-t-elle pas, comme les autres « expérienceurs », la conviction de pouvoir vivre une vie meilleure ?
Parfois, il faut peut-être mieux ne pas revenir...







Mon avis :

Lien vers quelque part avant l'enfer sur le site de l'éditeur
Une couverture énigmatique. Un titre accrocheur et me voilà plongée dans la lecture de quelque part avant l'enfer. Il faut dire que le sujet est des plus intéressant. L'expérience de mort imminente, vaste sujet dont on a déjà entendu parlé des dizaines de fois et dont on ignore vraiment s'il existe. L'auteur a décidé d'en faire le point de départ pour un thriller plutôt efficace qui pourra vous faire passer quelques nuits blanches.

Anna a eu un accident de voiture après avoir déposé son fils à l'école. Elle en réchappe de peu et fait une expérience traumatisante. Elle rencontre un homme baigné d'obscurité qui lui promet qu'il la tuera. Dès lors, Anna voit sa vie changer et le spectre de ce tueur ne cessera de la hanter.

L'héroïne n'est pas des plus attachante. J'ai eu la sensation qu'elle laissait un peu trop les choses couler et qu'elle allait d'elle même au devant du danger. Etrange comportement quand on sait qu'elle est maman d'un petit garçon qui a besoin d'elle. Petit garçon qui fera aussi les frais de cette ombre agressive. Anna semble comblée dans sa vie de famille. Un mari attentionné, un enfant adorable, mais elle a un vide depuis son accident et quelque chose qui lui donne envie d'avoir une vie plus palpitante et c'est grâce à Roody un spécialiste des expérience de mort imminente qu'elle va parvenir à comprendre ce qu'elle a vécu.

Anna fera de nombreuses rencontres qui lui permettront de se faire un nouvel avis sur son état psychologique et s'il n'y avait pas ce tueur qui la pourchasse, Anna serait plutôt heureuse. Mais voilà Quelque part avant l'enfer est avant tout un thriller et on va tenter de comprendre pourquoi ce serial killer en a après notre héroïne. Tout un cheminement sera mis en place, un véritable jeu de piste pour trouver des indices sur l'identité de cet homme qui lui veut du mal. Et jusqu'aux révélations finales, on ne voit pas toute l'histoire d'avance. L'auteur a su garder pas mal de mystères et a su nous amener sur de fausses pistes pour qu'à aucun moment on ne devine la fin. Très malin de sa part tout comme d'amener un côté un peu effrayant avec ses rêves étranges que fait l'héroïne.

Tous les personnages qui gravitent autour d'Anna, de sa famille, à ses amis ou aux enquêteurs font qu'on a envie de comprendre ce qu'il lui arrive. Certains semblent vraiment se soucier d'elle et tente de la protéger tandis que d'autres vont la voir sombrer sans jamais l'en sortir.

Quelque part avant l'enfer est un bon thriller psychologique qui amène une thématique mystérieuse et ça fonctionne !


samedi 14 juillet 2018

passager 23 de Sebastien Fitzek

Année d'édition :  2018
Edition :  l'archipel
Nombre de pages :  404
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture
Un paquebot, des disparitions mystérieuses...Depuis de longues années, des passagers du Sultan des mers - souvent une mère et son enfant - disparaissent après s'être vraisemblablement jetés par-dessus bord. C'est ce qui est arrivé à la femme et au fils de Martin Schwartz, Tim, alors qu'ils effectuaient une croisière sur ce paquebot.Depuis la mort de sa femme et de son fils Tim, Martin a perdu goût à la vie et assume, au sein de la police où il officie comme psychologue, des missions dangereuses, notamment au contact de pédophiles sans scrupules.Cinq années ont passé quand une femme mystérieuse, qui se prétend auteure de thrillers, l'invite à retourner sur Le Sultan des mers. Elle aurait des révélations à lui faire sur la disparition de sa famille.Une fois sur place, il reconnaît avec stupeur l'ours en peluche de Timmy dans les bras d'Anouk, une enfant disparue qui vient de refaire surface. Il comprend alors qu'il a été sollicité pour découvrir ce qu'a vécu la fillette que l'on cache dans la cabine 23.Au fil de son enquête, il mettra au jour le mobile de ces mystérieuses disparitions. Et découvrira que les disparus ne sont peut-être pas tous morts...

Mon avis :


A force de me goinfrer de thriller, je commence à bien connaître les ficelles de ce genre qui continue de me passionner. Malheureusement, j'ai tendance à me jeter un peu trop vite sur les auteurs que je connais et dont j'ai apprécié leurs ouvrages et forcément l'attente est grande. Sebastien Fitzek était à mes yeux une valeur sûre. Mais voilà passager 23 n'a pas su me convaincre comme je l'espérais. La faute à beaucoup de longueurs et une histoire qui tourne à mon sens trop en rond. 

L'histoire avait tout pour être passionnante : une réapparition d'une petite fille qu'on pensait morte en mer avec sa mère et qui pose la question de savoir ce qu'il lui est arrivé pendant tout ce temps. Où était-elle ? Avec qui ? Dès lors qu'il s'agit d'enfants disparus, j'aime être surprise et pour le coup, ce ne fut le cas qu'à la toute fin, même si j'avais décelé certaines ficelles ne rendant pas le roman si surprenant que cela. On fait la connaissance du héros, Martin flic en deuil qui a perdu et son fils et son épouse lors d'une croisière, cette dernière se suicidant avec le petit garçon en se jetant en pleine mer. Martin a tout du flic qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, mais j'avoue que parfois il était un peu trop déprimé et pas assez concentré dans l'enquête qu'on lui demande de résoudre.

Il ne semble d'ailleurs pas très apprécié sur le bateau où l'enfant est réapparu. Et mis à part se torturer sur son passé et le tragique événement qu'il a subi, Martin n'est pas un personnage qui incite à l'empathie. Sauf peut-être sur la fin lors de certaines révélations pour le moins bien dégueu. 

Le problème avec Passager 23 c'est que l'auteur s'éparpille un peu trop dans tous les sens. On suit non seulement l'enquête de Martin, mais aussi les aventures du capitaine du bateau et d'une autre femme dont l'adolescente semble avoir des problèmes. Alors de passer de l'un à l'autre, l'intérêt s'épuise et j'avoue qu'il n'y a que dans les 100 dernières pages où mon intérêt à su être suscité lorsqu'on commence à comprendre les raisons de certaines disparitions. 

Les personnages n'ont pas spécialement brillé. Aucun n'a su se démarquer. Ni la vieille femme excentrique et amatrice d'énigme, ni Martin ou même le tueur. Anouk la petite fille qui avait disparu semble être celle qui a le plus à apporter à l'histoire. Une enfant traumatisé à qui il est arrivé bien des malheurs. L'enfant devenue muette s'auto-mutile depuis qu'on la découverte et semble avoir bien des secrets enfouis dans sa mémoire.

Passager 23 n'est à mon sens pas le meilleur roman de l'auteur. C'est un roman qui se laisse lire et qui trouvera son public, mais me concernant je ne l'ai pas trouvé grandiose ni exceptionnel. Pourtant la trame de fond était vraiment intéressante et on aurait pu avoir une véritable descente dans l'horreur la plus absolu dès lors qu'il est question de tortures faites aux enfants. Cela ne m'empêchera pas de me jeter sur d'autres romans de l'auteur parce que j'avais adoré le voleur de regard et le chasseur de regard. 

Roman sympa dans l'ensemble mais pas le meilleur de l'auteur. 

lundi 9 juillet 2018

Chéloïdes : Chronique punk de Morgane Caussarieu

Année d'édition :  2017
Edition : Editions L'Atelier Mosésu
Nombre de pages :  234
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : 
Colombe est maquilleuse sur des pornos gay. Malik est punk, et vit dans la rue.

Alcool, drogue et soirées destroy, tout semble les réunir, mais les jeunes gens ont chacun leurs démons. Commence alors une inévitable descente aux enfers.

Sans tabou, la plume incisive de Morgane Caussarieu nous plonge dans l'intimité d'un couple torturé, disséquant leur psychologie et leur sexualité avec un réalisme des plus crus. La scène alternative parisienne, sauvage et sclérosée, se dévoile au fil des pages. Un récit touchant et tragique où la tendresse se mêle à la monstruosité. Une histoire dont on ne sort pas indemne.


Mon avis :

Morgane est une auteur formidable. Je peux vraiment dire que je dévore chacun de ses romans, même si ces derniers n'ont parfois rien en commun. Avec Cheloïdes ce fut une fois encore une lecture intense et prenante. J'y ai lu là la plus belle romance que j'ai pu lire ces dernières années. C'est une histoire qu'on sent véritable et crédible. Une histoire qui prend aux tripes, qui vous donne envie de secouer nos deux héros parce qu'ils nous agacent, mais surtout parce qu'on les aime et qu'on n'attend juste de les voir heureux.

Honnêtement, ce n'est pas simplement un avis que j'ai envie de vous livrer, mais plutôt vous dire pourquoi il faut lire chéloïdes. Et pourquoi pas découvrir Morgane Caussarieu si ce n'est pas déjà fait. Point de vampires dans ce roman, même si Malik va très vite aspirer toutes l'énergie de notre chère Colombe. Vous voulez une romance qui va vous toucher et pourtant se montrer violente ? Alors Chéloïdes est fait pour vous. Morgane n'est pas avare d'émotions pendant son récit et mes tripes ont fait le yo-yo tant je vivais leur histoire avec la même passion qu'eux. 

On a là un couple atypique, improbable, de ceux que les gens jugent dans la rue, sans savoir. De ceux qu'on pointe du doigt et qu'on moque parce qu'ils vivent leur amour à leur façon sans se soucier du regard qui les espionne. Colombe a pourtant quelque chose de pur et de vrai. Elle ne joue pas, ne juge pas et aime vraiment de tout son être. Elle est belle Colombe. Une femme qui s'assume et qui par amour pardonnera à celui qui la fait tant souffrir.

Mais voilà Malik aussi est une âme en peine. Une homme atypique, borderline qui vit comme il l'entend et compte bien laisser une trace de son passage sur terre. Leur rencontre est belle, et naturelle, Morgane n'en fait jamais des tonnes, elle ne fait que raconter une histoire d'amour dans toute sa splendeur. Avec Colombe et Malik vos émotions vont jouer à la montagne russe tantôt heureux de les voir s'en sortir et tantôt malheureux de les voir se déchirer de la sorte alors qu'ils sont vraiment deux âmes sœurs. 

Ce fut une vraie claque en pleine tronche que de lire un tout autre registre avec la plume que j'aime tant de Morgane. Aucun doute, cette nana elle déchire. En plus d'avoir le même talent que Anne Rice pour offrir de véritables vampires comme on les aime elle nous montre qu'en plus elle maîtrise l'art de raconter une histoire puissante et destructrices sans utiliser le surnaturel. 

Colombe et Malik vont souffrir, soyez-en certains. Leur vie n'a rien de bien facile, ils en ont toujours morflé et continueront d'en morfler jusqu'au bout...

En bref, il me tarde de pouvoir découvrir son nouveau roman qui je l'espère sera disponible aux halliénnales parce qu'il viendra très vite compléter ma collection !

Bref, jetez-vous vite sur un roman de Morgane, que ce soit vampirique, un peu jeunesse ou comme ici une romance sombre et envoûtante, vous ne le regretterez pas !


mercredi 20 juin 2018

Parce que c'était toi de Bruno Combes

Année d'édition :  2018
Edition :  michel lafon
Nombre de pages :  329
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture : 
À l'âge de seize ans, ils s'étaient juré un amour éternel. Vingt-sept ans plus tard, ils se sont retrouvés et rien n'a pu empêcher cette passion de renaître. Ni les deux beaux enfants de Camille, ni Richard, son mari, et son associé dans leur cabinet d'avocats.

Mais peu à peu Stephen, totalement libre, lui, ne peut plus supporter cette liaison et somme Camille de choisir. Bouleversée par cet ultimatum, celle-ci a un accident de voiture où sa fille est blessée et elle-même très atteinte, surtout psychologiquement. 

Stephen, bien sûr, ne peut pas aller la voir, toute sa famille est autour d'elle. Mais il la bombarde d'appels, lui demande pardon... Camille est rassurée : dès qu'elle ira mieux, tout recommencera comme avant. Sauf que tout change...

Mon avis :

Une petite romance de temps à autres cela fait du bien au moral. Sauf bien entendu lorsque c'est mal écrit ou trop excessif dans la mièvrerie. Fort heureusement, Parce que c'était toi a tout d'un roman mature et très réaliste. Que ce soit dans la profondeur des émotions ou dans la justesse des réactions des personnages, on peut très facilement s'identifier aux héros.

Parce que c'était toi met en scène des adultes de plus d'une quarantaine d'années qui ont déjà construit leur vie. Une histoire d'amour adolescent, un mariage et des enfants plus tard, les voilà qui se retrouvent pour terminer leur histoire passionnelle. Mis de côté les enfants et l'époux, le veuvage, voilà une histoire d'amour qui a traversé les âges et deux personnes qui profitent de l'instant présent. La passion qui les anime est maintenu tout au long du roman et on sent leur besoin de se retrouver, seulement Camille ne se sent pas de tout abandonner pour son amant. La passion sera-t-elle toujours au rendez-vous si leur relation se concrétise ? Ne vont-ils pas se lasser l'un de l'autre ?

Parce que c'était toi est une belle histoire. L'auteur ne cherche pas à en faire des tonnes et centre la majorité de son histoire amoureuse sur la passion et la peur de tomber dans la routine. Suffit de voir la relation qu'entretient Camille avec son époux où on devine qu'avec le temps, tout devient habituel et l'étincelle de passion et de séduction a totalement disparu. Camille est pourtant une femme réfléchie et qui pense beaucoup au futur et c'est en partie pour cela qu'elle va avoir cet accident qui va lui permettre d'ouvrir les yeux et de se remettre en question.

Sans être la romance de l'année, Parce que c'était toi à le mérite d'être réaliste de bien des manières et de proposer une panoplie de personnages attachants et qui permet vite de s'identifier. La femme qui recherche le plaisir, la séduction, qui a besoin qu'on lui montre qu'elle plaît encore et l'homme soucieux d'abord du bien être financier de sa famille avant de se concentrer sur le bien être personnel de son épouse.

Voilà une douce romance, parfaite pour l'été et qui saura trouver son public. Pour ma part, j'ai passé un bon moment de lecture en compagnie de Camille et Stephen et j'ai trouvé le dénouement juste et bien pensé par l'auteur.


lundi 11 juin 2018

Embruns de Louise Mey

Année d'édition :  2017
Edition :  Fleuve edition
Nombre de pages :  336
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture : 
Béa, Chris et leurs deux rejetons de presque vingt ans sont charmants, sportifs, talentueux et, surtout, ils forment une équipe complice. 
Voilà une famille qui a le bon goût dans le sang, chérit les matières nobles, les fruits du marché, le poisson jeté du chalutier, la tape amicale dans le dos des braves. Voilà une team unie qui porte haut les valeurs d'authenticité, d'équité, d'optimisme. Les Moreau – c'est leur nom – ne perdent pas une miette de leur existence. Ils sont insupportablement vivants. 
Et comme le veut l'adage, les chiens ne font pas des chats : Marion et Bastien sont les dignes héritiers de leurs parents. Ils ne les décevront pas. 
Pour l'heure, tous les quatre se sont réfugiés le temps du pont du 14 Juillet sur une île de Bretagne. Un coin de paradis si prisé qu'il est impossible d'y séjourner sans passe-droit. Mais, même l'espace d'un week-end, impossible n'est pas Moreau. 
Seulement, quand au retour d'une balade Béa, Chris et Bastien trouvent la maison vide, la parenthèse enchantée prend soudain l'allure d'un huis clos angoissant. La petite île, devenue terrain boueux d'une battue sous la pluie pour retrouver Marion, va révéler un autre visage : celui d'une étendue de terre entourée d'eau où vit une poignée d'individus soudés comme des frères et aguerris aux tempêtes.

Mon avis :

Embruns sur le site de l'éditeur

Et encore un thriller efficace qui aura rempli son rôle : me divertir et me surprendre. Construit de manière assez subtil, on va faire la connaissance d'une famille pour qui tout semble aller pour le mieux. En vacance sur une petite île, ils tentent de profiter d'être ensemble pour se retrouver et se détendre. Mais très vite les autres habitants leur semble étrange, un peu hostile et on commence à se poser mille et une question sur le cheminement. Mais où nous emmène l'auteur ?

Au début, on aura du mal à comprendre pourquoi ce roman est classé en thriller, mais plus on avance dans cette histoire idyllique plus on comprend qu'un piège se referme sur nous. La psychologie des personnages est faite de telles sortes qu'on se prend vite d'affection pour notre famille même si on sent que quelque chose détonne les concernant. Trop beaux ? Trop parfaits ? Les moreau n'ont pas fini de nous surprendre.

Embruns nous embarque dans un petit voyage paisible où ils fait bon vivre en famille. Chacun apporte son soutien aux autres et tout semble se dérouler dans le meilleur des mondes. Jusqu'à ce moment fatidique où Marion disparaît sans laisser de traces. Toujours aussi soudé les Moreau vont alors tout mettre en oeuvre pour la retrouver et ne pas s'encombrer des habitants de l'île qui vont vouloir leur apporter leur aide. Et c'est ce changement de tempérament que j'ai adoré. On passe de villageois calme et docile à des gens prêts à tout pour montrer leur colère lorsque l'un des leurs est la cible de quelqu'un de dangereux. On passe d'une famille aimante et chaleureuse à de véritables chasseurs prêts à tout détruire pour protéger sa chair et son sang. Quel contraste !

Autant le dire de suite j'ai été complètement surprise par l'histoire et sa fin. Si cela commence comme une douce mélodie, cela se termine vite dans un chant funèbre. De surprises en surprises, embruns nous malmène avec plaisir et nous entraîne dans un tourbillon de révélations toutes plus sombres les unes que les autres. Ne m'attendant pas du tout à cela, la surprise fut totale et j'ai été ravie de me lancer dans cette lecture que je recommande vivement !





lundi 4 juin 2018

Les filles des autres de Amy Gentry

Année d'édition :  2018
Edition :  Pocket
Nombre de pages :  336
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : 
Êtes-vous bien certaine de connaître votre fille ? D'ailleurs, est-ce vraiment la vôtre ?

À 13 ans, Julie Whitaker a été kidnappée dans sa chambre au beau milieu de la nuit, sous les yeux de sa petite soeur. Dévastée, la famille a réussi à rester soudée, oscillant entre espoir, colère et détresse. Or, un soir, huit ans plus tard, voilà qu'une jeune femme pâle et amaigrie se présente à la porte : c'est Julie.

Passé la surprise et l'émotion, tout le monde voudrait se réjouir et rattraper enfin le temps perdu. Mais Anna, la mère, est très vite assaillie de doutes. Aussi, lorsqu'un ex-inspecteur la contacte, elle se lance dans une tortueuse recherche de la vérité – n'osant s'avouer combien elle aimerait que cette jeune fille soit réellement la sienne...

Mon avis :

Les filles des autres sur le site de l'éditeur.

Je suis en période thriller et je dois bien avouer que ces derniers temps, ce sont de très bons crus ! Mes filles des autres aura été un roman troublant et atypique où la disparition d'une petite fille amène une histoire bien plus sombre qu'il n'y parait. Me concernant j'ai été séduite, même si parfois je ne savais plus où donner de la tête devant certaines révélations ou face à la tournure qu'on prit certains événements.

Julie a été kidnappé chez elle, sous les yeux de sa soeur qui n'a jamais pu se pardonner. Pire encore, ses parents n'ont jamais pu faire face à cette disparition. Et lorsque cette dernière revient, des années plus tard, amaigrie, les Whitaker tentent de l'aider à prendre un nouveau départ. Mais Julie n'est plus la même et refuse de raconter son calvaire.

Dès lors on se pose de nombreuses questions sur cette jeune fille qui semblent ailleurs et étranges. Julie et son vécu et ses secrets. Elle semble avoir quelque chose à se reprocher et jusqu'au bout on tente de découvrir qui elle est vraiment. Petite fille enlevée devenue quelqu'un d'autres ou imposteuse ? C'est la question qu'on ne cessera de se poser jusqu'à la fin et lorsqu'enfin certaines révélations sont faites, on reste étonné par le courage et la force de cette jeune femme.

Semblable à Ecoute-nous sur le démarrage de l'intrigue, Les filles des Autres prend vite une direction complètement différente ce qui empêche de comparer les deux romans. Deux thématiques sensiblement similaires mais qui parviennent chacune à se démarquer, l'une pour son côté psychologique et l'autre (les filles des autres) pour son étrangeté et pour l'histoire de Julie qui nous propose un véritable voyage en enfer.

Si une fois la trame lancée on a quelques longueurs, je dois bien avoué que cela n'a pas entaché mon envie d'avoir le fin mot de l'histoire. La famille Whitaker est attachante et on a hâte de comprendre ce qu'il est arrivé à Julie grâce à de nombreuses flash back qui nous permettent de comprendre ses agissements. C'est une jeune femme brisée et perdue qui tente de se reconstruire près des siens qu'elle avait perdu si longtemps.

Les filles des autres est un thriller qui fonctionne et qui monte petit à petit dans l'horreur et dans l'angoisse jusqu'à un final émouvant et bien pensé. J'ai aimé suivre cette aventure aux côtés de cette famille qui a fait face à l'horreur et qui malgré cette cassure tente de reprendre une vie tranquille.

Une lecture qui fait passer un très bon moment.


dimanche 27 mai 2018

Dompteur d'anges de Claire Favan

Année d'édition :  2018
Edition :  pocket
Nombre de pages :  437
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture : 
On ne choisit pas sa famille. Encore moins celle de son ravisseur...
Condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là mêmes censés assurer l'ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu'il est reconnu innocent et libéré, ce n'est plus le même homme. Il n'a désormais plus qu'une seule idée en tête : se venger de cette société qu'il hait par-dessus tout.
Pour frapper ses bourreaux au coeur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu'à ce qu'une de ses créatures lui échappe et disparaisse dans la nature...



Mon avis :

Dompteur d'anges sur le site de l'éditeur.

Dompteur d'anges est un roman qui aura su me surprendre du début à la fin. Son cheminement est hyper intéressant parce qu'il ne se contente pas de nous raconte l'histoire d'enfants arrachés à leurs parents, mais de les voir réellement grandir sous nos yeux et devenir de véritables armes. Du coup, forcément, j'ai trouvé que parfois tout allait bien trop vite parce qu'on passe de gosses de moins de dix ans à des adultes. Sur quatre cent pages ça fait beaucoup d'événements à raconter, beaucoup de scènes à dévoiler et l'impression de rapidité n'en est que davantage renforcé.

Ceci dit, cela ne m'a pas empêché d'être embarquée du début à la fin et de savourer l'histoire de nos anges qui deviennent des tueurs aguerris, capables de réussir les missions les plus dangereuses. Dompteur d'anges est avant tout une histoire de vengeance. Max a été condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Accusé du viol et du meurtre d'un jeune garçon, la prison devient pour lui un calvaire. Là, il y subira les pires tortures, celles qui vous brisent un homme de la pire des façons. Mais Max n'oublie rien et jure de se venger de ceux qui l'ont injustement envoyé là bas. Et lorsqu'enfin la vérité éclate et qu'on le libère, Max n'est plus le même homme. Il a changé. Il est devenu dangereux, il est en colère et va vite le faire savoir. 

Après s'être longuement préparé, Max va se mettre en quête de ses futurs soldats qui l'aideront à terminer sa vengeance. Une vengeance lente, qui prend son temps pour frapper fort. Et c'est là toute la puissance du roman, c'est l'horreur des actes commises sur Max et par Max. De victime, il devient bourreau et n'hésite pas à faire souffrir trois jeunes garçons innocents pour mener à bien sa quête. Il les lobotomise, les transforme et les entraîne à devenir violents pour qu'enfin il se sente libre et apaisé. Une première partie du roman va donc nous emmener dans cette formation violente et des plus difficiles pour trois gamins qui deviennent à leur tour victime et bourreau. Le contraste est saisissant entre ses enfants qu'on enlève et les monstres qu'ils finissent par devenir. 

Cette première partie est fascinante même si très sombre et violente. Les âmes sensibles vont très vite être submergé par des émotions négatives devant ce qu'endurent nos jeunes recrues. Et soudain, on change de registre lorsque l'un des enfants, devenu adolescent, comprend que cette guerre n'est pas la sienne et tente de se libérer des chaines invisibles de Max. On va donc découvrir un autre personnage devenu adulte et qui tente de se défaire de ses souvenirs et de cet entraînement qui l'a changé à jamais.

Cette seconde partie est un peu moins violente dans le sens où il est question de reprendre goût à la vie et même si notre nouveau "héros" semble s'en sortir, certaines habitudes ont la vie dure. C'est un véritable roman initiatique où il est question de rédemption et de jusqu'où on serait prêt à aller pour se venger de sévices qu'on a enduré pendant des années pour un acte qu'on n'a jamais commis.

Dompteur d'anges est un roman puissant et fort qui marque pendant longtemps.

mardi 22 mai 2018

Teigneux De Daniel Kraus

Année d'édition :  2018
Edition :  fleuve edition
Nombre de pages : 320
Public visé: Adulte 
Quatrième de couverture
Neuf ans se sont écoulés depuis cette nuit terrible au cours de laquelle Ry Burke, tout juste âgé de dix ans, a fui la fureur dévastatrice de son père. Il n'a dû sa survie qu'à ses jouets, les Trois Inommables : le réconfortant et malicieux Mister Oursington, le sage Jésus en plastique, et l'étrange et inquiétant Teigneux, qui lui ont transmis force et conseils.
Aujourd'hui l'heure est venue de quitter la ferme, et cette terre maudite de l'Iowa qui semble refuser de produire depuis que Marvin, le père tyrannique et maïtre des lieux, est en prison.
Les Burke sont enfin prêts à se libérer du passé. Mais leurs démons refusent de lâcher prise, et la pluie des météorites qui s'abat sur la région va les déchaîner.
Le matin du départ, Ry entend un fredonnement trop familier s'échapper de la cuisine. Marvin est de retour...


Mon avis :

Teigneux sur le site de l'éditeur

Plus jeune, je dévorais les romans de la collection pocket terreur. Peut-être est-ce pour cela que j'ai voulu lire Teigneux. Ce roman m'a plutôt rappelé cette collection même pendant ma lecture. C'est une histoire assez sombre et qui tombe peu à peu dans la folie de personnages dérangés et dangereux. On fait la connaissance d'une famille qui a vécu le pire et qui espère enfin prendre un nouveau départ.

Ry est un jeune homme fragile depuis la terrible nuit où son père a maltraité sa mère et qu'il a failli lui-même perdre la vie après une lutte acharnée contre son paternel. Parce que dans Teigneux il est question de la relation entre un père et ses enfants et de jusqu'où un enfant peut s'enfermer dans un milieu totalement imaginaire pour s'en sortir. C'est le cas de Ry qui va se créer un trio d'ami imaginaire inspiré de ces jouets préférés et qui vont l'aider à faire face à son père pendant son enfance. La question qu'on se pose du début à la fin c'est de savoir où s'arrête l'imagination du jeune homme. La frontière entre réel et irréel est faible, fragile et on ne sait pas vraiment la délimiter. 

J'ai aimé la plume de l'auteur et sa façon de faire des flashback pour nous aider à cerner chacun des personnages. Ils ont tous un rôle à jouer dans cette soirée cauchemardesque où tout va basculer malgré eux. Parce que oui Marvin revient après s'être sauvé de prison pour continuer ce qu'il a entrepris des années plus tôt avant que son fils et sa femme ne parviennent à lui faire face. L'image de ce père violent et dangereux est très bien retranscrite. On a là un homme égoïste, froid et qui n'a pas peur d'apprendre à ses enfants à quel point la vie est dure. Mais c'est surtout son épouse qui endure le plus, la pauvre, on a vite pitié de cette pauvre femme et on se demande comment elle parvient à supporter tout ça. Certaines séquences sont horribles, la maltraitance est là et s'impose et jusqu'à la fin, on sent notre pauvre Jo Beth qui s'enferme dans un rôle de soumise, cherchant par tous les moyens à satisfaire l'homme qui l'effraie le plus. 

Heureusement, Jo a deux enfants et ce sont eux, je pense, qui la maintienne en vie finalement. Même si Sarah est bien trop jeune pour vraiment s'imposer et tenter de dominer son père. C'est Ry qui le fera le premier et qui fera le maximum pour détruire son père et sauver sa famille. Si la première fois il avait beaucoup de courage, malheureusement il a été détruit intérieurement par cet affrontement. Et voilà que Ry est devenu un jeune homme étrange et perdu dans son propre monde. Les seuls qui compte pour lui ce sont ses amis : Mister Oursington, Jésus et Teigneux. Trois amis qui l'aident à s'en sortir. 

Ce roman est un huis clos puisqu'il ne se déroule que dans la ferme des Burke. Du début à la fin on assiste impuissant à la chute d'une famille qui semblait pourtant s'en sortir. Et ce n'est pas la pluie de météorites qui y changera quoi que ce soit. Une véritable descente aux enfers que ce roman et j'y ai passé un chouette moment ! Je recommande !




mardi 15 mai 2018

Mange tes morts de Jack Heath

Année d'édition :  2018
Edition :  Super 8
Nombre de pages :  400
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture
Cameron Hall, 14 ans. Disparu en rentrant de l’école ; rançon exigée. L’horloge tourne, la police est impuissante : c’est une mission pour Timothy Blake. Timothy (nom de code « le pendu ») a un don. Il lit dans l’esprit des gens. Comprend tout avant tout le monde. Résout les énigmes les plus ardues. Le genre à s’ennuyer avec un Rubik’s Cube ou à connaître votre numéro de sécurité sociale par cœur. Mais Timothy a aussi un problème. Pas le fait d’être pauvre, non. Pas le fait d’être affublé d’un coturne toxicomane et parano prénommé Johnson. Un vrai problème, un problème, disons, comportemental. Qui fait que même le FBI répugne à travailler avec lui. Une vie sauvée, une récompense : ainsi fonctionne Timothy. Mais cette fois, et malgré l’appui de l’agent spécial Reese Thistle, il se pourrait que notre sympathique génie psychopathe ait trouvé à qui parler.

Mon avis :

J'aime les thrillers. Surtout ceux qui sont différents et innovants. Ceux qui n'ont pas peur de proposer des personnages dangereux et intrigants. Mange tes morts fait partie de ces romans qui surprend du début à la fin et qui surtout nous permet de nous dire qu'il est tout à fait possible d'apporter du neuf dans le milieu des thriller. 

J'ai été conquise par ce roman du début à la fin et le classe sans souci dans ceux à relire avec plaisir. Timothy est un personnage charismatique et troublant. Qu'on ne peut classer et qui nous donne des frissons de par sa vie atypique. J'ai adoré le rencontrer et j'espère le retrouver dans une nouvelle aventure. Tim, alias le pendu, travaille avec FBI pour mener à bien des enquêtes parfois très complexes. Il possède une clairvoyance incroyable et parvient à penser et à voir au delà des apparences. Tim est doué d'une intelligence incroyable au point qu'il en fait un petit fond de commerce. Mais son plus grand secret est ailleurs. Tim a un problème psychologique qui datent depuis des années, depuis son enfance et il ne parvient pas à s'en défaire. Un secret qui pourrait l'emmener sur la chaise électrique et tellement odieux que personne n'est au courant. Personne sauf l'un des chef du FBI qui l'a découvert par hasard, mais qui désormais voit là un moyen radicale de boucler des enquêtes. 

Le thriller est assez classique au départ, avec une disparition et demande de rançon, mais peu à peu, on se rend compte que les enjeux sont différents et que quelque part, le criminel nous manipule. On fait fausse route dès le début, on se pause des questions et même notre héros va finir par comprendre qu'on cherche à le piéger. Il devient une carte à abattre et tout sera mis en oeuvre pour le mettre hors d'état de nuire en plus d'agir pour une action qui finalement n'est pas si mauvaise.

Manges tes morts est terriblement addictif en partie grâce à ce héros décalé qui vit à l'écart du monde à cause d'un trouble psychologique qui le rend dangereux. Il n'est pas beau, voir même décrit plutôt laid, ne prenant pas soin de son physique, un peu négligeant, mais Tim n'en à que faire. Il survit et aide le FBI parce que les gains sont nécessaires à sa survie.

Ne vous attendez pas à un thriller calme et lent. Mange tes morts est rempli de rebondissements, d'horreur et de morts. Nul n'est à l'abri d'un accident ou d'un tueur. C'est complètement le genre de roman qu'il me fallait lire, et je suis sous le charme de ce dernier. J'aimerais vraiment découvrir d'autres anti-héros comme lui qui ne fiche des autres et qui ne vit que dans le but d'assouvir une pulsion destructrice. 

Jusqu'à la fin on se pose des questions et on essaye de démêler ce nœud étrange où rien ne semble être ce que l'on pense. Je dois bien avouer que la romance légère, certes, que l'on découvre m'a beaucoup plu parce qu'elle même elle sort du lot. Comme l'intégralité du roman d'ailleurs. Et ce final auquel je ne m'attendais pas ! Fabuleux ! En un mot, je suis sortie complètement sous le charme du roman et je ne peux que vous recommander de vous jeter dessus ! Vous n'en sortirez pas indemne !


jeudi 3 mai 2018

Ecoute-nous de Liz Coley

Année d'édition :  2018
Edition :  pocket
Nombre de pages :  352
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture : 
En camp de vacances, Angie, 13 ans, disparaît... Elle revient chez elle, persuadée de s'être seulement égarée quelques heures. En réalité, trois ans se sont écoulés. Trois ans sans le moindre souvenir, si ce n'est de profondes cicatrices aux chevilles et aux poignets, et une étrange bague à l'annulaire. Tout laisse à penser qu'Angie a vécu l'enfer... Mais que s'est-il réellement passé ? Et pourquoi a-t-elle tout oublié ?








Mon avis :
Ecoute-nous sur le site de l'éditeur 

Depuis quelques temps, j'ai faim de thriller efficace et qui me malmène. Des livres qui me filent la chair de poule et qui me fond me poser un tas de question sur l'horreur qui nous entoure au quotidien. L'homme dans toute sa splendeur, dans toute sa dangerosité, pire qu'un animal, plus effrayant que le monstre qui se cache sous le lit. Avec Ecoute-nous, j'avais envie de rencontrer un sociopathe, un criminel dangereux et pourtant semblable à monsieur tout le monde. Mais j'espérais aussi un côté bien plus psychologique et j'y ai trouvé mon compte et tout ce que je recherchais. On peut donc dire qu'il s'agit là d'un bon livre qui vous fera passer un excellent moment. 

On suit donc Angie, 13 ans qui disparaît soudainement pendant un camp de vacances et qui revient chez elle trois ans plus tard sans aucun souvenir de ce qu'il lui est arrivé pendant ces longues années. Tous semblent inquiet face à sa perte de mémoire et il n'y a plus qu'une chose qui compte désormais, l'aider à se souvenir. Mais est-ce forcément une bonne chose quand la vie qu'on a quitté a disparu pour nous offrir à la place un grand vide ? Où est la place de cette enfant qui du jour au lendemain doit devenir une adolescente ? Si Angie parvient à s'en sortir c'est surtout grâce à ses autres elles, ses personnalités multiples qui l'ont aidé à tenir le coup face à l'innommable. 

Angie est une jeune fille qu'on pourrait qualifier de courageuse, mais en y regardant de plus près, elle s'est juste créée une porte de secours pour faire face aux événements violents dont elle est victime. Elle sera le tout d'un corps qui comporte plusieurs personnalités multiples et différentes et dont chacune à un rôle déterminant à jouer pour sa survie. Entre la Scout, Angel, l'Esseulée ou encore la petite femme, chacun garde un pans de sa mémoire pour ne pas l'affecter. Et lorsqu'elle commence enfin à y voir plus clair, la pauvre est bien en dessous de la vérité : victime elle l'a bien été, mais ce, depuis son plus jeune âge.

Le roman est assez dur, les sévices d'Angie sont multiples et j'avoue avoir à un moment donné été très en colère face à certaines révélations qui nous prennent au dépourvu parce qu'on ne s'y attendait pas. Angie est attachante et marquante, on se rend compte qu'elle a vécu l'enfer pendant trois ans, mais pas seulement. Son retour à la vie normale est difficile surtout face à ses proches qui ne manquent pas d'être maladroit avec elle. 

Ecoute-nous est un bon thriller qui m'aura convaincu. L'ambiance est assez stressante, les rebondissements sont nombreux et même si certains ne sont pas si inattendus que cela, on passe un moment intense en compagnie d'une jeune fille qui n'aurait jamais dû vivre cet enfer. Je recommande cette lecture pour la psychologie de l'héroïne !


lundi 23 avril 2018

Rouge toxic de Morgane Caussarieu

Année d'édition :  2018
Edition :  Editions ActuSF (Naos)
Nombre de pages :  352
Public visé :  Young Adult 
Quatrième de couverture
Je m’appelle Faruk, et pour subsister, il me faut boire votre sang.

Je vivais tranquillement ma non-vie dans les bas-fonds de San Francisco, quand ce type a débarqué pour me confier une mission difficile à refuser.

Me voilà sur les bancs de Mission High School, à suivre comme une ombre Barbie, une orpheline aussi intrigante que réfractaire à mes charmes. Et croyez?moi, survivre dans la jungle du lycée, ce n’est pas de tout repos, même pour un vampire. Surtout pour un vampire...

Mais d’elle ou de moi, qui sera le plus toxique ?

Nouveau roman plein de mordant de Morgane Caussarieu, spécialiste de la littérature vampirique, Rouge Toxic redonne tout son sens au mot frissonner.

Mon avis : 

Ce n'est un secret pour personne, je suis une grande admiratrice de Morgane. Une auteur fantastique très chaleureuse et qui a un talent de dingue. Je l'ai découvert avec Dans les veines, un roman qui m'avait captivé et que je recommande à tout le monde, tout le temps et partout. Puis est venu Je suis ton ombre, sa novella dans Black Mambo et son essai Vampires et Bayous. Ma rencontre avec Morgane aux Halliénnales deux fois m'a aussi marqué parce qu'elle est proche de ses lecteurs et possède une vraie cool attitude. Vous l'aurez compris, je suis une grande fan !

Quand j'ai appris la sortie de Rouge Toxic, je n'ai pas pu résister à vouloir lui aussi me le mettre sous la dent. C'est chose faite et je dois bien avouer qu'elle me réconcilie avec le "YA" un genre que je ne lis quasiment plu car ennuyeux au possible et avec généralement des personnes niais au possible.

Morgane brise les codes de la YA pour nous proposer un roman sombre dans son univers et qui colle parfaitement avec ses deux précédents romans vampiriques. Ici, les personnages ont tous une part d'horreur en eux. Horreur pour ce qu'ils font, pour ce qu'ils sont et ce qu'ils espèrent. Les Humains ne sont pas forcément les plus tendres, même si enfin, on renoue avec le mythe du vampire qui a bercé ma jeunesse, le véritable monstre assoiffé de sang et qui n'hésite pas à tuer pour se nourrir et n'attend pas de briller au soleil pour conquérir une jeune fille en fleur. (la gerbe)

Les vampires de Morgane ont quelque chose de fascinant mais aussi d'effrayant. On se damnerait pour qu'ils nous vident de notre sang, mais en même temps on ne voudrait pas qu'ils nous approchent. C'est en cela qu'ils sont attirants et féroces. Ils nous rendent contradictoires dans nos pensées, se jouent de nous, nous effrayent et nous séduisent en même temps. Le Vampire, le vrai ! Ajoutons à cela de la vraie magie vaudou, thématique très présente dans les romans de Morgane et on obtient un cocktail du feu de Dieu ! Dès le début, la sauce a pris, et très franchement je n'avais aucun doute sur mon état pendant ma lecture. 

Les codes du YA sont ici revu par Morgane. Adieu l'héroïne écervelée qui ne pensent qu'au beau garçon du lycée. Qui ne pensent qu'à rendre dingue ses parents et à sortir à tout va. Barbie est une solitaire qui n'a pas d'ami et ne cherche pas à s'en faire. Tout ce qu'elle demande c'est qu'on lui foute la paix et oui, on aura le classique rapprochement entre elle et le nouveau du lycée, Faruk, mais pour des raisons intelligentes. Parce que l'un est missionné pour surveiller l'autre. Les pimbêches sont tout de même présentes, comme toujours, Morgane s'en donnant à coeur joie avec les stéréotypés américanisés de certains personnages. On s'amuse du sort de certain(e)s, on demande plus de sang, plus de tripes, plus de joyeusetés macabres dans cette histoire intense. Et moi, qui fuit la YA sauf en de très rares occasions, je dois bien avoué que j'ai eu un coup de foudre pour Rouge Toxic. A classer dans les meilleurs romans YA ou vampiriques que j'ai lu jusqu'à présent.

Je ne vous parlerais pas du style de Morgane, parce que je ne serais plus objective, mais elle a l'art de vous embarquer illico dans un voyage intense et violent où l'horreur côtoies l'amour, ou la souffrance côtoies le plaisir et où chacun tente de tirer son épingle du jeu et de parvenir à ses fins. Barbara est une jeune femme comme je les aime, qui tente de s'en sortir, qui craque et fond en larme et panique lorsque les événements la terrorise. Elle est tout ce qu'il y a de plus humaine malgré un secret dangereux qu'elle cache au fond d'elle. Ses vampires, Faruk, par exemple sont emplis de haine et de désespoir. On sent l'âme torturée qui cherche une forme de rédemption mais ne parvient plus à toucher la lumière du pardon et finit inlassablement par fauter, malgré lui. 

J'ai aimé les personnages, j'ai aimé le monde caricaturé de Morgane qui finit par envoyer valdinguer tout ça pour un séjour initiatique où notre héroïne apprend à se découvrir et à comprendre quelle vie elle va mener. Un roman où parfois l'amour n'est que surface et où on se donne à 100% pour l'autre pourvu qu'on soit récompensé à la fin. Le voyage que nous propose l'auteur en Amérique et en Nouvelle Orléans est plaisant, surtout que la seconde destination est la plus intéressante, région chère au coeur de l'auteur puisque présente dans pas mal de ses romans.

J'avais promis de ne plus faire de chroniques qui s'étalent, mais là chose impossible. J'ai tellement aimé ce bouquin, j'ai tellement vibré avec les héros et avec Màma qu'il me fallait vous en parler pour à votre tour vous donner envie de vous jeter dessus. Nul doute que Chéloïdes ne tardera pas à devenir ma prochaine victime !


dimanche 15 avril 2018

les limbes d'Oliver Bal

Année d'édition :  2018 
Edition :  de saxus
Nombre de pages :  403
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : 
Vietnam, 1970. James Hawkins est une jeune recrue. Durant un assaut, il prend une balle dans la tête et croit mourir. Après un mois de coma, et tandis qu’il essaie de se rétablir dans un hôpital de Saigon, il découvre que quelque chose s’est éveillé en lui. Ses nuits deviennent des épreuves, son sommeil et ses rêves ne lui appartiennent plus. Désormais, lorsqu’il dort, il visite les songes des autres… Seuls les médicaments l’empêchent de rêver. Un an plus tard, un ancien frère d’armes, Nate Irving, vient frapper à sa porte. Il est venu le chercher pour participer à un projet secret : les Limbes. Direction une base perdue au fin fond de l’Alaska pour une aventure aux frontières de la peur et de la folie, une aventure qui les entraînera au cœur des rêves pour percer le mystère des Limbes. « Nous sommes des pionniers, des aventuriers d’un genre nouveau. Le rêve, c’est la dernière frontière. L’homme a conquis la mer, la terre, l’espace… et maintenant, enfin, il conquiert son propre esprit. Il lui aura fallu des milliers d’années pour comprendre que les plus grands mystères ne se cachaient pas dans les profondeurs des océans, ou aux confins de l’univers mais bien au cœur de son être. »

Mon avis :

Découvrir une nouvelle maison d'édition est toujours quitte ou double. Soit on démarre avec une chouette lecture et on a envie de poursuivre la découverte soit on est d'emblée déçue et on arrête les frais. Les Limbes aura été une bonne lecture, une très bonne lecture même. La thématique m'a complètement conquise; Mais pas que.

Déjà, j'ai senti une profonde maturité dans le style de l'auteur. On sent qu'il connait le sujet de la guerre du vietnam et qu'il a su assez s'en documenter pour nous vendre une histoire sur un fond très réaliste malgré l'essence complètement surnaturelle. C'est une grande force pour l'auteur que d'avoir su mêler réalité et songes et de proposer une histoire plutôt sombre.

On entre très tôt dans le vif du sujet en plein combat pendant la guerre du vietnam où notre héros finit par se prendre une balle en pleine tête et miraculeusement en réchappe. Mais voilà que pendant sa rémission, il découvre que toutes les nuits, il fait la connaissance d'autres soldats qui comme lui sont à l'hôpital essayant de se remettre de blessures plus ou moins graves. 

James va très vite en avoir assez de ces visites intempestives qu'il fait à d'autres personnes et tout faire pour ne plus rêver. Mais forcément, un tel pouvoir, une telle capacité va intéresser d'autres personnes qui vont le récupérer et l'emmener dans une base secrète en Alaska pour mener de nombreuses expériences afin de tirer profit de son don.

L'intrigue est assez sombre puisque sur toile de fond on a une guerre violente et meurtrière et des soldats qui en reviennent meurtri et physiquement et psychologiquement. Les rêves sont aussi très sombres et obscures et parfois même glauques,  et on apprécie malgré nous la possibilité d'entrer dans le subconscient des autres pour tenter de modifier le cours des choses. 

On a là un véritable mélange des genres. Fantastique, thriller, un peu scientifique et mythologique sur la façon dont l'auteur amène des informations sur les rêves dans les différentes cultures, personnellement je me suis régalée avec les Limbes et j'ai beaucoup aimé le chemin pris par l'intrigue en cours de route pour nous plonger complètement dans un rêve éveillé. Voilà une maison d'édition prometteuse si elle propose d'autres romans aussi bons !