dimanche 16 juin 2019

Ceux qui te mentent de Nuala Ellwood

Paru en 2018 chez Michel Lafon et en 2019 chez Pocket.
384 pages, thriller


Kate est reporter de guerre et souffre de stress post-traumatique. À cause, entre autres, d'un enfant qu'elle n'a pas pu sauver à Alep. Quand elle rentre à Herne Bay pour les obsèques de sa mère, Kate se souvient de cet endroit où tout allait bien jusqu'à la mort de David, son petit frère. Un accident, dira-t-on. Ensuite plus rien n'a jamais été pareil. Leur père est devenu violent. Leur mère a perdu la raison. Puis sa sœur, Sally, a sombré elle aussi, malgré l'aide de son mari, Paul. Dès son retour dans la maison de sa mère, Kate se sent oppressée et abuse des somnifères. Elle entend un petit garçon crier la nuit chez les voisins et ne sait plus ce qui est réel ou le fruit de son imagination torturée. Alors elle prévient Paul et Sally qui ne la croient pas, la police non plus, il n'y a pas d'enfant chez la voisine qui vit seule. Pourtant elle l'a vu. Dans le jardin d'à côté. Elle sait qu'il existe...


Mon avis :

Lien de Ceux qui te mentent sur le site de l'éditeur.

Il était temps que je rédige mon avis sur ce roman lu depuis une quinzaine de jours ! Ceux qui te mentent c'est l'histoire d'une reporter de guerre qui a subi un grave traumatisme. Alors qu'elle n'est toujours pas remise de son dernier reportage, elle se rend dans sa ville natale pour les obsèques de sa mère qu'elle n'a pas vu depuis longtemps. Mais voilà que sa soeur la rejette, elle même tombée dans le fléau de l'alcoolisme. 

Et tandis qu'elle pense pouvoir faire son deuil comme quelqu'un de normal, Kate va se retrouver témoin d'événements dont elle ignorera s'ils sont réels ou juste le fruit de sa folie. Très vite, on doute avec Kate et on se demande si elle n'est pas simplement folle comme l'était sa mère.

Ce thriller je l'ai dévoré, il ne m'aura fallu que très peu de temps pour le lire tant j'étais captivée par l'histoire de Kate. Tout au long du roman un climat de suspicion s'instaure pour nous faire douter d'elle. Son travail n'a t-il pas crée une bulle psychologique qui la rend trop sensible au point de lui faire voir des choses qui n'existent pas ? Kate a perdu un frère, très jeune, elle se sent toujours responsable de sa mort et personne ne l'a aidé à penser le contraire. Ca, son travail et la perte de sa mère, voilà des circonstances qui ne jouent pas en sa faveur.

Sa soeur ainée a perdu sa fille, une adolescente qui a fugué et dont plus personne n'a de nouvelles. Dans ce roman, il y a beaucoup de zones d'ombres, beaucoup de personnages torturés et au lourd passé. Kate va peu à peu découvrir les secrets des uns et celui qu'elle percera malgré elle sera bien plus dur à digérer que tous les reportages qu'elle a pu faire dans les pays en guerre.


Me concernant, ce roman a eu l'impact voulu, captivée et scotchée par la fin (j'avoue ne pas l'avoir vu venir du tout) Nuala Ellwood signe là un très bon livre qui saura trouver son public ! 



mardi 23 avril 2019

Phitanie, tome 1 : L'autre monde de Tiphaine Croville

Paru en 2016 aux éditions Rebelle.
263 pages, fantasy.


Définie par son rôle d'orpheline, Héloïne, 18 ans, rêve d'évasion. Lorsqu'elle se retrouve propulsée en Phitanie, elle découvre un nouveau monde où magie et animaux extraordinaires cohabitent. Elle fait la connaissance d'êtres exceptionnels qui deviendront le centre de son nouvel univers. En Phitanie, Héloïne trouve enfin l'opportunité d'être elle-même. Mais la liberté a un prix et elle devra affronter des épreuves que jamais elle n'aurait cru devoir surmonter.







Mon avis :

Lien de Phitanie tome 1 sur le site de l'éditeur.

Phitanie c'est un roman que j'ai pris aux halliénnales 2018 parce que j'en avais lu de bons échos et parce que j'avais promis à l'auteur l'année d'avant de me laisser tenter par sa plume. C'est chose faite et j'ai enfin pu découvrir son univers en vu des prochaines halliénnales.

Dès le début, j'ai senti la plume légère et rêveuse de l'auteur. Elle nous présente très vite Héloïse qui est une orpheline discrète et quasi invisible aux yeux des autres. Pas d'amis, plus de famille, elle survit tant bien que mal dans un milieu où elle pense dénoter. Sa fragilité en fera pourtant sa force à plusieurs reprises et son sentiment qu'une vie différente l'attend ailleurs ne fera que se renforcer, surtout avec son arrivée en Phitanie.

Je dois bien avouer qu'au début, j'étais pas très emballée. Je m'explique : les histoires où l'héroïne retrouve son véritable monde dont elle ignore l'existence (c'est hyper important qu'elle ne sache pas qu'elle vient d'ailleurs) sont légions. Yen a à la pelle.  Du coup, je ne trouvais pas ça terriblement originale. Le fait que cette pauvre fille ne soit pas assez mise en valeur dans son monde mais on devine très tôt qu'elle aura un rôle crucial dans son futur chez elle, c'est prévisible aussi comme dans tous les romans de ce style. Du coup, j'avoue qu'au départ je me suis prise à me demander qu'est-ce qui avait pu me tomber sur le coin de la tronche pour commencer un roman finalement assez prévisible et écrit visiblement pour les adolescents. Deux mots : Fred et Tiphaine. Parce que la chronique de l'un a su m'intriguer et me dire de laisser une chance à ce bouquin dont la couverture m'a toujours plu, mais j'avais peur d'être déçue. Et puis Tiphaine parce qu'elle est pleine d'entrain, parle hyper bien des pégases et de ses héros masculins. Il en fallait pas plus et me voilà dans la lecture de Phitanie.

Passé les 40 premières pages, je me suis laissée prendre dans les filets de Tiphaine et je me suis mise à dévorer son roman. Alors oui, ya des choses déjà vu en littérature dite Young adult fantasy, mais il y a ici une légèreté que j'ai beaucoup aimé. J'aurais bien sûr aimé plus d'explication sur ce monde et ce qui l'entoure parce que finalement à part connaître son emplacement (au centre de la terre) on ne sait que peu de choses, l'auteur n'ayant pas eu le souhait de nous saouler et nous bombarder de descriptions à la Tolkien. Un bon point cependant, puisque cela évite d'être enseveli sous un mont d'informations indigestes. Mais je n'aurais pas été contre quelques petites explications.

Outre le côté très fleur bleue de l'héroïne qui va vite s'enticher d'un jeune homme (oh je ne lui jette pas la pierre, je me serais laissée tenter aussi et bien plus encore !) on finit par découvrir une histoire assez palpitante qui comporte son lot de progression à la Harry Potter (apprendre à voler sur un pégase le pied !) et de progression à la Rocky Balboa (les entraînements au combat sont vraiment sympa !) pour apprendre à se défendre face à un ennemi redoutable. Passé les trois quart du roman, la légèreté commence à disparaître pour laisser place à une atmosphère moins drôle et plus sérieuse. La guerre est déclarée, chacun use de ses compétences pour se protéger et défendre son lieu de vie. C'est intense, bien amené et bien décrit et cela amène forcément le lecteur à vouloir la suite ! Et c'est ce qu'il me tarde de faire aux Halliénnales, me procurer le tome 2 pour découvrir comment Héloïse va s'en sortir.

Je n'ai pas évoqué les différents personnages de ce premier opus parce qu'ils sont peu. Certes quelques personnages secondaires, mais bien vite effacer par le charisme d'un certain Emmeran. C'est tout ce que je peux vous dire. Si ce n'est que les réactions des personnages sont crédibles et plutôt cohérentes dans l'ensemble, et que leurs caractères sont suffisamment étoffés pour les rendre attachants et réalistes.

Voilà une lecture que je ne regrette donc pas d'avoir découverte ! 






mercredi 17 avril 2019

Un frère de trop de Sébastien Theveny

Paru en 2019 chez Michel lafon
439 pages, thriller.


Eté 1986. Au large de la baie des Anges. Le fils aîné des Lacassagne, une riche famille d’investisseurs niçois, se noie lors d’une virée en mer en compagnie de son frère et sa sœur. Eté 2016. Chaleur sur Nice. Le patriarche des Lacassagne, à l’aube de ses quatre-vingt ans décide de transmettre les rênes de son empire à ses enfants. Dans le même temps, il contracte un journaliste - écrivain public pour lui écrire ses mémoires. Laisser une trace sur papier de ses réussites. Mais les journalistes ont le fâcheux défaut d’être souvent trop curieux. Le loup est entré dans la bergerie… 30 ans après le drame, les vérités éclatent… Les accidents sont-ils toujours fortuits ?




Mon avis :

Lien de un frère de trop sur le site de l'éditeur.

Voilà un auteur dont j'ai beaucoup entendu parler sur le net. Curieuse de découvrir sa plume, c'est avec beaucoup d'intérêt que j'en ai débuté la lecture. Alors forcément, je savais que ce ne serait pas un thriller classique, mais ce ne fut pas gênant, parce que j'ai dévoré le bouquin.

Déjà, il est important de souligner que l'auteur avait dans un premier temps auto-édité son roman avant de le voir sortir chez Michel Lafon. 

On fait donc la rencontre du personnage principal, enfin de l'un des personnages qui va nous permettre de vibrer tout au long de la lecture : Jérôme, un journaliste qui va aider Charles Lacassagne, riche magnat de l'immobilier à écrire son autobiographie. Très vite, j'ai beaucoup apprécié Jérôme et ses interviews et recherches permettent d'étoffer une histoire familiale des plus sombres. En effet, des années plus tôt, le plus âgé des enfants Lacassagne est mort noyé après une sortie en bateau qui a tourné au drame. Très vite pourtant, on reste dans l'attente d'une révélation : meurtre, accident, suicide ? A qui profitait vraiment cette disparition ? Un frère de trop est un véritable page turner. Il sait allier moment calme, moment de doute et moment de révélations pour ne pas frustrer son lecteur.

Loin d'un thriller classique, c'est davantage l'histoire rocambolesque d'une famille riche qui se pensait parfaite et qui découvre des félures dans ses relations entre membre d'une même famille. Et ce sont toutes ces révélations qui offrent à l'intrigue quelque chose de très accrocheur. Soulignons également l'utilisation judicieuse de deux époques différentes où l'on passe de l'époque avant l'accident à nos jours. Cela permet de mieux découvrir les personnages parce qu'il est vrai qu'on les découvre au travers des yeux de Jérôme qui se sent totalement à l'écart de cette famille pleine de tensions et de sous entendus.

Et voilà que l'écriture d'un roman se transforme en confessions pour Jérome qui ne sait plus s'il doit poursuivre son contrat ou tenter de résoudre le mystère Pierre Hugues. Entre ses parents qui cachent bien des secrets, le journaliste va découvrir que Marie-Caroline et Edouard ont eux aussi leur vieux démons et un passé qu'ils préfèrent garder secret. 

De rebondissements en rebondissements, j'avoue en avoir deviner pas mal. Dont le plus important concernant Pierre Hugues, alors forcément je n'ai pas été aussi surprise que l'aurait voulu l'auteur, des indices ayant été glissé ici et là et surtout une ficelle trop grosse pour passer inaperçue à mon sens ont fait que j'avais deviné certaines réponses. Cela étant, Un frère de trop est un bouquin de grande qualité. On sent que l'auteur y a mis du temps et de l'énergie puisqu'il propose de nous faire entrer dans la vie d'une famille qui a beaucoup à perdre si ses secrets finissent par être dévoilés.

Une chouette lecture !


mercredi 10 avril 2019

Représailles de Hans Koppel

Paru en 2017 chez presse de la cité et en 2019 chez Pocket

352 pages, thriller.


Calle Collin, journaliste free-lance, rédige pour un hebdomadaire le portrait de Kent, un adolescent mort des années plus tôt dans un tragique accident. Il rencontre son frère, Mattias, homme de main et amant de Sara, redoutable femme d'affaires mafieuse. Après avoir lu l'article, Anders Malmberg, célèbre chroniqueur, qui était en classe avec Kent, est choqué. Il décide de rétablir la vérité sur la personnalité de Kent, son harceleur, son pire cauchemar... au risque de provoquer Mattias, et surtout Sara, qui aurait préféré que certains secrets restent enfouis. Les représailles de la jeune femme, qui seront d'une cruauté proche de la folie, ne font que commencer... Personne ne sera à l'abri. Titre original : Om döda ont (2013)



Mon avis :

Lien de Représailles sur le site de l'éditeur.

J'avais déjà eu l'occasion de lire l'auteur avec Châtiments qui m'avait alors bien plu. Il me tardait donc de retrouver la plume de l'auteur parce que ces thrillers sont intimistes et addictifs. Une fois encore cela se confirme avec Représailles où il est question de vengeance et de remettre les choses en ordre. Notre héros est un journaliste (déjà présent dans Châtiments) à qui on confie la tâche assez ingrate de dresser le portrait glorieux et positif d'un gamin mort renversé par une voiture alors qu'il était encore si jeune. Calle doit donc interrogé les proches de ce garçons pour en dresser un portrait élogieux et qui fera pleurer dans les chaumières.

Mais forcément, rien ne va se dérouler comme prévu puisque le gamin en question, mort tragiquement bien sur, était un véritable monstre qui n'hésitait pas à harceler les autres enfants de son école. Lorsqu'une de ses victimes découvrent l'article, elle ne l'accepte pas et décide de se rendre justice en écrivant la vérité sur Kent, cet enfant terreur.

L'histoire d'emblée me plaisait. Quand il est question d'enfant terreur mort subitement (le karma !) je voulais voir comment les autres allaient prendre en compte cet article mensonger. Et bien le peu qu'on puisse dire c'est que ça va remuer la merde ! Clairement !

Parce qu'écrire un article assassin sur un gamin assassiné c'est moyen. Ça ne se fait pas, point ! Pourtant appelons un chat un chat, Kent était un vrai pourri de la pire espèce et en mourant si jeune, il évitera bien des coups et humiliations aux autres. Mais le grand frère de kent n'est pas un tendre. Lui et sa nana qui gère un club de streap-tease et de prostitutions vont très mal prendre le fait qu'on salisse la mémoire de l'un des leurs. S'ensuit un besoin de faire peur, de faire mal et de se venger de la part de ce couple démoniaque dont la femme est la plus dangereuse des deux. Parce que Sara est une enflure de la pire espèce. Elle n'hésite pas à tuer ceux qui se mettent sur son chemin et ne la suive pas. Des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes, aucune distinction pour cette psychopathe de la pire espèce.

Mais la chasseuse devient proie lorsqu'un jeune homme qui a décider de se rebeller prend son courage à deux mains et part en quête d'exterminer la garce. Le roman se veut violent, sans pitié ni concession même pour les morts. Et chacun finit par s'inclure dans un tableau sanglant et destructeur. J'avais apprécié la violence dans Châtiments et bien ici aussi l'auteur se fait plaisir et dresse le portrait de personnages charismatiques et qui ne s'encombrent pas de sentiments. 

Jusqu'à un final surprenant et en apothéose qui montre que l'auteur n'a peur de rien. Un très chouette bouquin qui m'aura régaler pendant plusieurs soirées ! 

lundi 1 avril 2019

Charlie Lager, tome 1 : Anna-belle de Lina Bengtsdotter

Paru en 2019 aux éditions Marabout.
320 pages, thriller.

La détective Charlie Lager est contrainte par ses supérieurs de retourner à Gullspång, la petite ville où elle s'était juré de ne jamais remettre les pieds pour enquêter sur la disparition d'une jeune fille de 17 ans, Annabelle que la police locale n'a pu retrouver. Alors que ses recherches progressent, Charlie est confrontée à un passé traumatisant, vieux de 20 ans. La jeune femme, que sa brillante ascension dans la police suédoise a conduite à résoudre des enquêtes particulièrement complexes, se retrouve démunie et vulnérable face aux démons de sa propre enfance ; car Charlie aussi a de sombres secrets. Lina Bengsdotter, en écrivant ce thriller plein de suspense, montre le poids des relations sociales dans de petites communautés où les rumeurs se répandent rapidement, où personne ne peut échapper à son passé. Le personnage complexe et intense de Charlie n'est pas sans rappeler celui de Stella Gibson dans la série The Fall.


Mon avis :

Lien de Annabelle sur le site de l'éditeur.

Après une déception livresque, j'espérais avoir entre les mains un bon livre. Un de ceux qu'on dévore sans s'arrêter et qui offre une atmosphère comme je les aime. Tiercé gagnant, Annabelle m'a énormément plu. Fort d'une ambiance un peu rurale dans un petit village où la pauvreté domine, le roman emporte très vite le lecteur grâce à une héroïne qui a du caractère !

Annabelle, c'est une histoire de disparition. Une jeune fille, bien sous tout rapport, ne rentre jamais chez elle et malgré les recherches, impossible de la retrouver. C'est pourquoi on décide d'envoyer Charlie à sa recherche, une policière au sacré méthode, alcoolique et qui a grandit  à Gullspang, là où Annabelle a disparu.

La ville où se situe le roman m'a beaucoup plu. C'est un lieu un peu oublié, reculé et très pauvre où tout le monde se connaît. Son industrie est minime, l'accès au soin restreint et chacun tente de s'en sortir comme il le peut. On sent la tristesse des uns et l'abandon total des autres. De ceux qui boivent plus que de raison face à ceux qui ne peuvent plus lutter sans médicament, seuls exemples pour la jeunesse qui finit elle aussi par se noyer dans l'alcool et la fête. Jusqu'au jour où une jeune fille disparaît sans laisser de trace. On se prend à multiplier les possibilités, à tenter de résoudre l'enquête et à comprendre ce qu'il a pu lui arriver.

D'un autre côté, on a Charlie, inspectrice à la brigade criminelle de Stockholm, une femme qui boit énormément, qui refuse qu'on lui dicte sa conduite et qui agit comme bon lui semble. Charlie est une femme brisée par une mère étouffante et qui tente de se reconstruire toute seule, tout en veillant à protéger les autres autour d'elle, d'où son métier. Car oui, Charlie est une brillante inspectrice. Mais elle a aussi de vieux démons et l'alcool en fait partie. Alcoolique comme sa mère, elle qui désespérait de lui ressembler, elle est le centre des critiques auprès de ses collègues. Car en plus, Charlie a de nombreuses liaisons et ne s'encombre pas d'amour et d'une relation exclusive. J'ai adoré ce personnage, elle est forte, téméraire et ne cache pas ses défauts. Son enquête elle la fait à l'instinct, certaine de suivre le bon chemin et de parvenir à comprendre comment et pourquoi la jeune fille a disparu. 

Très peu d'originalité dans ce thriller assez classique, mais les différents points de vue d'époques différentes finissent par se rejoindre pour offrir un final auquel on ne pensait pas forcément, du moins, je ne voyais pas les choses se terminer ainsi. Une très bonne lecture !


dimanche 31 mars 2019

la griffe du diable de Lara Dearman

Paru en 2018 aux éditions Pocket et en 2017 aux éditions Robert Laffont.

448 pages, thriller.

Poursuivie par ses démons, Jennifer Dorey a quitté Londres pour retourner dans sa maison d'enfance avec sa mère, à Guernesey, ou elle est devenue reporter au journal local. Elle pensait pouvoir souffler un peu. Elle avait tort.
Quand le cadavre d'une jeune femme s'échoue sur une plage, la journaliste mène sa propre enquête et exhume plusieurs morts similaires qui s'étendent sur une cinquantaine d'années. Plus troublant encore, toutes les victimes avaient sur le bras des marques semblables à un symbole gravé sur un rocher de l'île : les « griffes du diable », dont la légende veut qu'elles aient été laissées par Satan lui-même...




Mon avis : 

 Lien de la griffe du diable sur le site de l'éditeur. 

La griffe du diable avait tout d'une histoire dépaysante et intrigante. Je me suis lancée dans cette lecture attendant beaucoup de l'intrigue, de l'ambiance et des personnages. Quel dommage que finalement je n'ai pas eu tout ce que j'espérais. L'atmosphère du roman reste son plus gros point fort.

L'île que l'on découvre au travers des personnages et du déroulement de l'enquête a quelque chose de folklorique, d'électrisant et de dépaysant. Elle semble être dotée d'une vie qui lui est propre et agir comme bon lui semble, témoin invisible d'une histoire de corps échoué, de possible meurtre.

On suit l'aventure d'après différents personnages et différentes époques, attendant que tout se lie enfin. Malgré une ambiance intéressante, j'avoue avoir connu un véritable flop avec les personnages. L'héroïne, journaliste n'aura pas su me plaire et j'aurais aimé qu'elle se lâche davantage, qu'elle dévoile plus ses émotions. Je l'ai trouvé trop lisse, insipide et sans charisme. Il en fut de même pour le tueur et le policier. Chacun possède pourtant une histoire, un vécu solide et intéressant, mais au fil des pages, je n'ai à aucun moment réussi à m'attacher à eux. Et l'on sait que si les personnages ne parviennent pas à nous donner un semblant d'émotion alors la lecture en devient pénible car "plate". 

Après des personnages pour qui je n'ai ressenti aucune empathie, ce fut le tour d'une intrigue longue, trèèèèès longue à se mettre en place et qui fait beaucoup trop de sur place à mon sens. Rien n'avance, on peine à en savoir davantage, c'est lent. L'auteur nous propose d'en découvrir davantage sur l'île et ses habitants, sur nos héros, mais elle ne fait que retarder les découvertes sur l'intrigue. Sans aucun lien en plus avec celle-ci. J'ai plusieurs fois refermé le bouquin préférant la compagnie d'un épisode de santa clarita diet à l'avancement de l'enquête de la griffe du diable. Je suis plutôt bon public en thriller. Me faut une ambiance, de bons personnages, un peu d'originalité et surtout une histoire qui me tienne en haleine, qui prend aux tripes et ce ne fut pas du tout le cas ici.

 Dommage, parce que j'attendais beaucoup de cette île, de son histoire et de son futur, mais peut-être qu'à trop misé sur l'aspect géographique de son roman, l'auteur en a oublié ses personnages.

vendredi 22 mars 2019

Le fou et l'assassin, tome 5 : Sur les rives de l'Art de Robin Hobb

Paru en 2019 aux éditions J'ai lu et en 2017 aux éditions Pygmalion.
573 Pages, Fantasy. 


La fille de Fitz, Abeille, a été enlevée par les Servants, adeptes d'une société secrète qui usent de prophéties pour étendre leur influence et augmenter leur richesse. Et Abeille joue un rôle crucial dans leurs manigances. Alors que la jeune fille est traînée par ses ravisseurs sadiques à travers la moitié du monde, Fitz et le Fou, la croyant morte, se lancent dans une mission de vengeance qui les conduit vers l'île lointaine où résident leurs ennemis. C'est de cet enfer dont le Fou s'est échappé, mutilé et aveugle, jurant de ne jamais revenir. Aujourd'hui, il n'est plus aussi impuissant qu'il y parait. De même, si Fitz n'est plus l'assassin inégalé de sa jeunesse, il reste un redoutable adversaire. Leur but est simple : s'assurer qu'aucun Servant ne survive.




Lien sur les rives de l'Art sur le site de l'éditeur.

Je ne cache pas mon amour ni pour cette auteure, ni pour sa fabuleuse saga de l'assassin royal et toutes les sagas dérivées. Robin Hobb a bercé mon adolescence et pouvoir continuer de suivre Fitz et ses amis à l'âge adulte ça n'a pas de prix...

Une fois encore je ressors de ma lecture, l'esprit dans un nuage, sous le charme et déjà nostalgique de toutes ces années passées en leur compagnie. Car oui, Fitz fait partie de moi. C'est bête à dire, mais un personnage tel que lui qu'on découvre enfant et qu'on voit grandir en même temps que soi, c'est incroyable et ça crée du lien. (C'est souvent la même chose avec des personnages de séries télé, comme Buffy, Mulder et Scully...)

Dans ce nouvel opus pas encore beaucoup d'action, tout est calme, malgré la menace qui plane au dessus des frêles épaules d'Abeille. Pourtant, ce nouvel opus de la saga est bourré de tension et d'électricité. On a flippe pour nos héros, on se demande s'ils vont finir par se rendre compte qu'il se trompe sur toute la ligne (Fitz et le Fou pensant Abeille morte et cette dernière ne se doutant pas un instant qu'ils vont se mettre à sa recherche.). Chaque chapitre ou presque alterne les points de vue pour apporter de la consistance à l'histoire et à ses héros. 

J'ai adoré le clin d'oeil à la saga Les Cités des Anciens lorsqu'enfin Fitz rencontre les dragons. Que c'était bien pensé et bien amené ! Madame Hobb a son histoire, son univers bien à elle, dans sa tête et chaque saga finit par se relier à la perfection. On sent pourtant avec cet opus que la fin est proche et qu'enfin Fitz pourra se reposer. Il sera parvenu à vaincre bon nombre d'ennemis, il sera temps pour lui de se mettre en retrait et de finir sa vie en paix. C'est tout le malheur qu'on lui souhaite.

J'ai adoré les nombreuses révélations, retrouver l'équipe qui accompagne Fitz, le Fou, Braise, Lant... mais surtout, je me suis sentie triste... triste parce que la fin approche et que je vais devoir à nouveau dire au revoir à mes héros. Madame Hobb a toujours su me captiver dès les premières pages et prenant le temps de mettre en place son univers et intrigue elle a su donner vie à des héros magnifiques et aussi tragiques que dans les pièces de Shakespeare. Hâte de me plonger dans le dernier tome ? Absolument pas, car alors ce sera un adieu...

lundi 18 mars 2019

Le coeur perdu des automates de Daniel H. Wilson

Paru en 2018 chez fleuve édition collection outrefleuve.
416 pages, science fiction.


Moscou, 1709. Un automate reprend vie dans un atelier, aux côtés d’une poupée à la mécanique tout aussi précise et complexe que la sienne, sa soeur. Doués de parole et d’une âme, ils ont pourtant tout oublié de leur passé. Et de la guerre qui déchire leurs semblables. De nos jours. Fascinée par les automates, June parcourt le monde à leur recherche, brûlant de percer leur mystère. Elle possède un étrange legs de son grand-père : une sorte de coeur finement ouvragé, réceptacle, elle le sent, d’un secret intemporel et d’une histoire épique. En effet, si les automates existent depuis la nuit des temps, dissimulés parmi les hommes, le compte à rebours pour leur survie a débuté. Et c’est June qui en détient la clef.



Lien de le coeur perdu des automates sur le site de l'éditeur.

Il y a des couvertures qui subitement vous donne envie d'ouvrir un bouquin. De le dévorer et de vous laisser porter par l'histoire. Ce fut le cas ici avec le coeur perdu des automates, un roman de science fiction steampunk qui saura plaire aux habitués du genre. Me concernant, j'ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui alterne deux époques différentes. Notre époque d'un côté et le 18ème siècle d'un autre,  moment où les automates ont vu le jour. Deux époques, plusieurs héros. June de nos jours qui répare des automates dans le monde entier, passion qui l'anime depuis toute petite, elle qui sans le savoir détient une clef qui pourrait tous les sauver et Pierre et Helena au 18ème siècles, deux automates qui luttent pour survivre.

Au départ ce changement d'époque peut troubler le lecteur car il se veut trop rapide. On a peu le temps de s'habituer à un personnage que déjà on le quitte pour sauter dans le temps. Peut-être parce que l'auteur a choisi des chapitres court afin de montrer la rapidité des événements et le fait qu'un compte à rebours s'est déclenché pour la survie d'une certaine forme de vie robotique. Si au départ, j'ai eu quelques difficultés avec ces changements un peu brusques, peu à peu j'ai laissé la lecture m'emporter avec elle et j'appréciais ces changement, même si l'histoire de Pierre et Helena a eu un impact plus fort sur mon ressenti que celle de June. 

Les automates sont fantastiques. Ils ont ce côté humain qui fascine et perturbe. Pierre et Helena ont un véritable lien tous les deux, tels un frère et sa soeur ils essayent de survivre dans un monde chaotique et une époque qui n'était pas prête de les voir mis au monde. L'action est présente peu importe le lieu et l'époque et l'ennui n'est pas au rendez-vous (du moins, pas dès le quart passé ou quelque chose se passe et on se sent concerné par l'aventure qui se déroule). 

Tout au long du roman on fait un voyage à travers le monde et les époques : l'Asie, l'Europe, la Russie, les Etats Unis, une véritable épopée pour protéger une clef qui saura protéger toute une espèce en danger. Le coeur perdu des automates est aussi très sombres, violents et brusques. Le sang et la violence coulent à flots, les morts se succèdent, peu importe l'année... 

Ce roman est donc un véritable voyage dans la violence et à travers le monde où il sera question de l'avenir des créations de L'Homme qui ne semble pas assumer ses inventions. Un bon roman pour découvrir la science fiction (surtout le steampunk) ou continuer à l'apprécier.


vendredi 1 mars 2019

Un homme parfait de Jo Jakman

Paru en 2019 aux éditions Marabout
272 pages Thriller


Jusqu’où iriez-vous pour vous venger de votre ex ? Phillip, le mari d’Imogen est un terrifiant manipulateur qui présente à tous l’image de l’homme parfait. Mais Imogen sait ce qu’il cache. Alors qu’ils sont en instance de divorce, Phillip lui donne quinze jours pour quitter la maison, faute de quoi il demandera la garde de leur fils. Lors d’une dispute, dans un moment de folie, Imogen l’enferme à la cave. Maintenant qu’elle semble contrôler la situation, jusqu’où sera-t-elle capable d’aller pour défendre son fils ?






Lien de Un homme parfait de Jo Jakeman sur le site de l'éditeur.
De quoi ça parle ?

Un homme parfait nous raconte une histoire de femmes. Une histoire de vengeance et de peur. Il sera question de trois femmes qui ont toutes à un moment de leur vie succombé au charme de Phillip. Ruby a été son épouse durant des années, Imogen est en instance de divorce tandis que Naomi est sa petite amie actuelle. Toutes ont un point commun : Phillip. Toutes ont été déçues et malmenés par celui qu'elles ont pourtant aimé. Toutes les trois vont apprendre à faire confiance aux autres, à se surpasser pour ne plus jamais vivre dans la peur. Le destin de trois femmes qui se haissent et qui pourtant vont de découvrir plus proches que jamais. 

Quelle est l'ambiance du roman ?

Un homme parfait est un roman qui vous coupe l'oxygène. De part le caractère de nos trois héroïnes, on a la sensation de n'avoir aucun pouvoir sur leur destin et on pourrait même jusqu'à dire que Phillip dirige leur vie de A à Z. On sent la pression de ses femmes qui se sentent en danger et surtout impuissante parce que leur ennemi est quelqu'un de rusé et d'apprécier. On est pris au piège d'un homme manipulateur et violent que rien n'arrêtera. On est sous tension, autant que nos trois héroïnes qui n'auront d'autres choix que de s'allier pour survivre face à un homme qui n'a rien à perdre.

Comment sont les personnages ?

Dans un homme parfait, nous avons droit à plusieurs personnages principaux qui se démarquent les uns des autres. On a Imogen qui est facilement manipulable, faible et peureuse. Tout ce qui lui importe c'est de garantir la sécurité de son fils et la sienne. Elle va apprendre à se surpasser et à trouver des ressources insoupçonnées pour affronter son agresseur. C'est une mère qui de banale et faible devient courageuse et forte. On a également Ruby, la naïve, la femme la plus âgée qui croit encore qu'il est possible de sauver son Phillip. Et enfin Naomi, la plus jeune et plus combative, qui refuse de se laisser faire par son petit ami. 
Phillip, le dangereux psychopathe va lui aussi surprendre par son côté sournois, intelligent et calculateur. J'ai adoré le haïr !

L'intrigue elle vaut quoi? 

Un homme parfait reste une histoire assez classique. Trois femmes qui tentent d'enfin s'échapper de l'emprise de l'homme qu'elles ont tant aimé. On a donc un schéma simple, mais efficace. Une première menace qui cette fois-ci ne passe pas et une femme qui décide de se battre pour la première fois pour protéger son fils. Voilà que des alliées improbables vont la soutenir et l'aider à tenir le coup. Au grand désespoir de leur ennemi qui ne s'attendait pas à un tel retournement de situation. Jusqu'à la fin on se demande comment cela va finir et on sait que rien de bon ne pourra sortir de cet enchaînement de rage et de violence. Le final surprend, je ne m'attendais pas à ce choix là de la part de l'auteur mais au moins, cela évite un peu le cliché et prouve que la roue tourne.

Et donc ?

Au final on a là un thriller simple, mais bougrement efficace. Nos héroïnes sont attachantes et vont sous nos yeux tenter le tout pour le tout pour éliminer celui qui leur a tant pourri la vie. Je recommande pour passer un chouette moment et se laisser entraîner dans un tourbillon de violence et de revanche.


mercredi 23 janvier 2019

Mon top lecture 2018



Comme annoncée plus tôt sur ma page facebook, je vais vous proposer mon top lecture de 2018. Des romans que je recommande vivement et à selon moi posséder dans sa bibliothèque. C'est partie. N'hésitez pas à cliquer sur le titre du roman pour accéder à mon avis.


Entre deux mondes de Olivier Norek.


Rouge toxic de Morgane Caussarieu

Mange tes morts de jack health

Dompteur d'anges de Claire Favan

Chéloïdes : Chronique punk de Morgane Caussarieu

Cadaver sancti de Jennifer Holparan

Le manufacturier de Mattias Koping

Techno Freaks de Morgane Caussarieu

Les coureurs de la fin du monde de Adrian J. Walker

10° Tu tueras le père de Sandrone Dazieri et Tu tueras l'ange de Sandrone Dazieri
 

Trois romans de Morgane Caussarieu, rien que ça et deux romans de Sandrone Dazieri que j'ai découvert cette même année. En bref, beaucoup de thriller et de diversité ! Jetez vous dessus !

mardi 22 janvier 2019

Le chant de Kali de Dan Simmons

Paru en 2018 chez Pocket, en 2005 chez Folio SF et en 1993 et  1996 chez j'ai lu.

368 pages. Fantastique/Horreur

" Il est des lieux maléfiques qui ne devraient pas exister. Il est des villes malfaisantes où l'on ne peut demeurer. Calcutta est de celles-là. Avant Calcutta, pareille idée m'aurait fait rire. Avant Calcutta, je ne croyais pas au mal, et surtout pas comme s'il était une force indépendante des hommes. Avant Calcutta, je n'étais qu'un imbécile. " Robert Luczak est envoyé à Calcutta par sa maison d'édition pour récupérer le mystérieux manuscrit d'un poète que tous croyaient mort depuis huit ans. Mission simple en apparence, mais qui prend des allures de descente aux enfers dès lors que son chemin croise celui des Kapalikas, secte vouée à l'adoration de la meurtrière Kali dont les membres font régner la terreur sur la ville. Sacrifices humains, cadavres ressuscités, meurtres en pagaille... Luczak comprendra - mais trop tard - que rien n'arrête le chant macabre de Kali.


Lien du chant de Kali sur le site de l'éditeur.

De quoi ça parle ?

Le chant de Kali est un roman sombre sur une divinité qui n'a rien de douce et de bienveillante. Notre héros est envoyé à Calcutta pour y rencontrer un pète que tous pensaient mort. Il serait pourtant bel et bien vivant et de nouveaux poèmes ont vu le jour. Robert est donc chargé de récupérer les documents, les authentifier et les ramener en Amérique pour une revue littéraire. Accompagné de son épouse, d'origine indienne et de sa petite fille, Robert fait donc un long voyage sans savoir qu'une fois sur place il sera témoin de choses effrayantes et que le recueil de poème ne lui sera pas offert gratuitement.

Quel est l'ambiance du roman ? 

Ce roman est très sombre. En le lisant, j'avais la sensation d'étouffer, que la nuit était éternelle et la chaleur exténuante. Nos héros vont avoir chaud, ils vont être épuisés psychologiquement et physiquement dans cette ville sale et éprouvante où la misère se retrouve à tous les coins de rue et où certaines sectes en profitent pour s'accaparer les plus faibles. Pourtant les riches sont bien présents et profitent de leur vie luxueuse sans se soucier des autres. C'est une ambiance assez angoissante et on ne ressort pas intacte de la visite des lieux. Croyez-moi, Dan Simmons ne donne absolument pas envie d'aller faire un tour du côté de Calcutta et de ses ruelles où les gens vous y attendent pour vous détrousser ou pire encore. Je pense que c'est d'ailleurs la vision de cette ville offerte par l'auteur qui nous glace le plus le sang.

Comment sont les personnages ?

Les personnages sont assez nombreux, mais très éphémères. Certains ne font qu'une brève apparition tandis que d'autres sont récurrents et ce ne sont pas forcément les plus sains. Krishna par exemple m'a filé des boutons. Vraiment. Il est grossier, sans gène et semble repoussant à tout point de vue. Il va chaque fois nous mettre mal à l'aise et jusqu'au bout, on se demande quel est son objectif final. Robert et son épouse, restent les personnages les plus normaux de ce roman. L'un tente simplement de récupérer des écrits et de prendre la poudre d'escampette tandis que sa femme voulait un retour aux sources complètement loupé. Elle soutiendra son époux jusqu'au bout et regrettera bien évidemment de l'avoir suivi. A côté de ça, on a également une forte représentation de la population indienne, mais surtout vu du côté obscur. Ils ont tous l'air méfiants, dangereux, fous et sournois. Sales aussi. Des habitants qui n'ont rien de bien sympathiques.

L'intrigue, elle vaut quoi ?

Honnêtement, l'intrigue est assez simpliste. On envoie un homme récupérer un objet dans une ville et forcément rien ne sera simple, personne ne voulait lui faciliter les choses. Robert donc va découvrir un côté encore plus sombre de la ville de Calcutta avec sa mythologie sur Kali, une déesse attirante mais aussi repoussante à la fois. Elle vous ensorcelle et vous enivre de sa beauté et de la sexualité qu'elle dégage pour mieux vous détruire, lentement. La folie semble chaque fois prendre le pas sur le fantastique et on en vient à douter de ce que voit vraiment Robert. L'intrigue mélange donc habilement mythologie et réalité, chaleur du pays et froideur de la mort qui semble bien présente sur de nombreuses pages. Cependant, parfois j'ai trouvé que les péripéties étaient un peu grotesques, un peu comme si l'auteur voulait faire durer la torture et trouvait maintes excuses pour que Robert ne reparte plus de Calcutta. Aura-t-il enfin son manuscrit entre les mains ? Est-il véritable ? Kali existe-t-elle vraiment ? On en devient fou et on ne sait plus où donner de la tête.

Et donc ?

Finalement, je pense que le chant de Kali est un très bon roman pour les débutants en fantastique. Ceux qui n'ont pas envie de voir les héros saigner et souffrir pendant 400 pages sont les bienvenus à Calcutta pour y suivre Robert dans son aventure incroyable. J'ai lu bien plus gores et violents, mais jamais un roman où une ville m'a paru aussi étouffante...

dimanche 13 janvier 2019

Les coureurs de la fin du monde de Adrian J. Walker

Paru en 2017 chez Hugo et Cie et en 2018 chez Pocket
640 pages science-fiction.


Plus personne n'attend rien de bon, ni rien de grand, d'Edgar Hill. À 35 ans, il est un père et un mari absent, et un homme éteint. Mais le désastre, souvent, nous révèle à nous-même. Séparé de sa femme et de ses enfants par plus de 800 kilomètres, Edgar n'a qu'une seule option pour les rejoindre. Courir. Courir jusqu'à l'épuisement. Dépasser ses limites. Se battre contre soi-même. Et contre les dangers qui, tout au long de sa traversée d'un Royaume-Uni dévasté par une catastrophe, menaceront jusqu'à sa survie même. S'il n'arrive pas à temps, il perdra sa famille. Pour toujours.







Lien de les coureurs de la fin du monde sur le site de l'éditeur.

Quand j'ai découvert ce titre et le petit message qui indiquait un coup de coeur de Stephen King, je n'ai plus hésité. Je n'avais pas lu de roman post-apocalyptique depuis pas mal de temps et j'avais envie de m'y remettre. Je suis ravie de me rendre compte que le genre a encore de belles pépites à nous proposer et que moi aussi j'ai adoré ce livre.

Les coureurs de la fin du monde est un sacré pavé, mais une fois la lecture commencée, on ne s'arrête plus et aucune impression de lenteur au fil des pages. Melange de thriller et de science-fiction, ce roman nous raconte l'histoire d'un homme normal, un père de famille d'une trentaine d'année qui n'a rien d'exceptionnel.

Que ce soit physiquement ou psychologiquement, Edgar Hill ne se démarque pas des autres. Il se fond dans la masse, passe inaperçu. N'a jamais fait quelque chose d'exceptionnel. Edgar est un homme comme les autres. Voilà le premier point positif de ce roman. On ne cherche pas un super héros, un mec fort, coriace et violent qui saura toujours se sortir de toutes les situations. Non Edgar est parfois maladroit, un peu faible et trouillard. Edgar pense avant tout à sauver sa peau et à survivre. Il a du mal à faire confiance aux autres, mais la chose qui le maintient en vie et lui permet de se dépasser, c'est l'idée d'enfin retrouver sa femme et ses deux enfants.

Car Edgar est avant tout un père de famille et même s'il a des défauts, s'il n'est pas le père parfait et idéal, il aime sa famille et jusqu'à la dernière page, on sentira ce désir chez lui de les retrouver et de leur dire à quel point il les aime. Certains pourront reprocher la lenteur et longueur du roman, mais à l'inverse d'eux, j'ai trouvé que cela nous permettait de mieux comprendre les enjeux et ce nouvel environnement que découvre Edgar en même que nous.

Des milliers de caillou venu de l'espace se sont écrasés sur terre, détruisant une grande partie des villes et pays. La désolation domine et Edgar découvre avec horreur que les paysages qu'il a connu n'y ressemble plus que dans son souvenir. Il n'y a plus rien, tout n'est que néant, tristesse, sécheresse et désolation. Les survivants sont devenus violents, agressifs, ils protègent tant bien que mal leur dernière propriété et richesse. Il faut se battre pour continuer sa route, une longue route qui le séparer de sa famille emmenait en sécurité alors qu'il était en mission de récupération.

Mais Edgar se moque des entraves, il ne pense plus qu'à sa femme, sa fille et son fils. Il a besoin de les retrouver et c'est cette force intérieur qui lui permettra de marcher et de courir sur de longues distances. Les rencontres qu'il fera lui prouveront que son choix est le bon, que la famille est ce qu'il y a de plus importants et grâce à ces compagnons de voyages il va apprendre beaucoup sur lui-même.

Les coureurs de la fin du monde est un bijou dans le milieu du post-apocalyptique. Parce qu'il est cohérent et crédible et propose des personnages qui ressemblent réellement aux lecteurs. Nous pourrions tous êtres Edgar ou son épouse. Nous pourrions tous nous retrouver à sauver notre peau, à parcourir un long chemin à la recherche du salut. Voilà un livre que je classe dans mon top 10 de 2018. (Top 10 à venir dans les prochains jours)





dimanche 6 janvier 2019

La mort n'existe pas de Damien Eleonori

Paru en 2018 aux éditions de Saxus.
320 pages Thriller.



Et si la fin du monde annoncée par les mayas avait réellement eu lieu sans qu'aucun d'entre nous ne s'en soit rendu compte ? 21 décembre 2012 Et si la fin du monde annoncée par les mayas avait réellement eu lieu sans qu'aucun d'entre nous ne s'en soit rendu compte ? Sur le toit d'un hôpital parisien, Léo Liberati laisse son regard se perdre sur la capitale illuminée. Tant de choses se sont passées en trois jours. Il monte sur le parapet et étend les bras. Son dernier regard est attiré par le cadran de l'horloge trônant sur l'église du quartier de Petit-Montrouge. 4h44. Finalement tout était écrit depuis longtemps, il lève les yeux et, tel un ange, s'envole vers les cieux avant de retomber, entrainant l'humanité avec lui. Et si la fin du monde avait bien eu lieu, sans qu'aucun être humain ne s'en rende compte ?


Lien de la mort n'existe pas sur le site de l'éditeur.

Je lis très peu les thrillers de ce genre-là. Où il est question de croyance, de paradis, d'âmes et de toute cette thématique.

La mort n'existe pas m'aura donc surprise parce que je ne m'attendais pas du tout à cela. C'est une lecture agréable, mais un peu prévisible et parfois trop confuse.

Si le roman commence comme un thriller plutôt classique : un homme est accusé d'un meurtre, très vite on se rend compte que le fantastique n'est pas loin. Léo n'a aucun souvenir de ce dont on l'accuse et il va faire des rencontres pour le moins surprenante qui vont l'amener à comprendre ce don particulier dont il dispose.

La plume de l'auteur est fluide, la lecture se fait sans heurt et gêne. Au contraire, on se laisse facilement couler dans ce torrent de rebondissements et de surprises. Seulement, il faut s'accrocher non pas pour le style, mais bien pour la compréhension du roman. L'auteur a beaucoup d'idées, cela se sent, mais parfois à trop nous donner des informations, on finit par se perdre et ne plus réellement comprendre l'enjeu majeur de l'intrigue. Ce fut d'ailleurs le point faible du roman en plus d'une trop grande multitudes de personnages. Trop de prénoms à retenir, trop de protagonistes qui parfois manquent de saveur ont fait que j'ai parfois perdu le fil du roman. J'ai du parfois revenir en arrière pour me souvenir d’événements important pour être sûre de ne rien louper.

Alors oui, on se laisse couler avec le héros, on accepte les informations données, mais cela manque tout de même d'explications, d'approfondissements. On reste dans ce premier tome (parce qu'il s'agira d'une série) en surface, on ne va pas suffisamment au bout des choses. Chaque élément parvient vers la fin à se souder aux autres, mais cela manquait de naturel, comme si l'auteur forçait un peu chaque données à se lier à un tout. (oui, c'est un peu compliqué à comprendre dit comme ça, mais je ne vois pas comment vous expliquer davantage sans spoiler).

Léro est un homme classique, et ça ce fut une très bonne chose. Il n'a rien d'atypique, pensait mener une vie banale, une femme et une fille pour aider à compléter son bonheur. Malgré cela, Léo ne peut s'empêcher de penser à son ex, Aya, celle qui a tant marqué son passé et qu'il ne parvient toujours pas à oublier.

Et lorsqu'il se réveiller à l'hôpital accusé d'un meurtre, forcément qu'il nie avoir commis, tout bascule pour le héros.

S'il n'y avait pas eu le côté "religieux" et "ésotérique" du roman, j'aurais, j'en suis certaine bien plus accroché. Malheureusement, je suis du genre à fuir les romans de Dan brown par exemple et La mort n'existe pas se rapproche énormément de ce genre-là. A l'inverse, si vous êtes adepte de ce genre de thriller, n'hésitez pas, vous serez ravi !






dimanche 16 décembre 2018

Chacun sa vérité de Sara Lövestam

Paru en 2018 aux éditions Pocket et en 2016 aux éditions Robert Laffont (la bête noire)

304 pages, thriller pour adultes et jeunes adultes.


« Si la police ne peut rien pour vous, n'hésitez pas à faire appel à moi. » Kouplan, détective sans-papiers. Depuis trois ans, Kouplan est en « situation irrégulière ». Sa demande d'asile a été rejetée par la Suède mais il ne peut rentrer dans son pays, l'Iran, sans risquer sa vie. Dans l'attente d'un avenir meilleur, il lui faut échapper à la vigilance quotidienne des autorités, tout en gagnant assez d'argent pour subvenir à ses besoins : ex-journaliste, il songe à poursuivre dans l'investigation. Un jour, il propose ses services sur Internet et une femme lui répond : sa fille de six ans a été enlevée. Cette enquête va le précipiter dans le Stockholm underground, ces recoins de la ville où les clandestins sont des proies faciles pour les criminels...


Lien de Chacun sa vérité sur le site de l'éditeur.

A nouveau me voilà à vous parler d'un énième thriller. Je n'y peux rien si c'est un genre qui tombe direct dans mes mains. Chacun sa vérité est rapide à lire et très intéressant. Pas de roman exceptionnel en vue concernant l'intrigue de base, où il sera question de retrouver une enfant disparue. Cependant, je dois bien avouer que ce sont les personnages qui tirent ici leur épingle du jeu. 

Vous n'aurez pas un thriller avec des personnages comme on en voit souvent, bien au contraire. Que ce soit la fille de la victime, Pernilla, qui semble confuse du début à la fin et qui cachait sa fille aux yeux des autres de peur qu'on la lui prenne, sa fille Julia, qui ne se mettait jamais en colère et qui était très calme ou encore Kouplan, le détective sans papier qui se cache aussi, voilà un trio improbable qu'il est génial de suivre.

Kouplan donc qui dispose d'une psychologie très ambigüe et qui va à plusieurs reprises nous surprendre. Déjà par sa personnalité étrange et par son apparence de jeune garçon alors qu'il a une vingtaine d'année. Kouplan qui enquête à sa façon, sans s'aider de la police ou de faire les choses en règle parce qu'il ne le peut pas. Sa relation avec Pernilla est aussi troublante. Un lien étrange se noue entre eux et on essaye de comprendre ce qui se joue réellement sous nos yeux. Comment retrouver une fillette disparue quand on ignore comment elle a disparue et surtout à quoi elle ressemble ?

Un thriller très axé sur la psychologie de ses héros et qui peu à peu nous mène sur une quête de la vérité complètement à côté de ce qu'on attendait au départ, et pour cause, Kouplan ne dispose pas d'assez d'éléments pour réussir à trouver facilement cette enfant. Les rares personnes qui lui apportent de l'aide sont aussi atypiques et ajoutent du piment à l'affaire.

Kidnapping, folie, trafic d'êtres humains, dans Chacun sa vérité on ne s'attend pas forcément à tous les dénouements proposés, même si certains semblent un peu trop prévisibles. A lire !

jeudi 6 décembre 2018

Techno Freaks de Morgane Caussarieu

Paru en 2018 aux éditions Le serpent à plume.

192 pages, roman contemporain pour adulte. 



Pour Goldie et sa petite bande – une poignée de narcissiques défoncés à un invraisemblable cocktail de drogues – chaque week-end est un défi. Ce sont chaque fois trois nuits folles à gravir sous l'emprise de l'érotisme et de la GBL, et à dévaler sous l'emprise de l'égotisme et de la kétamine. Au final, au dernier petit matin, certains reprendront la route de leur call-center – le seul job dont ils soient encore capable – , d'autres se diront qu'il est encore temps de tout reprendre à zéro ; et Dorian approchera la perceuse de son front, à la recherche de son Troisième Œil.





Lien de Techno Freaks sur le site des éditions le serpent à plume.

Ce n'est un secret pour personne, je dévore toutes les publications de Morgane. C'est une auteur qui a un style bien à elle, inimitable. Elle sait dresser le portraits de personnages attirant et énigmatiques. Des gueules cassés, de la drogue, de la musique, un désir de vouloir se démarquer par son apparence et son caractère... Techno Freaks est un ovni. Dans la lignée de Chéloïdes même si plus court et dressant plus de portraits on découvre une Allemagne nouvelle, différente et excitante.

Je ne lis jamais de contemporain, enfin, presque jamais, et avec Morgane, je ne me suis même pas posée la question de savoir si j'allais apprécier ce nouveau monde et cet univers proche du notre. Point de fantastique, point de vampire, quoique là aussi on peut se demander si finalement la drogue et l'évolution, que dis-je, le désir de s'élever socialement ne vampirise pas nos héros. Chacun à sa manière veut se démarquer, percer dans un domaine et devenir la référence pour les autres. Les héros sont des gens tout ce qu'il y a de plus normaux. Ils pourraient être votre voisin, votre collègue, votre frère ou soeur, comprenez que Morgane en a fait des êtres vivants et non pas de simple personnage papier. On vit avec eux leurs histoires à tous. On découvre l'addiction à la drogue, à la musique, au paraître. 

Une troupe de personnages haut en couleur avec son lot de tatouages, de tenues provocantes et déstructurées, de coiffures improbables et voilà qui va nous emmener au travers d'une Allemagne fêtarde où on vit la vie à 2000%. J'ai vécu avec eux une histoire incroyable en si peu de pages et c'est ça le talent ! Peu importe le nombre de pages, la grosseur du bouquin, si l'auteur parvient à très vite vous embarquer avec lui c'est gagné. Et ce fut le cas avec Techno Freaks. L'histoire de jeunes qui passent leur temps entre boulot et boîte de nuit où la drogue n'est pas tabou et où chacun peu laisser libre court à sa liberté d'être qui il veut. Pas de préjugés, pas de clichés, juste eux et leur personnalité atypique.

Je me croyais à Berlin, défoncée à la K, me mouvant sur la piste de danse comme si j'étais seule au monde, ne remarquant pas cette masse de population, les yeux rivés sur moi. J'ai eu l'impression d'être eux, dans leur tête, dans leur parole, dans le façon de réagir et d'être aussi exceptionnel. Qu'est-ce que ça fait du bien de découvrir des gens que l'on pourrait croiser dans la rue, des gens qu'on ne pourrait s'empêcher de juger sans rien connaître de leur vie, de ce qui les a amener ici et là. 

Leur histoire vous prend aux tripes, il est question d'amour passionnel et fulgurant qui s'estompe bien trop rapidement, un peu comme les effets de certaines drogues. Techno Freaks ne se raconte pas, il se vit et se découvre. 


lundi 26 novembre 2018

Le manufacturier de Mattias Koping

Paru en 2018 aux éditions Ring

548 pages, thriller pour adulte.
Attention ce roman contient des scènes qui peuvent choquer. 


 Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l'avocate Irena Ili? tente de remonter la piste jusqu'à la tête du commando, le sinistre Dragoljub. Le 1er avril 2017, les cadavres d'une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre, atrocement mutilés. Niché dans le dark Web, un inconnu sous pseudonyme revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur son site Internet... Depuis quand sévit-il ? Prêt à transgresser la loi, le capitaine de police Vladimir Radiche s'empare de l'affaire qui sème la panique sur le pays, au risque de voir l'inimaginable s'en échapper. Les deux investigations vont se percuter avec une violence inouïe. L'avocate et le flic ont des intérêts divergents et sont prêts à se livrer une guerre sans merci. Emportés dans l'abîme du terrifiant conflit yougoslave, les enquêteurs évoluent dans un vertige noir, gangrené par la violence et la corruption, où les plus pourris ne sont peut-être pas ceux que l'on croit. Crimes contre l'humanité, meurtres en série, fanatismes religieux, trafics entre mafias sans scrupules, l'étau se resserre au fil des chapitres. Les égouts de l'Histoire finiront par déborder, et vomir des monstres trop vite oubliés. N'ayez pas peur. Oui, il y a tout cela dans Le Manufacturier. Non, il n'y a pas d'autre issue.


Lien de Le manufacturier sur le site de l'éditeur 

Mattias Koping m'avait déjà surprise avec les Démoniaques. Un roman dur et cruel qui se veut violent et terriblement addictif. C'est sans surprise que Le Manufacturier se révèle semblable. Cruel et addictif, il nous est impossible de refermer le livre une fois commencé, malgré les nombreuses scènes de viols, de tortures et de guerres civiles. Tout y est laid et sombre, violents et meurtriers. C'est un véritable carnage et pourtant je dois bien avouer qu'il fait partie des livres les plus incroyables que j'ai lu cette année. Ce n'est pas un coup de cœur, c'est une claque littéraire.

Ce beau pavé de plus de cinq cent pages nous emmènes dans un univers de noirceur et de vengeance. Si vous pensiez qu'il n'était question que de la résolution d'une enquête vous vous trompiez.
ici il est question de plusieurs histoires qui vont se regrouper pour n'en former plus qu'une. On a d'abord Radiche, un flic inquiétant qui effraye ses collègues par son côté froid et taciturne. Jamais une parole réconfortante, ou encourageante, Radiche n'a que faire du respect et ne cherche pas à s'entendre avec ses collègues. La seule chose qui lui importe, c'est de résoudre ses enquêtes peu importe de quelle manière. Il va d'ailleurs enquêter sur le cadavre d'un dealer retrouvé torturé. Une enquête dangereuse et qui se terminera en Enfer...

D'un autre côté, on a Irena une avocate qui cherche à retrouver le chef des Lions de Serbie, une milice qui a tué, torturé et violé des centaines de personnes pendant la guerre serbo-croate. Cette même jeune femme va rencontré un homme Milovan adopté en France par son grand père et seul survivants des lions de Serbie. Il ne cherche plus qu'une chose, retrouver Dragoljub, celui qui a tué sa famille et l'a laissé pour mort. 

Enfin on a deux autres histoires qui vont rejoindre la quête d'Irena et l'enquête de Radiche : la lutte entre deux familles au Havre qui vendent de la drogue et vivent de la prostitution de pauvres filles et le manufacturier, un homme, seul qui torture des gens et fait payer ses vidéos sur le dark web.

Cela fait beaucoup d'éléments et de personnages et on se demande jusqu'à la moitié ce qui peut lier toutes ces histoires. Il sera question de meurtres, de drogues, de prostituions, de vengeance, de sévices corporelles, de torture, de voyeurisme, du lien familiale, de la guerre... Mattias Koping apporte tellement de thématique dans ce roman qu'il est impossible de les détailler toutes sans risquer soit de spoiler sans d'en oublier une.

Une chose est sure c'est que dès le début, j'ai senti en Radiche un monstre. Un homme assoiffé de violence et qui n'hésite pas à faire du mal autour de lui que ce soit physiquement ou psychologiquement (il suffit de voir comment il parle à ses collègues). Seulement, plus on avance dans le roman et plus on est surpris de son caractère et de ce qu'il est réellement.

Milovan aura lui aussi su me convaincre dès le début. Cet homme torturé et violé enfant en a réchappé de justesse et il chercher par tous les moyens à ce que l'homme responsable de ses tourments soit châtié. Il n'aura aucune pitié et c'est grâce à Irena qu'il parviendra à retrouver sa trace.

Ce roman va me rester longtemps en mémoire. Il possède tout ce qui fait un roman noir et horrible. L'auteur maîtrise à la perfection l'art de vous écœurer avec certaines scènes violentes et gores qu'on n'aimerait pas voir mises en image à la télévision... Bravo Mattias, le manufacturier est pour moi l'un des romans les plus sombres que j'ai lu jusqu'ici (au même niveau que la ligne de sang de DOA)


lundi 5 novembre 2018

Cadaver sancti de Jennifer Holparan

Paru en 2018 aux éditions Pocket et 2013 aux éditions France loisirs.
480 pages, thriller pour adulte.


À Boston, un tueur en série laisse derrière lui des cadavres de femmes selon un rituel similaire au martyre des saintes. Gravé dans leur chair, un texte en hébreu... Interrogé dans le cadre de l'enquête, Tim, prêtre d'une trentaine d'années, a la surprise de retrouver dans la jeune inspectrice chargée de l'enquête, Darcy, la petite fille dont il était tombé amoureux enfant, un jour d'été. Celle-ci a grandi mais elle est restée le tourbillon incontrôlable qui l'avait charmé. Heureuse de pouvoir mettre à profit l'érudition religieuse de son ami, Darcy l'entraîne dans sa traque du tueur...






Lien de Cadaver Sancti sur le site de l'éditeur.

Il y a des romans qui sans raison apparente vous rendent accro. Des romans qui semblent pourtant classiques et n'ont rien de particulier ou de bien original. Cadaver Sancti est de ceux-là. Je ne m'attendais absolument pas à être complètement sous le charme du roman de Jennifer Holparan alors qu'en y repensant il n'est pas non plus extraordinaire. C'était je pense, le bon roman au bon moment. Ce thriller efficace et bien mené du début à la fin qui n'essaye pas d'en mettre plein la vue mais reste sobre et classe jusqu'au bout.

Cadaver Sancti c'est un thriller qui va nous amener à enquêter sur le meurtre de plusieurs jeunes femmes toutes assassinées de façon à rappeler des saintes martyres. Si l'intrigue est assez classique, des meurtres, une enquête, des suspects, l'auteur propose pour animer le tout de faire la connaissance de deux personnages hauts en couleur et complètement différents. On a Darcy, une jeune punk, flic aux méthodes douteuses qui n'hésite pas à se salir les mains pour parvenir à résoudre une enquête. Tempérament de feu, un peu trop cash, ses collègues ne semblent pas beaucoup l'apprécier et beaucoup se demandent même pourquoi elle est toujours dans la police. A l'inverse on rencontre Tim, un prêtre tout ce qu'il y a de plus simple qui va croiser la route de Darcy.

Mais voilà le plu surprenant c'est que nos deux héros se connaissent depuis l'école maternelle puisqu'ils étaient à l'époque ami. Les choses ont bien changé et si l'un a suivi la voie religieuse, l'autre a préféré celle de la justice humaine. Deux visions bien différentes mais un seul but : résoudre une enquête. Darcy se voit charger de trouver l'identité d'un tueur en série qui sévit depuis quelques semaines et qui enlève des jeunes femmes catholiques pour ensuite les torturer et les révéler ensuite aux yeux de tous sous l'aspect de saintes martyres de la religion catholique. Tim se voit enquêter aussi sur le meurtre d'une femme que ses supérieurs voudraient canoniser, mais pour se faire, il faut prouver qu'elle était une véritable sainte et capable de miracle. 

En enquêtant sur cette femme autrefois assassinée, Tim croise Darcy et leur retrouvaille est des plus amusantes. Elle qui n'a pas froid aux yeux et qui ose dire tout haut ce que les gens pensent tout bas et lui qui tente de se faire tout petit et de ne pas céder à certains pulsions que la jeune femme réveille en lui. C'est un duo improbable et efficace qui donne vraiment envie de dévorer le roman. Nos héros sont drôles et apportent une énorme touche de légèreté et d'humour à cet univers pourtant sombre et violent où un psychopathe n'hésite pas à tuer de façon religieuse. 

Et c'est, je pense, Darcy et Tim qui font la grande force de ce roman. Non pas que l'intrigue est mauvaise, bien au contraire. L'auteur sème des indices petit à petit et n'hésite pas à relier deux histoires qui à priori n'ont rien à voir pour nous amener là où elle le souhaite. C'est bien brodé, bien pensé et tout s'emboîte parfaitement. La pression monte crescendo jusqu'à un final qui permet de boucler enfin la boucle et de permettre à nos héros d'enfin voir la fin de leur enfer.

Avec un style percutant et très drôle, Jennifer nous régale. On prend plaisir à vois nos protagonistes se chercher des poux et pourtant un lien très fort les unis. J'espère sincèrement les retrouver parce qu'ils ne m'ont pas laissé indifférentes. Tim est adorable et sa vie privée est un véritable chaos entre des parents qui n'ont jamais compris son désir de devenir Prêtre et son attirance latente pour Darcy.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste et chacun à sa manière parvient à se démarquer et à nous faire passer un bon moment. L'auteur ne fait pas juste survoler la personnalité des seconds rôles, elle les fait vivre ! Que ce soit les suspects, les témoins, le tueur, les victimes, les collègues de Darcy ou la famille de nos héros chacun apporte sa pierre à l'édifice pour offrir un moment de lecture vraiment à part.

Cadaver Sancti est donc à mon sens un thriller à avoir dans sa bibliothèque parce qu'en plus d'une histoire sympathique, ses personnages sont un réel atout ! J'en redemande et j'espère retrouver nos héros prochainement !

jeudi 1 novembre 2018

Au fond de l'eau de Paula Hawkins

Publié en 2018 aux éditions Pocket et en 2017 chez Sonatine.
504 pages. Thriller pour adulte.


Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c’est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent.






Lien de au fond de l'eau sur le site de l'éditeur.

J'avais déjà eu l'occasion de découvrir l'auteur avec son premier roman la Fille du train. Je ressors complètement sous le charme de ce roman qui est bien plus fort et intense que la fille du train. Il est question ici de portraits de femmes toutes plus différentes les unes que les autres et victimes d'une malédiction qui semble ne toucher que les femmes.

Au fond de l'eau permet de faire connaissance avec une galerie de personnages assez nombreux. Des policiers, en passant par les adolescentes ou les femmes du village. Tout débute avec le suicide de Nel une jeune femme mélancolique qui semble complètement obsédée par la rivière et plus particulièrement par le bassin aux noyées. Lieu populaire pour avoir vu mourir de nombreuses jeunes femmes. Et voilà que Julia, la soeur de Nel est appelé a Beckfort pour s'occuper de sa nièce, adolescente rebelle, abandonnée par une mère qui s'est suicidée.

Pourtant, très vite, on va se rentre compte qu'il y a quelque chose d'anxyigène à Beckfort. Comme des secrètes de village qui détruisent tout autour d'eux. Julia en fera l'amer expérience surtout elle qui a déjà si peu de bon souvenir de sa jeunesse ici. Julia qui est une femme blessée, en colère et qui n'a jamais digéré la souffrance que lui a causé Nel. C'est presque comme si elle était soulagée de savoir sa soeur morte, mais complètement désabusé aussi de devoir gérer sa fille adolescente, elle qui n'a jamais eu d'enfant.

Julia est une femme honnête, mais voilà, elle est maladroite et sa rancoeur continue de la ronger des années après. Elle va prendre sur elle et tenter d'apprivoiser sa nièce qui lui donnera du fil à retordre. L'accident de Nel aura pu passer inaperçue si d'autres jeunes femmes n'auraient pas elles aussi fait le grand saut, abandonnant hommes et enfants derrière elles. En parlant de femme, il ne faut pas mettre de côté Lena, la fille de Nel qui se retrouve seule avec une tante qu'elle n'a quasi pas connu et qui avait tiré un trait sur sa mère. La voilà qui se rebelle et qui déprime. Il faut la comprendre, la pauvre a perdu sa mère et sa meilleure amie qui s'est elle aussi suicidée au même endroit quelques mois plus tôt.

Mais si derrière ces suicides se cachaient quelque chose de bien plus grave ? C'est ce que la police, du moins une policière non originaire du coin, va tenter de comprendre et de révéler. Deux suicides en si peu de temps c'est trop pour une petite ville comme Beckfort, mais parfois, il vaut mieux ne pas réveiller de vielles rancoeurs et de vieux souvenirs qui pourraient nous coûter cher.

Au fond de l'eau est un très bon thriller. Les rebondissements sont multiples et le fait de passer d'un personnage à un autre permet une vision très élargie de l'intrigue et des événements. On ne s'ennuie pas et les personnages sont crédibles dans leur façon d'agir. La plume est fluide et la taille des chapitres permet une lecture rapide et facile. Me concernant j'ai adoré découvrir toutes ses femmes qui souffrent d'une manière ou d'une autre.

Une auteur que je continuerais à suivre de près !