mardi 8 septembre 2020

La part des ombres, tome 2 de Gabriel Katz

 

Sorti en 2020 aux éditions Pocket et en 2018 aux éditions Scrinéo

296 pages, fantasy

Dans le royaume de Goranie déchiré par l'occupation, la nasse se resserre autour de la rébellion naissante. Sous la poigne du redoutable chef de guerre Akhen Mekhnet, les Traceurs sont en chasse, et la fragile résistance menée par celui qu'on appelle le Fantôme semble vivre ses dernières heures. Mais rien n'est encore joué. La lutte se poursuit sur tous les fronts, par le sang, la diplomatie ou la trahison, de forêts en marécages, de chaumières en palais... Pourquoi la princesse Miljena, après avoir échappé à un mariage forcé, est-elle retournée d'elle-même épouser une brute sanguinaire ? Où se trouve le dernier témoin du massacre qui a donné naissance à la révolte ? Dans un jeu de miroirs et de faux semblants, le roi, le gouverneur et les grandes figures de cette guerre civile s'affrontent pour le contrôle du pays.

                                        
                                                                    Mon avis flash :

Lu il y a déjà quelques semaines, mon avis sera rapide. J'avais beaucoup aimé le premier tome, aussi il me tardait de lire la suite pour voir la suite des événements. Déjà, le roman se lit vite. Un véritable page-turner grâce aux nombreux événements que l'auteur met en place au fur et à mesure que les pages se tournent. Les temps morts sont rares et chaque chapitre engendre une succession d'événements qui donnent envie de continuer sans s'arrêter. 

Desmeon reste fidèle à lui-même et porte le roman avec brio. Son charisme et sa fougue en font un personnage incontournable. Alors qu'une guerre se profile à l'horizon, nos héros vont devoir faire avec un destin capricieux qui va semer beaucoup d'embûches sur leur chemin. Entre amour et désillusion, vengeance et révélation, à aucun moment je ne me suis ennuyée, au contraire. 

Le final est grandiose et chacun trouve sa place, apportant sa pièce à l'édifice. Je me souviens de certaines scènes notamment dans l'arène où la violence domine et où on voit défiler un véritable combat acharné sous nos yeux.

Ce second opus qui termine le dyptique est une réussite ! 

lundi 20 juillet 2020

Marche ou crève de Richard Bachman et Stephen King

Sorti en 1989 aux éditions France Loisirs. Edition de 2004
378 pages, horreur


Stephen King sous le pseudo de Richard Bachman. " Il m'a fallu du temps pour comprendre, mais c'est allé plus vite une fois que j'ai surmonté ce blocage mental. Marche ou crève, c'est la morale de cette histoire. Pas plus compliqué. Ce n'est pas une question de force physique, et c'est là que je me suis trompé en m'engageant . Si c'était ça, nous aurions tous une bonne chance. " Ainsi Mc Vries définit-il l'horrible marathon auquel il participe ; marcher le plus longtemps possible, sans jamais s'arrêter, en respectant des cadences. Fautes de quoi, les concurrents de cette longue "longue marche" sont abattus d'une balle dans la tête. Des cent concurrents au départ, il ne restera qu'un seul à l'arrivée qui aura, pour prix de son exploit, la possibilité de posséder tout ce qu'il désire. S'il désire encore quelque chose...




Mon avis :

Stephen King ne se présente plus. Grand maître du suspense horrifique, c'est un auteur majeur de notre époque. Une fois de plus, je me suis laissée prendre au jeu de cette marche infernale qui ne cesse qu'avec la mort.

Je dois bien avouer qu'au début, je me suis beaucoup questionné sur le commencement du roman. On ne sait pas forcément ce qui a amené à ce que cette marche prenne vie et lance tout un groupe d'adolescent sur un chemin dangereux et difficile qui les éprouvera jusqu'au bout. Les personnages sont nombreux, mais j'avoue avoir été parfois un peu perdu pour retrouver qui était qui. En cause, leur surnom, leur histoire évoqué trop rapidement et le fait que le roman soit un peu comme un film muet. Rares sont les personnages qui ont envie de discuter face à cette épreuve sordide.

La lenteur du récit donne le ton sur le temps qui passe lentement pendant que nos héros tentent de s'en sortir et de marcher jusqu'à ce but indéfini. Car comme le titre l'indique c'est marche ou crève au sens littéral ! Nos adolescents vont devoir marcher, sans s'arrêter, pas même pour dormir, manger, uriner ou se reposer. Il faut marcher, encore et toujours, voir ses alliés tomber au combat, s'allonger indéfiniment sur le sol et ne plus se relever. La seule chose qui maintient les autres en vie : ne pas être le prochain à s'endormir à jamais dans le sol boueux.

Marche ou crève prend aux tripes. On est scotché avec notre bouquin attendant de voir qui sera le prochain à tomber et comment Mc Vries va faire pour lutter contre l'horreur qui l'assaille chaque fois qu'un garçon trépasse sous ses yeux. Trouver une manière de manger qui ne nous ralentisse pas, pouvoir somnoler sans risquer de trébucher sous la fatigue et la douleur.

Marche ou crève est une véritable guerre que vont mener nos adolescents afin de survivre face à un oppresseur qui semble pas d'émouvoir de tuer autant d'innocents. Innocents oui, mais finalement ne sont-ils pas tous un peu suicidaires ? Car a plusieurs reprises on sait qu'ils connaissent la Marche et sa finalité et pourtant, ils sont là, prêt à la tenter, prêt à perdre la vie pour une quête désespéré de succès et de gloire.

mardi 30 juin 2020

Toi & moi de Kristan Higgins

Sortie en 2012 aux éditions j'ai lu
352 pages, romance



Ça y est, Harper est décidée à se marier. Le temps passe et puis ça fait deux ans qu'elle sort avec Dennis, il faut bien finir par se caser. L'amour ? Non merci ! Elle a déjà donné. Et quand le divorce des autres est votre métier, on ne croit plus à ces sornettes. Il n'y a que sa soeur qui ose encore, malgré deux échecs manifestes. D'ailleurs Willa vient d'annoncer son... troisième mariage, Nick sera présent à la cérémonie, bien sûr. Nick, l'ex-mari de Harper. Enfin, la page est tournée, il n'y a donc aucun problème à le croiser le temps d'un week-end.





Mon avis :

Lien de toi & moi sur le site de l'éditeur.

Kristan Higgins est une auteur que je ne présente plus. C'est l'une des rares auteurs de romances humoristique que je dévore avec plaisir en une soirée. Ses histoires sont toujours drôles, fraîches et pleine d'humour et d'amour. Toi et moi est une romance sans prétention mais qui amusera beaucoup ses lecteurs.

Les personnages sont haut en couleur et touchant, chacun ayant un caractère qui ne sera pas sans rappeler un oncle, une tante, un frère ou une soeur. Les personnages sont tellement humains et construits qu'ils pourraient être un membre de notre famille. Un peu comme Harper, cette femme qui n'attend plus qu'une chose : se marier avec son petit ami Dennis. Mais voilà Dennis est un peu simple d'esprit, pas trop pour l'amour à long terme. Le temps qu'il passe avec Harper lui est suffisant et lorsque cette dernière craque et le demande en mariage, le voilà pris de court.

La jeune femme qui a du mal à supporter le fait de ne pas être mariée à son âge va alors mettre son petit ami au pied du mur. Petit ami qui au début s'amuse de la situation et prend le tout un peu trop à la légère. Aussi lorsque sa soeur Willa annonce qu'elle se marie pour la troisième fois, Harper voit rouge. Elle, la spécialiste des divorces tente de lui faire entendre raison. Epouser un homme qu'on ne connait que depuis quelques semaines ? Et puis quoi encore ? Mais voilà Willa est têtue et amoureuse et la seule chose qu'elle souhaite, c'est étaler son nouveau bonheur aux yeux de tous.

Tout aurait pu se passer pour le mieux si le futur époux n'était pas le frère de l'ex-mari d'Harper. Et c'est là où les choses se corsent puisque nos deux divorcés ont encore beaucoup de rancoeur suite à leur divorce et aucun n'a vraiment tourné la page.

Toi et moi est très amusant à lire et il tombait au moment où j'avais besoin d'une lecture qui repose la tête et prête au sourire. Je recommande cette auteur mille fois !


mercredi 17 juin 2020

Blé noir d'Aurélie Wellenstein

Sorti en 2019 chez Gulfstream
218 Pages, Contemporain


Lilian est membre d’un réseau de hackers engagé dans la défense animale. Ce jeune homme de 17 ans franco-marocain, passe ses vacances à Nîmes avec ses parents. Il souhaite devenir journaliste dans le but de dénoncer la maltraitance animale. Il fait partie d’un groupe de hackers activistes. Les pieds sur terre et réservé, il est très attaché à sa famille et se montre honnête et entier dans ses relations avec les autres. Sa mission du jour : dénoncer les mauvais traitements infligés aux animaux dans les grands parcs aquatiques. L’adolescent n’est pas peu fier de lui lorsqu’il voit le résultat de son piratage relayé par les réseaux sociaux ! Puis une rencontre...






Mon avis : 

Aurélie Wellenstein est une auteur que j'adore. Chaque fois ses romans me transportent dans des univers enchanteurs. Blé noir m'aura plu, mais beaucoup moins que ses autres romans. En effet, le personnage de Blé ne m'aura pas du tout convaincu.

L'histoire de Blé noir est assez belle. On découvre un duo d'adolescent qui cherche à oeuvre pour aider les animaux et ouvrir les yeux du monde entier. Quelques hacks par-ci, quelques manifestations par là, Lilian et Blé oeuvrent pour la bonne cause.

Du moins en théorie, parce qu'en fin de compte, j'ai trouvé Blé assez exagérée dans son comportement et ma foi peu crédible. Peut-être est-ce à cause de son côté "brutus" et "je fais ce que je veux". A sa manière de vouloir dominer le monde, d'imposer ses choix aux autres, d'entraîner Lilian au bout du monde juste pour se sentir libre. Blé est néfaste. Je l'ai senti dès le début. J'ai même trouvé qu'elle était stéréotypée tant dans son comportement que dans son caractère. Et que Lilian était stupide de la suivre aussi aveuglément dans une aventure qui finalement ne le concerne pas.

De vouloir protéger les animaux et dénoncer la violence faite auprès de certaines espèces, notre duo va voyager en France et parfois être hors-la-loi. J'ai eu la sensation que Blé approuve tout ce qu'elle entreprend sous prétexte qu'elle agit pour la bonne cause et j'ai été vivement agacé de voir Lilian abandonné sa famille pour une inconnue, prêt à risquer sa vie pour suivre une jeune femme qu'il ne connaît finalement pas.

J'ai trouvé un peu improbable que la jeune femme puisse disparaître du monde aussi facilement sans que sa mère ou quelqu'un de son entourage ne s'en préoccupe. Un peu trop gros.

Cela dit, malgré quelques éléments qui m'ont refroidi, je dois bien avouer que je n'ai fais qu'une bouchée de ce roman. En une soirée il était dévoré et malgré l'antipathique Blé, j'ai apprécie Lilian.

Je ne doute pas qu'il trouve son public, au contraire, mais me concernant, ce n'est pas du tout mon favori de l'auteur, c'est celui que j'ai le moins apprécié jusqu'ici. Peut-être le fait qu'il soit trop jeunesse pour moi est-il un critère supplémentaire du fait que je n'ai pas été séduite à 100 % par l'histoire et les personnages.

dimanche 10 mai 2020

Sorcières associées, tome 2 : L'échiquier de jade de Alex Evans

Sorti en 2018 chez Actu SF et en 2019 chez Pocket
298 pages, fantasy.

Tandis que les opposants à la visite de l'ambassadrice d'un empire agressif manifestent dans Jarta, tous les sorciers sont réquisitionnés pour combattre un démon qui a fait deux victimes. Un peu dépassées, les forces de l'ordre confient deux enquêtes aux sorcières Tanit et Padmé. Elles doivent notamment élucider le vol d'un antique échiquier de jade que la ville compte offrir à son hôte.










Mon avis :

Lien de l'échiquier de Jade sur le site de l'éditeur.

J'avais grandement apprécié le premier opus de sorcières et associées. C'est tout aussi naturellement que je me suis penchée sur la suite qui attendait déjà que je l'ouvre.

Je ne vais pas passer par quatre chemin : c'était génial ! On retrouve notre duo explosif prête à aider de nouvelles personnes. Ici, il s'agira de retrouver un échiquier de Jade dont le vol pourrait avoir des conséquences politiques désastreuses.On retrouve donc Tanit et Padmé, deux sorcières extrêmement différentes mais tout aussi attachante l'une que l'autre. 

Dévoré comme son prédécesseur, ce second opus nous permet d'en apprendre un peu plus sur le passé de nos héroïnes et sur leur personnalité. Chaque chapitre alterner les héroïnes et si on peut penser que les histoires sont différentes, chacune va ensuite se lier à l'autre. Alors oui, on pourrait craindre que toutes ses histoires nous perdent, mais en fin de compte on reste centré sur la quête principal qui est d'éviter un désastre politique. Surtout que la politique à Jarta est très importante et d'avoir de nouveaux ennemis pourraient leur coûter cher. 

Nos héroïnes sont un peu moins ensemble ici, chacune vacant à sa propre mission. De même j'ai trouvé que la fille de Padmé est assez peu présente dans cet opus. Dommage de ne pas davantage la voir évoluer !

On a donc de l'action, des retours dans le passé pour mieux comprendre Tanit, des évolutions relationnelles avec Rahul ou Rhénéas, de la magie, de la trahison, des rebondissements et tellement d'autres ingrédients que l'échiquier de Jade est un roman addictif et finement maîtrisé. 

Je n'ai pas eu le plaisir de voir qu'un troisième tome était disponible, dommage, j'aurais adoré retrouvé une fois de plus nos héroïnes et les suivre dans des lieux obscurs et nauséabond où d'étranges créatures rôdent.

mercredi 6 mai 2020

Le Cycle des âmes déchues, tome 1 : Le Mal en la Demeure de Stéphane Soutoul

Paru en 2010 aux éditions du Petit Caveau
144 pages, fantastique, vampires

Sur les terres reculées du domaine de Kreuzburg, une ombre étend son influence maléfique jusqu'entre les murs du manoir Kraemer. Afin de préserver les siens d'une menace plus funeste encore que la mort, le maître des lieux n'a d'autre recours que demander l'assistance d'experts en vampirisme. En ce crépuscule du XIXe siècle, la famille de Lacarme, un clan issu d'une longue lignée d'érudits en occultisme et surnaturel, fait figure de référence dans la chasse aux nosferatus. Lorsque Gerald de Lacarme arrive en Allemagne, il est cependant loin de se douter de la sombre aventure qui l'attend. Car le mal qu'il est censé combattre rôde déjà dans les couloirs de la demeure, insidieux, impie… Surtout, il y a la belle Marion Kraemer, si mystérieuse, qui lui chavire le cœur à en perdre la raison. Partagé entre ses tendres sentiments et l'importance cruciale de sa mission, le jeune homme va s'immerger dans le plus terrifiant des cauchemars…

Mon avis :

Lien de Le Mal en la demeure sur le site de l'éditeur.

Stéphane Soutoul est un auteur que j'ai découvert il y a des années. Auteur dont je ne loupe quasi aucune publication parce qu'il a l'art de nous proposer des histoires différentes et bien amenées.

Le Mal en la demeure est le premier roman d'un cycle dont je pense les personnages changent pour chacun des opus. Un roman plutôt gothique sur le thème des vampires, thème qui m'est très familier car j'aime cette littérature. Mais pas sous toutes ses formes. Adepte des romans d'Anne Rice et de Morgane Caussarieu, je préfère donc les vampires comme on les représente dans la littérature gothique : violent, sombre, torturé et qui ne parviennent pas à lutter contre leurs pulsions.

Dans ce roman qui n'est pas sans rappeler Dracula sous bien des aspects, on fait la connaissance de Gerald de Lacarme un homme qui connaît l'existence des vampires et qui lutte contre eux tout comme son frère et son père. Dès son arrivée en Allemagne à la demande d'un ami de son père qui a besoin de leur aide, notre héros sent que quelque chose se prépare. Une présence, une aura, appelez cela comme vous voulez mais l'ambiance est pesante et obscur. Et de suite, j'ai été séduite par cet hommage à Dracula dont les similitudes sont légions, mais à mon sens non pas pour copier mais pour montrer son attachement à ce roman si sublime. Car oui, je suis aussi une grande amoureuse du Dracula de Stoker. 

Le Mal en la Demeure est un roman qui se dévore, qui se lit presque d'une traite grâce à un style poétique et tout en finesse. J'avoue que je m'y attendais car je sais que Stéphane aime proposer une plume délicate et succulente qui nous ensorcelle dès les premières pages. Ce roman qui fait parti des rares que je n'avais pas encore lu m'a beaucoup plu. Une histoire de passion, de haine et de danger. Une romance torturée qui ne peut conduire les amants qu'à une mort certaine. Mais voilà cette relation est étrange, lointaine car jamais nos héros ne vont réellement oser succomber au charme de l'autre.

Leur différence est là, que ce soit de par leur classe sociale, leur personnalité ou leur nature. Ils se tournent autour comme dans un ballet incessant pour ne jamais parvenir à se trouver. Gerald n'a qu'une mission en tête : protéger la soeur de Marion d'un mal qu'on ne peut laisser gagner et essayer de ramener Marion à la raison. Mais voilà l'amour d'une soeur est bien plus puissant que tous les sortilèges et c'est avec beaucoup de passion qu'on assiste à leur déchéance.

Le Mal en la demeure m'aura vraiment plu. Plaisir de retrouver la plume de l'auteur, de retrouver une histoire de vampires à l'ancienne, sombre et envoûtante. Il me tarde de me procurer la suite, vraiment !


dimanche 3 mai 2020

La route de Cormac McCarthy

Paru en 2008 aux éditions de l'Olivier et en 2008 aux éditions Points.

251 pages, science-fiction, drame.



L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d'une humanité retournée à la barbarie.







Mon avis :

Lien de La route sur le site de l'éditeur.

Après avoir sorti de ma PAL No Country for old men et avoir apprécié le style aussi atypique de l'auteur, j'ai voulu aussi jeter mon dévolu sur La Route. Je savais à quoi m'attendre stylistiquement parlant, mais je ne connaissais que trop vaguement l'histoire, n'ayant jamais vu le film.

La première chose que je retiens de ma lecture, c'est l'émotion que j'ai ressenti à plusieurs reprises. C'est la force de cette histoire touchante et difficile, c'est l'amour d'un père pour son fils, prêt à tout pour le protéger et survivre. Il est important de savoir avant de commencer la route, que c'est le genre de roman où ne sait ni ce qui amène les personnages là ni comment ils en sont tous arrivés à ce nouveau monde dévasté. On nage dans un flou incroyable et pour autant cela ne gâche pas la lecture.

La route c'est donc l'histoire d'un homme et de son fils qui tentent de survivre sur une Terre devenue hostile et vide. Les rares survivants sont devenus des ennemis et la méfiance est de mise pour pouvoir s'en sortir. Trouver de quoi se nourrir, un endroit au sec pour dormir, faire du feu, nos deux héros vont faire face à de nombreuses épreuves.

Dans la route, on ne voit pas de lumière, tout est sombre et on se demande comment ils pourraient s'en sortir dans la tâche semble impossible. Aucun des deux protagonistes n'a de nom, ou alors je ne m'en souviens pas, mais justement j'ai eu la sensation que l'auteur voulait en faire des anonymes. Deux personnes sans identité parce que justement le monde ne le permet plus. C'est dur à lire, parfois violent et tellement dérangeant. J'ai à de nombreuses reprises eu le coeur qui s'arrête. Bah oui, on se retrouve complètement impliqué dans leur histoire, on vibre avec eux, on veut les voir vivre, affronter les dangers, tuer leurs ennemis....

Et malgré que le père cherche à s'en sortir et que tout semble perdu, il y a son fils. La pureté incarnée, un digne héritier de la Terre qui pense à son prochain et qui n'aime pas faire du mal autour de lui. Le fils pense aux autres, ne veut pas tuer, il a peur de la mort des autres, mais pas de la sienne. On aurait dit un messie, prêt à créer une Terre nouvelle. C'est l'impression que j'ai eu le concernant tandis que son père fait tout son possible pour l'amener sur une terre nouvelle et vivable. 

Je n'ai pas envie de vous dévoiler ce roman et son cheminement. La fin m'aura brisé le coeur sachez-le. Jamais un roman ne m'avait fait autant de peine en le refermant. La route est un bijoux, un roman qui fait réfléchir et qui propose une histoire magnifique malgré sa noirceur. L'amour d'un père est ce qu'il y a de plus cher dans un monde dévasté...




mercredi 29 avril 2020

Juillet de sang de Joe R.Lansdale

Paru en 2007 aux éditions Folio Policier
310 pages, thriller


Parce que Richard Dane a dû se défendre, il a fait un énorme trou dans la tête d'un homme qui se trouvait dans son salon. Le cambrioleur lui a tiré dessus sans une hésitation. Richard a pour lui la légitime défense, la pénombre de la nuit et la protection de son fils qui dormait dans une pièce mitoyenne. Les flics comprennent très bien. Ce que ne sait pas encore Richard c'est que s'ils sont à ce point « sympas », ce n'est pas simplement pour soigner leur image auprès du contribuable. Derrière le fait divers se cache une tout autre histoire totalement invraisemblable. Qui était ce type venu de nulle part ? Que cache la mansuétude des enquêteurs et pourquoi le FBI s'en mêle-t-il ? Richard, bouleversé par sa propre vulnérabilité, sidéré par ses instincts révélés, va devenir à son tour une cible, car s'il a défendu son enfant, le cambrioleur aussi était le fils de quelqu'un...

Mon avis :

Lien de Juillet de sang sur le site de l'éditeur.


Joe R.Lansdale est un auteur de thriller atypique. Ses romans ne font pas l'unanimité, bien au contraire et moi c'est bien quelque chose que j'adore, lire un auteur qui n'est pas forcément adulé ou toujours mis en lumière. Les enfants du rasoir et les enfants de l'eau noire m'avait tous deux bien plu. La raison : des scènes violentes, des personnages loin d'être parfait et manichéen et chaque fois une sombre histoire caché dans une histoire anodine et classique. 

Une fois encore j'ai été complètement séduite par Juillet de sang que je n'imaginais pas ainsi. Après avoir lu la quatrième de couverture, je m'étais attendu à une sombre histoire de vengeance et de traque un peu comme No country for old men, où un mec qui n'a rien demandé à personne est devenu la cible numéro un d'un dangereux psychopathe. Si Juillet de sang débutait comme ça, une fois encore l'auteur surprend et prend un virage carrément inattendu !

Alors on fait la connaissance de Richard, un père de famille lambda qui ne se démarque en rien. Une vie classique, un métier classique, rien qui ne le fasse sortir du lot. Mais une nuit, un cambrioleur s'introduit chez lui et lui tire dessus. Par réflexe, Richard tire à son tour et abat le cambrioleur. Ni une ni deux la police débarque et constate la légitime défense et la chance de Richard d'avoir échappé de peu à la mort. Le cambrioleur est identifié, connu des services de police et l'enquête se clôt. Mais voilà le père de l'homme abattu vient tout juste de sortir de prison et ne compte pas laisser le meurtre de son fils impuni. Entrant par effraction chez Richard, il le malmène avec son épouse avant de menacer de tuer son petit garçon. Après une intervention de son épouse, Richard se voit une fois de plus échapper à une souffrance sans nom.

Juillet de sang (dont je viens de découvrir l'existence d'un film Cold In July) est un putain de bon thriller. Violent, sombre, surprenant, addictif, épatant.... il nous laisse sur le cul et encore je pèse mes mots ! Je ne m'attendais pas à tant de rebondissements, à une histoire aussi incroyable et qui tient la route du début à la fin ! Quand deux personnes qui sont ennemis dès le premier regard finissent par devenir les alliés les plus improbables alors les ennuis commencent.

Je ne vais pas trop vous en dire parce que ça serait vous gâcher le plaisir de la découverte, mais sachez que le trio de personnages que l'on va suivre est juste excellent. Le roublard sorti de prison qui n'a peur de personne, le père lambda qui n'a jamais fait de mal à une mouche et le détective privé aux méthodes douteuses, à eux trois ils vont découvrir une sordide histoire où ils n'en sortiront pas indemnes. 

A découvrir de toute urgence ! 

lundi 27 avril 2020

Envoûtement de Ramsey Campbell

Paru en 1989 et en 1994 aux éditions Pocket.

286 pages, horreur, fantastique.

Quand quelqu'un insiste pour garder une mèche de vos cheveux, ce n'est pas toujours par affection... Queenie, une vieille femme hargneuse et possessive, a toujours persécuté ses nièces Alison et Hermione. Maintenant qu'elle est morte, tout devrait rentrer dans l'ordre. Mais, le jour des funérailles, on s'aperçoit que Queenie s'est fait enterrer avec un médaillon contenant des cheveux de sa petite nièce. Bientôt la fillette commence à avoir un comportement étrange. Mais, quand on n'a que huit ans et que l'on ignore jusqu'au mot « envoûtement », comment échapper à l'emprise d'une morte ?





Mon avis :

Que cela fait du bien de lire un roman d'horreur ! Enfin horreur me concernant pas tellement, mais il est vrai que l'atmosphère d'envoûtement est bien particulier. Sombre et malsain, il met en scène une petite fille et sa grande-tante, une femme acariâtre, au bord de la mort et qui se plaît à tourmenter les autres.

Dès le début du roman, j'ai su que j'allais adorer détester Queenie. Cette vieille femme qui ne semble aimer que deux personnes au monde : son père et elle-même. Une femme que l'on découvre quasiment alitée ayant besoin de ses nièces pour subvenir à ses besoins les plus primaires. Sentant la mort approcher, Queenie n'a plus qu'une seule idée : s'accaparer la fille de sa nièce Rowan, une enfant pure et innocente qui adore sa grande-tante tandis que tous la détestent.

Dans Envoûtement, le lien entre une femme âgée et sa descendance est bien mise en avant. On sent le lien qui les lie toutes les deux au grand désespoir des autres adultes qui voient d'un très mauvais oeil que la vieille femme aime tant la petite fille. Je ne m'attendais pas à un roman aussi fouillé psychologiquement dans le sens où on sent très vite que cette famille d'apparence parfaite cache de nombreuses cassures. Manque de confiance, peur de l'autre et de ce qu'il pourrait faire, peur de ce qui est innommable (lorsqu'on évoque la capacité étrange de Queenie de tout voir et de tout savoir concernant ses nièces). 

Le surnaturel est distillé à petite dose au départ, nous plongeant avec les héros dans un quotidien des plus classique, devenant pourtant tour à tour effrayant et déstabilisant. Lorsque Queenie meurt enfin, on sent le soulagement de la famille qui n'imagine pas un seul instant que la vieille femme n'a pas dit son dernier mot et lorsque la plus jeune des nièces de cette dernière Hermione, une jeune femme fragile psychologiquement qui voit tout ça d'un très mauvais oeil. Lorsque Queenie se fait enterrer avec un médaillon atypique, Hermione est la seule à y voir le mal. Et la pauvre ne se trompe pas, même si personne ne souhaite l'écouter. 

Envoûtement c'est avant tout une histoire familiale sous fond de haine, de peur, de suspicion, de cousin à tendance pédophile qu'on tient le plus possible éloigné de soi, d'une soeur fragile à qui on ne porte aucun crédit dès lors qu'elle veut nous confier un secret, d'une veille femme acariâtre et qu'on ne supporte que pour pouvoir profiter de sa maison, et une petite fille qui voit tout ça de ses yeux d'enfants, prêtes à pardonner les autres et à se confier à la première petite fille qui lui porte de l'attention.

En si peu de pages, l'auteur dresse des portraits crédibles et cohérents et amène le fantastique et l'horreur à petite dose au début pour ensuite se lâcher totalement dans une histoire sordide et violente. Personne n'en réchappe et Rowan va être la cible principale d'une femme qui ne supporte pas de se retrouver seul dans l'au-delà. 

Je ne peux que vous recommander de découvrir Envoûtement, pour ma part, je vais me pencher bien évidemment sur d'autres romans de l'auteur dont beaucoup m'intrigue fortement !


samedi 25 avril 2020

Rage de Richard Bachman

Paru en 1977, 1999 et 2000 aux éditions j'ai Lu, en 1990 aux éditions Albin Michel et en 1991 et 1994 aux éditions France Loisirs.

244 pages, thriller.


Charles Decker est, en apparence, un petit lycéen américain bien tranquille. Mais, entre un père violent qu'il déteste et une mère fragile, il rage a froid. Un jour, cette rage éclate et il abat, d'un coup de revolver, sa prof de maths. Puis, il s'empare du pouvoir, autrement dit, il prend sa classe en otage. Il va alors contraindre ces condisciples a se livrer a un déballage furieux, a se débarrasser de toutes les haines accumules en secret : contre les parents, la société corrompue, l'école pourrie, la lâcheté et l'incompréhension des adultes.




Mon avis :

Rage est un roman de Stephen King mais paru sous la plume de Richard Bachman. J'ai eu une soudaine envie de lire un roman sous cet autre nom de plume et Rage m'est apparu comme le meilleur choix. Sa quatrième de couverture m'emballait vraiment et j'ai décidé sans plus tarder de l'ouvrir.

Stephen King est mon auteur favori. Celui qui parvient toujours à me captiver, à me faire travailler l'imagination et celui dont je n'ai jamais envie de terminer un roman. Parce qu'on s'y sent toujours comme chez soi, même si c'est sombre et parfois glauque, on y est à l'aise. Et pour cause, l'auteur nous développe tellement la psychologie des personnages et leur histoire qu'on a vraiment cette impression de les connaître.

Rage, c'est l'histoire d'un adolescent qui perd les pédales. Et pour cause, son père n'a jamais été très tendre et Charles a besoin de lui montrer ce qu'il a dans les tripes. C'est ainsi qu'un matin, il décide de prendre sa classe en otage et abat sa prof de math. Et là, on assiste à un véritable règlement de compte entre Charles, les autres élèves et Théodore. 

Charles a envie de montrer à tous qu'il est en colère et qu'il contrôle leur avenir. Et alors que je m'attendais à voir des adolescents effrayés et en totale panique, l'auteur nous surprend en transformant tour à tour chacun de ces ado en monstre assoiffé de sang. Les vérités vont éclater, les secrets se révéler et personne ne sortira indemne de la prise d'otage. Thriller très psychologique on se demandera jusqu'à la fin comment Charles va faire pour s'en sortir et comment ses camarades vont parvenir à oublier cette période traumatisante.

On suit l'évolution de la prise d'otage du début à la fin, avec l'intervention de la police et de certains adultes, ce qui ne sera pas pour plaire à Charles. Ce dernier, finalement ne sera qu'une victime de plus d'une société toujours plus dégradante. J'ai eu beaucoup de peine pour lui et pour d'autres personnages qui s'ouvrent et expliquent leur comportement. Entre honte, jalousie, mal-être, dégoût de soi et dégoût des autres, Rage est un véritable hymne à la difficulté de vivre l'adolescence.

Encore une fois, l'auteur fait mouche et son roman nous prend aux tripes du début à la fin. Voilà qui ne me surprend plus de sa part !

vendredi 24 avril 2020

Alice au pays des morts-vivants, tome 3 : Qu'on leur coupe la tête de Mainak Dhar

Paru en 2017 aux éditions fleuve éditions
Paru en 2018 aux éditions pocket
156 pages, science-fiction, zombie, revisite de conte.


Pour le Dr Protima, l'échantillon Z devait être une panacée, un remède miracle pour les soldats au système nerveux endommagé par de graves blessures de guerre. L'armée, elle, y a vu u tout autre potentiel : une arme bactériologique décisive. Alors Protima a quitté le projet et est rentrée en Inde. Mais on ne peut pas échapper à l'apocalypse. Le virus est lâché, et il est dévastateur. Le monde court à sa perte et sombre dans la guerre totale. Bientôt viendra le règne de la post-humanité, des zombies, et Protima sera leur Reine, la porteuse de leur livre sacré, Alice au pays des Merveilles, régnant sur le Pays des Morts. Mais certains s'y étaient préparés et sauront encore tirer profit de la fin du monde...




Mon avis :

Lien d'Alice aux pays des morts-vivants tome 3 sur le site de l'éditeur.

Alice aux pays des morts vivants est une revisite de conte très sympa. Bourré d'actions, de zombies bien moches et avec une utilisation des personnages du célèbre conte qui fonctionnent, j'ai passé une fois encore un excellent moment de lecture.

Dans ce troisième tome qui est en fait le préquel, on revient sur les origines du virus et la rencontre de nos personnages clefs. Bien avant la naissance de notre héroïne Alice, on fait la rencontre de la reine, du lapin et de bien d'autres personnages, expliquant comment ils sont devenus ce qu'ils sont. Et c'est ça que j'ai adoré. On revient aux sources, on découvre le passé des personnages les plus énigmatiques sur fond de virus qui détruit tout.

C'est court, rapide à lire et pourtant intense. Entre les courses poursuites, l'affrontement avec les mordeurs et la fuite du père d'Alice, personnage emblématique, on en ressort les cheveux défaits ! Mainak parvient à nous faire culpabiliser d'avoir haï certains personnages dans les tomes précédents comme la reine des mordeurs, cette femme au caractère bien trempé qui finalement n'est qu'une victime de plus du virus incontrôlable lâché par la chine semble-t-il. 

Le parallèle avec ce que l'on vit en ce moment est forcé. Et même si aucun zombie à l'horizon nous concernant, l'auteur évoque le coronavirus et ses conséquences sur le monde, création chinoise qui a tué des dizaines de milliers de personnes. Arrivé à ce stade du roman et faisant le parallèle avec notre actualité j'en ai eu des suées. J'ai même été voir à la fenêtre si les zombies n'arrivaient pas. Et la déception fut grande quand je vis que non.

Alice aux pays des morts vivants est une trilogie vraiment sympa et innovante. C'est obscur et drôle, c'est rempli de références et on y passe un excellent moment. Je recommande vivement !



jeudi 23 avril 2020

No Country for Old Men de Cormac McCarthy

Publié en 2007 aux éditions points.
320 Pages, thriller
Adapté au cinéma en 2008


A la frontière du Texas, Moss découvre un carnage : un homme à moitié mort, d'autres déjà froids des armes, de l'héroïne et deux millions de dollars. La tentation est trop forte. Mais on ne vole pas impunément des narcotrafiquants. Moss devient l'objet d'une impitoyable chasse à l'homme. A ses trousses, un vieux shérif et un tueur psychopathe de la pire espèce...









Mon avis :

Lien de no country for old men sur le site de l'éditeur.

No country for old men est un film qui m'a toujours intrigué. Aussi avant de le regarder, j'ai préféré lire le roman. On m'avait prévenu, le style de l'auteur est atypique et particulier. Je m'y attendais donc, mais il est vrai que je n'avais jamais encore découvert une plume aussi sauvage et brutale. Rien ne démarque les dialogues et si au début j'ai eu du mal à comprendre lorsqu'on retranscrivait le dialogue entre plusieurs personnages, mais au fil des pages, j'ai réussi à passer outre ce détail à m'imprégner totalement de l'intrigue.

No country for old men est un roman violent. et sombre où il est question de vengeance et de dette, d'argent et de meurtres. On y suit donc Moss qui par hasard trouve une valise pleine d'argent et ne peut s'empêcher de la prendre. Sauf que beaucoup sont au courant de son vol et cherche à l'arrêter pour récupérer cet argent. Entre un vieux shérif et un tueur complètement fou, Moss devra sans cesse s'enfuir pour survivre. 

J'ai beaucoup aimé cette course poursuite violente et même si parfois il m'aura fallu revenir en arrière pour parvenir à saisir ce qu'il se passe sous mes yeux, no country for old men est un roman qui se doit d'être connu. Je ne m'attendais pas du tout à un tel déferlement de violence de la part de Chigurh. Ce personnage est un véritable monstre ! Aucune pitié pour personne, homme, femme, enfant, il ne réfléchit pas et tue tout le monde sans se poser la moindre question. C'est un monstre, vraiment, qui détruit tout sur sa route, sans laisser aucun témoin qui pourrait l'identifier et le dénoncer. Moss a vraiment un fou furieux à ses trousses et il fera tout pour tenter de survivre en protégeant son épouse.

Après tant de morts et ce, dès le début, je savais que ce roman allait être violent. Il est aussi très visuel parce qu'on a des descriptions intenses de chaque scène du roman. C'est tout juste si l'auteur n'allait pas énumérer les gouttes de sang laissé par Chigurh. J'ai donc pris plaisir à lire ce roman, même si j'ai été je l'avoue déroutée au départ par le style très atypique de l'auteur. C'est un style unique et que je n'avais encore jamais rencontré dans aucune de mes lectures précédentes. 

Il me tarde de terminer la route et de venir vous en reparler !

lundi 20 avril 2020

La confrérie des chats de gouttière, tome 3 : Le silence de Rod de Adeline Dias

Paru en 2018 aux éditions Rebelle

168 Pages, romance contemporaine.


Rodrigue n a que deux priorités dans la vie. Son magasin, le DressCode, et sa bande d amis. Le jour où son père lui impose un chantage diabolique, il voit son quotidien bouleversé. S il veut sauver sa boutique, il va devoir accepter de sortir avec Margot. Ils se connaissent depuis l enfance, et il garde d elle le souvenir d une sale gamine trop gâtée. Pourtant, elle va se révéler bien différente. Et si Rodrigue finissait par tomber sous son charme ?






Mon avis :

Lien de Le silence de Rod sur le site de l'éditeur.

Adeline fait partie de mes auteurs chouchou. Moi qui lit peu de romance, c'est donc que vraiment ses romans ont quelque chose qui me plaît.Dans ce troisième et dernier opus de la confrérie des chats de gouttière on retrouve nos héros, mais on se focalise sur Rodrigue. Celui qui depuis le début est toujours présent pour aider les autres, relayant sa vie personnelle au second plan puisqu'il n'arrive pas à garder une relation.

Cette fois-ci pourtant, c'est lui le héros, c'est lui qu'Adeline a choisi de mettre en lumière. Logique puisque chacun des précédents protagonistes a enfin construit sa vie sentimentale et il était normale que Rodrigue ai sa chance de trouver le bonheur. Rod, c'est le personnage charismatique par excellence. L'homme presque parfait mais insaisissable qui a peur de l'engagement et qui passe son temps à flirter et à cumuler les conquêtes. Mais derrière cet aspect courreur de jupon, on découvre un homme blessé et dont le paternel a envie de tracer l'avenir comme bon lui semble. 

A côté du plaisir de retrouver nos héros et de voir qu'ils ont tous pu évoluer, j'ai beaucoup apprécié ce dernier opus pour sa cohérence et son cheminement. Alors certes, c'est prévisible, on se doute de la finalité, mais c'est un roman tellement feel good qu'il fait du bien. Surtout en temps de confinement où on a quelque fois besoin d'une lecture doudou pour se remonter le moral.

Dévoré très rapidement, j'ai adorer rencontré Margot, cette femme auteur qui a souffert par le passé non seulement à cause de notre groupe, mais aussi à cause d'un homme qu'elle aimait.Et donc lorsqu'elle a la possibilité de revoir Rodrigue, qui l'a blessé alors qu'ils étaient des adolescents, Margot a peur et compte bien ne pas succomber une nouvelle fois au charme du jeune homme. Margot a beaucoup de caractère en plus d'être une femme séduisante. Auteur de romans à succès, elle sait ce qu'elle veut dans la vie et n'hésite pas à le montrer. Sa rencontre avec Rodrigue est amusante et touchante, même si j'ai trouvé que c'était un peu exagéré (je pense à leur état physique après leur premier rendez-vous).

Le silence de Rod est donc une belle comédie romantique qui fait du bien au moral. Certes tout n'y est pas rose (suffit de penser au père de Rod, un véritable égoïste manipulateur) mais le happy end et l'évolution des personnages saura vous conquérir.

Je ne suis pas du tout déçue d'avoir laissé sa chance à cette trilogie !


samedi 18 avril 2020

Pyramides de Romain Benassaya

Paru en 2018 aux éditions Critic et en 2019 aux éditions Pocket
624 Pages. Science-fiction 2182. 


A bord d'arches géantes, les humains fuient une Terre sur le déclin. Leur destination ? Sinisyys, une autre planète bleue découverte aux confins du système Eridani. Parmi ceux qui rêvent de la rejoindre, Eric et Johanna. Or, après avoir émergé du sommeil cryogénique, ils comprennent qu'ils n'ont pas atteint Sinisyys mais une structure artificielle si grande que l'esprit humain ne réussit même pas à en imaginer les limites. Où sont-ils ? Comment sont-ils arrivés là ? Eric, Johanna, et les autres colons, parviendront-ils à percer le mystère de l'artéfact labyrinthique puis à faire repartir le Stern III vers sa destination initiale ? Pour cet échantillon d'humanité au bord de l'extinction, débute alors un compte à rebours au final incertain !




Mon avis :

Lien sur de Pyramides sur le site de l'éditeur.


Cela faisait très longtemps que j'avais pas lu un bon roman de science-fiction. Aussi lorsque j'ai découvert Pyramides, je me suis jetée dessus très intriguée par la quatrième de couverture et par l'illustration également. Pyramides est un roman qui malgré son nombre de pages conséquents se dévore en un rien de temps. Terminé depuis pas mal de temps maintenant, j'ai enfin le temps de davantage vous en parler.

Ce roman de science-fiction propose une histoire qui pourrait nous arriver. Imaginons que la Terre ne soit plus propice à la vie humaine et que l'homme ait découvert plusieurs planètes lointaines quasi similaires à notre belle planète Bleue ? Et bien c'est ce que nos personnages de pyramides ont fait. Deux vaisseaux ont été envoyé coloniser deux planètes extrêmement lointaine pour tenter de survivre et ne pas laisser les Humains s'éteindre définitivement. Mais voilà les choses ne se sont pas passées comme prévus et après un sommeil de plusieurs milliers d'années semble-t-il les passager du Stern III se réveillent les uns après les autres découvrant avec horreur qu'ils n'ont pas atteint leur destination.

Ce roman est un bijoux. J'ai été conquise du début à la fin, j'ai autant aimé les personnages que l'intrigue et les différents rebondissements et j'aurais adoré rester plus longtemps en compagnie des personnages. On prend le temps de les connaître, on vit leur histoire pendant des années, on les voit changer et évoluer, se trouver un nouveau but, s'affranchir de leur précédentes vie sur Terre pour enfin devenir qui ils ont envie.

Ce roman aborde de nombreuses thématiques : la vie privée, la politique, la science, l'évolution humaine, la reconstruction d'un cadre de vie dans un univers nouveau et inconnu. Chaque thématique est abordée avec beaucoup de vérités. C'est cohérent et on sent la tension qui monte au fur et à mesure que le temps passe sur Stern III. Le politique prend une grande place dans ce roman entre ceux qui souhaitent rester et tenter de faire évoluer leur condition de vie et ceux qui veulent à tout prix explorer pour comprendre où ils sont et comment en partie, la guerre commence, sournoise et insidieuse pour fatalement causer de nombreux dégâts.


J'ai aimé les insectes qui évoluent à une vitesse hallucinante. Ils vont être nécessaire à la survie des hommes et prouvent que la nature est primordiale. Sans la nature, l'Homme meurt mais voilà chassez le naturel il revient au galop et certains ne vont pas s'empêcher de vouloir dominer les insectes sous prétexte que ce sont des insectes et qu'ils doivent la vie à l'Homme.

Avec toutes ses réflexions on a aussi une très belle histoire familiale entre un couple et leur fille. Chacun a ses idées, son objectif et très vite leur désaccord vont éclater au grand jour... C'est un roman parfois très violent et dur psychologiquement parce qu'on sait au fond de nous même que c'est totalement en adéquation avec la nature humaine.

Pyramides est donc un beau roman de science-fiction qui analyse la nature humaine, l'inconnue et la politique en proposant d'excellents personnages. J'ai adoré !

lundi 6 avril 2020

Amber Farrell, tome 0 : L'origine de Mark Henwick

Paru en 2018 aux éditions Milady.
236 pages, bit-lit.


D'une certaine manière, j'étais morte cette nuit-là. Survivante d'une attaque meurtrière, Amber Farrell est contrainte de quitter les forces spéciales pour s'enrôler dans la police de Denver. Mais sa vie et sa liberté dépendent de sa véritable mission : si elle ne parvient pas à prouver l'existence des vampires et à retarder sa propre transformation, c'est le retour en cellule qui l'attend... Lorsqu'une série de morts suspectes frappe la ville, Amber se voit obligée de choisir entre devoir et instinct, entre ce que lui imposent ses obligations et ce que lui dicte sa conscience. Amber fait à présent partie d'un monde nouveau, et il n'est plus possible de revenir en arrière...




Mon avis :

Acheté aux Halliénnales en 2019, j'ai eu une soudaine envie de bit-lit, genre reposant et que je lis très peu. J'avais donc besoin d'une lecture détente, sans besoin de réfléchir et qui saurait m'amuser et me détendre. Pari réussi avec ce prélude qui nous présente l'univers et l'héroïne. Sans être un coup de coeur, ou un roman qui déchire, il a le mérite de fonctionner et de proposer pas mal d'action.

On y suit donc Amber qui a été mordu par des vampires et qui est donc suivi par des militaires qui veulent s'assurer qu'elle ne se transformera pas pour mordre à son tour des innocents. La seule chose qu'ils lui demande en échange c'est de traquer d'autres vampires ou du moins d'avoir des preuves de leur existence dans certaines villes. Mais voilà Amber ne fonce pas dans le tas; elle est plutôt réfléchi et ne risque pas sa peau inutilement.

Ce prélude est rapide à lire, pose les bases d'un univers où l'existence des vampires n'est pas connu de tous, mais où une jeune femme a pour mission de les trouver et de laisser un groupe de militaire se charger d'eux, tout en ayant peur de se transformer à son tour. Parce qu'Amber n'est plus totalement humaine depuis une mission où son groupe a été assassiné et où elle seule survécu. J'ai plutôt aimé le style de l'auteur assez vif et fluide et la personnalité d'Amber qui se sent prisonnière,

C'est frais, sympa, ça se lit tout seul et ça donne envie de poursuivre la saga. Un achat que je ne regrette pas même s'il me tarde tout de même de rentrer dans le vif du sujet avec le premier opus. A bientôt donc pour un avis plus abouti sur la suite qui je l'espère me réservera son lot de rebondissement, de surprise et d'action.

samedi 22 février 2020

Sorcières associées, tome 1 de Alex Evans

Paru en 2015 en auto-édition, puis en 2017 aux éditions Actu SF, puis en 2019 chez Pocket.
288 pages, fantasy.


Envoûtement de vampire, sabotage de zombies et invasion de gremlins font partie du quotidien du cabinet Amrithar et Murali, sorcières associées. Dans la cité plusieurs fois millénaire de Jarta, où la magie refait surface à tous les coins de rues, les maisons closes sont tenues par des succubes et les cimetières grouillent de goules, ce n'est pas le travail qui manque ! Mais tous vous le diront: les créatures de l'ombre ne sont pas les plus dangereuses ?








Mon avis :

Sorcières associées sur le site de l'éditeur.

Sorcières associées est un roman qui m'aura totalement convaincu. Entre la plume de l'auteur très agréable à lire, les personnages loufoques et charismatiques, l'univers atypique, savoureux mélange de magie et de steampunk, voilà qui avait de quoi vite me convaincre.

Alex Evans nous propose de suivre deux sorcières, Tanit et Padmé. Les deux femmes ont ouvert un cabinet d'enquête paranormal afin d 'aider leur concitoyen moyennant finance. Padmé est maman d'une petite fille qui se cherche encore et qu'elle a protégé d'un avenir moins reluisant. Détenir le don n'est pas forcément si simple et lorsqu'elle a découvert le potentiel de son enfant, elle a préféré fuir plutôt que de laisser une haute instance lui enlever sa fille. J'ai adoré Padmé, son côté réservé et le fait qu'elle n'accepte pas l'idée d'être séduisante. Elle ne vit que pour son travail et son enfant et préfère remettre à plus tard sa vie privée ou l'idée simplement de retrouver l'amour.

Tanit est l'opposé de Padmé. Franche, téméraire et séductrice, elle n'hésite pas à jouer de son charme pour parvenir à ses fins.

Avec deux héroïnes aussi atypiques et différentes, nul doute que j'allais tomber sous leur charme, moi aussi.L'histoire repose sur plusieurs enquêtes : recherche d'un héritage familial, aider un vampire à retourner dans sa dimension, comprendre qui peut vouloir nuire à une usine qui emploi des zombies et tâcher de survivre.... voilà les missions quotidiennes de  nos héroïnes. Et je me suis éclatée. Voir autant de magie, de créatures, d'action et de moments plus doux a rendu cette lecture sensationnelle. Cela faisait longtemps que je n'avais pas été autant séduite par un roman de cette façon, au point que j'avais hâte chaque jour de trouver un moment pour lire.

Tellement séduite, que j'ai déjà commencé la suite l'échiquier de Jade. Sorcières associées est donc un roman rempli de magie, bourré d'action et qui propose un univers vraiment fantastique. N'hésitez pas !


mercredi 12 février 2020

Emma dans la nuit de Wendy Walker

Paru en 2018 aux éditions Sonatine et en 2019 aux éditions Pocket
361 pages, thriller.


Les sœurs Tanner, Emma, 17 ans, et Cass, 15 ans, sont devenues tragiquement célèbres depuis leur inexplicable disparition de la communauté calme et aisée où elles ont grandi. Trois ans après les faits, Cass frappe à la porte de chez ses parents. Interrogée par le FBI, elle raconte l’enlèvement dont sa sœur et elle ont été victimes et décrit une mystérieuse île où elles auraient été retenues captives. Emma y serait toujours. Mais la psychiatre qui suit cette affaire, le Dr Abigail Winter, doute de sa version des faits. En étudiant sa personnalité, elle découvre, sous le vernis des apparences, une famille dysfonctionnelle. Que s’est-il réellement passé trois ans auparavant ? Cass dit-elle toute la vérité ?





Mon avis :

Emma dans la nuit sur le site de l'éditeur.

Les thriller c'est ma tasse de thé, c'est ce que je lis le plus. Chercher le coupable, comprendre la disparition de quelqu'un, bref, mener l'enquête, j'adore. Pas pour rien que je suis fan du cluedo. Emma dans la nuit est un peu différent d'un thriller classique. L'histoire porte sur deux jeunes filles qui ont disparu sans laisser de traces et la plus jeune réapparait des années plus tard, seule. S'en suit une quête de la vérité pour tâcher de comprendre où est son aînée et surtout qui les gardait prisonnière depuis autant d'années. C'est vif, prenant et tellement bien amené qu'on est de suite happé dans l'histoire de Cassandra et qu'on commence à cerner son caractère.

On suit le roman tantôt via Cassandra qui nous raconte son histoire, tantôt via Abygael Winter, psychologue médico-légale du FBI qui essaye de comprendre la jeune fille et son histoire. Parce que oui, nous ne sommes pas face à une histoire de disparition classique. Peu à peu, le voile se lève sur une histoire familiale des plus troublantes, surtout lorsqu'on fait la connaissance de la mère des jeunes filles, une femme égocentrique et narcissique au point de tout faire pour rester et à jamais le centre du monde de ses proches qu'elle malmène psychologiquement. Et si personne ne semble s'en rendre compte, Abygael très vite comprend que Cassandra cache un lourd secret et qu'elle tient à ce que sa mère suive tous les événements qui la concerne. Car Abygael elle-même a subi dans son enfance une mère narcissique qui l'aura beaucoup fait souffrir. Elle est donc la mieux placer pour déceler chez Cassandra un souci majeur.

Emma dans la nuit c'est la quête d'une vérité qui n'est peut-être pas bonne à entendre et où chacun joue l'incompréhension pour mieux cacher ses torts. Où personne n'assume de n'avoir rien vu venir et où la loyauté se joue sur un secret commun qui pourrait leur faire tout perdre. J'ai adoré comprendre Cassandra et découvrir son enfance avec une mère complètement dingue et qui ne cherche qu'une chose : capter l'attention des autres et être leur modèle. Elle n'hésitera pas à donner de sa personne pour briser les autres ou réussir à parvenir à ses fins. 

Plus on avance dans le roman et plus on découvre une famille brisée, vicieuse, prête à tout pour cacher ses travers tant elle a honte de ses agissements. Entre tentation, mensonge, séduction, le tout forme un jeu dangereux aux dépends de notre héroïne. 

Emma dans la nuit est un très bon thriller que je recommande !


dimanche 9 février 2020

Rouge Venom de Morgane Caussarieu

Paru en 2019 aux éditions Actu SF.
350 pages, fantastique.


Irrésistible. Venimeuse. Cannibale. Son sang ensorcelant est un poison. Elle nous appâte comme la plante carnivore les mouches. Elle n'existe que pour nous dévorer jusqu'au dernier. Tant mieux. Nous sommes des monstres. Elle, c'est Barbie. Barbie, contre les vampires. Et moi, Faruk, je l'aime à en mourir.










Mon avis :

Rouge venom sur le site de l'éditeur.

Rouge venom est la suite direct de Rouge toxic. Roman qui avait été un véritable coup de coeur, aussi c'est tout naturellement que la suite est arrivée dans ma bibliothèque. j'y ai retrouvé tout ce qui m'avait plu dans le précédent opus, et même au-delà, si bien que cette suite est à mon sens encore meilleure et bien plus addictive. On retrouve nos héros là où on les avait laissé dans le premier opus. Morgane alterne les points du vue : tantôt on va se retrouver dans la peau de Barbie, tantôt de Faruk, mais aussi des autres personnages, J.F, Gabriel, Emma...

C'est cela qui apporte aussi beaucoup de dynamisme au récit. On est trimbaler d'un personnage à un autre découvrant ses pensées, ses motivations et surtout leur personnalité. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé le cross-over avec je suis ton ombre ou Dans les veines, parce qu'on retrouve certains vampires dans rouge Venom et on en apprend davantage sur eux. Comme Gabriel, ce vampire à l'apparence juvénile qui pourtant est un véritable monstre. Barbie est fidèle à elle-même, forcée de vivre sous le même toits que des buveurs de sang, tentant de réguler son pouvoir mortel qui signerait l'arrêt de mort de tous les vampires. Mais voilà, Barbie est amoureuse de Faruk et même si leur relation reste platonique parce qu'ils ne peuvent être trop proche l'un de l'autre, on sent toute la tension sexuelle qui sévit entre eux.

Les autres vampires sont tout aussi charismatiques et jusqu'à la fin j'ignorais la direction que l'auteur prendrait pour terminer son dyptique. La surprise fut grande lorsque je lisais les quelques dernières pages, et pour autant, cela me semblait la seule fin possible au vue des événements. Voir Barbie s'émanciper et devenir enfin ce qu'elle aurait toujours dû être dès le départ m'a beaucoup plu.

Morgane propose donc une littérature vampirique différente de ce qu'on peut trouver à l'heure actuelle. C'est sombre et violent, sans artifice et fioriture. Le sang coule, les morts sont nombreux, mais pourtant, il reste là une lueur d'espoir pour la jeune Barbie qui devient une arme de destruction massive, capable de protéger à jamais les humains des vampires.

C'est d'ailleurs cette dualité qui m'aura complètement séduite : être une arme contre les vampires et pourtant tomber amoureuse de l'un d'eux, un peu comme Buffy qui finit par succomber à Angel puis Spike. Bon bien évidemment dans Rouge Venom l'ambiance est plus sombre, pleine de noirceur ne serait-ce que grâce aux enfants de maman Gédé qui guette et surveille dans l'ombre.

Ce nouveau roman tient donc toutes ses promesses et même au-delà. Morgane sait faire vibrer son lecteur, le rendre accro à ses vampires et lui donner envie de relire du Anne Rice. Elle maîtrise le sujet vampirique comme personne d'autres et parvient chaque fois à nous surprendre. Ne passez pas à côté de ses romans !



lundi 27 janvier 2020

Elvis Cadillac, tome 3 : Le rocker en pantoufles de Nadine Monfils

Paru en 2018 aux édition Fleuve noir et en 2019 aux éditions Pocket.
256 pages, Policier humoristique.


En Normandie, à Dives-sur-Mer, dans le magnifique petit village d'art de Guillaume le Conquérant, va se dérouler une intrigue très troublante. Elvis Cadillac, ze sosie belge et bedonnant du King, est invité avec sa chienne Priscilla à venir chanter à l'enterrement d'un fan d'Elvis Presley. Or, la veille, il a pris en stop un étrange personnage qui n'est autre que... le mort ! Dives-sur-Mer est alors plongée dans la stupeur après la découverte des cadavres de deux jeunes filles, sauvagement assassinées, dans une bouée-balise en mer. Le mystérieux auto-stoppeur d'Elvis est-il lié à ces crimes affreux, inspirés de l'oeuvre de Lewis Carroll Alice à travers le miroir ? Dans cette petite ville, chacun a ses secrets... Un polar pimenté d'humour noir, sur les pas des peintres et écrivains célèbres qui se sont inspirés de la Côte Fleurie. À déguster avec un p'tit Calva, bien sûr !


Mon avis :

Après avoir dévoré Elvis Cadillac et Ice Cream et châtiment, je ne pouvais pas passer à côté d'une nouvelle aventure déjantée et loufoque d'Elvis Caddilac. Au programme : du suspense, des animaux, de l'humour belge (beaucoup d'humour belge) et une enquête étrange sur fond de fantôme.

Le roman est drôle, bien construit et bourré de clin d'oeil. L'humour peut déranger certains lecteurs, mais me concernant c'était pile ce dont j'avais besoin. On retrouve donc Elvis, qui n'a pas l'intention de changer et s'auto-proclame toujours meilleur sosie du King. Elvis donc se rend en Normandie pour chanter lors des funérailles d'un homme. Juste avant d'arriver à destination, il prend un homme en stop. C'est arrivé à bon port qu'il découvrira que son passager n'est autre que la personne décédée pour qui il doit chanter.

Et là s'ensuit pour Elvis un tas de questionnement : était-ce un fantôme ? Un jumeau ? Un sosie ? Un message divin de son chanteur favori qui le met à l'épreuve ? Peu à peu donc on va découvrir un village en apparence normale et calme, mais qui cache bien des secrets. Elvis va dans toute sa splendeur faire exploser la tranquillité des lieux et mettre chacun face à ses secrets et ses plus grosses hontes.

Il sera donc question de pognon, de tromperie, de vengeance, de sexe et de biens d'autres choses. En dehors du côté humoristique, on a là un bon panel d'ingrédients pour offrir un roman policier efficace où chacun a quelque chose à se reprocher. On rit, on s'amuse, on fait d'étranges découverte et on laisse Elvis tenter de comprendre seul les tenants et aboutissant d'une enquête qui peut s'avérer très dangereuse pour lui. 

Quand le côté déjanté et loufoque d'un sosie du King entre en collision avec l'horreur et la violence d'un village où des jeunes filles ont été assassinés cela donne un roman atypique et qu'on déguste avec plaisir. Me concernant, j'ai encore une fois adhéré à l'idée de Nadine MonFils ! 

dimanche 19 janvier 2020

Chroniques des Cinq Trônes, tome 1 : Moitiés d'âme de Anthelme Hauchecorne

Paru en 2019 aux éditions Gulf stream.
524 pages Fantasy.


La mägerie n'obéit qu'à un seul principe : elle ne peut s'exercer qu'à deux. Liutgarde le sait. Elle a pourtant fui Ortaire, l'époux qui lui avait été imposé, renonçant ainsi à son pouvoir. Exilée au nord des terres, elle serait morte sans l'aide des caravaniers et de Rollon, un mäge à l'esprit torturé. Epris l'un de l'autre, Liutgarde et Rollon se déplacent en roulottes avec leur communauté dans l'hostile forêt de la Sylverëe, ancien royaume des Faëes de l'Hiver. Mais l'équilibre de cette vie en cavale va complètement basculer, les obligeant à régler les dettes de leurs vies antérieurs. Car dans ce monde tout se sait et tout se paie un jour. Leur pouvoir et leur amour suffiront-ils à les protéger ?




Mon avis :

Lien de moitiés d'âme sur le site de l'éditeur

Anthelme est un auteur que je suis depuis des années. Chacune de ses parutions finit dans ma bibliothèque. La raison est simple : je sais l'auteur doté d'une imagination débordante et que forcément, son roman va me dépayser et me faire voyager très loin. Déjà l'objet livre en question est plus que sublime. Couverture rigide, dorure, police d'écriture soigné, nul doute qu'en plus d'être un roman passionnant, les éditeurs nous offrent aussi un objet qu'on apprécie d'avoir dans sa bibliothèque.

Les cinq cent pages se dévorent à toute vitesse, et même si j'ai tardé à rédiger enfin mon avis, j'ai passé là un moment mémorable. Lecture terminée il y a plus d'un mois maintenant, je n'avais aucune motivation (et aucun temps) pour rédiger un avis qui allait s'avérer complexe. Pourquoi est-ce complexe de parler de Moitiés d'âme ? Parce que si je me lance dans tout ce que j'ai apprécié, je risque de vous refaire un résumé de quinze pages sur les aventures de Liutgarde, héroïne ô combien superbe ! 

Moitiés d'âme c'est une histoire de magie et d'amour. Pas de romance larmoyante à souhait ou pleine de guimauve, non, rassurez-vous. C'est une romance tourmentée, complexe et qui fait mal. Liutgarde est une jeune femme qui a fui un époux qu'elle n'aimait pas. Pourtant, quitter son époux lui a ôté tout pouvoir car dans Moitiés d'âme, la magie se fait en binôme. Peu importe pour la belle demoiselle qui très vite succombe à Rollon, un mage solitaire, sombre et taciturne. Un homme troublant et tourmenté par une ancienne promesse qu'il a faite voilà des années.

Anthelme nous dresse là, une histoire d'amour sublime, jalonnée d'obstacles et de mécréants qui ont pour objectif de les séparer. L'on passe par toutes les émotions pendant la lecture de moitiés d'âme : la surprise, l'amusement (avec un certain capitaine de garde qui avec son cheveux sur la langue m'a fait autant rire qu'un Rincevent dans les annales du disque monde), la peur, l'inquiétude, le dégoût, le plaisir...

Mais oui, pour moi Moitiés d'âme est un peu comme un roman de Pratchett : bourré d'excellents ingrédients qui nous font passer du rire au larme en moins de cinq minutes, montre en main. Des péripéties, du voyage, de la passion, beaucoup d'humour malgré certaines séquences sous tension, des ingrédients efficaces et tellement dosé avec justesse ! Et même si le roman se passe dans l'obscurité et la froideur, beaucoup de choses apportent finalement de la douceur et de la lumière, à commencer par notre héroïne qui n'a peur de rien. 

Plus j'avançais dans ma lecture, plus je me demandais comment nos héros allaient s'en sortir alors que tout semble vouloir se mettre sur leur chemin. Entre magie, créatures cauchemardesques, mages flippant et qui ne sont pas sans rappeler la reine de cœur d'Alice aux pays des merveilles avec son époux, soldats prêts à tout pour obéir aux ordres, je suis conquise ! 

Il me tarde de découvrir la suite, mais je trouve que ce premier tome est abouti et trouve sa conclusion. Qu'en sera-t-il de la suite ? Nouveaux personnages ? Nouvelle intrigue ? Nouvelle aventure de nos héros ? Une chose est sûre : Moitiés d'âme aura été un véritable coup de cœur !