dimanche 6 octobre 2019

Le dieu oiseau de Aurélie Wellenstein

Paru en 2018 aux éditions Scrinéo.
352 Pages, fantasy.


Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d'avenir est de participer à la compétition de « l'homme-oiseau », afin de renverser l'équilibre des pouvoirs en place et de se venger. Qui du maître ou de l'esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l'île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?




Mon avis :

Lien de Le Dieu oiseau sur le site de l'éditeur.

Alerte au coup de coeur ! Je répète Alerte au coup de coeur ! Voilà vous êtes prévenus ! Je décline toute responsabilité d'achat compulsif suite à la lecture de l'avis qui va suivre. Pour ceux qui l'ignorent, Aurélie Wellenstein fait partie des auteurs dont je lis chaque parution avec le même plaisir ! Jamais aucun de ses romans ne m'a déçue, bien au contraire et je vois son évolution depuis ses débuts. Autant vous avouez tout de suite que le Dieu Oiseau est à ce jour sa plus grande réussite (même si les autres sont très bons, je pense au superbe le Roi des fauves). 

Chaque fois je me demande comment Aurélie parvient à innover de cette manière. Aucun de ses romans ne donne l'impression de déjà-lu, aucun ne semble être la copie d'un autre. Ils sont chaque fois unique et propose des histoires à couper le souffle. Le Dieu oiseau m'aura bloqué la respiration tant j'ai ressenti la tension qu'il véhiculait au fur et à mesure que Faolan avance dans son périple dangereux. Privé d'oxygène comme l'est Faolan de liberté, on succombe très vite à la plume d'Aurélie. 

Alors oui, ça fait un peu groupie, mais croyez-moi, lorsqu'on découvre la plume d'Aurélie, on succombe et se sent obligé de lire l'intégralité de sa bibliographie. Le dieu oiseau est un roman onirique, un roman où le héros suit une véritable quête initiatique pour changer son destin tout en acceptant de multiples quêtes pour parvenir à son but. Mais voilà Faolan n'a rien d'un héros épique ou fort. Il n'est qu'un esclave qui a connu le pire du pire et qui va tenter de s'en sortir et de renverser la donne. Car Faolan n'en peut plus d'être battu, humilié, repoussé et son rôle de moins que rien ne fait que le déshumaniser. Et pour lui, il faut que cela cesse. Aussi lorsqu'à lieu la fameuse compétition qui peut tout bouleverser, Faolan ne réfléchit pas et se porte volontaire face à son maître Torok, celui qui est à l'origine de tous ses maux.

La compétition est une véritable aubaine pour lui car s'il parvient à trouver l'oeuf sur l'île, il pourra dominer avec son clan les autres pendant une décennie. Mais voilà Faolan n'a aucun véritable clan. Arraché à sa famille alors qu'il n'est qu'un gosse, le voilà esclave du clan du Bras de Fer, après avoir vu son village et sa famille décimés. Car Faolan est brisé, il n'est plus que l'ombre d'un homme qu'on envoie même dormir avec les chiens. Prenant en main son destin, Faolan s'affranchit petit à petit de sa prison et parvient à s'imposer face aux autres participants de la quête de l'Homme-Oiseau.

Je pourrais vous en parlez des heures tant ce roman est intense. Mais je risquerais fortement de vous spoiler et là n'est pas le but. Du Dieu Oiseau, je vais retenir un univers sombre et dérangeant où la loi du plus puissant domine, où les faibles sont dévorés, battus et transformés en loque. Un univers dirigé par le Dieu Mahoké, cette divinité de terreur qui permet à tous de devenir de véritable monstre. Je retiendrais aussi la relation Faolan/Torok, mi-haine mi-amour où jusqu'au bout l'un et l'autre sont vraiment lié par une relation toxique mais sincère. Je retiendrais aussi toutes ses âmes qui disparaissent pour permettre à Faolan de s'en sortir, mais aussi sa transformation. Car Faolan surprendra plus d'un lecteur pour sa tenacité et sa soif de vivre.

Et que dire de la plume de l'auteur qui parvient à dresser une ambiance sombre, glaciale et opaque où la lumière ne semble jamais filtrer. Elle vous prive d'oxygène, vous étouffe de sa plume majestueuse et onirique. Elle vpus ensorcelle et vous fait aimez même les personnages les plus monstrueux tout en transformant des scènes de la plus grande cruauté en un ballet enchanteur et beau... bel exploit !

Encore chapeau à Aurélie pour offrir un roman d'une telle qualité que j'ai dévoré et adoré. 


2 commentaires:

  1. La relation besoin/haine de Faolan envers Torok était super bien relatée niveau psychologie, c'est ce qui m'a plu

    RépondreSupprimer

Laisser une trace!