mercredi 16 novembre 2016

Lucie d'Alick

Année d'édition : 2016
Edition : Rebelle
Nombre de pages : 381
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Un jeune étudiant en informatique est retrouvé mort chez lui, dans un quartier résidentiel calme et sans histoire, massacré par un tueur à la furie sans limite. Quand le capitaine Amaury MOSCARET hérite de l’affaire, il est loin de se douter que l’enquête le conduira à Lucie GOULARD, portée disparue qui vient de regagner le domicile familial après 5 ans d’absence. Mais où était-elle, et que s’est-il passé durant ces cinq années...?

La première page 
 

Mon avis :
J'ai eu l'occasion de rencontrer Alick aux halliénnales et j'étais fort intriguée par ses romans. Après plusieurs réflexion, je suis repartie avec miroir, mais Lucie est arrivée peu de temps après. Ni une ni deux j'ai choisi de lire ce dernier parce que la thématique des sectes m'intriguait beaucoup.

Le verdict est positif. Ce roman est une bonne surprise. Parfois l'histoire est un peu confuse à mon sens vu la multitude de personnages présents, mais l'intrigue aura réussi à me captiver totalement et j'ai fini par m'accrocher et à entrer dans l'enquête au fur et à mesure. La plume de l'auteur est fluide malgré quelques passages où on sent énormément le travail de fond qu'il a effectué pour se renseigner au maximum sur le fonctionnement d'une secte ou des enquêtes en France. Clairement la quatrième de couverture est fantastique parce qu'elle ne dévoile pas l'intrigue, bien au contraire. Ce qu'elle contient n'est que 5% du roman, là où beaucoup d'éditeur se trompent et en disent bien trop enlevant tout suspense à un roman.

On fait la connaissance donc de Amaury Moscaret un capitaine de police qui se voit enquête sur un meurtre sordide qui laisse penser à un meurtre rituel. Mais à côté de ça, on suit une toute autre histoire qui aura plus ou moins un lien direct avec le meurtre c'est le retour de Lucie chez sa soeur après avoir disparu pendant 5 ans sans donner de nouvelles ou de signe de vie. 

" Elle revécut avec douleur la scène étrange de ce début de semaine. En sortant du métro Cité, elle avait croisé sa soeur. Elle en était certaine. Certes, la jeune femme était légèrement différente, mais cinq ans d'absences et une nouvelle coupe de cheveux ne constituaient pas un camouflage suffisant. Elle lui avait saisi le poignet pour l'arrêter.
- Lucie ?
L'autre l'avait dévisagé. Son regard semblait effrayé. L'on aurait juré que le Diable en personne lui avait pris la main.
- Vous devez faire erreur. Je m'appelle Lucille." Page 34

J'aime beaucoup cette histoire de deuil que l'une des héroïnes, Hélène ne parvient pas à faire concernant sa soeur. Et on en revient à tous ces gens qui vivent dans l'attente de savoir ce qu'il est arrivé à l'un de leur proche avec le peu de disparition élucidée encore à notre époque malgré nos nouvelles technologies. Du coup, j'ai été très vite prise d'affection pour Hélène qui jusqu'au bout sera une victime collatérale des sectes. Elle va se battre presque seule jusqu'au bout surtout lorsque Lucie reviendra, car oui, très vite Lucie revient comme une fleur, l'air de rien et tente de s'imposer à nouveau dans le foyer de Hélène. Elle a un côté naïf et candide. On sent qu'elle est ailleurs et je me suis même posée la question si elle n'avait tout simplement pas été enlevé par des extra-terrestres tant elle a des pensées et expressions loufoques. 

Du coup, le roman se divise en trois parties. Le retour de Lucie dans un premier temps où le lecteur va se poser de nombreuses questions sur les cinq ans d'absence de la jeune femme complètement métamorphosé et surtout bien perchée. Sur ce meurtre étrange et violent et enfin sur notre capitaine et sa vie très touchante. Parce que voilà, Alick nous propose un héros qui nous ressemble. Il est humain, père de famille, proche de ses amis. Un gros coeur sous cette armure de gros nounours. On ne peut que s'attacher à lui et à sa fille très proche de son père.Leurs nerfs vont être mis à rude épreuve. 

Autre gros point positif à mon sens c'est la fin du roman. On a une fin qui boucle l'enquête, mais d'un autre côté, la boucle n'est pas du tout bouclée et ça c'est tellement rare dans un thriller qu'il faut le souligner. L'auteur prend le parti de faire qu'on est scotché à la fin et qu'on attendait totalement autre chose. Mais voilà dans la vie de tous les jours, les enquêtes ne se terminent pas toute à 100%. Cela colle donc très bien à la réalité et offre une crédibilité maximale. J'ai aussi beaucoup aimé l'enquête et les à côté où on fait connaissance avec l'équipe en charge de la résolution du crime.

Du niveau des personnages, je suis conquise. Ils apportent de l'humour, du drame, de l'originalité. On rit avec eux, on est attristé par leur sort, parfois on jubile et d'autres fois on espère que leurs requêtes seront acceptés. (Je pense notamment à une de nos héroïnes qui demande à Amaury d'être le père biologique du bébé qu'elle souhaite avoir avec sa compagne.) J'ai aussi aimé les nombreux clins d'oeils à des films cultes que l'auteur propose. 

Le seul bémol ou plutôt les seuls bémols sont rares. Le premier c'est la multitude de personnages dès le début du roman. Entre les différents enquêteurs et tous ceux qui gravitent autour (familles, proches, amis, collègues), les victimes collatérales de la secte et du meurtre et les membres de la secte, c'est énorme ce nombre de personnage différent. Il m'a fallu un peu de temps pour parvenir à bien les identifier et ne plus me tromper sur leur place dans le roman. L'autre second bémol tient dans le côté très politique du roman. On se retrouve en pleine élection présidentielle en France, moment où Sarkozy affronte Hollande et j'ai trouvé que c'était superflu. Vraiment. Certes, cela pose un certain climat et contexte, mais cela n'apporte rien de concret à l'intrigue.

Finalement, la lecture fut bonne. J'ai passé un bon moment, l'auteur sait amener une thématique encore trop peu utilisé dans les thrillers (ou alors je suis passée à côté de ce genre de roman) et propose une fin qu'on n'attend absolument pas. Malgré quelques petits défauts, je suis ravie de la découverte et il me tarde maintenant de me jeter sur Miroir qui je pense saura encore plus me séduire !

Les plus :
- la thématique des sectes
- la galerie de personnages.
- l'enquête

Les moins :
- le côté trop politique du roman (à cause du contexte historique où il se déroule)
- peut-être trop de personnage dès le début.


1 commentaire:

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