dimanche 29 mai 2016

Sang impur de Graham Masterton

Année d'édition : 1997
Edition : Pocket
Nombre de pages : 484
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Par un après-midi d'orage, Terence Pearson arrête sa voiture en pleine campagne et massacre deux de ses enfants à coups de faucille. Appréhendé peu après, le père meurtrier refuse de répondre aux questions.
Peu à peu, le policier chargé de l'enquête finit par comprendre que l'homme croit sa lignée contaminée par les gènes du « Voyageur vert », créature mi-humaine mi-végétale des légendes tchèques.
C'est pour empêcher le retour de celui-ci qu'il a préféré tuer ses enfants.
Mais ni le père, ni le policier ne peuvent se douter qu'un chercheur en génétique sans scrupules a récupéré le cerveau d'une des petites victimes.

Mon avis :

Terence est ses trois enfants sont en voiture. Le père de famille est bien décidé à amener ses enfants en pleine campagne afin de les protéger. Une fois sur place, il leur demande de prier et de lui pardonner de vouloir sauver leurs âmes. Ni une, ni deux, Terence sort une faucille et abat froidement deux de ses enfants. La plus grande, Emily va parvenir à fuir et à trouver de l'aide auprès d'un couple âgé qui passait par là. Mais Terence ne va pas se laisser arrêter pour si peu et après avoir réglé le compte du couple, il repart aux trousses de sa fille qui ne devra sa survie qu'à l'intervention de la police. Mais l'homme n'en démord pas, il a agi dans l'intérêt de ses enfants afin de les laver de leur sang impur. Pourquoi ? Qui est cet homme vert qui semble tant le terroriser ? C'est à Luke, le shérif de la ville qu'incombe de comprendre les motivations du tueur...

Graham Masterton est un auteur que j'apprécie énormément. Ses romans sont violents, gores et parfois bien flippants ! Sang impur est dans la lignée des autres, mais il n'est pas sur mon top 3. J'ai passé un chouette moment, surtout au début, mais le plus reproche de ce roman c'est qu'il part un peu dans tous les sens sans qu'en plus ce soit nécessaire. On a donc trois histoires en une et qui se rejoignent pour donner un final un peu brouillon à mon sens. Dommage parce que l'homme vert et les Mummers ont de quoi faire passer des nuits blanches !

On entre dans le vif du sujet dans ce roman où dès les premières pages, le ton est donné. L'histoire que vous allez lire est sombre et glauque, en témoigne ce père de famille qui n'a aucune pitié envers ses enfants et les découpe à la faucille pour les laver de leur sang impur. D'emblée, on sent que le personnage est torturé et qu'il ne souhaitait pas forcément en arriver là, mais il n'a plus le choix. Non, on ne l'excusera pas, mais au fur et à mesure qu'on avance dans le roman, on se dit que finalement, ce n'est pas lui le plus fou ou dangereux. Car Terrence a peur de l'homme vert, celui à qui on offre ses tripes pour le remercier d'être intervenu des années plus tôt pour une belle moisson. La mythologie de cette créature est délicieuse tout comme celle des Mummers, ces muets qui le suivent et lui permettent d'agir en toute quiétude. Et moi, quand je lis du Masterton, je suis certaine que l'auteur aura travaillé sur un mythe de dingue et que la lecture sera un régal, même si des défauts feront qu'on n'aura pas le coup de coeur tant attendu.

 Le roman se découpe en trois histoires bien distinctes. D'un côté on a le meurtre de plusieurs personnes par Terence qui a l'air d'un illuminé jusqu'à ce qu'on découvre enfin ses motivations troublantes. Cette partie là du roman est un régal, on est dans le flou concernant ce père de famille qui trucide deux de ses enfants et aurait bien fait la même chose à sa dernière, sauf que le destin s'en est mêlé. Notre enquêteur Luke va très vite comprendre que le surnaturel est lié à ce meurtre qui est semblable à un rituel. Une partie du roman que j'ai adoré, vraiment !

Une autre partie du roman m'a intriguée également, celle concernant Capitaine Black, ce porc de neuf ans à qui on a greffé une partie du cerveau de Georges, ce petit garçon de trois ans assassiné dès le début du roman. Capitaine Black c'est un porc élevé en captivité pour la science qui essaye de lui donner conscience de ce qu'il est. Les séquences avec le cochons vont froids dans le dos et on se pose des questions sur la science et les conséquences de certaines expériences. Est-ce qu'au nom de la science on peut faire tout ce qu'on veut et excuser les morts et blessés ? C'est en partie ce qu'on se demande lorsqu'on voit les événements qui s'enchaînent avec Capitaine Black transformé à cause d'une expérience douteuse. Une partie qui m'a bien plu au départ, mais qui finalement m'aura un peu agacée lorsque tous les porcs du romans vont virer mangeur de chair humaine sans raison apparente.

Enfin en troisième partie, là où j'ai le moins été séduite c'est l'aspect politique de ce livre. Un sénateur qui tente de devenir président en se servant des autres et d'une loi crée par les végétaliens pour lutter contre l'utilisation des animaux en tant que nourriture et interdire leur consommation en Amérique. Ce n'est pas le propos en tant que tel qui m'a agacé (même si je ne suis pas végétalienne) mais les deux personnages qu'on va découvrir dans cet aspect. Bryan m'a gonflé à de multiples reprises, on sent l'homme qui ne cherche qu'à diriger les autres en les utilisant comme des mouchoirs et ensuite sa maîtresse Lily qui réserve bien des surprises sur son histoire. Je pense qu'en enlevant cet aspect du roman et ces deux personnages, j'aurais adoré, sincèrement. Maintenant je respecte l'auteur qui a voulu davantage approfondir son univers et intrigue en y insérant des personnages qui d'un sens vont permettre à ce final explosif d'avoir lieu.

En bref, encore un roman qui m'aura plu, mais à mon sens pas le meilleur de l'auteur, dommage. Les détails sont sordides et gores comme à son habitude et la mythologie du mummer et des hommes verts est surprenante ! La plume est toujours aussi addictive, le roman se lit vite et rapidement et les personnages apportent un gros plus.

A lire si :
- vous voulez frémir! 
- les détails sordides et gores ne vous font pas peur !
- Vous aimez les mythes utilisés de manière effrayante.

A eviter si :
- vous êtes sensible
- Vous aimez suivre une seule histoire et ne pas voir le roman prendre plusieurs directions.  

 

3 commentaires:

  1. Je ne connais pas celui-ci! Il y a peu j'ai trouvé sur un troc et puces Le Corbeau, L'enfant de la Nuit et Le Miroir de Satan. J'ai hâte des les découvrir!

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    1. l'enfant de la nuit et le corbeau je ne les ai pas encore ! j'ai pas mal de romans de l'auteur lu ou à lire ^^

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  2. Masterton reste un excellent auteur, mais avec une sacrée baisse d'inspiration ces derniers temps (en plus de moins en moins édité en france). Moins connu et pourtant un des meilleurs (à mon goût, cela s'entend) je conseille fortement Walhalla, une vrai plongée dans le fantastique.

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