dimanche 20 mars 2016

Le testament de Jessie Lamb de Jane Rogers

Année d'édition : 2015
Edition : Folio SF
Nombre de pages : 368
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Jessie Lamb a seize ans, et le monde autour d'elle s'écroule : un virus, sans doute libéré par des terroristes, tue toute femme qui tombe enceinte, sans exception. A terme, l'humanité est condamnée. Si les scientifiques prétendent pouvoir trouver un remède, le nombre de suicides ou d'actes de vandalisme ne cesse d'augmenter et les groupements sectaires se multiplient. Pour Jessie, après mûre réflexion, le choix est simple, mais celui-ci ne sera pas accepté par tous. Laissez-la vous conter son histoire, un testament livré à d'hypothétiques générations futures qu'elle compte bien contribuer à faire éclore..

Mon avis :

Jessie a seize ans. C'est une adolescente comme les autres qui profitent plus ou moins de la vie et du lycée. Mais dans son monde, les bébés ne naissent plus depuis qu'un virus lâché par des terroristes tuent toutes les femmes qui tombent enceinte, entraînant avec elles l'enfant qu'elles portent. Vengeance ou réel souci de détruire l'humanité qui n'a eu aucune honte à détruire la planète ? Jessie doute et se pose des questions. Elle tente alors d'inciter ses parents à ne plus devenir des consommateurs et à prendre soin de la Terre pour que peut-être un jour, quelqu'un offre un remède et une lueur d'espoir pour l'humanité. En attendant, Jessie essaye de se rebeller et rejoint des groupes qui luttent contre la science qui va toujours plus loin pour tenter de réussir à sauver l'humanité de son élimination à venir. Quitte à détruire des vies innocentes et à user de méthodes douteuses.

Quelle belle surprise que cette dystopie ! J'en lis très peu, de peur de toujours tomber sur le même schéma narratif avec toujours à la clef la même héroïne hyper courageuse et la même romance vu à l'avance. Mais ici, point de tout cela ! J'ai été totalement séduite par cet univers sombre et fataliste où on sent que la fin de l'humanité est proche puisque plus aucun bébé ne parvient à naître. L'humanité va donc s'éteindre sauf si les scientifiques trouvent une solution. Et ils feront tout ce qu'ils peuvent pour la trouver cette solution ! On peut les comprendre, c'est humain de vouloir empêcher de voir la civilisation disparaître, on tenterait tous d'agir, on ne resterait pas les bras croisés. Et via Jessie, on voit une facette de ce thème plus calme et posé. A l'image de Jessie finalement.On entre de suite dans le vif du sujet avec une héroïne qui a été séquestrée par quelqu'un de son entourage très proche et qui souhaite qu'elle renonce à son projet. Quel projet ? Pourquoi l'enfermer ? C'est ce que Jessie va nous faire découvrir en revenant dans le passé pour nous donner toutes les clefs de sa séquestration et surtout de son choix fatal et dramatique, mais qui lui tient à coeur.

Ce roman dystopique est une bouffée d'air frais. Ecrasant tous les codes de la dystopie pour ne plus garder que le côté fataliste et sombre, on va découvrir un monde qui part en lambeaux. Les gens divorcent, se suicident, créent de nouveaux groupuscules contre la science et même de nouveaux groupes religieux. La majorité des gens ont perdu la tête parce qu'ils savent qu'il ne sert à rien de lutter, tout leur semble perdu d'avance. Jessie est une adolescente calme et posée, qui réfléchit beaucoup. Elle analyse tout ce qui l'entoure ainsi que les réactions des gens qui l'entourent. Elle ne fonce pas tête baissée pour devenir une héroïne, ce n'est pas son but, mais elle veut apporter sa contribution pour qu'on trouve une solution. Elle fait passer la survie de l'humanité avant sa personne, avant ses sentiments et franchement ça m'a vraiment plu.

Ce roman n'est pas centré sur l'action. Au contraire. Il est assez reposant, analysant plutôt l'environnement et le côté scientifique des solutions possibles. Jessie est au départ proche de ses parents, elle a un faible pour Baz avec qui elle aura une courte relation et qui lui fera perdre sa virginité, mais lorsqu'il lui faut faire un choix, Jessie se fiche de ses sentiments amoureux et fait preuve d'une maturité incroyable. Lorsqu'elle tombe sur sa rivale amoureuse, elle fait preuve d'un sang froid surprenant pour son âge, ne se souciant finalement que de mener à bien sa mission : devenir une "Sleepings beauty", une belle endormie. Et forcément, ses parents ne l'entendent pas de cet oeil là, devenant non plus ses alliés, mais ses ennemis, parce que Jessie ne changera pas d'avis. Elle veut qu'on utilise son corps pour porter un embryon qui survivra peut-être tandis qu'elle mourra obligatoirement.

Parce que oui, cette dystopie ne cherche pas à proposer une solution. Loin de là. On a vraiment un constat dès le départ : rien ne peut empêcher la mort des mères porteuses qui sont mises dans un coma artificiel. Le bébé peut survivre, c'est ce qu'espèrent les scientifiques, mais les porteuses devenant des incubatrices uniquement, finissent toutes tuées par le virus. C'est un roman très sombre, sans espoir et fataliste. On en sort éprouvé, triste et fière de Jessie. 

Voilà une belle surprise qui m'aura conquise, offrant une vision nouvelle de la dystopie ! A lire !




 A lire si :
- vous aimez les dystopies originales
- Vous cherchez une héroïne qui agit mais surtout qui réfléchit et ne laisse pas ses émotions prendre le dessus

A évitez si :
- vous chercher de la romance
- vous êtes adepte des happy end.
 

1 commentaire:

  1. Ca fait un moment qu'il est dans ma PAL : entre deux livres pour les Imaginales et deux challenges, j'ai maintenant plus que hâte de l'en sortir !

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