dimanche 31 mai 2015

Le roi des fauves de Aurélie Wellenstein

Année d'édition : 2015
Edition : scrinéo
Nombre de pages :
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
Ivar, Kaya et Oswald ont été condamnés à être changés en berserkirs, des hommes-bêtes enragés destinés à tuer sur les champs de bataille. Ils vont errer dans un royaume en ruines pendant sept jours au cours desquels se réalisera leur mutation. Seul le légendaire roi des fauves peut encore les arracher à leur funeste destin mais pour le trouver les trois amis doivent réussir à rester unis.

Mon avis :

Ivar, Kaya et Oswald sont amis et vivent dans la famine. Dans leur village, il n'y a plus rien à manger alors qu'ils savent que dans le royaume de leur roi, les gibiers sont abondants. N'y tenant plus, le jeune forgeron, la couturière et l'herboriste décide d'enfreindre les lois et de nourrir leur proche. Mais les adolescents savent qu'ils devront faire très attention de ne pas se faire attraper car le royaume est gardé par des berserkirs, des créatures mi homme mi-bêtes qui agissent selon les ordres de leur seigneur. Malheureusement pour eux, la chasse tourne au drame et ils finissent par assassiner un berserkir et le jeune seigneur des lieux afin de se protéger. De retour chez eux, ils finissent par comprendre que quelqu'un les a dénoncé. Eux qui pensaient être tués à leur tour vont vite déchanter : ils seront transformés en berserkirs...

La couverture est révélatrice de ce que l'on trouvera dans ce roman. Sombre, étrange et troublant, voilà qui caractérise à la perfection de magnifique roman. Je lis peu de roman YA, parce que bien souvent, on retrouve le même thème ou la même tournure. Moi, j'aime la surprise. Et nul doute que Le roi des fauves a su me surprendre de bien des manières. Je l'ai dévoré ! Comme si à mon tour j'étais devenu une Berserkir me délectant de l'aventure vécue par notre trio d'amis inséparables. Aurélie Wellenstein que j'ai découvert grâce à chevaux de foudre est une auteur que je vais vraiment suivre désormais ! Deux lectures, deux excellents moments, deux belles surprises, même si pour le coup, Le roi des fauves contenait tous les ingrédients dont je suis friande ! Des morts, du sang, de la vengeance, des créatures effrayantes et un mauvais sort qui s'acharne sans cesse sur nos héros. Bref, un roman qui me restera longtemps en mémoire.

Dès le début, on fait la connaissance de nos trois héros. Ivar, le fils du forgeron, un jeune homme fort et courageux, mais surtout quelqu'un de fidèle qui n'hésitera jamais à se sacrifier pour sauver ses amis. Ce personnage m'a complètement fait craquer même s'il n'a d'yeux que pour Kaya, son amie couturière et qui n'a pas sa langue dans sa poche. Courageuse également, j'ai parfois eu envie de l'étriper tant elle était agaçante dans sa façon d'agir avec ses amis. Tantôt à pleurer leur compagnie, tantôt à se moquer d'eux ou à les envoyer sur les roses. Elle est troublante et jusqu'au bout, je n'ai jamais su sur quel pied danser avec cette héroïne atypique. Et puis enfin on a le petit herboriste, un garçon légèrement trouillard et qui manque cruellement de confiance en lui. Oswald est gentil, certes, mais il n'est pas fait pour cette aventure, on le sent toujours en retrait, recroquevillé sur lui-même, se demandant pourquoi tout lui tombe sur la tête. J'avoue avoir éprouvé beaucoup de pitié pour son personnage. 

Le roi des fauves nous propose donc de suivre trois héros très différents qui vont après avoir tué un berserkir et son seigneur se retrouver puni par le royaume. Il leur sera implanté un ver appelé lehrling dans leur corps, ver qui a la particularité de réveiller leur côté animal, les transformant donc en bête hideuse selon leur personnalité. Mais devenir un berserkir, c'est perdre son humanité et ne plus pouvoir agir après réflexion. On devient esclave de son côté bestial, côté utilisé par les plus grands seigneurs pour les protéger. Oubliez les animaux doux et affectueux, agréable à regarder. Ici, nos berserkir sont laids, un peu difforme et n'ont aucun contrôle de leur corps à cause de magie ou de bijoux remplis de sorcellerie pour mieux les gouverner.
  
Cela rend tout de suite le roman plus sombre, surtout que nos héros vont se retrouver avec d'autres prisonniers à devoir survivre non seulement humainement, mais aussi physiquement puisque des chasseurs sont lancés à leurs trousses pour les tuer avant qu'ils ne deviennent complètement des berserkirs. Ivar va d'ailleurs se démarquer et la force de son caractère va beaucoup jouer en sa faveur et ce, jusqu'à la toute dernière page. On vit à ses côtés une aventure destructrice qui n'a pas fini de vous surprendre. Point de romance mièvre dans le Roi des fauves, mais une lutte intérieure pour garder son humanité et protéger ceux qui sont chers à nos héros. Un beau roman, très fort visuellement et très dur à la fois.

Voilà un roman que j'ai adoré du début à la fin. Il a su me mettre en colère, m'émouvoir, me surprendre et me rendre complètement accro aux héros. J'aime déjà beaucoup le mythe du berserkr qui reste à mon sens un mythe peu exploité et l'auteur nous en offre une vision magistrale ! A lire d'urgence !


Je croque dans ce livre à pleines dents : il m'a ensorcelée !

4 commentaires:

  1. Réponses
    1. il est extra avec un thème peu exploité en littérature fantastique en plus !

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  2. Je ne suis pas très porté sur la littérature Young Adult, en général, mais je dois avouer que ta chronique me donne bien envie ! En plus, l'histoire a l'air pas mal ancrée dans la culture nordique (du moins, d'après ce que j'ai pu deviner en lisant ton article :) ) une culture que j'apprécie énormément !

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    1. Je lis très peu de Young Adult parce que cela reste souvent superficiel. Ici, ce n'est pas le cas, tout est très sombre et la mythologie nordique des berserkir est très bien exploité. L'auteur met de côté les clichés du Young Adult (la romance, le triangle amoureux, des personnages peu exploité...).

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