samedi 20 avril 2013

Lune Mauve, tome 1 : La disparue de Marilou Aznar

Année d'édition : 2013
Edition : Casterman
Nombre de pages : 416
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Séléné Savel entre en seconde à Darcourt, le lycée le plus snob de Paris. Elle y croise la route de Laszlo. Qui est ce garçon troublant qui apparaît dans ses cauchemars ? Pourquoi s’intéresse-t-il autant aux étranges tableaux peints par Iris, sa mère ? Six ans auparavant, celle-ci a disparu et Séléné est bien décidée à résoudre ce mystère qui la ronge depuis l’enfance. Mais certaines questions devraient à jamais rester sans réponse…







Séléné Savel est une jeune fille banale. Ni jolie, ni laide, elle se complait dans son anonymat. Lorsque son père l'envoie à Paris pour rejoindre une nouvelle école, la jeune fille n'est tout d'abord pas très enthousiaste. En effet, elle ne désire pas recommencer à parler d'elle aux autres jeunes de son âge, car sa mère est partie lorsqu'elle avait huit ans pour ne plus jamais revenir, sans indiquer la raison de ce geste. Séléné se voit donc confié à sa grand-mère, une riche femme, et rejoint l'école de Darcourt, un lycée très sélect. Dès son arrivée, Séléné décide de passer inaperçue auprès des autres élèves, mais hélas elle n'y parvient pas lorsqu'elle découvre que sa cousine Alexia, son opposé, commence à lui causer des ennuis. Et lorsqu'en plus un beau garçon sur lequel Alexia, la vedette du lycée, a jeté son dévolu l'attire, Séléné tente davantage de se fondre dans la masse. Mais lorsqu'on n’est pas une jeune fille comme les autres et qu'on cache quelque chose sans le savoir, il est dur de passer inaperçue.

Lune mauve est un bon premier tome. L'auteur pose les bases de son univers avec douceur et tact et nous plonge vraiment à pas lent vers le côté fantastique de l'histoire. Si le début semble n'être qu'une histoire d'amour et d'acceptation de l'autre au lycée, la fin est clairement fantastique. Sur un style fluide et utilisant Séléné comme narratrice, le lecteur se retrouve très vite à la place de cette héroïne qui ne cherche qu'à rester dans son coin, jusqu'au bout. De nature banale, elle ne veut pas être sous les projecteurs et encore moins avoir des histoires d'amour qui risquent de la faire souffrir. Ses deux seuls amis seront d'ailleurs à son image : simples, effacés et timides. En même temps, Nora, sa seule amie, est une fille de concierge tandis qu'Adrian se meurt d'amour pour Alexia, sans oser le lui avouer, et on le comprend, le pauvre.

Mais qui dit lycée, dit forcément son lot de protagonistes antipathiques et pourtant populaires. Rempli des cas peuplant le plus souvent nos bahuts, le roman possède une belle palette de personnages divers et variés : le métalleux qui s'assume et porte sans se cacher bon nombre de tee-shirts à l'effigie de ses groupes musicaux favoris, la fille la plus jolie et donc la plus populaire qui se révèle être une vraie garce égocentrique, le musicien du lycée, plutôt beau garçon et dont on ne compte plus ses conquêtes... Un lot de personnages qu'on adore détester et qui vont tous chacun leur tour jouer un rôle plus ou moins important dans la vie de notre héroïne. Plus de la moitié du roman est concentré sur la jeune fille et sa vie dans un nouveau lycée, cherchant à se faire une place minime, car la popularité n'est pas son truc et là où j'ai vraiment apprécié le roman, c'est que cet état de fait ne change pas. Séléné est banale aux yeux des autres et le restera. (Pas de gros super-pouvoir ou de beauté cachée au fond d'elle, rien de tout cela.) Certains pourraient du coup reprocher une certaine lenteur au roman, mais pas moi. Très peu adepte des romans YA, j'ai trouvé que ce roman se démarquait des autres pour sa sobriété et son univers que l'on découvre à la fin qui change un peu de ce qu'on peut lire en ce moment.Non, vous n'y trouverez pas de vampires, de loups-garous ou autres créatures, l'auteur misant sur toute autre chose et ça fonctionne à merveille.

Le titre prend d'ailleurs tout son sens à plus de la moitié de la lecture, c'est dire que l'auteur a préféré brosser son univers avant de passer aux choses sérieuses et même si le fantastique ne domine pas, on lui reconnait un certain talent pour narrer des événements plutôt communs et dont on entend parler aux journaux. ( Tentatives de suicide d'élèves par exemple, lynchage presque public ou via les réseaux sociaux pour d'autres ou encore une recherche d'identité pour les plus timides.)

Qui dit roman YA dit forcément romance, mais celle-ci est troublante, sombre, destructrice et lorsqu'on approche du dénouement de ce premier tome, on reste scotché devant certaines révélations pour le moins ignobles. Et pour ma part, cela n'a rendu que plus attrayant l'univers de Marilou Aznar. Un peu bouleversant, un peu triste, ce premier opus promet une série qui étonnera le lecteur et diversifie les classiques de la littérature YA. Espérons que la suite soit sur le même moule, dans ce cas je sais que je passerais un agréable moment en compagnie de Séléné.

Un presque coup de coeur pour une histoire qui surprend, qui angoisse et qui plaira à bon nombre de lecteurs, sans aucune histoire d'amour mièvre ou enfantine.

Ma note :




5 commentaires:

  1. ahh tu m'intrigues vraiment là !!! j'hésitais un peu à le mettre dans ma wish list, mais clairement, là, j'ai trop envie de le lire !
    merci ;)

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    1. de rien lol! pourtant je suis pas fan des romans YA en général, mais ici c'est bien écrit et intrigant !

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  2. Réponses
    1. oui il est très très sympa j'ai trouvé ^^

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