mardi 22 janvier 2019

Le chant de Kali de Dan Simmons

Paru en 2018 chez Pocket, en 2005 chez Folio SF et en 1993 et  1996 chez j'ai lu.

368 pages. Fantastique/Horreur

" Il est des lieux maléfiques qui ne devraient pas exister. Il est des villes malfaisantes où l'on ne peut demeurer. Calcutta est de celles-là. Avant Calcutta, pareille idée m'aurait fait rire. Avant Calcutta, je ne croyais pas au mal, et surtout pas comme s'il était une force indépendante des hommes. Avant Calcutta, je n'étais qu'un imbécile. " Robert Luczak est envoyé à Calcutta par sa maison d'édition pour récupérer le mystérieux manuscrit d'un poète que tous croyaient mort depuis huit ans. Mission simple en apparence, mais qui prend des allures de descente aux enfers dès lors que son chemin croise celui des Kapalikas, secte vouée à l'adoration de la meurtrière Kali dont les membres font régner la terreur sur la ville. Sacrifices humains, cadavres ressuscités, meurtres en pagaille... Luczak comprendra - mais trop tard - que rien n'arrête le chant macabre de Kali.


Lien du chant de Kali sur le site de l'éditeur.

De quoi ça parle ?

Le chant de Kali est un roman sombre sur une divinité qui n'a rien de douce et de bienveillante. Notre héros est envoyé à Calcutta pour y rencontrer un pète que tous pensaient mort. Il serait pourtant bel et bien vivant et de nouveaux poèmes ont vu le jour. Robert est donc chargé de récupérer les documents, les authentifier et les ramener en Amérique pour une revue littéraire. Accompagné de son épouse, d'origine indienne et de sa petite fille, Robert fait donc un long voyage sans savoir qu'une fois sur place il sera témoin de choses effrayantes et que le recueil de poème ne lui sera pas offert gratuitement.

Quel est l'ambiance du roman ? 

Ce roman est très sombre. En le lisant, j'avais la sensation d'étouffer, que la nuit était éternelle et la chaleur exténuante. Nos héros vont avoir chaud, ils vont être épuisés psychologiquement et physiquement dans cette ville sale et éprouvante où la misère se retrouve à tous les coins de rue et où certaines sectes en profitent pour s'accaparer les plus faibles. Pourtant les riches sont bien présents et profitent de leur vie luxueuse sans se soucier des autres. C'est une ambiance assez angoissante et on ne ressort pas intacte de la visite des lieux. Croyez-moi, Dan Simmons ne donne absolument pas envie d'aller faire un tour du côté de Calcutta et de ses ruelles où les gens vous y attendent pour vous détrousser ou pire encore. Je pense que c'est d'ailleurs la vision de cette ville offerte par l'auteur qui nous glace le plus le sang.

Comment sont les personnages ?

Les personnages sont assez nombreux, mais très éphémères. Certains ne font qu'une brève apparition tandis que d'autres sont récurrents et ce ne sont pas forcément les plus sains. Krishna par exemple m'a filé des boutons. Vraiment. Il est grossier, sans gène et semble repoussant à tout point de vue. Il va chaque fois nous mettre mal à l'aise et jusqu'au bout, on se demande quel est son objectif final. Robert et son épouse, restent les personnages les plus normaux de ce roman. L'un tente simplement de récupérer des écrits et de prendre la poudre d'escampette tandis que sa femme voulait un retour aux sources complètement loupé. Elle soutiendra son époux jusqu'au bout et regrettera bien évidemment de l'avoir suivi. A côté de ça, on a également une forte représentation de la population indienne, mais surtout vu du côté obscur. Ils ont tous l'air méfiants, dangereux, fous et sournois. Sales aussi. Des habitants qui n'ont rien de bien sympathiques.

L'intrigue, elle vaut quoi ?

Honnêtement, l'intrigue est assez simpliste. On envoie un homme récupérer un objet dans une ville et forcément rien ne sera simple, personne ne voulait lui faciliter les choses. Robert donc va découvrir un côté encore plus sombre de la ville de Calcutta avec sa mythologie sur Kali, une déesse attirante mais aussi repoussante à la fois. Elle vous ensorcelle et vous enivre de sa beauté et de la sexualité qu'elle dégage pour mieux vous détruire, lentement. La folie semble chaque fois prendre le pas sur le fantastique et on en vient à douter de ce que voit vraiment Robert. L'intrigue mélange donc habilement mythologie et réalité, chaleur du pays et froideur de la mort qui semble bien présente sur de nombreuses pages. Cependant, parfois j'ai trouvé que les péripéties étaient un peu grotesques, un peu comme si l'auteur voulait faire durer la torture et trouvait maintes excuses pour que Robert ne reparte plus de Calcutta. Aura-t-il enfin son manuscrit entre les mains ? Est-il véritable ? Kali existe-t-elle vraiment ? On en devient fou et on ne sait plus où donner de la tête.

Et donc ?

Finalement, je pense que le chant de Kali est un très bon roman pour les débutants en fantastique. Ceux qui n'ont pas envie de voir les héros saigner et souffrir pendant 400 pages sont les bienvenus à Calcutta pour y suivre Robert dans son aventure incroyable. J'ai lu bien plus gores et violents, mais jamais un roman où une ville m'a paru aussi étouffante...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Laisser une trace!