jeudi 22 décembre 2016

Jenny de Fabrice Colin

Année d'édition : 2016
Edition : Sonatine
Nombre de pages : 320
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Cayucos, Californie. Dans une villa au bord du Pacifique, un homme désespéré se confie. Dans la baignoire à l'étage, le cadavre d'une femme obèse. Comment est-il arrivé ici ? Le moment est venu pour l'homme de raconter son histoire.

Quelques mois plus tôt... Après la disparition de son épouse, le journaliste Bradley Hayden, détruit, s'étourdit dans des liaisons sans lendemain via un site de rencontres. Un jour se présente une femme qui ne correspond en rien à la description qu'elle a faite d'elle. Jenny, 300 livres, QI redoutable, lui montre une vidéo de son épouse. April est en vie. Elle ne le restera que s'il lui obéit en tout. Dès lors, Bradley est contraint de suivre Jenny dans une épopée meurtrière.

Qui est vraiment Jenny ? A-t-elle choisi April au hasard ? Bradley pourra-t-il retrouver sa femme à temps ?

La première page :
Mon avis :

Les romans de Sonatine ont toujours quelque chose de différent. Ce sont souvent des thrillers atypiques et où il faut en général s'accrocher pour comprendre le dénouement. Jenny ne déroge pas à la règle à ceci près que j'ai été moins séduite que les autres lecteurs. Dans l'ensemble, je suis satisfaite de ma lecture, mais je suis déçue d'avoir ressenti une si grande baisse d'intérêt parvenue à un moment clef du roman. Ce n'était pour moi plus aussi limpide et je me demandais vraiment où voulait en venir l'auteur.

Le titre pourrait être trompeur. Je m'attendais davantage à rencontrer cette femme, Jenny, à la découvrir tôt dans le roman et à la découvrir, imposante et effrayante, sans pitié et sans gêne. Mais j'y reviendrais plus tard. Le roman débute avec Bradley Hayden. L'homme, journaliste, nous raconte comment il a fini par épouser April et les problèmes de couple qu'ils rencontraient tous deux. On reste surpris finalement de les voir se marier alors qu'ils n'ont rien d'un couple passionnel ni de points communs. C'est comme s'ils se mariaient uniquement pour faire comme tout le monde ou dans le cas présent concernant April pour narguer ses parents, très riches.

Le principal problème me concernant c'est que je me fichais royalement de ce qu'il était arrivé à April. Cette femme est antipathique, une véritable garce avec son époux et elle n'avait rien de marquant ou plaisant. C'était même presque un soulagement de la savoir disparu et devant le peu d'émotion et de sentiments entre elle et Bradley, je me suis demandée pourquoi il était si malheureux finalement de se retrouver enfin libérer d'un mariage foireux de toute façon. (Je me souviens d'une scène dans la chambre d'hôtel entre eux, juste avant qu'elle ne disparaisse... cela se passe de commentaire !)  Les voilà qui se chamaillent et alors que ce voyage devait être une bonne chose pour leur permettre de se rapprocher (en plus de donner une occasion à Bradley d'avoir un nouvel article), April disparait mystérieusement avec toutes ses affaires. Bradley s'inquiète, appelle les proches de son épouse, la police, bref il fait des pieds et des mains pour qu'on l'aide à la retrouver.

La première chose qui m'a perturbé, c'est que finalement, rien n'est fait pour la retrouver. Mais rien du tout. Certes, Bradley engage un détective privé, mais à côté de cela, les autorités ne font rien, les proches de la jeune femme non plus. Comme si c'était simplement une bonne chose qu'elle ait décidé de se barrer. Elle n'utilise pas de carte bleue, ne contacte même pas ses parents ni ses meilleures amies. Rien. Elle disparait... réellement ! J'aurais voulu que le roman se base donc davantage soit sur cette disparition soit sur Jenny et son rôle dans l'intrigue. Je ne peux cependant pas dire que le roman est ennuyeux, loin de là. Les cadavres s'enchaînent à vitesse grand V tandis que Bradley est amené à suivre Jenny un peu partout dans le monde s'il veut revoir son épouse. Mais la reverra-t-il seulement ? C'est la question qu'on se pose et enfin on se demande quel est le but de cette machination.

C'est parfois très  prenant de suivre Bradley, ce mec commun et lambda qui n'a rien de marquant et qui va pourtant devoir affronter des choses horribles, voir la mort de très près à plusieurs reprises et tout faire pour comprendre ce qu'on lui veut. Je n'ai pas vu la fin venir, clairement j'étais à mille lieux de me douter d'une telle fin et surtout d'une telle explication et ceci est un bon point pour moi parce que je peux vous dire que ce roman n'est absolument pas prévisible. On voyage dans la tête de Bradley, passé, présent, illusion, réalité, on ne sait jamais sur quel pied danser s'il faut tout prendre au pied de la lettre. Et parfois justement c'est déstabilisant. 

Jenny apparaît assez tardivement dans le roman et il est vrai que c'est une femme imposante qui ne se laisse pas faire et qui sait ce qu'elle veut ou ne veut pas. Effrayante et imprévisible, on n'ose pas lui désobéir et limite on s'allongerait au sol comme une carpette juste pour qu'elle nous oublie un instant. Flippante cette femme ! On se demande d'ailleurs très vite pourquoi elle en a après Bradley, et peu à peu le puzzle se reconstitue, mais je ne sais pas, malgré beaucoup d'événements effrayants, je voyais Jenny bien pire que ça. 

" Elle a jeté un œil au comptoir. "Monsieur est déçu. Monsieur voulait culbuter une bombasse. (Elle m'a regardé dans le blanc des yeux.) Bois, tu décideras ensuite. Je connais les hommes. La plupart joue les difficiles mais, après cinq ou six bières, ils ne pensent plus qu'à une chose : se branler entre mes seins. Essaie une fois et tu voudras m'épouser." Page 82
 
Finalement, je ressors satisfaite de ma lecture, plaisante, mais tout de même déçue par le contenu. J'attendais tout autre chose et l'auteur m'aura vraiment prise au dépourvu n'allant jamais dans la direction que je pensais. Cela reste un bon thriller, parfois un peu confus cependant et pas un de ceux que je retiendrais de cette année 2016.

Les plus :
- Les sons of Sam. ( et les petits chapitres qui les évoquent)
- Jenny qui malgré tout reste un personnage atypique.

Les moins :
- Un peu confus parfois.
- l'alternante passé/présent est parfois difficile à saisir.    

 

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