lundi 29 février 2016

Le Nibelung, tome 1 : Le Carnaval aux corbeaux de Anthelme Hauchecorne



Année d'édition : 2016
Edition Edition du chat noir
Nombre de pages : 320
Public visé : Adulte
Illustration de Loïc Canavaggia
Quatrième de couverture :
Ludwig grandit à Rabenheim, un petit bourg en apparence banal.
Claquemuré dans sa chambre, il s’adonne au spiritisme. À l’aide d’une radio cabossée, il lance des appels vers l’au-delà, en vue de contacter son père disparu.
Jusqu’à présent, nul ne lui a répondu… Avant ce curieux jour d’octobre.
Hasard ? Coïncidence ? La veille de la Toussaint, une inquiétante fête foraine s’installe en ville. Ses propriétaires, Alberich, le nabot bavard, et Fritz Frost, le géant gelé, en savent long au sujet du garçon. Des épreuves attendent Ludwig. Elles seront le prix à payer pour découvrir l’héritage de son père.
À la lisière du monde des esprits, l’adolescent hésite… Saura-t-il percer les mystères de l’Abracadabrantesque Carnaval ?

Mon avis : 

Ludwig Poe est un adolescent comme les autres ou presque. Son père disparu il y a des années n'a plus jamais donné signe de vie. Seulement le jeune garçon a une passion certaine pour le dessin et n'hésite pas à tenter de communiquer avec des esprits. Fasciné par l'au-delà et le surnaturel, il n'en parle qu'à son meilleur ami Gabriel Grimm. Et lorsqu'un mystérieux carnaval débarque dans la ville de Rabenheim, Ludwig au même moment reçoit une lettre inespérée de son père. Coïncidence ?

Le carnaval aux corbeaux est une belle surprise. Rien que l'objet livre en lui-même est sublime. Ya un boulot de dingue derrière tout ça. Illustrations par dizaine pour justement donner un aperçu aux lecteurs de ce à quoi ressemblent certains personnages ou créatures. Alors rien que d'emblée, je partais avec un avis déjà positif. Parce que j'aime les romans atypiques, ceux où on voit qu'un effort particulier à été fait pour en faire une oeuvre d'art. J'ai même crains à un moment ne pas apprécier le roman en lui-même, mais heureusement je sais qu'avec Anthelme j'allais passer un chouette moment et ce fut le cas !

Honnêtement, je m'attendais à avoir un méga gros coup de coeur, mais ce ne fut pas le cas et c'est vraiment une question de goût parce que franchement c'est un excellent roman à tout point de vue, mais selon le lecteur certaines choses ne sont pas aussi fantastiques que pour d'autres. La plume de l'auteur est divine. Efficace, pleine de descriptions ensorcelantes, on sent dès les premières lignes l'atmosphère étouffante et angoissante du roman. Parce que oui, tout y est sombre et angoissant, rien que la ville en elle-même ou la demeure du jeune Ludwig vous feront frémir ! J'ai même eu la sensation qu'un brouillard opaque entourait notre ville et nos personnages et que tout se passait la nuit tant cela semble sombre. Clairement, c'est une ambiance que j'adore et que je peine à retrouver dans les nouveautés. Merci à l'auteur de remettre au goût du jour le fantastique tel qu'il était via de très grands auteurs (Clive barker,masterton, Herbert...) C'était délicieux.

L'auteur nous propose de suivre le roman selon trois points de vue différent : Ludwig Poe, un jeune garçon passionné par le spiritisme et le surnaturel à qui il arrivera bien des malheurs. Il se sent vide depuis que son père a disparu et fera tout ce qu'il peut pour le retrouver ou au moins comprendre pourquoi il a disparu aussi subitement. Il n'en fera toujours qu'à sa tête défiant sa propre mère de l'empêcher d'avoir ses réponses. Têtu et quand même courageux face aux nombreuses épreuves qu'il va traverser, on s'attache hyper vite à ce gamin à priori sans histoire. Et lorsqu'il fera la connaissance de Mistigri et de Suzon les ennuis vont ne faire que tripler ! 

Le second héros c'est Gabriel Grimm, l'ami de Ludwig, un garçon à priori normal lui aussi, mais qui est le descendant d'une grande famille qui a un lourd passé avec le fameux carnaval. Courageux et aîné de trois garçons, il sera toujours fidèle à son ami. Enfin, le dernier personnage a nous faire part de son point de vu c'est Julia, la mère de Ludwig et donc, épouse de Charles Poe, le grand mystérieux du roman. La femme tente de contenir la passion de son fils qui ressemble trop à son père selon elle. 

Chacun voit les choses différemment et les appréhendent d'une façon qui leur est propre. Là où les enfants voient de suite un danger, Julia semble plus modéré et voit avec ses yeux d'adulte et non d'enfant. Les choses prennent donc une tournure fascinante concernant le lecteur qui aimerait à plusieurs reprises les secouer un bon coup parce qu'ils semblent parfois trop bien prendre les événements ! Parce que voilà, déjà l'ambiance est angoissante à souhait et une fois que la fête foraine bat son plein, c'est de plus en plus succulent ! Amateur de monstruosités, de personnages complètement barrés et quasi irréels vous allez vous régaler !

Le seul point qui m'a un peu gêné, c'est cette sensation de trop et de superflu. Certes, l'auteur offre une ambiance à nul autre pareil dans son roman, du moins je n'ai pas souvenir d'un tel roman (le plus ressemblant est Dreamland, simplement pour le côté fête foraine et tour improbable avec une ambiance de dingue), mais parfois j'aurais aimé qu'il ne se passe pas autant d'événement. Entre les punitions donnés à nos héros par le carnaval, les tournois moyen-âgeux, les voyages en bâteaux, les mystères et chasse aux trésors ou aux objets de valeur pour nos forains, j'ai eu la sensation d'étouffer. Impression voulu par l'auteur ? Je l'ignore, mais j'ai comme eu le besoin d'inspirer un bon coup et de mettre le roman quelque peu de côté pour ne pas faire d'overdose. 

Finalement, le carnaval aux corbeaux est un roman réussi tant au niveau de son visuel très atypique que de son contenu. On passe un moment incroyable, on est plongé dans les aventures de nos jeunes héros et on va de découvertes en découvertes improbables! Nul doute que vous passerez vous aussi un moment angoissant avec ce premier opus ! Coup de chapeau aux illustrateurs, Mathieu Coudray et Loïc Canavaggia !

4 commentaires:

  1. Bonjour!

    Super, ta chronique! Tu as réussi à résumer ce que j'ai tartiné en long et en large sur mon blog XD Je vois qu'on est assez d'accord sur beaucoup de points...

    Perso, je me suis émerveillée devant le foisonnement d'idées, de références et de rebondissements. Je pense que c'est ce qui arrive quand on a une imagination débordante. On s'enflamme pour une série d'idées, on voudrait pouvoir les mettre toutes dans le même panier, mais parfois cela déborde quelque peu. Je ne sais pas si ce fut le cas pour l'auteur, mais en tout cas c'est ce qui se passe pour moi lorsque j'essaie d'écrire. Peut-être est-ce la même chose dans ce cas-ci. Ce débordement ne m'a pas gênée, mais je comprends que tout le monde n'apprécie pas. C'est un récit dense et riche qui nécessite une lecture attentive.

    Bonne continuation dans tes lectures!

    Acherontia (www.chroniquesdacherontia.fr)

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    1. coucou !
      merci de ton passage ! je vais aller lire ta tartine de ce pas hahaha xD
      Je pense que l'auteur avait en effet tellement d'idées qu'il n'a pu s'empêcher de les exploiter au maximum et parfois en de rares occasions, ça m'a semblé un peu superflu ou excessif pour le pauvre lecteur qui subi assez de choses durant la lecture ^^ Je file voir ce que tu en as pensé :p
      A bientôt !

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  2. J'ai aimé tous les écrits d'Anthelme Hauchecorne et je me suis jetée sur celui-ci dès sa sortie: je n'ai pas encore pu le lire, mais il est dans ma PAL Imaginales.
    Anthelme a toujours un univers très riche, des termes très soignés, une écriture pointue qui peut paraître déroutante parfois, mais je trouve ça tellement génial de voir de nos jours des jeunes auteurs capables de manier si bien la langue française et de créer des univers réellement originaux!
    J'espère moi aussi le coup de cœur, on verra bien !

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    1. j'ai hâte de voir ce que tu en penseras !

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