lundi 8 juin 2015

La sorcière de Prince Island de Kendall Kulper

Année d'édition : 2015
Edition : Black Moon (Hachette)
Nombre de pages : 400 pages
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Avery Roe n’a qu’un seul désir : devenir, après sa grand-mère qui l’a élevée, la prochaine Sorcière de Prince Island, dont le rôle est de protéger les marins. Mais sa mère a choisi pour elle un tout autre destin. Elle l’arrache à sa grand-mère avant qu’elle apprenne le secret des femmes de la famille. Prise au piège de sa mère, Avery ne peut plus utiliser sa magie. Il lui reste tout juste la capacité de deviner, en rêve, ce que l’avenir lui réserve. Des années durant, Avery cherchera à libérer la magie qui sommeille en elle. À seize ans, elle y est plus résolue que jamais. Parce que les habitants ont besoin de sa protection. Parce qu’elle aime Taneh, un séduisant harponneur aux étranges tatouages. Parce que, dans un rêve, elle a vu son propre meurtre. Or, nul ne peut supprimer la Sorcière de l’île de Prince Island…

Mon avis :

Avery est une fille de sorcière. Sa mère et sa grand-mère sont les descendantes de la célèbre famille Roe, connue pour utiliser la sorcellerie. Avery a la capacité de comprendre les rêves afin de les interpréter et d'aider les marins de l'île à échapper à la mort, même si comme le dit la jeune fille, on ne peut échapper à son destin. Sa grand-mère avec qui elle vit apaise les marins via des amulettes pour les protéger en mer. (ou de l'adultère de leur femme et inversement). Tout serait simple et Avery succèderait à sa grand-mère si sa propre mère ne détestait pas la magie. Et c'est pourquoi, elle se permet un jour de débarquer et d'enlever la fillette à sa grand-mère pour l'empêcher d'employer à son tour la magie.

Des années passent et lorsque Avery rêve de sa propre mort, elle n'a plus le choix et décide de demander de l'aide à sa grand-mère pour empêcher son propre assassinat. 

La sorcière de Prince Island est un roman troublant. Rempli de mystère et de magie discrète, l'auteur nous emmène dans une époque intrigante et agréable à découvrir via Avery, même si l'héroïne n'a pas toujours les réactions qu'on attend d'elle. J'ai aimé le roman malgré de nombreux points négatifs. Je pense que l'ambiance et le style de l'auteur y sont pour beaucoup. Le style pour le coup, parlons-en. Il est ensorcelant. Poétique, travaillé et très descriptif, il m'a conquise dès les premières pages. Tout prenait une nouvelle dimension et c'est avec plaisir que je me suis laissée plonger dans l'histoire. C'est tellement dommage que l'intrigue soit si pauvre en action et rebondissement, parce que oui, l'auteur propose un roman YA très très bien écrit. Les tournures de phrases sont belles et agréables à lire. Un excellent point donc !

Ensuite, j'ai trouvé l'ambiance particulièrement réussie. On nage entre le mystère et la magie, attendant enfin que quelque chose se passe pour contrarier notre héroïne. La magie n'est pas autant exploitée que ce que je pensais, et je m'étais dis que peut-être l'auteur voulait y aller crescendo, mais une fois le roman terminé, je suis restée sur ma faim. A quoi bon offrir une belle ambiance et un aussi bon style si finalement on s'ennuie pendant la lecture ? Certes, au départ, j'appréciais la lenteur des événements, soucieuse de pouvoir apprendre à apprécier Avery, mais à aucun moment je n'ai ressenti de la peine ou une toute autre émotion la concernant. Elle m'a laissée de marbre et c'est bien l'un des points noirs de ce roman : l'héroïne est trop têtue, désagréable et trop sûre d'elle et de ce que les marins attendent de sa magie. Alors oui, sa mère l'a arraché à son quotidien qui lui plaisait et la rendait heureuse pour tenter de la transformer en bonne petite fille modèle, et je peux comprendre qu'elle soit en colère, mais petit à petit, on a envie de la secouer, de lui hurler dessus et on détestera la façon dont elle agit avec le peu d'ami qu'elle a. 

L'idée de départ était top : chaque femme de la famille Roe devient une grande sorcière avec chacune un pouvoir spécifique (même si elles apprennent d'autres choses comme commander le vent par exemple). Et lorsqu'Avery se voit assassiner dans un rêve, elle décide de faire appel à sa grand-mère pour éviter sa propre mort. On la sent d'ailleurs paniqué et angoissé alors qu'elle est certaine qu'on ne peux pas tuer une femme Roe. J'ai donc eu du mal avec sa façon de penser et de voir les choses. Son comportement avec Taneth m'a aussi un peu ennuyée. Finalement, entre eux deux, on ignore ce que l'auteur veut faire. Ami? Amour? Simple allié? Cela reste trop confus pour ma part, même si on a quelque piste petit à petit. Ce garçon beaucoup trop mystérieux qui finalement n'a que peu d'utilité puisqu'on apprend rien de précis le concernant et donc on a du mal à s'y attacher. 

Avery va donc faire un pacte avec Taneth, si celui-ci l'aide, alors elle lui donnera un coup de main également à comprendre ses rêves. J'aurais aimé que la jeune fille ne se comporte pas aussi mal avec lui, on la sent toujours déçue de ce que le garçon lui apporte... pas très sympa donc la demoiselle ! Le seul personnage qui a su me plaire réellement c'est Tommy, l'ami de toujours, celui qui va la soutenir, mettant sa vie en danger pour satisfaire la demoiselle dont on le sent amoureux. Et du coup, j'ai été étonné de voir qu'Avery ne se préoccupe plus du tout de lui dès lors qu'il doit s'en aller... après tout ce qu'il a fait pour elle, elle ne se soucie que d'elle-même... aussi égoïste que sa mère je pense, finalement.

Finalement, ce roman est troublant. La couverture, le style et l'ambiance du roman sont au top, mais en fin de compte, l'intrigue est pauvre et trop lente tout comme l'héroïne qui agace beaucoup trop le lecteur pour nous permettre de nous attacher à elle. La fin saura surprendre le lecteur, je n'en doute pas, même si j'étais un peu déçue et j'avais l'impression que pour arriver à ce résultat, l'auteur aurait pu couper une centaine de pages de son roman qu'on aurait pris plus de plaisir à la lecture. Dommage !

Je croque lègérement dans ce livre : De bonnes idées, certes, mais mal exploitées.


2 commentaires:

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